A lire si vous voulez continuer à comprendre les tenants et aboutissants de la politique suivie par les responsables

La presse américaine et même certaines chaînes de télé ont annoncé la tentative de la Fed de normaliser sa politique sous des titres sensationnels du genre : « un jour historique ».

Cette titraille, tout comme le traitement de l’information visent à paralyser l’intelligence, à bloquer les facultés d’analyse et de jugement: il faut déclencher des émotions, faire du sensationnel pour obturer les capacités.

Cela fait partie de la gestion des masses.

Pourquoi faut-il absolument que vous, vous compreniez  la mystification de la Fin du QE et l’escroquerie intellectuelle de ce que l’on nomme déja pour lui donner consistance , le QT (le Quantitative Tightening)?

Au passage , notez que nommer quelque chose c’est déjà lui donner réalité, comme on le fait maintenant chaque fois qu’il y a un attentat: on crée quelque chose comme « je suis Charlie »; Goebbels est passé par là.

Réponse: parce que si vous n’assimilez pas le nouveau cadre qui est crée, le nouveau décor de la pièce qui se joue, vous ne pourrez l’interpréter correctement. Vous serez prisonniers des autorités, prisonniers du champ sur lequel ils veulent livrer bataille. Vous serez du côté des « exploités ».

Ce n’est pas la même chose que d’interpréter les indicateurs économiques à venir dans le cadre d’un vrai QT (Quantitative Tightening) que de les interprêter dans le cadre d’un QT bidon.

Ils veulent que vous vous placiez dans le décor de carton pâte qu’ils tracent à savoir qu’il y a bien normalisation! Et ce, afin que vous disiez: mais cela marche!

C’est comme la Cosmatoline Cosmétique, qui est une crème bidon contre  la cellulite, elle ne marche pas, c’est une escroquerie mais la Pub à la télé martelle : et ça marche!

Réponse: parce que la théorie que les dominants ont pour vous, pour votre usage, c’est : le réel ne compte pas, ce qui compte ce sont les perceptions. C’est le fameux « perception is all ».

C’est le complément de la théorie de Lucas sur les anticipations rationnelles, complément de la théorie des marchés efficaces et complément des travaux de Bernanke sur l’effet des informations publiées par la Fed sur le comportement des marchés.

Vous ne pouvez comprendre si vous ne vous situez pas à l’intérieur du corpus théorique qui est le leur. L’attitude de rébellion , c’est de comprendre mais de ne pas croire!

Une fois ceci posé, donc à savoir que le grand spectacle, la mise en scène du QT est un numéro d’illusionnistes, il reste la question : et après?

Les autorités ont , par le tour de passe que j’ai décortiqué, réussi à neutraliser les réactions des marchés, à en prendre le contrôle: elles ont la situation en mains c’est à dire qu’elles peuvent gérer les choses sérieusement sans être  perturbées par la psychologie. On revient aux basics, aux choses de base, celles qui importent. On a fait crier « au loup » de la fin des politiques monétaires non conventionnelles, on a maîtrisé les réactions et maintenant on peut se consacrer au réel, aux choses sérieuses.

Le réel c’est une question, un débat: est ce que l’influence des QE sur la situation se situe au niveau des variations de flux mensuels ou au niveau des stocks?

Si c’est au niveau des variations de flux alors c’est grave et difficilement gérable car les flux sont petits et faire varier les flux de 10 millards sur 80, c’est un pourcentage énorme.

Si c’est au niveau des stocks que cela se joue, c’est facilement gérable car la masse totale étant de 4,5 trillions alors 10 millards c’est une goutte d’eau.

C’est le débat , secret,  qui agite la Fed de New York depuis le début des QE, est ce que l’effet est un effet de flux ou un effet de stock?

L’intérêt des autorités est que ce soit un effet de stock, bien sûr . Donc il faut piloter en ce sens, guider sur ces bases, créer, moduler les comportements, faire « Pavlover » sur les bases d’un effet de stocks. 

Les autorités me semblent avoir réussi et je maintiens qu’elles gèrent bien, elles ont réussi à éviter un choc psychologique, un effet d’annonce,  qui auraient pu précipiter des ventes sur les marchés et faire boule de neige.

Les autorités , elles, n’utilisent pas pour leur gestion interne les mêmes raisonnements que pour le monde extérieur, elles savent le poids du réel , elles savent que si on en reste au réel, si on réussit à éviter les réactions psychologiques, alors nous sommes dans une phase assez facilement gérable. Une fois évité le choc, la situation est gérable à condition de bien prendre garde d’implanter l’idée d’un effet de stock et non pas de flux.

Il faut absolument que vous compreniez que les autorités ne mentent pas, mais qu’elles vous font raisonner faussement, à partir de théories fausses qui sont celles de l’establishment et des médias.

Exemple: le plus net c’est la question de la valeur et du prix des actifs financiers, le prix des actions.

Le prix des actions en théorie financière historique, concrète c’est la somme de tous les flux que va recevoir son propriétaire pendant la durée de vie de cet actif. Vous misez 100 (P) ce jour, vous aller recevoir des flux de x, y, z pendant 3o ans et si vous posez l’equation P=t f(xyz..) vous obtenez un taux de rentabilité t qui vous indique la rentabilité de votre placement, ce taux résulte de façon interne de votre placement, il est joué, il ne dépend de rien d’extérieur, c’est cela la vraie théorie de la valeur des actifs financiers. Et cela n’a rien à voir avec les taux d’intérêt puisque la rentabilité de votre placement c’est ce taux qui rend égal le prix actuel à la somme de flux à venir. La Fed n’a rien à voir la dedans, pas plus que  le taux des Treasuries à 10 ans. La rentabilité interne d ‘un investissement ne dépend que de cet investissement et de lui seul,  elle n’a rien à voir avec les idioties que l’on vous assène, elle a à voir avec le prix payé à l’origine et ensuite la somme des flux que vous allez recevoir  et le taux qui rend l’un , le prix, égal à l’autre, la somme des flux, c’est cela la rentabilité de votre investissement!  

Le taux des Treasuries ou le taux de n’importe quoi n’a d’importance que dans un second temps, si vous voulez comparer la rentabilité de votre placement avec la rentabilité offerte par un autre placement, c’est uniquement utile pour comparer et choisir. Mais la Fed a construit une fameuse équation dite « équation de la Fed » qui prétend déterminer le prix des actions à partir du taux des Treasuries à 10 ans augmenté d’une prime de risque. Voila la théorie qu’elle veut que vous utilisiez, car c’est la théorie qui lui donne le pouvoir de fixer, de réguler le prix des actions, à partir des taux longs et les taux longs à partir des taux courts , c’est  la théorie qui lui permet de transmettre sa politique monétaire.

J’espère que vous liez, relirez et que vous comprendrez. Désolé c’est complexe, mais si c’était simple ils ne pourraient pas vous b….r.

Tout ceci pour dire que la théorie dominante sur les marchés financiers n’est pas établie pour vous faire gagner de l’argent et investir intelligemment, elle est faite pour vous rendre … obéissant, sensible aux stimulis de la Fed.  Don’t fight the Fed!

Ma théorie n’est plus celle de la valorisation classique, celle de la somme des cash flows, parce que je considère que la modernité et les autorités ont coupé le lien entre la valeur fondamentale d’un actif financier et son prix, elles ont comme je l’écris sans cesse « séparé l’ombre du corps ». Donc les prix flottent librement, sans ancrage. Comme les monnaies. Un actif financier n’a plus de valeur autre que sa valeur d’échange dans le cadre d’un grand ensemble des signes financiers, ensemble qui inclue les liquidités. Les liquidités  sont dans ma conception un actif financier à maturité nulle, zéro  c’est à dire un actif a échance immédiate, un actif à vue . Donc dans ma théorie la valeur des actifs financiers dépend de la masse de liquidités dans le système mondial , et de la préférence des agents économiques pour la liquidité. Sachant que les fonds d’état triple A sont l’équivalent des liquidités pour de nombreux intervenants en raison de la profondeur et de la stabilité de ces marchés. La préférence pour la liquidité, c’est à dire le risk-off se manifeste par des achats sur les fonds détat c’est à dire par la baisse des taux des Treasuries US.

En résumé;

-Il faut maintenir la crédibilité et montrer que l’on peut procéder à la réduction de la taille du bilan de la Fed

-Il faut pour ce faire que les marchés aient donc l’impression que l’on a la situation bien en mains et donc que l’opération réussisse, qu’il n’y ait pas de choc

-Il faut faire monter les taux des fonds d’état pour montrer que la préférence pour la liquidité n’augmente pas et que l’on reste en risk-on, bref que l’on vote en faveur des banques centrales;

-Il faut laisser se créer de nouvelles corrélations, de nouvelles liaisons entre d’un côté la gestion par les autorités et de l’autre les marchés et  enfin avec  le monde réel. Cela signifie qu’il faut établir de nouveaux arcs stimulus-réponse  de Pavlov.

Ce qu’il faut implanter  c’est la conviction que ce qui est important ce ne sont pas les flux de QE, surtout pas, ce qu’il faut implanter c’est la conviction que ce qui compte c’est le phénomène de stocks.

Si on réussit cela alors on pourra faire un peu de vraie normalisation.

Si ce sont les flux qui jouent, c’est la catastrophe, si ce sont les stocks accumulés, c’est gérable.

Et c’est cette conviction là qu’il faut établir avec l’aide des marchés, plus ou moins pilotés, avec l’aide des TBTF et avec l’aide des gourous et celles des médias.

Ne vous y trompez pas car sous l’apparente diversité des sources de formation des opinions, en réalité le processus est quasi monopolistique, seules deux ou trois émetteurs  ont de l’importance et ceux là , sont connivents, objectivement connivents car c’est leur intéret de l’être. Pas besoin de concertation ou de conspiration.

Ci dessous la liaison que la Fed a créée entre le total de son bilan et le niveau des Bourses; c’est à cette liaison qu’il faut maintenant échapper si on veut que tenter de normaliser ne fasse pas s’effondrer les marchés.

L’échec réel tangible de la politique monétaire visualisé par l’absence de reprise des investissements productifs, c’est à dire que le potentiel de croissance n’a pas été augmenté à la faveur des taux bas et de l’abondance de l’argent. Normal, les QE n’ont été utilisé que pour les Buy Backs, les dividendes, les M&A et les opérations de Private Equity. 

La vraie cause de la crise vient de la production, c’est à dire qu’elle a pour origine la dégradation de la profitabilité réelle des entrerpsies, je parle de la profitabilité réelle, celle qui découle de la Comptabilité Nationale, pas de la comptabilité de façade mise en avant par les entrepsies pour faire monter les cours de Bourse et distribuer des bonus aux dirgeants  ! Le problème c’est l’érosion des taux de profit, elle oblige à :

-faire du levier

-racheter les actions pour maintenir la profitabilité du capital

-faire de la productivité à tous prix c’est à dire embaucher moins pour produire plus

-faire pression sur les salaires et essayer d’augmenter les taux d’exploitation de la main d’oeuvre, ce qui pése sur les revenus, sur  le pouvoir d’achat et donc entraine une insuffisance de la demande que l’on compense par le crédit.

 

 

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4 réflexions sur “A lire si vous voulez continuer à comprendre les tenants et aboutissants de la politique suivie par les responsables

  1. Tentative d’explication du paradoxe de l’augmentation de la liquidité malgré la réduction du bilan de la FED.

    N’étant pas comptable ni spécialiste des banques centrales, le raisonnement ci-dessous n’est donné que pour la réflexion, il ne se prétend pas décrire le mécanisme du QE avec exactitude.

    —-

    En 2008, la FED a racheté 10 000 $ une créance hypothécaire de 10 000 $ à échéance de 10 ans (2018) avec un coupon annuel de 1000 $. (Je laisse de côté le calcul des intérêts, par soucis de simplification,…)

    Elle a donc augmenter son bilan de 10 000 $.

    L »emprunteur, au bout de 3 ans à fait défaut, il n’a donc remboursé que 3 000 $ sur le total de 10 000 $.

    Dès constatation du défaut, le bilan aurait dû être diminué de 7 000 $ pour tenir compte de la perte sur cette créance irrécouvrable. Mais, comme la FED, ne peut se permettre d’avouer une perte, elle inscrit toujours la valeur de la créance à 10 000 $ au lieu de 3 000 $.

    En 2018, si la FED n’annonce pas de réduction de la taille de son bilan. La créance, bien que non recouvrable, tombe à échéance et la FED rachète à nouveau une autre créance de 10 000 $.

    Même, si la FED n’annonce pas d’augmentation de son bilan, en réalité, non pas le bilan, mais la masse monétaire a augmenté, lors du rachat de la nouvelle créance de 7000 $.
    En, fait, entre temps, la FED aurait dû accuser une perte, donc admettre une réduction de son bilan de 7 000 $, avant de l’augmenter à nouveau de 7000 $ lors du rachat de la nouvelle créance.

    Maintenant, prenons en considération, l’annonce de réduction du bilan de la FED. Toujours pour simplifier, admettons que celà se traduit par une réduction de 1 000 $, sur le rachat de la nouvelle créance. Elle achète une nouvelle créance à 9 000 $ au lieu de la créance tombée à échéance de valeur initiale 10 000 $.
    Comme, la perte est toujours de 7 000 $, pour la première créance, le fait de racheter la nouvelle créance de 9 000 $, fait grossir encore le bilan de 6 000 $ (9 000 – 3 000).

    Conclusion : la réduction annoncée de 1 000 $ par la FED, fait plutôt apparaître en réalité une augmentation de la liquidité de 6 000 $ supplémentaire.

    Bien évidement, comme ces 6 000 $ sont complètement créée à partir de rien, puisqu’ils correspondent à la perte de la contrepartie.

    Tant, que le bilan de la FED, reste opaque, il est donc impossible de s’appuyer sur sa communication pour anticiper.

    Merci pour vos explications complémentaires, si besoin.

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  2. Houlala!! c’est vrai qu’il faut s’accrocher!! ça fait penser au jargon médical…lol
    Ceci dit depuis le temps que je vous lis j’ai appris beaucoup de « clefs » de décryptage des marchés et au delà sur la financiarisation débridée de l’économie qui apparait dans l’Histoire ( post 1971) comme le moyen de dépasser les contradictions du capitalisme sur la valorisation/dévalorisation débouchant sur la chute du taux de profit…On voit aujourd’hui que le système butte à nouveau sur cette contradiction et, alors qu’autrefois, il fallait qu’il y ait la guerre (comme vous le dites souvent) pour liquider les antériorités et relancer la machine , il faut aujourd’hui liquider différemment ( puisqu’il n’y a pas d’ennemi de taille face aux USA) et c’est ça la grande question qui doit nous préoccuper: c’est une guerre « soft » menée subrepticement contre l’avis des peuples..vers quoi va t-on déboucher ?
    Pour parler marchés J’ai appris lors d’une formation de trading que c’est la valeur perçue qui dirige le prix et non une valeur « raisonnée » et fondamentale: le marché a donc toujours raison..Il faut donc jouer avec le nouveau cadre qui nous est imposé tout en étant pas dupe des conséquences à moyen/ long terme. Ne pensez-vous pas que l’analyse technique court/moyen terme permet toujours de piloter les investissements étant donné qu’elle inclut déjà tous les dérèglements provoqués par les banques centrales depuis 8 ans?
    Et puis on commente ( les médias financiers) la normalisation du bilan de la Fed , « ils » mettent le focus dessus, mais qu’en est-il de l’attitude des autres grandes banques centrales ? vont-elles continuer d’injecter ? Le consensus de Shangai n’a t-il pas permis de piloter en son temps les anticipations des gérants pour reflater les marchés ? et la musique peut continuer….
    Bon WE

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  3. Est ce que, si, les stocks ce sont toute la liquidité dans le système que des banques centrales globales ont et continuent d’injecter ensembles ou à tour de rôle, cette liquidité va chercher du yield dans les marchés (puisque les banques centrales ont supprimé les rendements via les NIRP /ZIRP), et provoqué le fameux search for yield risk on, et surtout la baisse /le maintien de la volatilité ultra basse et par conséquent plus de crainte du risk off.
    Et donc en corollaire (voulu), le flux, les mouvements des ETFs gigantesques, des titres/actions, obligations .. Dans le marché financier, papier, suivent la liquidité et tournent à L’INTERIEUR du marché : rotations de secteurs, d’allocation d actifs et pour que les marchés ne baissent pas en bear market on trouve toujours des nouveaux leaders.
    Alors oui c’est « le stock » la liquidité qui fait tout puisque via les marchés elle solvabilise le système en « évitant le « credit crunch » donc les faillites et permet de continuer le paiement des intérêts des dettes et l’endettement qu’il soit monétaire ”credit expension » ou fiscal.

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