A lire. Catalogne, Rajoy réveille de mauvais souvenirs franquistes

http://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-catalogne-ensanglantee-par-jacques-sapir/

https://www.theguardian.com/world/2017/oct/01/dozens-injured-as-riot-police-storm-catalan-ref-polling-stations

Appel à la grève générale mardi en Catalogne par les syndicats et associations.

Les violences qui ont marqué le référendum d’autodétermination interdit en Catalogne laissent craindre à la presse française de lundi que le bras de fer entre indépendantistes et gouvernement de Madrid ne ravive les démons de la guerre civile.

Pour Le Figaro, « les violences creusent le fossé entre Madrid et la Catalogne ».

« L’Espagne ne doit pas prendre ce chemin sanglant qu’elle ne connaît que trop bien », insiste Johan Hufnagel dans son éditorial de Libération.

« La situation n’a pourtant pas d’autre issue positive qu’une discussion politique et une résolution démocratique », martèle Patrick Apel-Muller. « C’est ce chemin qui doit être exploré, plutôt que les charges matraque en main ou les tirs de balles en caoutchouc. »

« C’est moins le résultat du référendum que la manière dont le pouvoir central a géré cette affaire qui fait des séparatistes, passant pour les victimes, les vainqueurs du bras de fer », estime Laurent Bodin dans L’Alsace.

Dans La République des Pyrénées, Jean-Michel Helvig regrette « des scènes de violences policières qui permettent maintenant aux indépendantistes de se poser en victimes, quand ils n’étaient que des apprentis-sorciers ».

« Ce référendum était un piège et (le président du gouvernement) Mariano Rajoy s’y est jeté tête la première », constate Pascal Coquis des Dernières Nouvelles d’Alsace.

« L’exemple espagnol montre qu’à vouloir réprimer trop durement les indépendantistes, on prend le risque de les victimiser, donc de les conforter », confirme Benoît Gaudibert dans L’Est républicain.

« La journée d’hier démontre que la violence est à portée de main. Au coin de la rue, les rêves d’indépendance peuvent se muer en guerre civile, comme autrefois », met en garde Jean Levallois dans La Presse de la Manche.

« Au sortir du franquisme, l’Espagne s’est réinventée comme un pays très décentralisé », rappelle Jean-Christophe Ploquin dans La Croix. « Peut-être le pays peut-il évoluer vers un fédéralisme plus poussé. »

90% de « oui » et 42,3% de participation 

Le gouvernement séparatiste de Catalogne a affirmé dans la nuit de dimanche à lundi que le « oui » à l’indépendance de la région espagnole l’avait emporté, avec 90% des voix, à l’issue du référendum d’autodétermination interdit qu’il a tenté d’organiser.

Le taux de participation atteindrait, selon les comptes de l’exécutif catalan, 42,3%.

Le porte-parole du gouvernement, Jordi Turull, a assuré que quelque 2,26 millions de personnes avaient participé au scrutin dimanche et que 2,02 millions avaient voté « oui ».

Les électeurs devaient répondre à la question « voulez-vous que la Catalogne devienne un Etat indépendant sous forme de République? ».

Selon M. Turull, 176.000 personnes ont voté pour le « non », alors que le référendum – interdit par la Cour constitutionnelle – a été boycotté par tous les partis d’opposition aux séparatistes.

Selon les sondages, la Catalogne serait divisée à parts presques égales entre les partisans de l’indépendance et ceux d’un maintien en Espagne.

En revanche près de 80% des électeurs souhaiteraient un référendum légal et accordé avec l’Etat, selon ces enquêtes d’opinion.

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