L’homme qui a tué à l’arme blanche deux jeunes femmes dimanche à Marseille, avant d’être abattu par des militaires de Sentinelle, avait eu affaire à la police française à sept reprises depuis 2005 mais n’avait jamais été condamné et n’était pas connu des services antiterroristes, a déclaré lundi le procureur de la République de Paris.
L’attaque, qui a eu lieu peu avant 14h00 sur le parvis de la gare Saint-Charles, a été revendiquée par l’organisation Etat islamique (EI, Daech).
L’agresseur avait été interpellé pour la dernière fois à Lyon vendredi dernier pour un vol à l’étalage et avait présenté à cette occasion un passeport tunisien qui lui donnait l’âge de 29 ans. Les forces de sécurité françaises lui connaissent sept identités, a précisé François Molins lors d’une conférence de presse.
« L’agresseur (…) avait été signalisé à sept reprises depuis 2005 sous sept identités différentes. La dernière signalisation, en date du 29 septembre 2017, correspond à une interpellation à Lyon pour des faits de vol à l’étalage », a-t-il dit.
Il avait été placé en garde à vue jusqu’à l’après-midi du 30 septembre.
L’homme avait remis aux policiers lyonnais « un passeport tunisien délivré le 18 novembre 2014 au nom de Ahmed H. né le 9 novembre 1987 à Bizerte », a indiqué le procureur.
Il s’était alors présenté comme un SDF vivant à Lyon, divorcé, sans emploi autre que des missions non déclarées comme peintre, et consommant des drogues dures.
« Cette identité ainsi que les différents alias utilisés sont inconnus des services spécialisés antiterroristes, aucune condamnation ne figure à ce jour sur son casier judiciaire », a ajouté le magistrat.
DEUX VICTIMES DE 20 ANS
François Molins a déclaré que les deux victimes étaient « deux cousines âgées de 20 ans ». L’une était venue rendre visite à l’autre.
De source judiciaire, on indiquait lundi matin que l’une suivait des études de médecine à Marseille et l’autre était dans une école d’infirmières. Cette dernière était venue de Lyon pour passer le week-end avec sa cousine à Marseille.
« Le mode opératoire de l’auteur – attaque au couteau dans une gare répondant ainsi au mot d’ordre permanent de l’organisation terroriste Daech – , les circonstances entourant son passage à l’acte – il a fait tout ça aux cris d’Allah Akbar – , les cibles visées enfin – tout à la fois des victimes indéterminées et des militaires de l’opération Sentinelle – ont conduit la section anti-terroriste de mon parquet à se saisir dès hier après-midi », a expliqué le magistrat.
L’auteur est arrivé en gare de Marseille à 13h32 avant de se rendre sur le parvis de la gare quelques minutes plus tard, a-t-il précisé, selon des données de vidéosurveillance.
« A 13h45, il s’est soudainement levé (d’un banc), s’est dirigé vers une victime à laquelle il a porté plusieurs coups de couteau, avant de partir en courant », a indiqué le procureur.
Puis, l’auteur est revenu sur ses pas et a agressé une seconde victime à qui il a également assené plusieurs violents coups de couteau, a ajouté le procureur.
Une passante s’est alors interposée en portant des coups au meurtrier avec un porte-drapeau.
En se relevant, l’agresseur a aperçu des militaires de l’opération de protection Sentinelle et a alors « foncé » sur eux, a dit François Molins. Ces derniers « ont fait feu à deux reprises sur lui après sommation verbale », a-t-il ajouté en précisant que l’auteur avait crié Allah Akbar en tuant les deux jeunes femmes et « en se ruant » sur les militaires.