Editorial. Le mal par le mal ? La mystification par l’inversion, il est temps de comprendre!

La solution à la crise provoquée par l’excès de dettes c’est … plus de dettes grâce au crédit gratuit et la création de liquidités. Avouez que cela en soi est déja sidérant. Cela vous introduit au Nouveau Monde. Le monde de la sidération qui défie l’intelligence. Le monde des vessies et des lanternes. Le monde de la modernité, ce monde ou « moins » égale « plus » et ou « plus » égale « moins » dès lors qu’un puissant décrète l’équivalence.

Si vous faites ce constat de bon sens , vous  en tirez la conclusion que par symétrie des causes et effets  que on ne pourra jamais remonter les taux d’intérêt car le système ne pourra  plus le supporter.

Nous présentons ci dessous un graphique qui concerne les entreprises , mais bien entendu ce n’est qu’un aspect car les gouvernements aussi se sont endettés encore plus et les ménages également. Quant au système bancaire et quasi bancaire, il est enchevétré dans le maillage des dérivés qui sont une autre formes de dettes c’est à dire de promesses, en particulier  promesses de dollars qui n’existent pas.

Depuis 2013, les autorités cherchent à sortir de la situation dans laquelle elles se sont fourrées. Cela fait  4 ans qu’elles hésitent, tatonnent. Vous comprenez que la tentative de remonter les taux, même par « pas de bébés »par « baby steps » ,  fait problème!

Les contorsions verbales des autorités sur ces questions, par leur ridicule et leur dérisoire, en administrent la preuve.

Il suffit de prendre un peu de hauteur ou de recul pour s’en apercevoir:

-on a mis en place une politique monétaire de dopage pour sortir de la crise,

-cette politique devait provoquer une reprise économique forte en « V » qui aurait permis au réel de rattraper la finance et de justifier l’inflation financière par celle du GDP

-la reprise forte n’est pas venue, on a du doubler les doses sur la finance

-de guerre lasse, on se résigne et on essaie de faire croire que dorénavant ce sera toujours médiocre et donc que les taux doivent rester très bas, entendez pas loin de zéro.

-Cette affirmation est un moyen de gérer la situation et surtout de ne pas se déjuger. 

-pourquoi cette affirmation qui n’est fondée sur rien, qui est simplement une affirmation d’autorité? Parce que l’on ne peut plus  remonter les taux à cause du risque qui s’est enraciné dans les marchés, à cause des bulles ;

-la messe est dite, si vous avez compris cela vous avez tout compris. 

Les autorités ne cherchent pas à remonter les taux et à sortir un peu, marginalement, des politiques monétaires non conventionnelles parce qu’elles pensent qu’il y a des risques de surchauffe, non elles veulent les arrêter parce qu’elles ont compris qu’elles ne servaient à rien! En revanche les dangers continuent de s’accumuler et en particulier, celui de la fin du cycle conjoncturel. La fin prévisible du cycle conjoncturel va imposer de nouvelles largesses, de nouveaux dopages. Ces politiques exacerbent les risques sans bénéfice: la balance des risques comme disait Bernanke est négative.

Il est impératif de comprendre cela car sinon tout parait absurde. Celui qui ne le comprend pas sera piégé avec la foule.

Les schéma d’interprétation que les élites proposent et imposent sont des schémas systématiquement inversés, des schémas qui, si ils sont suivis, conduisent à des jugements faux et donc à des réactions inadaptées.

Notre époque est celle de la déconstruction et cette déconstruction touche tous les domaines: l’économie, le travail, la finance, les marchés, la vie sociale, la morale, tout absolument tout est déconstruit. De la même façon que l’on récrit l’histoire et les récits du passé, on ruine les certitudes, le bon sens et vous fait douter de tout et surtout de vous, de ce que vous voyez et ressentez. La post modernité est un dé-lire. C’est un principe de la post modernité.

La question de la finance est au coeur de la crise car c’est d’abord et avant tout par la finance et les promesses non tenues, intenables que le monde a péché. La finance a permis temporairement d e dépasser les antagonismes sociaux. On a dépassé les contradictions du présent par la dette. 

C’est une course de vitesse: ils ont manipulé les signes de la finance à partir de 2008 en espérant que le réel économique suivrait; cela n’a pas été le cas. Peu importe ils tentent un autre pari, celui de faire vous faire changer, celui de vous faire marcher sur la tête, celui de vous contrôler, de vous isoler, de vous faire douter de tout avant l’éclosion de la nouvelle crise. 

Ce que nous écrivons n’est pas une digression, n’est pas du tout hors sujet.

Plus que jamais notre exergue « il n’est de vérité que du tout » est justifiée car économie, finance, marchés, vie personnelle, liberté, dignité, morale tout est lié.

Il y a similitude absolue, organique entre ce qui se passe sur les marchés, dans l’économie, dans le monde du travail, dans le social, dans le sociétal, dans la sphère éthique et même dans la sphère de la reproduction du sujet citoyen . Au coeur du mensonge dans lequel vous êtes plongé il y a la destruction des certitudes passées, l’idéologie du progrès, l’idéologie moderniste, la complexité, l’universalisme, le relativisme. Le projet des élites est un projet total, une sorte de table rase. Leur rêve c’est que vous vous ralliez à « plus rien n’est comme avant  » et « il n’y a pas d’autre solution ».

Pour s’adapter, car c’est cela qui est important, s’adapter, pour s’adapter pas besoin d’être un génie ou un surhomme, non ce qu’il faut c’est voir le monde non pas tel qu’on vous le présente mais tel qu’il est. Il faut sortir de la bouteille dans laquelle ils vous font vibrionner. Il faut non pas regarder les moutons et faire comme eux mais ouvrir les yeux, les siens et être capable de voir tout cela de Sirius, en ôtant les lunettes qu’ils vous collent à longueur de journée.

Même la finance doit être regardée, vue avec les yeux du soupçon; elle doit être décodée car elle fait partie intégrante du Nouveau Monde.

Revenons à nos moutons:

Le leveraging, le recours à la dette,  est le moyen privilégié, individuel,  de tenter de lutter contre la tendance à la baisse de la profitabilité, mais hélas, ce qui est rationnel individuellement ne l’est pas globalement car les dettes constituent un capital qui s’accumule  dans les mains des créanciers/usuriers et qui renforce les contraintes, les fragilités et l’instabilité.

Mais si on maintient les taux d’intérêt près de zéro et au maximum de 1% , alors on tue les systèmes de retraites  et ceux-ci sont obligés de se retourner de plus en  plus vers des placements très spéculatifs … qui n’ont aucune chance de résister à la prochaine crise. La destruction des retraites est un choix, elle est délibérée. C’est une zone d’ombre, opaque, les masses sont énormes, et puis la philosophie dominante c’est « demain nous seront tous morts » conjuguée à « le long terme est une succession de courts termes ».

Plus il y a d’institutions/d’agents économiques  qui n’ont pas vocation à prendre des risques qui en prennent et plus la destruction sera profonde. Même chose avec les étudiants, même chose avec les pays émergents pour ne citer que les fragilités les plus évidentes.

Le système trace sa propre impasse et produit les conditions de la contagion.

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4 réflexions sur “Editorial. Le mal par le mal ? La mystification par l’inversion, il est temps de comprendre!

  1. Pour la première fois cette semaine j’ai entendu un gérant de fonds sur BFM business dire en substance la même chose que vous : tous les gérants « père de famille  » dès caisses de retraite, assurances… prennent à présent des risques inconsidérés pour trouver un minimum de rendement, il conclut son propos en disant que cela conduit à une situation critique. Traduisez : une catastrophe.

    Merci à vous.

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  2. Bonjour Mr Bertez,

    Ah je commence à percevoir le sens de votre « Il n’est de vérité que du tout », et je m’y retrouve largement. En effet, j’ai commencé à m’intéresser à l’économie / la finance il y a de cela quelque temps ayant constaté l’impasse dans laquelle « nous » sommes: impasse personnelle (malgré un boulot souhaité et plutôt très enviable -enseignant chercheur-, je ne me retrouve pas du tout dans celui-ci (valeurs, perte des repères, prévalence de l’administratif sur tout le reste: l’enseignement, la recherche, les étudiants, les enseignants, effondrement incroyable du niveau, dilution des programmes, directives tout azimut …), mais aussi impasse collective: politique, social, sociétal, moral, je constate que tout part à vau-l’eau.

    Enfin, malgré donc un certain pouvoir d’achat, je constate que mon niveau de vie est a peu près celui qu’avait ma mère institutrice célibataire lorsque j’étais petit (ie. constat d’une baisse massive du niveau de vie: le travail ne paye pas).

    Bref, en essayant de remonter aux causes, on arrive à se poser des questions économiques…

    Le tour de mystification dont vous parlez ne date pas, à mon humble avis, de la seule crise de 2008. Il avait débuté bien avant: transfert du pouvoir d’achat / des libertés de la classe moyenne vers la classe supérieure -les 0.1% hein- qui a transféré ses responsabilités pécuniaires aux classes moyennes (chantage à la délocalisation / évasion fiscale / … le poids de la solidarité nationale ne repose plus que sur de moins en moins de personnes).

    Avec les QE faisant suite à la crise de 2008, le grand transfert est passé à la vitesse supérieure via l’accaparement des « richesses » par le crédit gratuit et le « vol de l’épargne » par dilution de la monnaie.

    Désolé, mon commentaire doit déborder de votre article … mais continuez à éclairer ce qui est actuellement dans l’ombre et qui devrait être en pleine lumière.

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  3. Tocqueville, dans ‘l’ancien régime et la révolution’ remarque qu’un peuple à besoin d’une religion …ou d’un succédané, une idéologie.
    C’est l’argent (ses prêtres l’appellent la finance) qui a pris cette place vacante.
    Et comme toute religion, les effets sont énormes et font sentir dans toutes les sphères de la société.
    Merci à cette gangrène qui, nous réveille et nous invite à l’indépendance, la résilience.. la liberté.

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