Editorial: dans une optique moderne, les Bourses sont données, bradées! Ceci n’est pas un article boursier.

Le FT a un excellent papier qui va à l’essentiel: le déluge d’argent facile rend impossible d’apprécier la valeur.


[FT] Tsunami of easy money makes it impossible to judge value


C’est une question centrale et pas seulement pour les marchés financiers: la question de la valeur, des valeurs est l’une es pierres angulaires de la post-modernité.

Nous avons très souvent analysé cette question de la valeur et des valeurs et nous avons proposé différents niveaux plus ou moins radicaux, de compréhension.

Le niveau le plus radical est celui ci: l’avènement de la modernités et encore plus de la post-modernité à bouleversé tout ce que l’on pouvait penser de la Valeur. Depuis Walras, Menger, Samuelson  et les marginalistes, la valeur est suspendue dans les airs, elle a perdu son lien, son origine, son ancrage, elle est simplement ce qui résulte de l’offre et de la demande. La Valeur dit Menger est dans l’oeil, dans la tête de celui qui la contemple. Elle est subjective.

Les marginalistes tournent la page du monde classique, du monde ancré dans la production. Avant eux, la valeur était toujours plus ou moins une valeur  travail, une quantité de travail social cristallisé, après eux la valeur objective disparaît, elle est reléguée aux oubliettes de l’histoire. L’avantage idéologique est que si la valeur travail disparaît, alors la théorie de l’exploitation des travailleurs perd son fondement, la lutte des classes n’a plus de raison d’être, les analyses de Marx sont à mettre à la poubelle. La  montée puis le succès des thèses marginalistes, pures tautologies bien sur, est une riposte idéologique au mouvement ouvrier. Les théories sont toujours produites, fabriquées, elles ne tombent pas du ciel , elles ont une utilité sociale relative à un moment donné.

Dire que la valeur n’est pas produite par le travailleur mais par le désir des consommateurs et clients, c’est bien sur ouvrir la voie au monde moderne d’abord de l’échange et de la division du travail puis du post-moderne de la frivolité du désir. C’est faire basculer le monde: avant il marchait sur ses pieds, maintenant il marche sur la tête. Le référent cesse d’être le travail et le travailleur, pour devenir … le marché. Tautologie.

Cela ouvre la voie au relativisme généralisé, à la disparition philosophique d’un autre ancrage qui est celui de la Vérité. Le système des équivalents généraux avec le postulat d’un référent disparaît seuls comptent les offres, les demandes, la publicité, la propagande , la manipulation sans limites des désirs et des illusions. Le monde ainsi conçu est un monde de domination des plus forts grâce aux ressources dont ils disposent d’abord pour manipuler, ensuite imposer, enfin produire de l’offre et de la demande.

Lors du passage à la post-modernité, on franchit une étape pour produire un homme nouveau, sorte de tableau noir vierge sur lequel on inscrit dès l’école, dès l’accès aux médias, les déterminations que l’on veut imprimer.  La post-modernité , qui est le mouvement dans lequel nous sommes emportés, va plus loin que la modernité, elle ne produit pas seulement les comportements, les besoins, les désirs des sujets, elle produit les sujets eux mêmes . Nous sommes dans une période ou s’élabore une nouvelle anthropologie. C’est dans cette tentative effrayante , de reprogrammation de l’Homme que nous nous trouvons maintenant. Le système a pour Projet de nous reprogrammer, de nous redéfinir afin que nous soyons les bons agents dociles  de sa reproduction.

Attention ne personnalisez  pas, ne subjectivisez pas, le système se reproduit inconsciemment, c’est sa logique cachée, non sue, et qui justement est efficace parce que non accessible à la conscience. Les médias jouent un rôle essentiel non seulement par leur contenu mais par leur forme, leur existence même qui rend tout irréel mais donne l’illusion du réel. Les médias créent, imposent à l’intelligence de l’homme un monde à plat, un monde de pure combinatoire qui en tant que tel concourt à produire l’homme nouveau, universel, prisonnier des apparences, dénué d’esprit critique et peu à peu déculturé.  Ce n’est pas l’imbécile brachycépahle de Bouygues qui a conçu tout cela non, c’est le système, le système du   progrès, le système de la modernité.

Le système du progrès a signé le nouvel asservissement puisqu’il postule que tout ce qui est ancien c’est de la merde. Le progrès est une idéologie qui prétend que tout ce qui est récent, tout ce qui va venir est meilleur que ce qui a précédé. L’idéologie du progrès postule que le neuf constitue toujours une amélioration, ce qui donne toute latitude aux dominants pour détruire l’ancien avec l’accord, la bénédiction des imbéciles qui constituent la masse . L’idéologie du progrès, celle sur laquelle repose le Macronisme par exemple a pour fonction dans le système de vaincre les résistances, les résistances à la destruction de l’ancien.

L’idéologie du progrès est ancienne elle date de la fin du 17 siècle en France, mais elle a reçu un renfort considérable avec la sidération de l’intelligence et du bon sens qui ont accompagné le progrès scientifique, celui  des technologies et la hi-tech. L’idéologie a été confisquée et manipulée par ceux que nous appelons les  marchands du temple, les grands prêtres de la religion du marché généralisé, du tout-marchandise. L’idéologie du progrès a été récupérée par les exploiteurs, les dominants pour briser les résistances de la société civile, on le voit encore clairement avec l’entreprise de Macron en ce moment. Bien entendu, l’idéologie du progrès a ratifié les découvertes économiques des marginalistes, des modernes et des post-modernes qui prétendent que la valeur n’est que subjective, qu’elle est dans la tête des consommateurs et non pas dans les bras des travailleurs.

C’est l’idéologie du progrès qui permet d’évacuer le politique et d’imposer une vision de la société comme uniquement économique, au service des entreprises comme le veut Gattaz  et son sinistre  Medef.  Si l’économisme est un progrès, une conséquence de la modernité alors il n’y a plus lieu de faire des élections, de débattre, tout découle d’un savoir détenu par les sujets supposés le détenir, les Macron et autres. C’est la même chose avec les banquiers centraux, la gestion de la monnaie et de la finance ne sont pas du domaine de l’économie politique non surtout pas, ils sont d’un domaine réservé, auquel eux seuls ont accès, un domaine ou l’on ne pénètre que si on a l’autorité, l’autorité des PHD, celle d’une élite cooptée.

L’idéologie du progrès s’est accompagnée d’une idéologie du nouveau, puis du moderne, posé comme systématiquement meilleurs que l’ancien ce qui exonère d’avoir à en démontrer le bien fondé. La modernité, le progrès , le nouveau tout cela est devenu un corpus idéologique qui permet de détruire d’une part ce qui existe et d’imposer d’autre part quelque chose dont on n’a pas à démontrer la vérité ou l’efficacité, le nouveau.

L’idéologie du progrès, de la modernité permet de reléguer l’ancien comme ringard, facho, voire de le nazifier! Cette idéologie libère non seulement des entraves du réel, des limites, de la rareté, de l’ancrage de la Vérité, mais aussi et surtout de tout ce qui gêne les dominants dans leur quête de pouvoir et de richesse.  Les grands prêtres de la modernité s’octroient les surplus du système, la part maudite dirait Bataille,  parce qu’ils sont initiés, ils interprètent et conduisent ces mystères que vous pauvres cons ne pouvez comprendre. Les grands prêtres de la modernité comme ceux de la finance sont des illusionnistes qui vous font prendre des vessies pour des lanternes,  les brouillards de leur esprit, les brumes de leur bêtise et l’enfumage de leur mauvaise foi  pour les signes du code qui permet de déchiffrer l »Eleusis qui nous entoure. L’idéologie du progrès et de la modernité est un totalitarisme.

Si vous nous avez suivi jusque là, vous êtes capables de comprendre que la question de la valeur pour les actifs financiers s’analyse dans ce cadre du désancrage, du relativisme, de la tromperie  et bien sur dans le cadre de l’exploitation .

En effet il s’agit en faisant surpayer les actifs financiers au dessus de leur valeur traditionnelle, historique, d’attirer l’argent du public, l’argent des caisses de retraites, l’argent des particuliers, vers des emplois qui normalement sont absolument, résolument non attrayants et pire spoliateurs.

En 1971 on a  coupé le lien entre les monnaies et l’équivalent général des marchandises, l’or. Cela a permis à partir de là d’émettre autant de monnaie qu' »ON » le jugeait nécessaire. On a fait sauter les limites! On a fait en sorte que les monnaies ne valent plus rien d ‘autre que ce que dit le rapport entre l’offre et la demande, c’est ce qui fut fait l’année suivante avec l’instauration des changes flottants. On a libéré des monnaies de la pesanteur, de la discipline, des règles, de  la rareté, de la valeur travail  et on les a , c’est le plus important, abandonné au seul pouvoir des banquiers centraux.

Le mot libéré est mot clef de modernité, on libère du poids du réel pour asservir à autre chose qui comme par hasard est le pouvoir du marché, celui des kleptos, celui des dominants. Réfléchissez à la libération qui est en cours dans les moeurs, dans le genre, dans les pratiques sexuelles. On libère pour mieux asservir à L’Oreal, à la mode, aux réseaux sociaux, aux tribunaux du camp du bien. ..On va libérer la procréation pour que les femmes puissent vendre leur ventre, comme leur  cul et leur bras  à des gens comme le défunt Pierre Berger. Ce qui a été libéré du réel , asservit aux hommes. La monnaie a été asservie à la  seule volonté des banquiers centraux. Et scélératesse suprême, on a donné à ces banquiers centraux l’indépendance vis a vis du politique c’est a dire l’indépendance vis à vis des volontés nationales, populaires ! Ah les braves gens!

Le désancrage des monnaies a permis de libérer ces monnaies du poids du réel, de l’histoire, de la rareté et du même coup les a rendu tributaire de la seule volonté, du seul caprice, des seuls intérêts de la classe financière et de ses alliés.

Eh bien ce qui s’est passé pour les monnaies qui ont été libérées de leur équivalent général, de leur sous jacent, c’ est exactement ce qui est en train de se passer avec les quasi monnaies, les actifs financiers, les actions, les obligations, les fonds d’état: pour en émettre plus et canaliser votre argent vers leurs poches, les dominants ont prévu d’étendre  le désancrage en regard de la réalité économique. 

L’objectif de la modernité financière est là, dans cette tentative scélérate , dans ce mouvement pour réussir à déconnecter, à libérer la valeur des actifs papier  de leur valeur fondamentale, sous-jacente. Il faut que les signes, les ombres de l’économie que sont les actifs financiers soient libérés de leur corps, la réalité de l’activité  économique. Il s’agit comme les monnaies de les faire flotter, de les libérer de la pesanteur et des lois de la gravitation. Comme les monnaies il s’agit de les suspendre dans les airs afin que leur valeur, comme celles des bulles de savon ne dépende que de ce que l’on souffle dedans , les liquidités plus ou moins chaudes, plus ou moins gratuites, surtout plus gratuites pour les kleptos. Liquidités dont ils tiennent le robinet et donc le flux.

Les médias sont en retard, c’est le développement inégal qui fait que les structures, les théories soient en retard par rapport aux pratiques spontanées, pas encore assimilées.

Toute la profession financière, bancaire, est en retard, elle regarde le monde dans le rétroviseur et avec des lunettes anciennes. Le décrochage du prix des actifs financiers en regard des valeurs fondamentales est déjà un acquis, il est réalisé, mais il n’est pas encore compris et encore moins théorisé.

Si il est compris dans un délai raisonnable alors la prise de conscience peut produire une hausse boursière fantastique. L’extension de la modernité peut provoquer une hausse fantastique des marchés. 

Ce qui peut aider à la prise de conscience  c’est le phénomène du Bitcoin, le phénomène des cryptomonnaies. Ces jetons , ces pseudo monnaies sont l’étape concrète du désancrage; elles ne sont rattachées  à rien d’autre qu’à la rareté, qu’a l’offre et à la demande, ce sont de purs objets dont la valeur est subjective, ce sont les symboles de la modernité. Purs objets de passion, de jeu, d’avidité.

Les cryptos sont la concrétisation de l’évolution de la notion de valeur et de son glissement.  Les cryptos vont faire réfléchir, progresser la pensée… pas forcément dans la bonne direction et encore moins dans le bon sens! Après tout, c’est du vent pur! Et est ce que le vent pur vaut plus ou moins qu’un actif économique réel, concret qui, même surévalué vaudra toujours quelque chose?

Ce n’est pas un hasard si les réflexions s’orientent  déjà vers des comparaisons, comparaisons avec l’or, avec les actions.

L’or est rare et à un moment donné la question se posera est il plus ou moins rare que le Bitcoin?

Les  actions sont rares car elles appartiennent en partie aux capitalistes, pas seulement au grand public et les capitalistes kleptos tentent d’augmenter la rareté des actions, c’est à dire leur valeur marginale en les rachetant par les buy backs.  Les kleptos ont compris que pour s’enrichir ils devaient raréfier ! Et ils utilisent les bénéfices, les capacités d’endettement des firmes pour payer des dividendes et surtout racheter, annuler les actions, réduire le capital,  le rendre plus rare. Et il réussissent.

Des sociétés stagnantes comme Mac Donald bénéficient de performances boursières spectaculaires malgré la stagnation des  résultats, la baisse des chiffres d’affaires, l’érosion des cash flows, simplement parce qu’elles raréfient leurs actions.  Et pour ce faire elles s’endettent à tour de bras au point  que leur actif net devienne négatif. Grâce à ces pratiques, la valeur boursière ne cesse de monter, avec une hausse de 70% en deux ans!  Mac Do se traite à plus de 25 fois les bénéfices des 12 derniers mois et à plus de 31 fois les bénéfices recalculés pour tenir compte des truandages.  Mac Do a racheté 20% de ses actions, extériorisé une progression fictive de ses résultats malgré la chute régulière de ses résultats réels et de son chiffre d’affaires, mais ses dettes ont augmenté de 16 milliards pour financer les rachats d ‘actions!

Avez vous compris maintenant ce qu’est la Valeur boursière et sa problématique?

 

[FT] Tsunami of easy money makes it impossible to judge value

Publicités

17 réflexions sur “Editorial: dans une optique moderne, les Bourses sont données, bradées! Ceci n’est pas un article boursier.

  1. Brillant ! Ce sont vos articles qui me font comprendre ce nouveau monde, déconnecté du réel grâce au high-tech, et les nouvelles règles qui vont avec. Nous entrons dans une autre dimension, et cela va vite. Personnellement j’essaye de projeter, car la question est: comment s’adapter, nous, à notre niveau ? Quelle(s) voie(s) suivre pour ne pas rester si possible simple observateur?

    Aimé par 1 personne

      1. Ancien élève de Jacques Ellul, j’ai cru entendre celui-ci, au lendemain de la Toussaint, se lever de sa tombe !

        Il a été un critique profond de la modernité et de l’idéologie du Progrès.

        Ton éditorial, cher Bruno, en constitue une brillante prolongation, adressée aujourd’hui à la post-modernité !

        Nous sommes dans la caverne numérique, et ton éclairage nous désigne le monde des ombres en tant que monde des ombres et non réalité réelle si je puis dire.

        Je fais circuler auprès de mes proches, c’est vraiment brillant !

        Quant à moi, je travaille bêtement dans et sur le monde réel, en espérant que la maîtrise de ce réel par le monde des signes ne sera pas définitive mais qu’un jour la réalité « réelle » s’imposera de nouveau. Ce serait salvateur pour nos enfants, à condition bien sûr que la grande réconciliation ne soit pas trop violente… on peut toujours rêver…

        Mais peut-être suis-je tout simplement trop « idéaliste » ?;-)

        Ce que je te soupçonne, entre nous, d’être aussi un peu…

        Avec mes sincères remerciements !

        Louis

        J'aime

  2. Tout idem que Dradog: même impression d’excellence à la lecture de votre édito et même questionnement de fond. Merci pour cet article: c’est déjà énorme que de comprendre quelque chose à notre monde post-moderne, de trouver une grille de lecture expliquant tout ce qu’il se passe actuellement, à démêler le vrai (le réel, le caché, le nié) du faux (des signaux de fumée dont nous sommes abreuvé sur tous les médias, par l’autorité …).

    J'aime

  3. Merci de nous montrer la lune quand le Système nous offre le doigt en gros plan et 3D.

    Pas plus tard qu’hier, je commençais à douter de mes convictions à la lecture d’un article de ZH affirmant que les ventes de l’US mint sont en baisse sensible depuis un an. Cette baisse d’attrait pour l’or et l’argent est attribuée pour partie à la concurrence des cryptomonnaies. Et l’article de conclure qu’un jour, l’or s’effacera peut-être au profit de ces cryptomonnaies en tant que réserve de valeur.

    Oui, le Système est très fort pour nous embringuer dans ses combines, moi-même, lecteur fidèle de la presse alternative, j’ai douté de ce qui semble à mes yeux une certitude, la valeur du tangible, quoiqu’il en soit et quoi qu’en dise la propagande.

    J’aimerais finir sur cette anecdote : la semaine dernière, mon père (88 printemps) m’a raconté cette histoire : en 1917, mon grand-père, âgé alors de 16 ans, est parti à la banque de France de Tarbes avec un sac d’or sur les épaules. Tous les voisins du village, y compris ma famille, lui avaient confié leurs louis d’or, pour les échanger contre des billets. Il y en avait pour 40000 francs, soit environ 100000 euros actuels. Tous, je dis bien, tous, savaient pertinemment que les billets de vaudraient rien quelques années plus tard. Pourtant tous ont donné leur or à mon grand-père, qui malgré son jeune âge, était digne de confiance à leurs yeux.

    Ils l’ont fait parce que tous avaient perdu un proche dans la guerre, et que ce sacrifice, dixit mon père, n’étaient rien au regard du sacrifice de ces jeunes, fauchés à 20 ans par la mitraille.

    Le Système d’alors, les a baisés (je suis vulgaire volontairement) deux fois : en les dépouillant de la seule valeur garante de leur richesse digne de ce nom, et au prétexte fallacieux de la patrie, et de celui, terriblement pervers, du sacrifice humain des leurs.

    En 1945, certains au village avaient fait fortune : en sortant l’or du fond de leur jardin. Ceux-là ont racheté des terres, des maisons. Ceux-là, avares, rapaces ou mesquins n’avaient pas confié leur or à mon grand-père. Les autres, tous les autres, n’avaient plus leurs billets depuis longtemps.

    Je ne juge ni les uns, ni les autres. Mon père ne regrette rien, m’a-t-il dit : « on ne met pas sur le même plan la vie humaine et de l’or », pourtant valeur tangible par excellence à ses yeux. Malgré la vilenie des gouvernants d’alors (mon grand-père et mon père et tous ceux qui s’étaient dépouillés de leur or, cristallisation de leurs souffrances paysannes de toute une vie, n’étaient pas dupes de la supercherie, au contraire), ils ont assumé leur choix, obéi à la requête du gouvernement de la France d’alors et ont reconstruit leur vie sinon, leur pécule. Ils peuvent se regarder dans une glace et je suis fier d’eux. Bien entendu, ils n’ont que mépris pour tous ces dirigeants et ces généraux d’alors et le même mépris persiste en eux pour tous ceux d’aujourd’hui, qui nous entraînement dans leurs sales combines.

    J’ai gardé de leurs leçons passées un regard critique sur ces désirs que l’on tente de nous imposer. Mais je dois avouer qu’ils sont forts, très forts pour nous faire douter de nos convictions profondes.

    Merci à vous de remettre chaque jour dans le bon ordre les valeurs et le sens des choses. Infiniment merci, de la part de tous ceux de mon village, qui avaient le sens de l’honneur, malgré la médiocrité de ceux qui nous b…, ou tentent de le faire.

    J'aime

  4. Pour la énième fois : merci pour ce que vous faites.

    Ceci dit, les cryptomonnaies sont un domaine, le seul à ma connaissance, ou je pense qu’il vous manque quelques clés de lecture.

    Les cryptomonnaies sont conçues exprès pour être rares, déflationnistes disent certains. Pour échapper au contrôle étatique. Les Chinois et les Venezueliens les utilisent superbement pour contrer leurs gouvernements !

    Vous pensez peut-être que les cryptomonnaies sont de simples programmes informatiques faciles à craquer pour une agence gouvernementale, or il n’en est rien. La technologie Blockchain est par essence incraquable. J’ai longuement questionné un ami ingénieur EPFL informatique avant d’acheter mon Bitcoin à 700$ en 2013. Je ne prétends pas être capable de vous expliquer pourquoi. Mais c’était la conclusion de mon ami.
    Ce n’est pas un hasard si l’ami H16 est plutôt enthousiaste au sujet du Bitcoin. Lui aussi est du métier….

    On peut bien sûr penser à un décret américain qui interdirait les cryptomonnaies purement et simplement. Mais cela a un coût politique énorme, ils n’arrivent déjà pas à freiner l’expansion du petro -yuan.

    Demandez-vous seulement si la rareté d’une cryptomonnaie est si impossible.

    J'aime

    1. je vous remercie de votre intérêt.

      Moi je ne m’intéresse pas aux cryptomonnaies, aux jetons ou au blockchain. Je n’entre pas en matière pour beaucoup de raisons dont la principale est que je considère cette innovation comme un symptome d’un phénomène plus vaste qui est la marche vers l’abstraction. Ou plutot comme deux symptomes le premier étant celui que je viens d’énoncer et le second est la tyrannie de la technique ou de la technologie ou de la high-tech.

      Je m’intéresse à la sacralisation de la high tech, à l’aliénation dans laquelle nos contemporains se plongent volontairement; je m’intéresse aux mécanismes de transmutation de la valeur sous la loi du Ponzi, c’est à dire sous la loi de la nécessité du maintien de la demande pour assurer la pérennité de la valeur.

      j’ai écrit il y a peu un article dans ce sens; dans cet article je défends et j’analyse cette idée que la valeur repose sur la liquidité c’est à dire en dernière analyse sur le fait qu’il y ait une offre qui rencontre une demande. Vous trouvez ce texte plus bas dans le service. Je m’attache à démontrer que dès lors que l’on désarrime la notion de valeur de son référent, de son equivalant, de son sous jacent on rentre dans l’exploitation des uns par les autres. Le pouvoir subjectif des uns, de quelques uns remplace la neutralité de la valeur reconnue comme équivalent général.

      Votre propos tend à démontrer voire à promouvoir les crypto monnaies, et leur sécurité/rareté ce n’est pas le mien, ni dans un sens positif ni dans un sens négatif.

      J'aime

  5. Votre article met les choses dans la bonne perspective : nous ne vivons pas une crise liée à l’insuffisance de sous-jacent mais nous assistons à une oeuvre de destruction systématique du sous-jacent. Tout doit disparaître !

    J'aime

  6. Oui, mais dans ce monde en lévitation, que nous tentons de comprendre grâce à vous, ce monde où le réel devient un référent obsolète, ce nouveau monde serait donc la nouvelle norme et ce pour un bon moment sauf méga crack qui entraînerait aussi la high-tech -même si la science par essence avance et ne recule jamais ce qui ferait que cet état serait de toute façon temporaire -.
    Or les cryptomonnaies en sont, comme vous le dites, l’expression ultime de ce monde déconnecté. Elles deviennent donc un genre de référent, qui ne repose sur rien de concret oui si ce n’est justement l’expression ultime de cette high-tech pure… D’où nos questionnements, car on ne peut aller à l’encontre de l’évolution, donc de la la science où plus va plus son expression (comme vous l’analysez si justement) prendra le pas sur toutes nos anciennes références devenues obsolètes….

    La révolution 3.0 est déjà là, on parle même de 4.0. Les robots vont envahir nos vies avec les multinationales qui vont avec, et nous ne sommes plus au temps de nos grands-parents et de leurs guerres où la high-tech n’existait pas encore. La cash va bientôt disparaître, car dans ce monde là il n’a plus sa place.

    Alors les cryptomonnaies, infalsifiables, reposant sur une technologie ultime, sont peut-être pour les avertis un moyen de s’adapter à ce futur déjà présent…

    A moins que… Un genre de cryptomonnaie basée sur l’or (que seuls les chinois peuvent proposer vu leurs reserves) devienne le nouveau référent mondial…. Ce qui serait le garant d’une nouvelle ère sous hégémonie Chinoise…

    J'aime

    1. L’histoire ne s’arrête pas, les contradictions et la dialectique sont là, qui comme la vieille taupe rongent la modernité.

      Tout se retourne et je vous livre une idée: ils se servent des progrès de la high tech des communications pour nous surveiller, nous contrôler, espionner nos actions, nos dépenses, nos mouvements. Ils ont cru avec les médias nouveaux pouvoir nous mettre sous surveillance comme voulait le faire Bentham en 1780 avec son Panopticon et que voit-on? On voit les salopards de Hollywood qui sont les fers de lance de la bien pensance , de l’empire du bien et de la post modernité inclusive, on voit ces minables mordre la poussière parce que grace aux moyens de communication modernes et à la globalisation, un mouvement de désapprobation colossal prend naissance. Les donneurs de leçon sont eux même fessés devant le monde entier alors qu’ils prétendent piloter le monde et son esprit moderne. Au lieu de piloter, ils pelotent! Suprème ironie, mais c’est ainsi la vie est ironique, dialectique quand on croit montrer son phallus, on montre son cul! Tout ceci pour vous dire qu’il y a des raisons de ne pas se résigner tout en sachant que le changement c’est ici et maintenant dans sa vie, dans son comportement personnel qu’il faut le commencer.

      Aimé par 1 personne

  7. En lisant les commentaires,je suis sidéré par la confiance aveugle exprimée par certains dans la Blockchain et l’inviolabilité des cryptos!Nous sommes dans une hallucination collective!Personne ne peut vérifier le nombre de vrais bitcoins émis.L’anonymat des transactions est aussi une gentille bluette.Tant de naiveté c’est fascinant!

    J'aime

    1. Bien entendu je n’ai rien contre ou pour le blockchain, c’est une réalité un point c’est tout.

      Mais s’agissant des crypto monnaies je ne peux m’empécher de noter qu’elles sont bien dans l’air du temps dont la devise pourrait être:

      « something for nothing » ou inversé, « nothing for something »!

      Notre époque fait de tout un monde et du monde un rien!

      Les dominants adorent, vont adorer les cryptomonnaies car elles ont pour fonction objective dans le système, je dis bien objectives, pas subjectives et voulues, elles ont pour fonction d’accélérer la marche vers l’abstraction, la coupure d’avec le monde, la névrose sociale. Elles habituent à la chute des référents et à la montée sournoise de l’arbitraire truqué de la fausse rareté.

      Elles permettent ce que j’utilise souvent dasn mes analyses: la disjonction, qui est le jeu faustien de la séparation de l’ombre et du corps. La disjonction est le processus par lequel les gens marchent à coté de leurs pompes. La disjonction crée un écart considérable entre les signes et le réel et c’est dans cet écart que git et que réside et que s’exerce le pouvoir des dominants. Mais les maitres ne sont pas seuls responsables de cette situation peu glorieuse d’asservissement, car les asservis, les dominés sont en fait aliénés volontairement, ils deviennent étrangers à eux même, même si on ne les force pas. Il y a un gout, une tentation de la servitude qui est à notre époque quasi irrepressible car elle repose sur le principe du moindre effort: « que l’on est bien quand on a cessé d’etre responsable de soi, quand on est pris en charge… surtout quand on peut proclamer une liberté bidon, simulée et simulacre pour masquer sa veulerie ».

      J'aime

      1. Merci, vos commentaires, articles, pensées sont une lumière dans ce tunnel sombre, tortueux effrayant et dangereux qu’est devenu ce monde entièrement financialisé, totalement mercantilisé et son corolaire, la déshumanisation : remplacer/transformer/adapter l’humain à ce nouveau cadre qui est imposé/s’impose à tous les niveaux de la vie.

        Rien ne doit s’échapper de ce nouveau cadre de pensée, de ce système financialisé, il doit rester clos et est devenu une dictature acceptée, et même souhaité par les moutons de Panurge Pavloviens et robotisés et bientôt pucés.
        C’est le syndrome de Stockholm.

        La réalité ennuie : le smartphone, le vituel, la sensation de vivre plus grand, en 3 D (par procuration) sur la toile, les amis sur les medias sociaux,
        l’illusion du savoir, sans faire l’effort de synthèse d’analyse, de recul par rapport aux flots d’informations en continue vraies ou « fake » informations qui paradoxalement (et par dessin) rendent les gens ignorants .

        La maitrise simple du BA BA de l’utilisation des outils technologiques grand public, des crytpo monnaies, font croire à l’illusion, au mirage de pouvoir de décision, de liberté, de savoir et, enivre au point d’oublier l’essentiel,
        à savoir qui profite le plus de ces changements permanents et rapides et quel est /sera le prix à payer réel/dans la réalité une fois que la bulle du crédit qui a tout permis, a décalé toutes les conséquences négatives dans le futur, se dégonflera d’une manière ou de l’autre

        J'aime

  8. Brillant certes mais terriblement déprimant.

    Je me sens de plus en plus comme une grosse vache qui assiste béatement aux scènes qui se déroulent sous ses yeux.
    Ne cherchant même plus à comprendre, mon seul souhait est que les maîtres de monde aient assez de picotin pour me nourrir jusqu’à mon dernier jour.

    J'aime

  9. Merci, vos commentaires, articles, pensées sont une lumière dans ce tunnel sombre, tortueux effrayant et dangereux qu’est devenu ce monde entièrement financialisé, totalement mercantilisé et son corolaire, la déshumanisation : remplacer/transformer/adapter l’humain à ce nouveau cadre qui est imposé/s’impose à tous les niveaux de la vie.

    Rien ne doit s’échapper de ce nouveau cadre de pensée, de ce système financialisé, il doit rester clos et est devenu une dictature acceptée, et même souhaité par les moutons de Panurge Pavloviens , robotisés et bientôt pucés.
    C’est le syndrome de Stockholm.

    Comme la réalité ennuie parce qu’elle est difficile,
    Via le smartphone, le virtuel, les shows bas de gamme intellectuellement et sans aucune éthique, bien sur,
    Tout cela avec les publicités non stop, les messages sublimaux de plus en plus ciblés et quelque part pervers, en un mot des propagandes, tout est fait pour donner l’impression, le leurre de la sensation de vivre plus grand, en 3 D (par procuration) sur la toile, les «faux amis » sur les medias sociaux,
    l’illusion du savoir, sans faire l’effort de synthèse d’analyse, de m ;moire et de comprhension de l’ensemble, pas ou peu de recul par rapport aux flots d’informations en continue vraies ou « fake » informations qui paradoxalement (et par dessin) rendent les gens ignorants .

    La maitrise simple du BA BA de l’utilisation des outils technologiques grand public, des crytpo monnaies, font croire à l’illusion, au mirage du pouvoir de décision, de liberté, de savoir et, enivre au point d’oublier l’essentiel,
    à savoir :
    qui profite le plus de ces changements permanents et rapides et quel est /sera le prix à payer réel/dans la réalité une fois que la bulle du crédit qui a tout permis, tout inflaté, gonflé (y compris les egos) pour cacher, enterrer tous les manques, les faillites sous des couches de vernis rose bonbon et a décalé toutes les conséquences négatives dans le futur,
    Ces bulles qui s’envolent toujours plus haut finiront par disparaître d’une manière ou de l’autre et laisseront comme l’histoire n’a cessé de le démontrer, place au grand et dangereux chaos.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s