Je prend la défense d’Arnault pour mieux l’accabler!

Bernard Arnault, le PDG de LVMH se défend dans le dossier des « Paradise Papers »… Il a déclaré mercredi qu’il respectait ses obligations fiscales, en réponse à un article du ‘Monde’ évoquant des « révélations » sur son patrimoine offshore dans le cadre de cette enquête menée par un consortium de journalistes, à partir de données du cabinet offshore Appleby.

Si Bernard Arnault dit vrai alors le dossier fiscal est clos.

Dans un état de droit, il y a des textes, des jurisprudences et dès lors qu’ils sont respectés il n’y a rien à dire sinon on rentre dans l’arbitraire comme cela se passe en ce moment en Arabie Saoudite ou le roitelet vient de confisquer 800 milliards. Le respect de l’état de droit est une garantie pour tous les citoyens même si certains actes peuvent déplaire à certains ou choquer la morale, c’est une des conditions de ce qui reste de libertés. Le scandale ou les injustices constatées dans certains cas doivent être considérées comme un coût du système, il n’est pas parfait mais il a la mérite d’exister et de protéger  contre la tyrannie du Prince. Nous avons, nous citoyens tous intérêt à ce que l’état soit un état de droit.

Mais bien sur, les braillards qui se sont alliés pour faire le coup des Paradise Papers se foutent de l’état de droit, ils pensent que le droit, c’est eux!  Ce qu’ils veulent c’est salir, déstabiliser et bien sur faire changer les législations. Les législations actuelles ne leur plaisent pas , elles ne satisfont pas leur hargne;  ils veulent jouer sur l’ambiguité entre  le licite/l’illicite et le moral /immoral pour influencer les opinions publiques et ainsi pousser les politiciens à légiférer. Vous avez vu avec quel ensemble les politiciens se sont mis à quatre pattes pour galoper derrière les dénonciateurs et délateurs organisés en bande.

Il est évident que je ne peux hurler avec les loups et me joindre à la meute qui hurle contre les contribuables qui essaient d’échapper à la prédation conjuguée  des politiciens, des ponctionnaires, des journaleux frustrés, des partageux..car la fiscalité est devenue perverse: au lieu de renforcer le lien social, elle le détruit .

La fiscalité est devenue non pas une contribution équitable comme elle était  conçue dans les textes fondateurs, mais comme un outil de confiscation manié par les politiciens pour acheter les voix des « takers ». Les takers ce sont ceux qui reçoivent , par opposition aux autres qui sont ceux qui donnent ou mieux à qui l’on prend.

Je conteste la fiscalité comme outil républicain sur le fond, au niveau des principes. Elle est contraire au droit de propriété sur lequel reposent … nos efforts, notre motivation à travailler, à innover, ou à épargner.

Si la régle sociale est juste, si les valeurs  sociales sont bien établies, bien admises, légitimes et conformes à l’intérêt général, il n’y a pas de gains illicites ou immoraux, le système accomplit correctement sa fonction de répartition.  Ce que les gens ont gagné, est à eux, ils l’ont gagné dans un cadre qui de lui même, est régulateur. C’est ce cadre qui fixe et régule les utilités et donc les valeurs sociales. Il n’y a de gains immoraux que dans un système qui dysfonctionne, dans un système qui est incapable de rémunérer les gens et les  facteurs de production en fonction de leur utilité sociale. Ou dans un système qui tolère les tricheurs. L’utilité sociale c’est l’ utilité communément  admise, elle est supposée être efficace pour assurer le respect de l’intérêt général. Si il y a des gains et des fortunes illicites ce n’est pas parce que les individus sont mauvais, mais parce que le système ne marche pas.

L’état a évolué vers le rôle et le statut du maquereau. Le système, le fiscal en particulier se comporte comme les souteneurs des prostituées, il encourage  le crime, le pếché, la faute  pour  ponctionner, pour  racketter.

Laisser Bernard Arnault s’enrichir comme cela  a été le cas, c’est en effet condamnable,  son utilité sociale n’a pas été à la hauteur. loin s’en faut. Personne n’en parle.

Sa fortune a été érigée sur un détournement organisé par l’état. Le détournement des actifs de Boussac. Dans la meute qui hurle je ne vois personne pour le rappeler et l’exposer! Quand l’empire Boussac s’est trouvé en difficulté, c’est le pouvoir politique , Mitterrand en l’occurence , qui en a fait cadeau à un individu sponsorisé par une banque proche du pouvoir. Voila la réalité historique, peu reluisante;  et le vrai crime , il est là. La fortune d’ Arnault c’est du copinage, de la prébende, du financement politique; c’est tout sauf du génie! C’est un coup, un coup de voyous . La similitude avec la fortune de son rival du secteur du luxe est d’ailleurs totale…

« Tous les actifs évoqués dans cet article ont été constitués de manière parfaitement légale et sont naturellement connus des autorités fiscales », indique-t-il…

Voire! Tout a été extorqué! On a fait rendre gorge à la famille Boussac de façon honteuse!

Ce que dit Arnault

Concernant une propriété en Angleterre, il affirme qu’elle « est déclarée aux autorités fiscales françaises comme anglaises et a fait l’objet, depuis son acquisition, du paiement de l’ISF (impôt sur la fortune) ».

‘Le Monde’ évoque un terrain dont la valeur atteint 10 millions de livres (soit un peu moins de 15 millions d’euros), et des coûts de construction « bien supérieurs à trois millions de livres » (3,4 millions d’euros).

Les journalistes du ‘Monde’ décrivent dans le détail la société Bessington Investments Limited dont Bernard Arnault était le bénéficiaire, et qui est immatriculée sur l’île de Jersey.

Des articles de presse à charge

Le mode de détention de cette propriété, de même que les autres actifs évoqués (yacht, fonds luxembourgeois) n’ont induit « aucun avantage fiscal », ajoute l’homme d’affaires, première fortune de France. « A aucun moment, tout cela n’est mentionné dans le journal alors que cela a été expliqué au rédacteur de l’article. Seule la recherche d’un effet journalistique était visée », poursuit-il…

L’enquête du ‘Monde’ met aussi le doigt sur le luxueux yacht de 101 mètres, le Symphony, détenu par une société maltaise, Sonata Yachting Limited. « Battant pavillon aux Caïmans, le navire acheté neuf en 2015 comporte notamment un héliport et une piscine de six mètres, à courant inversé et à fond de verre. Là aussi, ce sont des prête-noms qui dirigent et possèdent officiellement les parts de la société, mais elle appartient en réalité à LVMH », peut-on lire…

Dans les faits, le yacht est en fait loué, y compris à Bernard Arnault lui-même quand celui-ci souhaite l’utiliser.

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9 réflexions sur “Je prend la défense d’Arnault pour mieux l’accabler!

  1. Merci pour cet article.

    L’economiste Bruno Colmant (que par ailleurs je n’apprecie pas plus que ca) rappelait que la rage taxatoire frappant les classes moyennes ne pourrait, a la rigueur, etre justifiee que si les contreparties en face sont du meme ordre de grandeur, que ce soit en termes de services publiques ou de protection sociale (pensions, assurance chomage, etc…). Dans mon petit royaume de Belgique on peut dire que ce n’est pas le cas… La pression fiscale ne cesse de s’accentuer tandis que les contreparties publiques, elles, diminuent ou sont abaissees en qualite.

    Ou va tout cet argent ?

    Cordialement

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    1. Bernard il va dans plus de dette demain qu’aujourd’hui, voilà où va tout cet argent chez les faux monnayeurs Yellen Bernanke Greenspan Draghi et les autres les copains banquiers du pouvoir de dire oui, les collègues du Lyonnais les copains les pourritiques..Le système disait un ami est un vélo aquatique chinois s’il s’arrête de tourner il coule….Le système vous paye nous paye en monnaie de singe et c’est dans la qualité des contre parties que cela commence vraiment à se voir…

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  2. Bonsoir Mr Bertez,
    Je reprends 100% de la réflexion de Bernard, mais pour la France.

    Depuis mon enfance, je ne vois que la dégradation du service public: les trains étaient tous à l’heure et peu cher, le courrier arrivait dans la journée et était distribuée 2 fois par jour, les remboursements sécu étaient rapides & fiables, les hôpitaux faisaient la fierté de la France, AirFrance était classée meilleure compagnie aérienne au monde, EDF avait une qualité de service sur tout le territoire … etc etc etc …

    Aujourd’hui c’est un miracle si quelque chose marche encore alors que les taxes / tarifs / prix / paperasses / règlements n’ont fait qu’augmenter depuis tout ce temps.

    On nous a vendu la modernité (remplacement des secrétaires par des ordinateurs, machines de tri au lieu de postiers, internet plutôt que guichetiers…) mais nous y avons perdu et la qualité du service,et les emplois, bref c’est plus cher et ça marche moins bien (sinon ça marche pas!). Et même question que Bernard: où est passé tout l’argent !
    Merci pour votre article auquel je souscrit à 100%.

    Il remet, encore une fois, les choses dans l’ordre (ie. rappelle que le droit de propriété n’est pas le problème et que l’état n’est pas la solution …. mais que c’est l’inverse!). Si on ne lit pas de choses ainsi, on en vient à penser que l’on est fou et que le système / les médias / les autres ont raison…

    Français de la classe moyenne aimant sincèrement mon pays, je commence à me demander si je ne dois pas m’expatrier, refaire ma vie ailleurs en repartant de zéro (à 40 ans) car je vois que la pression fiscale devient intolérable ici et que mes efforts ne me permettent au mieux que de me maintenir à flot… Aucun espoir d’amélioration en France à mes yeux …

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    1. En France c’est désespérant, Jean François mais c’est pas tout, c’est mondialement que c’est désespérant. Je crois que vous ne réalisez pas encore l’étendue désespérante de la situation. Pour ce qui encore une fois de la question où va tout cet argent, je vais essayé une réponse simple : imaginez un seul instant que toutes les valeurs que tous les prix que tout est faux. Tout est faux même l’argent que vous croyez payer verser ou donner, les choses qui sont vraies sont les richesses produites que vous pouvez toucher voir ou entendre et là vous pouvez constater de vous même que nous vivons de la production de fausse monnaie et que cela ne pourra pas durer éternellement. On peut vendre une option un titre sur un production future sur un litre de lait mais au bout d’un certain il faut bien le produire ce litre de lait… or le système ne produit pas le litre de lait, il ne produit que la fausse monnaie pour faire monter le prix du litre de lait ou faire crever l’agriculteur…voilà schématisé où nous en sommes.

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      1. Merci Lisa d’avoir essayé de me remonter le moral :o) … mais à la réflexion le fait que cela soit mondial … heu … comment dire … je peux même plus rêver de trouver un paradis (fiscal) ailleurs alors ? :o) ….

        Je comprends et je le vois bien que tout est virtuel, que le réel est nié: c’est pourquoi j’ai tant accroché à ce blog après celui du Lupus (Merci Mr B.B): il dit cela (ce que je vois / perçois / ressent de la réalité). Dans mon métier aussi c’est idem. Je suis enseignant chercheur à la fac et je vois bien que depuis quelques années, il n’y en a que pour l’affichage: le regroupement d’université, les instituts fédératifs, les COMUEs, les machins de partout (appels à projets, dossiers de carrière, conseils de trucs…); on change de nom, de statuts (autonomies, compétences élargies…) on regroupe, on dépèce, on déplace mais au final, la réalité, c’est qu’il y a de moins en moins de poste & de personnes pour faire le vrai job (être devant les étudiants et enseigner ou faire de la « vraie » recherche -pas publier à la ligne, au kilomètre sans se préoccuper du contenu), de moins en moins de moyens (évidemment les nouveaux statuts / machins entraînent de nouvelles responsabilités, de nouveaux beaux bureaux, de nouveaux secrétariats, de nouvelles procédures etc … ), de moins en moins de temps aussi (la paperasserie est passée par là). Au final, le job est de moins en moins bien fait (malgré toute la bonne volonté que l’on peut y mettre), on nous a saboté (avant, ça marchait fort bien cela aussi…). C’est finalement exactement la même chose que ce que Bruno Bertez décrit dans la finance / l’économie (le découplage réel / finance, le monde des signes) ou ce que vous dites du monde réel (lait / option sur le lait).

        Mais voilà … comment en sortir ? Collectivement que faire ? Individuellement que faire ? …. Perso je ne vois pas et plus ça avance, moins j’ai d’espoir. Si notre espérance est dans le grand krach qui lavera tout, rincera tout le monde avec la remise à plat du système, je crains que les plouto-klepto ne se maintiennent au pouvoir (on changera quelques marionnettes c’est certain) et que le bas peuple ne morfle encore un peu plus … et ne se retrouve au final sans le réel qui aura été accaparé par les quelques uns (actions, entreprises, terres, logements ….), le peu de réel que nous avons nous sera enlevé au nom du bien supérieur (coup de rabot à la Chypre ou pression fiscale à la Grecque … ou hyperinflation à la Vénuezulienne?…).

        Et cela risque aussi d’être mondial : USA, Europe, Chine, Russie, Arabie Saoudite, Iran … on a tous nos NéoCon-Plouto-Klepto-Oligarques-Princes rouges-Roi-Mollah-Grand timonier… Ceux qui seront autour de la table des discussions seront les mêmes de chaque bord !

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  3. Petite réflexion : qui en France aujourd’hui quel pourcentage de personne connait Boussac ? Et pourtant c’était un grand Marcel ! mais même dans ma génération même dans les milieux soit disant d’affaire qui sait ?

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  4. Oui, bcp y pensent à l’exil…. Seulement non seulement il faut le pouvoir professionnellement, mais aussi où ? Tout va mal partout puisque tout est connecté…
    En Asie ? Pas simple, à moins d’être retraité et vivre de sa pension comme certains… . Mais on est propriétaire de rien là bas. Je connais une personne qui a investi pendant des années à Bali, avec un ‘associé’ local… Elle est revenue en France sans même avoir de quoi se payer un toit….
    A la limite, soit on a rien, donc ici ou ailleurs… Soit on a tout, donc ici ou ailleurs, mais être entre les 2…

    Et puis, néanmoins il y a notre culture, et quand on voyage on se rend compte que oui, il y a une French Touch, un certain art de vivre, une richesse et une certaine ‘classe’ qui font de la France ce qu’elle est…

    Même difficile de croire que ce ne puisse durer malgré nos ineptes politiques destructrices

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