Les marchés s’alimentent de rêves de réforme fiscale de Trump.
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En un mot nous considérons qu’ils ont tort. Mais cela n’a pas d’importance car lorsqu’un marché est haussier, les faits ne sont que des prétextes , des rationalisations. Ce ne sont pas des causes. On trouve de raisons de monter, un point c’est tout.
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Comme le disait le célèbre Farrell, ce ne sont pas les nouvelles qui font les marchés, mais les marchés qui font les nouvelles. Mais dire cela n’est pas moderne, n’est ce pas, cela ne va pas dans le sens des partisans des théories dites modernes des marchés efficaces et de leurs théories imbéciles des marchés efficients.
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La baisse des impôts aux USA n’est pas opportune, non pas dans son principe car il est toujours bon de baisser les ponctions de l’état et de retirer des ressources aux dirigistes, mais dans son calendrier dans le cycle.
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A ce stade du cycle, le budget américain ne devrait plus être déficitaire de près d’un trillion, le déficit aurait du se réduire après 9 ans de reprise économique! On aurait du reconstituer ce que l’on appelle les amortisseurs économiques. Or le déficit ne s’est pas réduit et il a tendance à remonter. Ce qui signifie que Trump va faire progresser à nouveau le trou alors que la gestion rationnelle consisterait à le combler sinon au moins à le diminuer. Si le deficit augmente maintenant alors que nous sommes dans un cycle de reprise conjoncturelle, qu’est ce que cela va être quand le cycle va se retourner?
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Laissons de côté le conte de fée de la courbe de Laffer, qui prétend que les coupes d’impôts s’autofinancent par la croissance, sa validité est démentie par la pratique. La seule chose sensée est de réduire les dépenses avant de baisser les impôts. Les baisses d’impôts ne paient pas pour elles même, le Reaganisme nous l’a appris.
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Tout cela ne tient pas debout, mais cela n’empêche pas de réfléchir un peu bien sûr.
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La réforme fiscale de Trump est un trompe l’oeil. Elle a pour origine la campagne électorale,. Quand on fait des promesses, même stupides il faut les tenir. Et c’est ce que Trump essaie de faire même si c’est inopportun.
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C’est un trompe l’oeil d’abord pour les classes moyennes et inférieures car 50% des américains ne sont pas imposés ou imposables. Toute baisse des impôts profitera donc plus aux riches qu’aux pauvres, puisque les pauvres n ‘en paient pas. La suppression de la taxe sur les salaires serait bien plus efficace que la baisse des impôts sur les revenus. Elle rendrait en outre les USA plus compétitifs. La vraie réforme efficace serait de toucher à la taxe sur les salaires et de passer à la taxe à la valeur ajoutée, à la TVA.
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Mais passons. au niveau des entreprises , la propagande utilise la comparaison entre le taux d’impôt officiel théorique et le taux visé par l’équipe de Trump. c’est là aussi un trompe l’oeil et ce qu’il faut prendre en compte c’est non pas le taux théorique mais le taux effectif. Les USA ont un taux apparent de taxe sur les bénéfices de 38,9% (federale plus taxe état et taxe locale) mais le taux réel, effectif n’est que de 18,9%. La moyenne de l’OCDE est de 24,1% donc le taux effectif américain est en dessous de la moyenne de l’OCDE et non pas au dessus.
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Le taux réel est considérablement minoré par les déductions, et autres niches. Seules 4 % des sociétés qui composent le S&P 500 paient le taux théorique officiel! Beaucoup d’entreprises paient moins de 10% de taxes et un certain nombre d’entre elles ont des taxes négatives. Le taux d’imposition réel, effectif des sociétés qui composent le S&P 500 n’est que 27% .(
WalletHub’s annual corporate tax rate report)
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La proposition de Trump ne va pas beaucoup améliorer les profits tout simplement parce que les taxes réelles ne sont pas ce que l’on croit!
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Ci dessous , comparaison du taux théorique et du taux effectif, moyenne mobile sur 3 ans.

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