Altice/SFR: promesses

Les dirigeants d’Altice ont promis mercredi de mettre un frein aux acquisitions et aux achats de contenus pour réduire la dette massive du groupe, alors que les doutes des investisseurs font chuter l’action depuis le début du mois.

La dette nette d’Altice s’affichait à 49,6 milliards d’euros à l’issue du troisième trimestre (51 milliards d’euros en brut). Face à cette masse de dettes, la capitalisation boursière de l’affaire n’est plus que de 13 milliards

Ils se sont aussi engagés à régler les problèmes opérationnels de la filiale française SFR, qui continue à perdre des clients dans le mobile et plombe la rentabilité du groupe de télécoms et médias.

« Nous allons donner la priorité à la réduction de la dette en ce qui concerne nos actifs européens », a annoncé Dennis Okhuijsen, le directeur financier, au cours d’une conférence organisée par Morgan Stanley à Barcelone.

« Il n’y aura pas de fusions et acquisitions, nous allons faire un retour à l’essentiel et éviter les dépenses opérationnelles inutiles », a-t-il détaillé.

Altice va aussi examiner « de possibles cessions d’actifs non essentiels » et d’antennes-relais.

Côté contenus, Altice devrait « se concentrer sur les actifs qu’il détient et amortir ses contenus », a encore précisé Dennis Okhuijsen.

Altice, qui a multiplié les acquisitions ces dernières années, est organisé autour de deux marchés principaux: la France, avec SFR, présent dans les télécoms et les médias (BFM TV, Libération, L’Express, etc.), et les Etats-Unis, où Patrick Drahi a racheté les câblo-opérateurs Suddenlink et Cablevision.

La perspective d’une participation d’Altice à des achats de droits sportifs coûteux, comme les prochaines enchères pour la Ligue 1 de football semble donc s’éloigner, et le groupe ne devrait pas non plus pour le moment continuer ses emplettes dans le câble américain.

Le fondateur Patrick Drahi a fait son mea culpa et reconnu que SFR devait consentir plus d’efforts pour résoudre les problèmes de ses clients.

Le responsable, qui a repris les rênes de l’entreprise en devenant président du conseil d’administration, a évoqué « un problème de management » sur la France.

Après le départ du directeur général Michel Combes, Armando Pereira sera aux commandes pour l’activité télécoms en France, tandis qu’Alain Weill sera en charge des médias et des « relations extérieures », a clarifié Patrick Drahi.

« Il n’y a pas de raison (objective) pour expliquer le départ des clients, la seule raison, c’est que nous ne les traitons pas comme il faudrait », a-t-il déclaré en vantant par ailleurs la qualité du réseau.

« Nous devons nous concentrer sur tous les petits détails opérationnels importants. (…) Nous devons faire en sorte que les clients soient heureux d’être chez nous », a noté le responsable, qui s’exprimait en anglais.

Il a reconnu que SFR avait également mal géré ses augmentations de tarifs pendant l’été, créant un mécontentement, et n’avait pas vendu ses contenus de façon optimale.

– changement de marque repoussé –

Au final, Altice espérait en France « une stabilisation du chiffre d’affaires cette année. Cela ne s’est pas produit, mais ça ne change pas nos plans (…) le retour à la croissance des revenus et de l’Ebitda (marge brute d’exploitation, NDLR) seront repoussés d’un an », a indiqué Patrick Drahi.

Concrètement, faute d’avoir réussi à endiguer la baisse de ses revenus cette année, SFR vise à présent une stabilisation en 2018 et un retour à la hausse du chiffre d’affaires et du résultat brut d’exploitation en 2019.

Patrick Drahi a précisé que le changement de marque de l’opérateur SFR en Altice, prévu début 2018, serait repoussé jusqu’à résolution des problèmes opérationnels, ce qui permettra aussi des économies de coûts. Il n’a pas donné de nouvelle échéance.

Le titre Altice, en dégringolade boursière depuis le début du mois, a repris des couleurs à la Bourse d’Amsterdam mercredi. Il a regagné 7,98% à 9,61 euros, après avoir perdu 13,17% sur la séance de mardi.

Le groupe a vu sa capitalisation réduite à 13 milliards d’euros alors que la confiance des investisseurs a été mise à l’épreuve par des prévisions plus modestes, une succession de départs et des inquiétudes sur sa dette.

« Nous considérons que la chute du titre est due principalement à une perte de confiance dans la capacité d’Altice à redresser les opérations du groupe en France », ont souligné les analystes du courtier Bryan Garnier dans une note mercredi, estimant qu’il s’agit « moins d’une question de stratégie que d’exécution ».

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