Editorial: La bourse comme arme de destruction  massive de la monnaie excédentaire. Ceci n’est pas un papier boursier!

La bulle a laissé passer un peu d’air cette semaine: 760 milliards sont partis au Money Heaven, au paradis de la monnaie.

Les ventes ont été sélectives, pas de dégagements en masse ou en boule de neige, le VIX n’a monté que légèrement. Pour l’instant l’interprétation dominante est que ce sont des prises de bénéfices, ce qui bien sur ne veut rien dire ; pourquoi maintenant et pas la semaine d’avant ou la semaine prochaine? Tout cela ce sont des pseudo commentaires bidons quand on ne sait pas quoi dire.

La masse  totale des actions ressort à 92,3 trilions soit 120% du GDP global, il y a longtemps que l’on a dépassé les normes historiques et il n’y a pas plus de raison de s’arrêter à 120 qu’à 130%, on est hors épure .

En Bourse on ne baisse jamais parce que l’on est surévalué, non, ce genre d’argument n’est pas une cause mais une rationalisation. Tant que l’on a envie d’acheter, on achète et cela monte et si cela monte , cela suscite des achats, cela crée de la liquidité et des liquidités. Les valorisations n’interviennent que sur le long terme non pas comme cause consciente mais comme valeur qui s’établit aux travers d’oscillations de sens contraires. Ce n’est pas le cerveau des opérateurs qui fixe les valeurs, mais la confrontation de leurs erreurs, la Main Invisible. L’abondance des liquidités et les taux étant des éléments permissifs , ils solvabilisent les désirs d’acheter.

 

La balancier a joué, les actions ont baissé , on s’est mis en risk-off, et les obligations ont monté. Elles ont pris 338 milliards. La courbe des taux continue de s’aplatir, entretenant ainsi le mystère et l’incertitude. Le 10 ans US est revenu à 2,34% confirmant son intervalle de fluctuation, le Bund allemand  est à 0,36% et le JGB japonais  à 0%.

Les marchés sont donc finalement restés ordonnés malgré une incontestable bouffée de risk-off qui se traduit par de grosses sorties du côté des fonds obligataires à haut risque. Le dollar s’est un peu détendu, les matières premières également, mais rien de bien grave.

Les valses hésitations sur  les coupes fiscales américaines continuent, nous n’osons plus parler de réforme fiscale puisqu’il s’agit simplement de baisser les impôts sur les plus riches, c’est à dire pour ceux qui n’en ont pas vraiment besoin! Il est vrai que la majorité des américains ne paient pas d’impôts sur le revenu grâce aux déductions et que dans ce cas il est difficile de réduire ce qu’ils ne paient pas!

Nous l’avons répété la seule réforme intelligente consiste à baisser la taxe sur les salaires et à remplacer les manques à gagner par l’instauration d’une TVA. Ces mesures améliorent le pouvoir d’achat des citoyens, améliorent la compétitivité et réduisent les déficits. Faute d’une vraie réforme, les déficits vont galoper, les entreprises vont continuer à utiliser leurs excédents et leur capacité d’endettement pour racheter leurs actions et distribuer des dividendes. La règle du jeu que n’ont pas encore assimilé les économistes traditionnels, c’est l’optimisation/maximisation cynique  de la valeur du capital sur les marchés. Point à la ligne et c’est cette règle qu’il faut réussir à modifier car elle est suicidaire.

A coté des péripéties de la réforme fiscale on retiendra que les autorités chinoises ont continué de faire n’importe quoi: un jour elles resserrent, un jour elles desserrent! Ainsi cette semaine elles ont desserré et injecté une masse colossale de monnaie dans le système.  Cela a permis de stopper la chute de la Bourse chinoise,  d’enrayer la faiblesse des fonds d’état. Leur rendement était au plus haut depuis 2014.

Les investisseurs semblent enclins à réduire leur exposition sur les marchés émergents et les commodities. Affaire à suivre.

Un mot pour rire ou pour s’indigner, au choix.

Draghi dont on ne sait plus si il est bête ou simplement de mauvaise foi , s’est exprimé. Il a bien sûr défendu le Quantitative Easing, s’attribuant les mérites de la reprise conjoncturelle en cours -(bien indûment alors qu’elle a pour origine le sauve qui peut qui a été mis en place en février 2016 face à la débandade chinoise)-, bref Draghi s’est vanté. Et quand on lui a demandé si les QE ne faussaient pas les marchés, si ils ne distordaient pas les valeurs, notre Draghi à répondu courageusement: « je ne sais pas ce que cela veut dire », ‘It’s not clear what that means’.”

Cela ne l’a pas empêché de se contredire quelques instants plus tard en expliquant que ses déclarations visaient à casser les anticipations de hausse des taux et la baisse des actifs qui ne manqueraient pas de se développer si il donnait un calendrier de sortie. Bref tout cela n’a pas d’influence sur les prix des actifs, mais il faut empêcher qu’ils chutent , mais il faut les empécher de baisser en ne fixant pas de calendrier de sortie!

Ah les braves gens.

La réalité est que quand on a  distribué des largesses, des cadeaux, de l’argent gratuit, des dopants,  il ne faut pas s’étonner si cela a faussé les prix, les marchés, les valeurs en général.  Il est très difficile de stopper les drogues sans faire ressentir le poids des addictions. Quand on remplit le légendaire bol de punch, les invités sont saouls, grisés  et ils font n’importe quoi. Ils sont casse cou!

Les distorsions ont été voulues,   et en particulier celle du prix du risque. On a voulu que les gens prennent des risques pour produire du crédit  et qu’ils oublient que le risque avait un prix, un coût. On a supprimé le prix du risque, laminé les primes de risque, donc maintenant tout se transacte comme si le risque n’existait pas;  et il est devenu impossible de stopper les euphorisants sans,  d’une façon ou d’une autre réintroduire le risque, de faire grimper son prix et donc sans faire baisser le prix des actifs, de tous les actifs.

On a supprimé les primes de risque , on a supprimé le prix du temps on a tout valorisé sur la base d’un présent optimum, parfait et on ne peut plus supporter la réintroduction du réel c’est dire la double réintroduction de l’incertitude et/ou du facteur temps. Tout est « pricé » à la fois pour la perfection et l’immédiateté. Ou sur une autre forme pour un monde imaginaire ou la volonté des hommes est toute puissante, ou  rien ne leur échappe et ou le facteur temps a été éliminé. On a fait en sorte que « deux hamburgers maintenant s’échangent contre un hamburger dans 10 ans »  a expliqué un gouverneur de la Fed moins idiot que les autres, et on voudrait pouvoir à nouveau inverser l’échange sans rupture!

C’est le système que nous appelons le système du money-like , de l’équivalent-monnaie généralisé. On fait croire aux gens que tous les actifs financiers sont aussi bons que de la monnaie, donc on les incite à  échanger  leur monnaie contre ces actifs financiers. Puisqu’il y a un peu de rendement apparent et une loterie qui tire des gros lots . On leur fait croire qu’il n’y a  aucun risque de perte et qu’ils peuvent récupérer leur argent immédiatement sans perte aucune , comme si c’était de la  vraie monnaie! On crée l’illusion que cela vaut comme de la monnaie malgré les incertitudes et malgré le facteur temps. Or si vous achetez un actif et que vous le payez 100 en réalité vous ne pouvez l’échanger contre 100 que si et seulement si vous avez la liquidité sur le marché , c’est à dire si vous êtes le seul à vendre. Cela vaut 100 si vous vendez  avant les autres! Quand en fait il sera temps de vendre, quand les autres voudront vendre eux aussi,  alors vous constaterez, ils constateront que cet actif ne peut pas s’échanger  contre 100 en monnaie mais contre 80, puis 60 et finalement 45, ce qui est sa vraie valeur. Après le tirage, les billets de loterie vendus à 100, ne valent même plus leur espérance mathématique de 45, ils valent zéro car d’autres ont empoché les mises. La vraie valeur de 45 citée ci dessus étant celle à laquelle les vrais investisseurs, fondamentalistes se manifesteront lors du Grand Jour.

La grande escroquerie des Bernanke, Draghi et Yellen, et maintenant Macron qui veut inciter les  gens à aller en Bourse se faire « tarter » par Rothschild,  c’est de faire passer les actifs financiers pour des actifs money-like alors que ce sont des armes de destruction  massive de la monnaie excédentaire, ce sont des dispositifs de bio-dégradation de la monnaie émise en excédent dans le système. l’escroquerie du money-like, c’est de dissimuler une pompe à prendre de l’argent dans la poche des uns pour le transférer dans la poche des autres.

La Bourse au stade ou elle en est , est un dispositif de transfert de la poche des pauvres et des moyens vers le coffre des riches et des ultra riches, de leurs Très Grandes Entreprises  et de leurs gouvernements complices.

Si vous voulez comprendre réétudiez l’histoire des Loteries sous l’Ancien Régime.

je sais c’est compliqué, mais si ce n’était pas compliqué; « ILS » ne vous baiseraient pas aussi facilement.

 

 

 

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