Editorial. Le silence des ours. La capitulation des baissiers. Notre analyse radicale pour comprendre.

Un à un les baissiers capitulent.

Il n’y a parmi les grands, parmi les géants de la réflexion que Hussman qui tienne bon. Il maintient sa discipline. Grantham a capitulé il y a quelques mois. Albert Edwards me semble ébranlé . Goldman Sachs (GS) a capitulé cette semaine, c’est à marquer d’une pierre blanche. GS jette l’éponge, il était l’un des rares parmi les grands à invoquer les valorisations, les prix des assets, pour être réservé et se tenir à l’écart de l’éxubérance. GS était parmi les plus baissiers pour 2017. Ils capitulent et donnent un objectif de prix pour le S&P 500 de 2850 pour 2018 et tenez vous bien avec, selon leur nouvelle appréciation: peu ou pas de risque  de baisse!

Ils qualifient leur position de position d’éxubérance rationelle. Si l’éxubérance devenait irrationelle alors on pourrait aller jusqu’à … 5 300!

Même les plus grands se trompent

Le désarroi de la profession, les errements des soi  disant chercheurs, les imbécillités des médias , tout cela traduit ce que j’appelle le développement inégal. Le monde, le système ont muté, évolué et les clercs, les savants n’ont pas suivi intellectuellement la mutation;  car il y a eu un saut épistémologique qui leur a échappé. Ils mettent en forme le réel avec une pensée, avec des outils  anciens hérités d’avant la post-modernité. Ils sont en short au Pole Nord, dans leur bouteille thermo ils s’agitent inutilement sans que leurs réflexions ou leurs travaux aient prise, embraient sur le réel.

La base de tout, c’est l’erreur sur ce qu’est un actif financier. Ils n’ont pas compris que cet actif était un en-soi, il est en-lui-même. Il a sa vie propre et il est libéré de ce à quoi auparavant il était attaché. Les actifs financiers se sont libérés. Ils ont,  en grandissant, en se multipliant, en se complexifiant tout envahi et se sont libérés de leurs chaînes. Les zombies sont devenus vivants, les ombres ont pris le pouvoir, elles se sont séparées des corps.

C’est une colossale erreur sur la nature des actifs financiers qui ne sont plus un « claim », un droit, une revendication  sur le réel mais un « claim » en chaîne sur la monnaie de base, c’est dire un « claim » qui repose sur la possibilité, sur l’illusion  de pouvoir les vendre, de pouvoir les échanger contre du cash sachant que si les détenteurs voulaient vendre, alors il y aurait  un « claim » de proportion planétaire sur le cash, lequel  se révèlerai à sa vraie valeur: élevée  d’abord- comme en 2008/2009- car rare puis nulle quand les démiurges  se mettent  à en fournir à volonté par la planche à billets du bilan des banques centrales. Les actifs financiers, ce sont des money-like, des équivalents monétaires. Mais  ce ne sont des money-like que tant que l’on y croit, tant que l’on reste dans l’hypothèse ou ils ne sont pas utilisés, mais stockés.

Il faut revenir aux fondements c’est a dire à Keynes avec sa découverte essentielle qui est celle de la préférence  pour la liquidité. Keynes a compris que sous certaines conditions la monnaie était désirable en elle même. De là tout découle: le crédit sans limite,  les taux zéro ou négatifs,  et Keynes le premier a compris que le taux de l’intérêt en régime de monnaie de crédit n’avait aucun rapport avec les foutaises comme l’équilibre offre et mande d’épargne, offre et demande d’investissement, mais n’avait rapport qu’avec la préférence  pour la liquidité. Tant qu’elle est élevée, on demande le papier,  on peut créer de la monnaie et inflater les actifs quasi monétaires. Mais cela change quand la préférence  relative entre la monnaie et les biens réels/marchandises, s’inverse. C’est elle, la préférence pour la liquidité  qui permet de créer autant de crédit et de quasi-monnaie que l’on veut. Tant que la demande de cash ou cash- like reste forte. De là il découle que la valeur des money-like, des cash-like, des équivalents monétaires est directement influencée par la préférence pour la liquidité et donc par la peur; tant que la peur , le « mood » sont négatifs, on peut créer de la monnaie, les gens la gardent, elle est oisive, et en créant du crédit, en mettant le coût du crédit à zéro,  on peut  faire monter le prix des assets   papiers jusqu’au ciel :  car la pompe à liquidités peut fonctionner.

Depuis plus de 30 ans nous analysons les choses de cette façon, et en particulier  dans un article clef intitulé publié par l’Agefi Suisse : Vive les crises! Cette hypothèse nous a guidé pendant toutes les crises depuis celle de 1987.

Je soutiens que le marché fonctionne et qu’il y a bien découverte des prix sur le marché financier; comment en serait il autrement puisqu’il ne fonctionne que par la passion du jeu, l’envie, le greed, l’avididté; simplement la découverte c’est celle des vrais prix. Et les observateurs classiques se trompent en considérant que les vrais prix ce sont ceux qui permettent l’échange entre le réel et les actifs papiers, il y a belle lurette que la masse du papier est inconvertible en réel!  Non on n’échange pas le papier contre le réel mais le papier contre le papier. Le papier contre du papier! Donc le vrai prix entre les actifs financiers est relatif, c’est celui qui symbolise/permet  l’échange entre la monnaie, le cash et tous les cash-like les équivalents monétaires. Le vrai prix c’est celui qui relie les assets financiers à la masse de monnaie, réelle ou supposée,  ou potentielle qui est dans le système mondial. Le prix des assets financiers est un pari, une estimation de la masse de liquidités soit réelle, soit potentielle. On reste dans/ à l’intérieur  du système des actifs money,  money-like, parce que de toute façon depuis longtemps on ne peut plus en sortir, on ne peut plus supporter un « run », une ruée.

On laisse échapper un peu de monnaie ou quasi monnaie par l’immobilier qui ne cesse d’inflater, par l’or, par les tableaux, par les cryptomonnaies , etc etc ce sont des fuites du système, des fuites par lesquelles se manifeste le prix relatif entre l’ensemble des assets papier et le réel, leur contre valeur réelle. Note: le prix de l’or n’est bien sur pas son prix car les gens qui achètent de l’or auprès de leur banque n’ont pas  d’or mais du papier, les  banques sont vendeurs  à découvert de façon colossale d’or métal.

Nous sommes dans plusieurs systèmes de prix et c ‘est ce que les fondamentalistes et même les banquiers centraux  ne parviennent pas à comprendre.

Il y a un système de prix  relatifs à l’intérieur de l’univers des papiers et ceci inclut le cash , les monnaies.

Il y a un système de prix de biens  de consommation et lui il est bien verrouillé tant que les salaires ne montent pas et que la Chine exporte.

Il y a un système de prix des biens qui sont réserve  de valeur et ce sont l’immobilier, l’or physique, , les précieux, les objets d’art, les cryptomonnaies  et toutes ces entreprises  qui créent de la richesse vivante dont le prix peut s’adapter  c’est à dire qui disposent du bargaining power, ou du price fixing power.

 

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