Pendant ce temps ils préparent entre eux le laminage de ce qui subsiste de démocratie

Le débat est relancé à Bruxelles et dans les capitales européennes sur les mesures à prendre pour améliorer le fonctionnement de la zone euro.

Un débat privé, bien sur, pas public!

Profitant de l’amélioration de la conjoncture économique, Bruxelles et les Etats membres cherchent à tirer les leçons des violents soubresauts financiers, politiques et sociaux qui ont marqué ces dernières années. Les consultations des européennes, les votes aux élections nationales ont donné à voir la fragilisation de l’establishment, il veut bétonner tant qu’il est encore temps en approfondissant comme ils disent la construction européenne. Bref en centralisant encore plus, en laminant ce qui reste de démocratie : le maitre mot est et reste irréversibilité coûte que coûte.

Il s’agit par des réformes institutionnelles de forcer, de violenter, d’obtenir ce que dans un cadre national on n’a pas pu obtenir. Il s’agit de relayer par le corset institutionnel non voté, mais imposé l’action de Draghi, lequel a fait tenir la construction défectueuse par le ciment monétaire de l’avilissement potentiel de l’euro.

il y a urgence car le mandat de Draghi arrive à sa fin et surtout l’embellie économique ne durera pas toujours, elle est condamnée par son origine artificielle même. C’est une course contre la montre, contre la conjoncture, contre les prises de conscience populaire, contre les recompositions politiques. Ainsi en Italie on attend les élections en jouant sur la peur de perdre l’euro, ainsi en Allemagne on tente de former une coalition brinquebalante rien que pour neutraliser le parti anti approfondissement AfD, le FDP , et l’aile droite de Merkel.

Il ne s’agit pas de refonder par une consultation des peuples, mais de se précipiter pour rendre toute consultation inutile et sans effet. Qui parle de revoir la dialectique souveraineté/ subsidiarité?

L’idée générale est de priver les peuples et leurs gouvernements élus de la possibilité de s’écarter des normes européennes ordo-libérales imposées par l’Allemagne. L’idée générale est de donner des gages aux Allemands en échange d’une acceptation d’une relative mise en commun, d’une ébauche de solidarité qui permettrait de franchir le cap de la fin du Draghisme. L’idée générale c’est d’imposer le sacrifice …

Le mythe de l’austérité a fait long feu, c’était une erreur théorique, le mythe des réformes a volé en éclats car elles étaient inadaptées, reste le mythe de la coercition c’est à dire le mythe allemand des règles, vous savez ce mythe qui constitue toute la vie Schauble.

Les idiots qui dominent l’élite européennes n’ont pas encore compris qu’ils mènent un combat d’arrière garde et d ‘adaptation à un monde qui en train de crever, ils ne tiennent pas compte du bouleversement du Brexit, de la venue de Trump, de la prise de pouvoir de Xi Jinping, et des mutations au moyen Orient. Comment peut on être aussi stupide et n’avoir pas compris qu’une page sur une certaine forme de globalisation, de coopération, organisation du monde était en train de se tourner? Leurs visions c’est dans l’étroitesse des rétroviseurs qu’ils la les conçoivent. Avez vous déja écouté un Juncker, un Barnier?

Les Institutions et Etats doivent aussi faire face au désenchantement d’une partie de la population, elle n’ a strictement rien gagné depuis la création de la monnaie commune. Croissance ralentie, tracasseries hors normes, régression ; voila tout ce que les populations retiennent. Seule la peur du chaos, la peur soigneusement entretenue d’être privé d’euro fétiche fait tenir l’édifice. C’est pire que le Portugal du temps de Salazar. Inquiète des effets négatifs de la mondialisation, de la montée des inégalités et surtout victime d’une immigration incontrolée, la population ne participe plus à la construction.

L’épisode du Brexit a montré qu’un peuple pouvait très bien rompre son engagement européen malgré les mensonges, les tromperies et les coalitions contre nature.

Ces derniers mois, Macron, qui veut incarner un nouveau projet européen, a multiplié les discours en faveur de réformes à la fois de l’Union des 28, et du cercle plus restreint de la zone euro.

« L’enjeu qui est le nôtre au coeur de la zone euro, c’est de savoir comment nous arrivons à faire de cette zone une puissance économique concurrente de la Chine et des Etats-Unis et c’est comment nous arrivons à résoudre ce que depuis dix ans nous échouons à faire, créer de l’emploi », avait déclaré en septembre le président français.

Paroles verbales qui montrent l’incapacité à se projeter vers l’avenir et l’obsession à tenter de résoudre les problèmes du passé, ceux qu’auraient du résoudre Chirac et Sarkozy; mais paroles qui sont douces aux oreilles des Allemands car elle les valident dans leur économisme rentier pour ne pas dire leur mercantilisme. Les réformes sont des réformes défensives, purement destinées à faire tenir, à prolonger, au besoin en tuant ce qui reste de volonté, d’animus, et d’énergie chez les peuples, elles ne donnent aucun moyen, aucun souffle pour aller de l’avant, pour partir à l’assaut d’ une nouvelle frontière. Pas de grand Projet, pas d’America First ou de Silk Road, du nombril, rien que du nombril, l’Europe n’en finit pas d’essayer de naitre d’elle même, de vouloir naitre contre nature et culture. Le grand projet de l’Europe c’est l’organisation de son déclin par le remplacisme et le mercantilisme.

Avec un Produit intérieur brut (PIB) de 11.934 milliards de dollars (environ 10.788 milliards d’euros) pour 2016, le poids de la zone euro est comparable à celui de la Chine (11.199 milliards de dollars) mais reste derrière les Etats-Unis (18.624 milliards), selon les données de la Banque mondiale.

Mais l’idée de réformer la zone euro fait l’objet de discussions tendues entre les pays concernés.

Ceux du Nord, comme les Pays-Bas et l’Allemagne, première puissance économique européenne, se montrent réticents à mutualiser des richesses avec des pays du Sud, tels que la France, l’Italie ou l’Espagne, dont ils jugent la politique budgétaire trop laxiste.

Ils préfèrent se concentrer sur des réformes plus techniques destinées principalement à assurer un meilleur respect des règles du pacte de stabilité européen (déficit public sous les 3% du PIB, endettement public inférieur à 60% du PIB…), considérées comme le meilleur rempart contre de futures crises financières.

La Commission européenne tente de trouver une voie de compromis, et a proposé le 6 décembre un paquet de mesures comprenant notamment la création d’un Fonds monétaire européen et l’institution d’un ministre des Finances de la zone euro.

A l’issue d’un sommet européen le 15 décembre, la chancelière allemande Angela Merkel, en pleines négociations pour former un gouvernement, ne s’est pas montrée fermée à la discussion sur les propositions du président français.

« Nous allons trouver une solution commune, car c’est nécessaire pour l’Europe », a-t-elle dit. « Quand on veut, on peut », a-t-elle insisté. En quoi est ce nécessaire pour l’Europe? En quoi cette forme d ‘organisation de l’ordre européen est elle efficace? Personne ne se pose la question tant la répartition diluante plutôt que la responsabilité sont ancrés dans le renoncement européen.

Le fameux budget pour la zone euro, un ministre père fouettard

Le président français Emmanuel Macron s’est fait le champion d’un futur budget pour la zone euro, qu’il souhaite conséquent, représentant « plusieurs points de PIB » de la zone.

Ce budget pourrait être financé par des « taxes européennes dans le domaine numérique ou environnemental » avant peut-être qu’un jour un impôt sur les sociétés harmonisé ne vienne également apporter sa contribution.

En novembre, un « nombre important » de ministres de Finances de la zone euro se sont prononcés en faveur d’un budget utilisé comme « instrument stabilisateur » en cas de « choc asymétrique », c’est-à-dire un événement qui affecte durement l’économie de l’un des pays de la monnaie unique, sans toucher les autres (par exemple, des inondations catastrophiques).

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, estime toutefois qu’une « ligne budgétaire conséquente » définie dans le cadre du budget de l’Union européenne serait plus adaptée.

Le principal point d’interrogation concerne la position allemande, qui dépendra largement du partenaire de coalition d’Angela Merkel.

Les sociaux-démocrates allemands sont favorables aux propositions du président français, en ce qui concerne la création d’un budget mais aussi celle d’un ministre des Finances.

Le parti conservateur de Mme Merkel, de son côté, n’a pas complètement fermé la porte à un budget, mais attend de voir comment il sera financé et à quoi il servira.

Mme Merkel ne rejette pas non plus l’idée d’un ministre des Finances européen, mais pour elle, le rôle de ce ministre serait de faire appliquer plus efficacement les règles de contrôle de déficit et de la dette. Bref un ministre façon Schauble, un père fouettard.

Vers la création d’un Fonds monétaire européen

Après les frictions entre le Fonds monétaire international (FMI) et les pays de la zone euro sur la gestion de la crise grecque, les Européens, y compris l’Allemagne, se sont peu à peu convaincus de la nécessité de se débrouiller seuls à l’avenir et par conséquent de se doter d’un Fonds monétaire européen (FME).

Ce FME serait constitué à partir du Mécanisme européen de stabilité (MES) créé en 2012 après la crise de la dette dans la zone euro, pour pouvoir venir en aide aux pays en difficulté financière en leur faisant des prêts.

La Commission européenne a présenté le 6 décembre un projet de FME qui serait un « organe communautaire », « responsable devant le Parlement européen », et qui aurait la même capacité théorique de prêt, soit environ 500 milliards d’euros.

Mais l’Allemagne s’inquiète de voir diminuer son influence dans le nouvel organisme. Actuellement elle bénéficie dans le MES de droits de vote proportionnels à son apport en capital (27%), qui lui donnent une influence supérieure à celle qu’elle a dans les institutions communautaires.

Le futur FME pourrait également endosser un rôle de garant des banques en difficulté dans la zone euro, au cas où les mesures prévues dans le cadre de l’Union bancaire, également en cours de constitution, ne seraient pas suffisantes.

De tous les projets de la zone euro, ce projet de l’Union bancaire lancé en 2014 est le plus loin d’aboutir. Il s’agit de rendre les banques de la zone euro plus solides et d’éviter que l’argent du contribuable ne serve à sauver des banques en difficulté, comme cela c’était produit pendant la crise.

Pour l’instant, deux des trois piliers prévus ont été mis en place: le premier concerne la supervision des banques et le second est destiné à aider en cas de besoin les banques en difficulté avec de l’argent venu du secteur.

En revanche, le dernier pilier, destiné à rassurer les clients des banques, grâce à une garantie européenne des dépôts, est plus difficile à mettre en place. Les Allemands ne veulent bien entendu pas payer! Or les sommes en jeu et les risques sont colossaux.

Après avoir mis sur la table un premier projet en novembre 2015, la Commission européenne a présenté en octobre dernier une version moins ambitieuse, espérant vaincre les réticences de l’Allemagne, toujours inquiète de voir ses épargnants payer pour des banques du sud qu’elle estime mal gérées.

Le point d’accord central; constituer un monopole de prédation fiscale dont les citoyens ne doivent pas pouvoir s’échapper;

Quand bien même les pays de la zone euro parviendraient à avancer sur les réformes évoquées ci-dessus, d’autres dossiers cruciaux pour sa cohésion sont sur la table de négociations, comme celui de l’harmonisation fiscale, qui concerne l’ensemble des 28 pays de l’Union européenne. Le but est de supprimer la concurrence fiscale d’introduire le socialisme au même niveau partout et que personne ne puisse déroger.

Le débat se focalise notamment sur l’impôt sur les sociétés, économistes, experts et dirigeants politiques prenant peu à peu conscience des dernières libertés de choix que permet la concurrence fiscale. Nul ne se pose la question de la gouvernance des états, des moyens pour les forcer à la modestie fiscale et ralentir le dirigisme; et pour cause, le projet de construction européenne est dans son essence dirigiste, socialisant et pour tout dire fabien: il s’agit pressurer les classes moyennes au profit du très grand capital internationalisé et financiarisé.

La question fiscale illustre les contradictions du système dans lequel le très grand capital est organisé pour optimiser son taux de profits sur les peuples mais en même temps en lutte en lutte dans chaque pays, dans chaque bloc pour attirer à soi le maximum de richesse! Le terrain fiscal c’est le lieu même des contradictions de la construction européenne et de la construction globaliste.

Entre 1995 et 2016, le taux normal moyen de l’impôt sur les sociétés dans l’Union européenne a perdu 14 points, soit une baisse de 33%, selon une étude de l’Observatoire des politiques économiques en Europe dépendant de l’université de Strasbourg.

Le débat se cristallise notamment sur les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon), les grandes plateformes américaines de l’économie numérique.

Ces dernières concentrent leurs bénéfices dans des filiales domiciliées dans des pays à faible taux d’imposition, comme l’Irlande ou le Luxembourg, même si elles génèrent presque toutes leur chiffre d’affaires dans d’autres pays de l’UE.

Selon la Commission européenne, le taux d’imposition réel sur le bénéfice des colosses du numérique dans l’UE est en moyenne de 9% seulement, tandis que celui des entreprises traditionnelles dépasse les 20%.

Mais la concurrence fiscale fait aussi sentir ses effets dans l’économie classique, comme le montre la procédure lancée lundi 18 décembre par Bruxelles contre Ikea. Le géant suédois du meuble est soupçonné d’avoir bénéficié d’avantages indus aux Pays-Bas via le système du rescrit fiscal, qui permet une taxation « à la tête du client », négociée entre l’entreprise et l’administration fiscale. D’autres sociétés de l’économie classique ont été épinglées dans le passé par la Commission européenne, dont Starbucks aux Pays-Bas ou Fiat au Luxembourg.

En octobre 2016, la Commission européenne a relancé un projet visant à instaurer des règles uniformes de calcul des bénéfices, l’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (Accis). Avec ce système, qui serait obligatoire pour les groupes au chiffre d’affaires supérieur à 750 millions d’euros, les Etats resteraient libres de définir le taux d’imposition, mais ils détermineraient tous de la même manière l’assiette de cet impôt.

Il n’y aurait qu’un seul lieu d’imposition mais le produit de la taxe serait ensuite réparti dans tous les pays où la société exerce une activité, en fonction du niveau de l’activité dans chaque Etat, plutôt que selon les résultats des filiales.

Ce projet d’Accis doit encore être approuvé par les Etats membres et le Parlement européen. Mais dans l’Union, toute réforme en matière fiscale est difficile, car elle doit être décidée à l’unanimité des 28 pays.

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