Macron ose enfin parler de l’emploi et du chômage, prenez date

Emmanuel Macron attend sur le front du chômage « des résultats significatifs au bout de 18 à 24 mois » après la réforme du code du travail, a-t-il déclaré mercredi au quotidien espagnol El Mundo, dénonçant l' »agenda caché » et les « trahisons successives » de ses prédécesseurs.

« La première année du mandat est cruciale: c’est là qu’on met en place les transformations qui produiront les vrais résultats, sur l’emploi avant tout, dans les deux ans ». « C’est pour cela que j’ai voulu aller vite », a-t-il ajouté, selon ses propos originaux en français transmis par l’Elysée.

« La France bénéficie de l’embellie de l’économie mondiale, mais aussi des réformes des dernières années et d’un sentiment de confiance plus grand; notre croissance dépasse les prévisions » mais « notre économie souffre de freins persistants » avec « un modèle socialement injuste et économiquement inefficace, faute d’avoir su nous renouveler et surmonter les réticences au changement », a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’acceptation de sa réforme du code du travail, il a reconnu qu’il ne s’agissait pas d' »une réforme facile », ajoutant néanmoins que « c’est une réforme claire » car annoncée pendant sa campagne.

« Nous avons une grande tradition française: celle de l’agenda caché, ou des trahisons successives. On fait une campagne pour rassembler le cœur de ses militants pendant la primaire, puis on revoit son programme pour séduire un électorat plus large pendant la campagne et enfin on gouverne de manière encore différente. Cette méthode a brisé la confiance des Français », a-t-il insisté.

Il est aussi revenu sur la réforme de l’entrée à l’université. « Pour la première fois, les attendus de chaque filière ont été publiés. Nous rendrons de même publics les taux de succès par type de baccalauréat et les taux d’insertion professionnelle par filière », a-t-il expliqué.

Le président a garanti que « les universités examineront les dossiers des étudiants et leur proposeront une solution qui leur convienne ».

Sur le dossier corse, il a déclaré, comme avant lui Edouard Philippe, qu' »il est possible de réfléchir à d’éventuelles évolutions » du fonctionnement de la collectivité de Corse mais « dans le cadre de la Constitution ». Cette dernière ne permettant « pas de donner satisfaction à certaines revendications, comme le statut de résident ou la co-officialité de la langue corse ».

Evoquant l’Europe, il a prévenu qu' »on ne change pas l’Europe tout seul ». Il a souhaité notamment qu’elle fasse « beaucoup mieux, ensemble, dans la gestion et la protection commune de nos frontières et dans l’harmonisation de nos politiques d’asile et d’immigration ». « C’est le grand défi de l’année qui vient », a-t-il précisé.

Interrogé sur le scrutin de jeudi en Catalogne, le chef de l’Etat s’est refusé à tout commentaire. « J’ai soutenu et continuerai de soutenir la légalité et l’unité constitutionnelle en Espagne. Je fais pleinement confiance au gouvernement de Mariano Rajoy pour gérer la situation » et « je souhaite que la stabilité et la confiance puissent revenir rapidement en Catalogne », a-t-il dit.

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