Iran, l’offensive américaine, saoudienne et israélienne contre le régime , un narrative symptomatique

 Iran: Trump affirme que « le temps du changement » est venu

L’offensive américaine, soudienne, israélienne contre l’Iran ne tombe pas du ciel.

Elle est une tentative de réponse au succès de l’Iran en Syrie et en Irak. Elle est provoquée par la peur que suscitent ses succcès récents. Elle est une fuite en avant à la fois pour Trump et pour le nouveau régime saoudien dont les popularités sont au plus bas. Trump a besoin de nouveaux alliés sionistes/néocons et le nouvel homme faible du régime soudien a besoin de diversion.

Techniquement il s’agit d’une répétition de ce qui s’est passé lors des révolutions de couleur, en Ukraine en particulier mais la similitude s’arrête là car l’Iran n’est pas l’Ukraine!  Loin s’en faut.

Notre avis est que cette répétition est une caricature sinistre et irresponsable, car dangereuse. Elle vient après la repolarisation produite par la provocation de déclaration de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israel. Manifestement, Trump et ses alliés visent à ouvrir de nouveaux fronts et à relancer l’extremisme  dans la region après débandade de leurs alliés/mercenaire d’ISIS. .

Bien gérée par les leaders iraniens elle peut renforcer le régime au lieu de l’affaiblir. Les ficelles , en particuler sont tellement grosses qu’elles sont faciles à retourner.

Son prétexte est économique, mais elle est dirigée contre le régime et bien sur contre son bras armé extérieur le Hezbollah qui s’est montré terriblement efficace.

Il sera interessant de suivre les réactions européennes et en particulier celles de Merkel qui seule compte sur ce plan malgré la volonté de Macron de se pousser du col au niveau international.

Le narrative de la propagande:

En dépit des slogans anti-régime lancés par les manifestants en Iran, les experts estiment que le mouvement de contestation actuel est né du même sentiment de colère qui a agité d’autres pays frappés par l’austérité.

« Ce qui fait descendre les Iraniens dans la rue le plus souvent, ce sont des problèmes économiques ordinaires –la frustration face au manque d’emplois, l’incertitude par rapport à l’avenir de leurs enfants », explique à l’AFP Esfandyar Batmanghelidj, fondateur du Europe-Iran Business Forum.

Selon cet expert, les troubles de ces derniers jours ont été provoqués par les mesures d’austérité du président Hassan Rohani depuis son arrivée au pouvoir en 2013, comme les réductions des budgets sociaux ou les augmentations des prix des carburants annoncées il y a quelques semaines.

« Pour Rohani, les budgets d’austérité sont certes difficiles à faire passer mais il s’agit de mesures nécessaires face à l’inflation et aux problèmes de devise ainsi que pour tenter d’améliorer l’attractivité de l’Iran pour les investissements », affirme M. Batmanghelidj.

Cependant, « après une période de sanctions très difficile, l’austérité ne peut qu’entamer la patience des gens ».

Les manifestations ont éclaté jeudi à Machhad, deuxième ville d’Iran, avant de se propager à travers le pays. Douze personnes sont mortes dans les troubles liés aux protestations qui ont dégénéré en violences dans plusieurs endroits, et des centaines ont été arrêtées.

Des slogans comme « Mort au dictateur » et des attaques visant les symboles du régime ont donné aux manifestations –les plus importantes depuis celles de 2009– un air de révolution.

Le gouvernement a accusé « des éléments hostiles » basés à l’étranger d’attiser le mouvement de contestation.

Certains suspectent aussi les conservateurs, rivaux du courant modéré dont fait partie M. Rohani, de vouloir saboter la politique économique du gouvernement au risque de déclencher un mouvement qui pourrait devenir difficile à maîtriser.

« Il existe des preuves, particulièrement à Machhad, que les manifestations étaient organisées pour marquer des points politiques », a déclaré à l’agence iranienne Tasnim Amir Mohebbian, un expert basé à Téhéran.

Il a souligné que les organisateurs de ce mouvement « n’avaient évidemment pas anticipé qu’il prendrait une telle ampleur. On ne peut pas jouer avec les mouvements de contestation ».

– Des banques qui s’effondrent –

Néanmoins, la colère suscitée par la situation économique est palpable depuis quelques années et a dominé les dernières élections en mai.

De petits mouvements ont eu lieu: ces dernières semaines, l’agence ILNA liée aux syndicats a fait état notamment de protestations de plusieurs centaines d’employés du secteur pétrolier pour des retards de paiement, ainsi que des fabricants de tracteurs à Tabriz contre la fermeture de leur usine.

La colère n’a fait qu’augmenter avec l’effondrement de sociétés de crédit qui a affecté des millions d’investisseurs.

Ces sociétés se sont multipliées sous le mandat du président Mahmoud Ahmadinejad et se sont effondrées quand la bulle immobilière a explosé.

« Je ne suis pas surpris par ces manifestations. Nous avons eu ces deux dernières années des défilés dans la rue contre les banques et les sociétés de crédit », rappelle le politiste Mojtaba Mousavi, basé à Téhéran.

« Tout le monde dit que les manifestants viennent des classes défavorisées mais de nombreux manifestants font partie de la classe moyenne qui a perdu beaucoup de ses avoirs », assure-t-il à l’AFP.

– Droit de protester –

En dépit des causes économiques évidentes, des griefs portant sur les restrictions concernant les libertés civiles sont toujours d’actualité.

Même au sein de la classe politique conservatrice, on reconnaît que les Iraniens ont peu d’espace pour exprimer leurs plaintes.

« Notre Constitution reconnaît le droit de protester mais en pratique, il n’y a pas de mécanisme pour le faire », souligne Gholamreza Mesbahi Moghddam, porte-parole de l’Association du clergé combattant (conservatrice) à l’agence ISNA.

« Les responsables doivent écouter le peuple. Les médias, également, ont la responsabilité de couvrir les manifestations », a-t-il ajouté.

Au lendemain de son appel au calme et à sa promesse « d’un plus grand espace pour les critiques », M. Rohani a averti lundi que « le peuple iranien répondra aux fauteurs de troubles », une « petite minorité » selon lui.

Certains experts doutent que les manifestations puissent être une menace sérieuse pour le régime, estimant qu’elles ne semblent pas obéir à une organisation claire.

Les slogans politiques sont vus comme une aubaine pour le régime, lui permettant de réprimer les manifestants en les accusant d’éléments anti-sociaux et violents.

« Le système préfère les manifestations politiques plutôt que celles suscitées pour des raisons économiques car elles sont plus faciles à contrôler », souligne M. Mousavi.

En Prime: une prise de position qui en dit long, elle demande un changement de régime politique comme en Syrie en son temps!

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