Editorial: notre survol à l’aube de 2018

2018 commence . Ce sera une année de grande incertitude.

L’environnement géopolitique est sombre, non pas tant en raison de la Corée du Nord , mais en raison du Proche et Moyen Orient. Trump a décidé de se soumettre au parti de la guerre, c’est un moyen pense-t-il  de sécuriser sa situation personnelle. La courroie de transmission de l’inquiétude pourrait se faire par le prix du pétrole. Elle pourra également se faire par les changes.

Pour la première fois depuis 10 ans on attend , sans l’anticiper un resserrement de la politique des banques centrales. Les marchés, à tort ou à raison refusent d’en tenir compte et ils font l’inverse, ils desserrent les conditions financières. C’est un apparent conundrum. De même le dollar à baissé de plus de 10% sur un an alors que le consensus était à la hausse, c’est un autre conundrum.

Les banques centrales ne cherchent pas à modérer l’inflation ou à peser sur la demande , elles cherchent simplement à se sortir de la situation dans laquelle elles se sont mises depuis 2008.

Le stimulus fiscal mis en place par le Parti Républicain aux Etats-Unis vient brouiller un peu le jeu et ajoute une inconnue à la situation. Le remplacement de Yellen et le départ de l’ossature du FOMC en est une autre.

L’inconnue pour tous les acteurs économiques et financiers c’est la liquidité. Par définition elle est insaisissable, comme le mercure. Les conditions objectives ne comptent pas lorsque la psychologie et l’appétit pour le risque s’en mêlent. Plus que jamais, ce sont les animal spirits qui vont être déterminants.

L’objectif des banquiers centraux et des gouvernements, c’est le statu quo, c’est à dire le maintien de conditions ni trop chaudes ni trop froides. Il est peu probable qu’elles réussissent leur pari d’atterrissage en douceur, mais il ne faut pas l’exclure. Au moins pour un temps.

Au plan de l’investissement raisonnable, rien n’est attractif, tout est trop cher . La rentabilité d’un investissement se constitue au moment de l’achat or tous les prix sans exception sont  trop élevés  après 9 annnées de hausse des marchés et de concurrence entre les détenteurs de capitaux à la recherche de la moindre rentabilité.

On calcule que sur les actions américaines, les valorisations sont de 2,8 fois les valorisations historiques normalisées. Ceci signifie que si les conditions redeviennent normales au fil des années, les investisseurs perdront plus de 60% de leur mise et qu’ils auront une rentabilité réelle, totale de leur investissement négative au terme de 12 ans.

Il n’y a aucune diversification possible car tous les actifs ont le même sous jacent lequel fait bulle, ce sous jacent c’est le rendement des emprunts et fonds d’état à 10 ans. Ce sont eux qui font bulle et sont trop chers, leur surévaluation se  transmet de  proche en proche. Le secteur des fonds d’état est la matrice de toutes les bulles.

L’argument de Yellen qui lors de son départ a dit que les actifs financiers n’étaient pas surévalués  en raison des taux bas et une imbécillité mais il accrédite bien cette idéee que c’est le rendement du 10 ans US qui est la pierre angulaire du système.

Yellen professe une imbécillité à deux  titres:

-d’une part parce que les taux vont monter et c’est elle même qui voudrait qu’ils montent ensuite

-parce que si les taux sont bas c’est parce le consensus est que la croissance sera faible, en, dessous des normes historiques et donc les valorisations ne méritent aucune prime.

Les bas taux sont compensés par la plus faible croissance. On ne peut capitaliser l’un, la faiblesse des taux sans capitaliser  l’autre, la faiblesse prévue de la croissance avec ses problèmes de rentabilité et de solvabilité.

Tout ce qui a un rendement sera affecté si la normalisation de la politique monétaire est effectivement tentée, absolument tout puisque tout a bénéficié de la recherche de rendement à tout prix pendant neuf années. Y compris l’immobilier, même si c’est à un degré moindre qu’il pâtira.

L’hypothèse d’un changement de nature de la monnaie:

Il n’y a qu’une hypothèse qui permet d ‘éloigner le spectre de la spoliation des détenteurs d’actifs financiers, cette hypothèse est celle d’une installation permanente dans un régime monétaire non conventionnel avec répression financière institutionnalisée.

Ceci signifie,  que l’on évitera/interdira  la réconciliation des signes financiers avec le réel comme on l’a fait en 1971 entre le dollar et l’or; ceci signifie que l’on criminalisera la détention de cash , les espèces sonnantes et trébuchantes  et que la monnaie finalement changera de nature:  elle deviendra pur signe asservi aux besoins des régulateurs. Elle cessera d’être un instrument au service de la liberté.

La monnaie convergera ainsi vers son horizon , le Bitcoin et les cryptomonnaies. Pures valeurs, pures non-valeurs au gré des confrontations entre l’offre et la demande . Les cryptomonnaies sont l’horizon des fiat monnaies si cet horizon se concrétise tel que nous le voyons,  par l’instauration de la répression  financière permanente.

Au plan de la spéculation tout, absolument tout, est possible car les liquidités qui tournent dans le monde et qui sont à la disposition de la communauté spéculative sont colossales.

L’esprit de jeu semble avoir pris le contrôle de l’esprit de tous les acteurs et les autorités sont tétanisées à l’idée de faire un faux pas qui briserait le charme.

Personne n’a envie de crever la bulle. Les plus audacieux ne rêvent que de la stabiliser.

Crever la bulle est impossible depuis l’affaire Lehman. Elle a produit une peur panique exprimée par le « plus jamais cela ».

Crever la bulle est objectivement impossible à cause de la situation de compétition stratégique entre les blocs, à cause de la dislocation du multilatéralisme et de la fin de la concertation mondiale. Nous sommes dans une période durable de tensions, de quasi guerre froide et le point faible de chaque bloc, c’est précisément la bulle. Personne n’est à l’abri, permet ne peut supporter une éventuelle crise déflationniste.

La bulle, c’est l’équivalent « soft » de la bombe atomique; le premier qui y touche déclenche la catastrophe globale.

Nous avons commencé par une affirmation: 2018 sera une annnée de grande incertitude. 

Nous terminons par cette conclusion: c’est cette intertifude qui donne aux grands esprits spéculatifs la certitude que les autorités sont dans la seringue et qu’elles n’ont pas d’autres choix , in fine, que de continuer à faire ce qu’elles ont fait jusqu’à présent, mener des politiques non cenventionnelles, s’enfoncer dans les artifices, c’est à dire  pratiquer l’inflationnisme monétaire.

 

 

 

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