Discussion sur la réalité de la reprise économique US et par incidence sur l’idée de la reprise mondiale synchronisée.

Le scénario dominant sur les marchés financiers, dans les banques centrales, chez les banquiers TBTF  et les gouvernements est le suivant;

-accélération de la croissance vers les 3% , on échappe au marasme,

-les salaires commencent à frémir la hausse se précise

-l’inflation augmente , elle se rapproche des 2% puis les dépasse

-les taux d’intérêt montent tout au long de la courbe, celle-ci redevient plus pentue

Personnellement, nous décrivons les choses et tentons de les interpreter mais nous ne tranchons pas. Pas plus sur la reprise que sur l’inflation ou les taux.

Notre position vraiment fondamentale est celle du doute.

Il faudra que nous touchions du doigt tout cela pour y croire. Doute, mais  sans parti pris car nous sommes persuadé que tout est possible, tout peut arriver dans un monde rendu chaotique par les initiatives des apprentis sorciers: ils ont tout détraqué.  Il n’y a plus de signaux fiables. C’est cela que veut dire notre expression un monde chaotique, c’est un monde non prévisible.

La question de la réalité de la reprise économique auto-entretenue n’est pas tranchée. Il n’est pas sur que nous ayons échappé au pataugeage, et que la vitesse de circulation de la monnaie soit bien enclenchée. Le marché des actions dit que la Grande Modération est terminée, le marché des fonds d’état et les marchés de crédit disent le contraire , ils disent que non, on  est toujours dedans . Les anticipations inflationnistes sont au plus bas et l’inflation réelle dans les plus bas.

Il y a quelque chose qui cloche dans le scénario et les élites nous disent: « mais , non les anomalies sont temporaires ». Elles nous ont deja fait le coup à trois reprises  depuis 2009! 

Certes il y a des indications qui vont dans le sens de la sortie de crise, , mais il y a également beaucoup de choses qui clochent, qui divergent, voire disent le contraire.

Tout ce qui apparait est sujet à analyse critique.

Ainsi les chiffres de l’emploi sont anormaux, la courbe de Phillips ne marche pas. Les ventes finales aux consommateurs ne sont pas bonnes, ce qui témoigne d’un problème de pouvoir d’achat/d’épargne. La pente de la courbe des taux ne va pas dans le sens d’une reprise des dépenses d’équipement et d’un dégel des perspectives. La préférence pour la finance/monnaie ne faiblit pas, le réel n’attire guère.

En fait ce qui est euphorique ce sont les opinions et  le sentiment;  et sous cet aspect il est probable que les jugements sont largement influencés par les records boursiers quotidiens  selon l’inversion classique: si la Bourse monte c’est donc que tout va bien! On sait que le sentiment boursier est un puissant déterminant de l’humeur des agents économiques, même quand la réalité est un peu contradictoire. 

Un autre aspect joue également, c’est le biais de confirmation entretenu par les élites: elles veulent à tout prix faire croire qu’elles ont réussi, que leur action a été géniale et qu’elles ont sauvé le monde. Il le faut car les inconvénients ont été tels qu’il faut bien leur trouver une contrepartie justificative. Leur action a été un échec réel et elles ont été authentiquement scélérates donc pour les faire passer il faut au moins l’apparence d’un succés!  L’establishment pousse à la roue dans  le sens de perception de la sortie de crise et les médias, paresseux et aux ordres emboitent le pas. Tout ceci pour dire en résumé qu’il ya une certaine dose d’unilatéralité dans les déclarations de victoire.

La meilleure preuve du bien fondé de notre doute est fournie par les actes eux mêmes des responsables: certes ils crient victoire mais ils n’osent pas en tirer les conséquences lesquellles seraient de stopper les politiques non conventionnellles. Il faut croire ce qu’elles font, c’est à dire hésiter et non ce qu’ellles disent: c’est gagné.

Certains indicateurs sont influencés par les évolutions réelles tandis que d’autres sont liés aux conditions monétaires encore exceptionnelles, voila à notre avis ce qu’il faut retenir. Et ce n’est qu’avec le temps que les choses se décanteront. En attendant nous n’avons pas les moyens statistiques ou théoriques pour faire des pronostics fondés.  Ceux qui les font sont, à notre avis, encore prisonniers du monde d’illusions crée par les QE,  par la propagande, ils sont comme nous le disons souvent dans la bouteille.

Et puis il faut se souvenir que des faux départs il y en a déja eu plusieurs et  la rechute a été décévante. Depuis la crise , vous ne vous en souvenez pas, mais il y a déjà eu deux trimestres consécutifs au avec une croissance supérieure à 4%. On a connu des faux départs crédibles pourtant en 2011 et 2014 avant de rechuter. Souvenez vous du  arisque de crise aigu en 2015 et début 2016. On a cru que tout allait à nouveau s’écrouler sous le poids des forces déflationnistes.

Beaucoup de phénomènes économiques sont faussés par des illusions d’optique , par le court termisme . En particuler en raison de l’ancrage qui sévit. Les médias présentent les indicateurs sur des bases comparatives courtes, et si des comparaisons deviennent positives en regard des statistiques d’il y a un mois, trois mois ou un an, c’est que cela s’améliore n’est ce pas?  Eh bien non! Pour juger utilement  des statistiques , il faut non seuelement les lisser mais les remettre en perspective longue . Ici il faut toujours les remettre en perspective avec celles d’avant la crise . Il faut comparer les tendances longues. Ce sont les seules significatives.

Cette démarche est la seule logique et elle nous dit quand elle est patiquée honnêtement que non, nous ne sommes pas sortis du Grand Marasme, de la Grande Moderation, nous sommes toujours dedans. Simplement pour des raisons exterieures qui ‘nont rien à voir avec le succés, les élites tentent de faire crorie qu’elles ont maitrisé le crise.

On notera d’ailleurs que ces derniers jours s’est tenue aux USA à la Brookings je crois une réunion pour discuter de la nécéssité ou non de renoncer aux objectifs d’inflation de 2%.

Il faudra beaucoup plus que les quelques indicateurs actuels positifs mais contrastés pour pouvoir tirer la conclusion de la sortie.

Ci dessous quelques exemples  de graphiques qui donnent des indications contradictoires:

La performance des Commodities, liées à l’activité ne fait à ce stade que se stabiliser en regard de celle du S&P 500. La performance relative est légèrement positive depuis la mi 2017. C’est une indication fragile que l’on a deja eu dans le apssé post crise  en 2011 par exemple.

La courbe des taux est franchement inquiétante avec l’effondrement de l’écart entre le 10 ans et le 2 ans. Mais comment l’interpreter puisque tout est faussé par les artifices monétaires?

Un autre vision du marché du travail US qui contredit les chiffres que met en avant le consensus establishment. le amrché du trvaila plafonné fin 2014, début 2015.

Et ceci, encore plus net dans la divergence  avec les chiffres mis en avant par la presse, les ventes finales aux consommateurs americains ne sont pas terribles!

Une idée plus juste sur la construction, secteur important

Le GDP, la production de richesse reste très en deça des tendances longues. Le décrochage continue!

Le commerce mondial ne se redresse que légérement en comparaison des tendances antérieures.

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