Essai. « Ils » ont sauvé l’ordre du monde au prix d’une grande Illusion.

Je ne rate jamais un texte ou une étude des grands fondamentalistes ou investissseurs « value » comme Grantham, Hussman ou Felder. Ce sont des géants. En plus de leur savoir, de leur expérience, ce sont des gens de très haute tenue morale et c’est aussi , sinon plus important que les connaissances.

Selon mes critères, ce sont des « gens bien ».

Depuis le début de la Grande illusion, celle qui a débuté le 9 mars 2009 par l’acceptation réglementaire de la fausseté systémique des bilans du secteur bancaire (FASB 157) , ces géants ont une attitude critique vis à vis des marchés d’une part et de la politique suivie d’autre part.

Leurs travaux sont exceptionnels si on veut comprendr en quoi le monde qui a été crée en 2009 est artificiel, déconnecté et disjoint de la réalité. Ce sont de merveilleux analystes de cette anomalie qu’est le monde financier post-2009. Leurs talents sont complets, ils ne se limitent pas aux marchés, ils englobent la finance, la monnaie, l’économie réelle, avec les outils mathématiques les plus évolués et sophistiqués. En leur compagnie, vous n’êtes pas avec des ringards primaires, non vous êtes avec le top du top. Bien au dessus de la plupart des conseillers flagorneurs des gouvernants.

Leur démarche consiste à faire ressortir en quoi le monde des marchés s’est écarté du monde réel et en quoi un jour une réconciliation interviendra , réconciliation qui ruinera la plus grande partie des investisseurs car comme le dit Bernanke: il ne faut pas espérer échapper à la chute, à l’effondrement,  car « tout le papier doit bien être détenu par quelqu’un du moment qu’il est émis ».

Hussman sur la base des travaux historiques et des outils mathématiques prédit qu’un jour, au cours du cycle complet, il y aura une chute qui sera de l’ordre  de 60 à 63%. Ce n’est pas du doigt mouillé, c’est simplement l’application des normes historiques les plus vérifiées. Hussman pense, comme nous, que la question de l’investissement n’est pas de savoir si les cours vont monter ou non l’an prochain, non il considère que si on fait un investissement long alors c’est le prix auquel on réalise cet investissement qui est le déterminant de sa rentabilité. « Plus on achète cher moins on gagne », « plus on achète bon marché plus l’investissement est rentable ».

C’est notre point de vue, c’est un point de vue de vrai investisseur. Par exemple d’un investisseur dans le cadre d’une retraite ou d’une gestion patrimoniale familiale.

Au niveau actuel donc, sur la base des critères historiques les plus vérifiés, les marchés sont totalement hors de l’épure. Hors de l’épure pour quelqu’un qui raisonne en investisseur et qui s’interroge sur la rentabilité future de son investissement.  Sur la base d’une attente, d’un souhait d’une rentabilité historiquement normale, conforme au passé alors, les prix pratiqués sont plus de 2,5 fois trop élevés! Pour que cela soit intéressant d’investir il faut que cela baisse beaucoup! Et pour que cela rapporte autant que lors des grands cycles du passé, lors des grandes baisses d’avant,  il faut attendre une chute de l’ordre de 60%. Bien entendu si vous vous contentez d’une rentabilité moindre vous pouvez acheter avant , quand les cours n’ont chuté que de 20 ou 40%. Mais il faut savoir que vous devraient vous attendre à subir de coûteuses baisses intercalaires de vos avoirs.

En fait les vrais grands fondamentalistes n’acceptent pas de rentrer dans le monde de la névsose actuelle, le monde de l’illusion; ils n’acceptent pas de considérer que « cette fois c’est différent » et « qu’il n’y a pas d’autre alernative ». Voila le fond de leur position.

Bien entendu je la respecte mais vous savez que je me suis orienté dans une autre direction.

Je pars de l’idée suivante: les choses sont ce qu’elles sont . C’est à dire que le travail de l’intelligence est de comprendre ce qui est et non pas de dire ce qui devrait être. Dire ce qui devrait être est ailleurs, c’est biens souvent du domaine de l’opinion ou la morale. Donc moi, je pars de ce qui est et je me demande comment cela se fait-il que ce soit ainsi.

Les cours de bourse lévitent, comment cela peut-il se faire? Le monde des marchés est de plus en plus autonome, il s’écarte durablement et fortement de la Sphère Réelle, en vertu de quels phénomènes,  en vertu de quelles forces cela est-il possible? Les cours de Bourses sont  très au dessus des normes? A qui cela profite t- il? Pourqoui est-ce ainsi? En vertu de quelles nécessités systémiques ou historiques?

A partir de ces questions donc j’étudie ce qui est, ce qui se développe sous mes yeux,  et non pas ce qui devrait être. Ce qui est,  on peut le voir, le décrire, le faire comprendre . Souvent cela crève les yeux ou les tympans, si on ne le voit pas ou ne l’entend pas c’est parce que les illusionnistes en chef font en sorte de détourner l’attention.

Ce qui se passe ne tombe pas du ciel, non ce qui se passe est causé, déterminé. C’est déterminé par la nature du Système qui est le système de la production pour le profit maximum et maintenant pour l’accumulation à tout prix et déterminé par la Grande Crise de 2008. Le système a failli sauter en 2008 et tout ce qui a été fait et est encore fait est produit par les évènements  de 2008.

Comme l’a dit Bernanke a la fin de son mandat en se congratulant avec ses complices des banques centrales; « nous avons sauvé l’ordre du monde ». Retenez bien le mot « ordre », l’ordre social , dommage que cela soit passé inapercu! Ils n’ont pas travaillé et agi dans l’intérêt général non,  ils ont agi dans le cadre d’un ordre et pour sauver cet ordre alors qu’il était menacé . Bref les banquiers centraux sont en guerre. Et chacun sait que lors des guerres tout est permis et la première victime, c’est … la Vérité.  Et c’est pour cela que tous les coups, tous les mensonges, toutes les tromperies,  tous les contrôles, toutes les dénaturations , bref c’est pour cela que tout est permis. La guerre justifie tout puisque ce qui est en  jeu c’est la survie … leur survie.

Revenos à nos moutons,  financiers cette fois.

Grantham a récemment changé de position, il est ébranlé et va jusqu’à considérer que cette fois le monde pourrait bien être différent. Il s’y est résolu très tardivement et personnellement nous considérons cela comme une « capitulation », c’est à dire le signe que bientôt ce sera le début de la fin. Même si il y a encore de nombreuses étapes possibles avant la fin.

Grantham se demande si le fait que les marges bénéficaires des entreprises soient très élevées finalement ne justifie pas des valorisations plus généreuses que dans le passé. On pourrait en quelques sorte payer plus cher les entreprises parce qu’elle s’accaparent une part plus grande du revenu national. Ce serait, entre autres, un effet de la situation monopolistique de certains secteurs chauds comme les technologiques.

Nous ne nous rallions absolument pas à cette volte-face de Grantham pour deux raisons.

La première est que de tous temps les marges bénéficaires ont fluctué et que de tous temps il y a eu des amplitudes extrêmes qui ont été corrigées sur la duréee. Même si les extrêmes actuels sont plus grands et gros que par le passé, les marges varient et varieront en fonction des conditions sociales, économiques,  politiques et technologiques.

La seconde raison est que les marges élevées, hors normes ont un coût. Elles pèsent sur la demande, elles tuent les clients. les marges élevées produisent un système intenable qui se caractérise par l’insuffisance chronique de la demande, c’est à dire par la déflation.

Les entreprises  sont des machines à produire de la plus value, du surplus c’est à dire des revenus. Ces revenus se répartissent entre les salariés et les capitalsites, je laisse tomber le reste pour simplifier. Les profits  des capitalistes sont bonifiés qaund les marges sont bien sur très larges et quand la par du capital dans le GDP est grosse; mais dans ce cas les revenus des salariés sont réduits à la portion congrue, ils n’ont pas assez de pouvoir d’achat pour se porter contrepartie des productions des entreprises .  Et que se passe-t -il? Eh bien il se passe que pour écouler les productions alors il faut octroyer aux salariés du crédit qui compense l’insuffisance du pouvoir d’achat gagné.

Les marges élevées ont pour contrepartie une dépendance de plus en plus grande à l’égard du crédit puisque les revenus gagnés ne suffisent  pas. Ce qui débouche sur des crises de surendettement et d’insolvabilité comme ce fut le cas en 2008. Au passage vous comprenez que dans les systèmes néo-libéraux et ultra-libéraux ou ordo-libéraux,  on aime la globalisation, l’exportation, la compétitivité car ainsi, grâce aux marchés extérieurs ont peut se passer des clienst intérieurs, on se passe de la demande interne, on va piller celle des autres,  et on n’a pas besoin de payer ses salariés. La priorité à l’exportation c’est cela, la volonté de se passer des clients intérieurs. .

Tout ceci pour dire que les marges hors normes ont un coût ou plutot des coûts: pas assez  de clients intérieurs , besoin d’augmenter perpétuellement le recours au crédit, fragilité financière parce que le crédit devient instable, progression des inégalités, rupture des consensus sociaux , dislocation politique, montée du populisme etc . Donc les marges bénéficaires élevées, hors normes, ne peuvent être permanentes, elles sont à un moment donné corigées et il y a normalisation, retour aux moyennes de long terme.

Elles ne justifient pas que l’on surpaye les investissements lorsque ceux ci sont faits pour le long terme.

Le papier de Jesse Felder qui nous explique que le marché financier actuel est surévalué, gonflé par le crédit et en terme de sentiment totalement suracheté. 

Thus it is fair to say that this is now the most overvalued, overbullish and overbought stock market of all time.

 

Three aspects of the stock market that I follow closely are fundamentals, sentiment and technicals. According the measures below, all three now show the stock market has entered uncharted territory.

The first chart comes from my friend, John Hussman, and shows his margin-adjusted version of the cyclically-adjusted price-to-earnings ratio. This improved version of the CAPE ratio (improved because it has a greater negative correlation with future 12-year returns) shows equity valuations have now surpassed both the dotcom mania peak in 2000 and the 1929 mania peak.

This next chart, from Doug Short, shows that investors today are employing more leverage than ever before. Even when you adjust margin debt for the overall size of the economy it’s at a new record high and, to my knowledge, this doesn’t include the asset-backed loans at major financial firms which have become so popular in recent years.

Finally, from a technical standpoint, the monthly RSI reading of the Dow Jones Industrial Average shows the stock market is now more overbought than at any other time during the entire history of this index which was created way back in 1896 (chart via Nasdaq.com).

Thus it is fair to say that this is now the most overvalued, overbullish and overbought stock market of all time.

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