Editorial: la grande peur des mal pensants à Davos, ou si vous voulez Trump à Davos (?)

Aux dernières nouvelles selon le journal suisse 24H la présence de Trump à Davos n’est plus assurée. Sans commentaire bien sur. 

Cela ne change rien à notre analyse.

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Trump se rend à Davos.

Nous verrons si c’est l’occasion de nouveaux scandales planétaires, c’est probable, mais ce n’est pas sûr tant l’homme est imprévisible. Il est imprévisible parce que l’on ne sait pas ce qu’il pense, on ignore même si il pense et si il possède une stratégie. Certains cherchent à le faire passer pour fou. Ce qui est sûr c’est qu’il a une ligne directrice et qu’elle résume à ceci; ne pas être destitué. Vendre chèrement sa peau. 

Il veut survivre, c’est un réflexe humain, une question d’orgueil tout à fait compréhensible. Et pour survivre, il essaie de répondre aux coups, de nouer des alliances de circonstances, d’attaquer quand c’est possible et c’est tout ceci, toutes ces parades qui rendent son action incompréhensible.  A force d’optimiser au jour le jour, il devient impossible de conserver une cohérence.

Ce qui était une sorte de vision au départ, ce qui ordonnait son action et ses propos était à peu près perceptible malgré les incohérences, c’était la lutte contre l’establishment, le retour isolationniste, le refus de la dissolution de l’Amérique dans le mondialisme et le multilatéralisme, le refus de l’intellectualisme,  le refus de la révolution post-marxiste sociétale, etc . Tout ceci contracté, cristallisé  dans le diamant de « America First ».  Je ne cherche pas à faire le tour de la question mais à montrer quelques facettes qui sont apparues lors de la campagne et aux premiers jours de ses début.

A force d’être contre tout l’air du temps, le modernisme, le mondialisme, le libre échangisme, il est devenu l’ennemi  public mondial numéro un. A un point tel que ses ennemis ne se cachent même plus et qu’ils calquent et dé-calquent leur comportement sur celui de Trump. Plus de respect, plus de convenance, tous les coups sont permis, et cela c’est des deux cotés. Trump a non seulement bouleversé la donne mais il a bouleversé le camp adverse. Trump a détruit son camp si il en avait un, ce qui n’est pas sûr, mais il a détruit tout autant celui de ses ennemis et on peut ajouter ce qui est moins perçu, il a fait éclater la société américaine, il l’ a pulvérisée, détruite, déconstruite. Les complots se succèdent, cyniques, sans pudeur, les mensonges s’empilent, au point que tout cela a maintenant un parfum de guerre civile. Aucune autorité supérieure ne prétend au rôle de maintien de l’unité, maintien des valeurs, maintien de la Nation. L’esprit partisan a gagné toutes les institutions.

Dans son rôle, Trump a dépassé toutes nos attentes.

Vous avez vu que très rapidement au cours de la campagne, nous avons, tout en soutenant le Trumpisme, nous avons considéré que l’homme était un Charlot et un Baltringue. Un personnage falot , sans structure, sans capacité à mettre en ordre quoi que ce soit, Trump nous avait fait penser au général Boulanger en France. Un minable qui se trouvait là au bon moment , pour bénéficier d’une conjoncture en creux qui paupérisait une population qui n’attendait que de se fourvoyer. Des scandales, des corruptions, des pourritures. Une société divisée, mais encore hypocrite, une opposition déconsidérée, une crise des classes moyennes, un relent de racisme ou xénophobisme et tout cela n’attendait qu’une occasion de « prendre », comme on dit « prendre » pour une mayonnaise.

Trump a fait voler en éclats l’hypocrisie, la retenue, les convenances , le discours politiquement correct, les bonnes manières, et le torrent de noirceur s’est déversé. Plus de pudeur, plus de scrupule, on se lâche.

Nous avons en son temps proposé une explication simple unifiante au phénomène; Trump a réveillé les forces de vie, les forces dyonisiaques, les instincts,  les anima de la société américaine. Il a permis la révélation de  cette réalité qui maintenant crève les yeux, la révélation de la vie, du vif sous le mort des convenances et de la névrose sociale.  D’une certaine façon, comme en psychanalyse, Trump a fait sauter les barrières de la résistance, des résistances qui coiffaient le vrai, le vivant, le noir, le non convenable. La société américaine était sur tous les plans dans un carcan , dans un système mortifère, sous une chape de plomb, nous dirions même suicidaire,   système qui empêchait la marche en avant; qui empêchait l’adaptation.  Notre homme, a permis le déchaînement du négatif, du refoulé, ils   vont   terrasser le Système .

Nous avons en son temps tracé la comparaison partielle avec les populistes et leur fonction systémique en Europe, nous maintenons bien entendu mais tout en rappelant que les conditions d’apparition des phénomènes sont différentes et que les similitudes et analogies ne  doivent pas être  poussées trop loin sauf à devenir fausses.

Cependant nous maintenons notre ligne directrice et nous avançons l’idée qu’en Europe également les forces dites populistes incarnent les forces de vie, les force d’adaptation et de survie et que celles d’en face, par une inversion maintenant classique, incarnent les forces du conservatisme, les forces de mort et de suicide. En face, que ce soit aux USA ou en Europe, face à Trump et aux populistes, ce que l’on trouve, ce sont les zombies. Ces zombies, ils jouent les prolongations.

Ni Trump ni les populistes ne détiennent la moindre parcelle de vérité comprenez nous bien.  Non, ce ne sont pas des  intellectuels, des penseurs, des ingénieurs sociaux, des gens faits pour gouverner, ils n’ont pas de fer de lance à la Marx, non ce sont simplement des forces sans contenu bien défini. Capables de se fourvoyer, d’aller s’investir dans n’importe quel contenu. Ce sont les forces de vie c’est à dire celles du chaos qui doivent précéder le réaménagement spontané, de nos sociétés. Leur fonction est de révélation, de production de scandales, de destruction, de déconstruction, bref leur fonction c’est celle de la libération des forces aveugles, même pas à la  recherche d’un contenu. Ce qui explique l’hétérogénéité, ce qui explique l’impossible unité, ce qui explique l’impuissance  des mouvements qui sont issus du populisme à gouverner. Ils ne sont pas faits pour cela!

Trump a été au delà de ce que nous attendions, ce n’est pas peu dire car nous avions placé en lui si on peut dire, beaucoup d’espoirs!

Il a enragé ses adversaires sur tous les fronts, il les a fait sortir de leur ron-ron intellectuel convenu, de leurs schémas , il a libéré en eux les émotions, la fureur, la haine et c’est un résultat terrible. Trump a  réussi à faire en sorte  à  que les gens d’en  face se lèchent, montrent leurs vrais visages sous le politiquement correct et le vernis social. Incroyable mais par ses excès rétrogrades et conservateurs il a  déchaîné les passions de la révolutions sociétale, le féminisme, le sexisme,  l’anti-racisme, l’anti-machisme, l’anti-tout. Tout le négatif de la société; celui des post-marxistes contestataires façon  Derrida et sa clique  se trouve convoqué. A l’assaut du père, de l’homme blanc, de l’hétérosexualité, de la Vérité,  il a mis le feu a des Universités comme Berkeley. Il a,  on le verra plus tard fait exploser les repères, les référents , tous les symboles organisateurs de nos sociétés.

Donc Trump va, est peut-être déjà à Davos. Il a raison d’y aller car Davos avec lui ce sera autre chose que le Davos sans lui. Si il avait été absent, Davos aurait été le lieu de son procès, de sa mise en cause avec peut-être des développements dangereux pour lui. Davos aurait pu être une caisse de résonance des cris et imprécations  de ses ennemis. Mais si il est là, il est sur d’être le Centre, la vedette. Maintenant c’est lui que l’on attend. C’est lui qui va définir en creux, en négatif, qui va faire éclater le vernis des bien pensants, leur faire découvrir la profondeur des abysses, l’ampleur du chaos.

Davos se place sous le signe des Fractures, Peurs et Echecs.   Incroyable non?

Alors que la reprise nous dit-on est là, que les marchés financiers sont au plus haut, que les patrimoines des ultra riches sont vertigineux, alors que l’élite mondiale baigne dans le papier-pognon et pourrait savourer sa victoire sur les peuples , le titre de Davos c’est « Fractures, Peurs et Echecs! » . Et d’enfiler les thèmes suivants : “la Faucheuse”, “La mort du commerce”, “La démocratie s’effrite”, “Extinction de précision”, “Dans l’Abîme”, “Les craintes d’un Armageddon écologique” et “La Guerre sans règles”.

Le désarroi est total, il couvre tout:  le doute sur la reprise  économique, la menace de la crise financière et boursière, la dislocation sociale, la destruction de la planète, la rivalité géostratégique et pour finir l’apocalypse de la guerre.

Le sondage qui a accompagné le rapport va au delà d’un truc de communication pour faire parler la Presse, et faire des RP,  il est hideux:  effectué auprès de presque 1000 dirigeants de banques et d’entreprises, fonctionnaires et universitaires, il  constate que 93 pour cent d’entre eux craignent une aggravation des affrontements entre les grandes puissances en 2018; 79% s’attendent à une menace accrue de conflit militaire.

Davos, Trump, les guignols qui vont s’agiter pendants 4 jours n’ont aucun pouvoir réel, ils sont les copies de leurs marionnettes, ils jouent leur propre caricature dans un monde de simulacres. Ils sont les apparents gestionnaires d’un monde qui les dépasse mais qui a sa propre logique: celle de la guerre, celle de la domination des uns sur les autres, celle de la destruction.

« L’homme est un loup pour l’homme », « qui veut faire l’ange fait la bête » n’est-ce pas?

Et puis pourquoi pas ? « Il n’est de vérité que du tout! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Une réflexion sur “Editorial: la grande peur des mal pensants à Davos, ou si vous voulez Trump à Davos (?)

  1. « Ce sont les forces de vie c’est à dire celles du chaos qui doit précéder le réaménagement spontané, de nos sociétés ». Le réaménagement spontané n’existe pas. Il suppose des forces pré-positionnées. On a du mal aujourd’hui à les détecter. Donc, le plus probable, la guerre. Nous saurons vite où, et entre quels belligérants. Pour le reste, je m’associe parfaitement à vos propos. Ce qui vous fait bien entendu une belle jambe! Mais le plaisir de le dire.

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