Précision utile sur mon utilisation fréquente du mot « système »

De nombreux lecteurs me demandent ce qu’il faut entendre par le mot « système » que j’emploie très souvent. De fait il est nécessaire de préciser le contenu du concept car d’autres l’utlisent, surtout en politique avec un sens ou des connotations différentes.

Penser en termes de « système » peut être considéré comme plutot pessimiste  au plan politique ou social. Je suis effectivement clairement quelqu’un  de pessimiste, mais cela ne m’empêche pas de considérer que par des choix individuels, personnels, ou des choix de groupes comme les choix familiaux on peut reconquérir des espaces de libertés.

L’une de mes convictions est que la mise à jour de ce qui est caché dans le système est la condition première pour échapper aux déterminations  fatales du Système, d’ou mon accent sur ce qui n’est pas dit, sur ce qui est non-su, non-conscient. D’ou ma démarche qui consiste à proposer une autre manière de voir, en particulier l’actualité. 

On peut agir sur ce que l’on connait, pas sur ce qui nous est inconnu. De ce qui est inconnu ou inconscient on est esclave. 

Un système se reproduit, survit de ce que ses régles, ses lois, ses forces sont non-sues, inconscientes, secrètes. Un système pratique la mystification pour apparaitre pour ce qu’il n’est pas. 

Exemple: la mise à jour des ressorts du capitalisme fianciarisé/financialisé est le moyen de lutter efficacement à mon sens contre celui ci.

Voici la définition qui se rapproche le plus de la mienne et de l’usage que je fais du mot.

Un système se définit, de façon assez classique, comme un ensemble d’éléments interagissant entre eux selon certains principes ou certaines règles. Cette idée d’interaction est très importante. On la retrouve à la base de la cybernétique ou encore de la théorie générale des systèmes, dont le grand théoricien fut Ludwig von Bertalanffy (1901-1972).

La critique du système repose sur cette idée qu’il ne sert à rien de s’en prendre à telle ou telle composante politique ou sociale, à tel ou tel parti plutôt qu’à un autre, parce que tout est lié, que tous les éléments forment bloc et qu’il faut donc les rejeter en bloc également.

Cette approche « systémique » est assez comparable à la façon dont, pour les ethnologues, les cultures forment des ensembles indissociables, où chaque élément ne prend sens qu’en fonction du tout, et où le tout présente des propriétés dites émergentes qui empêchent de l’analyser comme la simple addition de ses parties.

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C’est une définition écrite par le philosophe Alain de Benoist ; elle est tirée d’un long article que je vous conseille de lire en suivant le lien :

https://www.polemia.com/de-quoi-le-systeme-est-il-le-nom/#

Alain de Benoist éclaire aussi le Système avec une majuscule.

 

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2 réflexions sur “Précision utile sur mon utilisation fréquente du mot « système »

  1. Le Système est pour moi quelquechose de métaphysique, difficilement palpable, difficilement visible, telle une égrégore. Le Système est l’opérationnalisation du mal, par l’ensemble des sous-systèmes (financiers, monétaires, économiques, technoligiques, etc ) qui le composent, et dont le plus puissant est le Système de la communication qui agit comme sa courroie de transmission, sur nos psychologies particulièrement friables par l’asservissement aux médias de masse.
    Le Système agit sur nos façons de penser, de parler, d’agir, et manipule à son profit tous les concepts liés aux valeurs (démocratie, droits de l’homme, liberté, etc etc) au détriment des principes (équilibre, harmonie, esthétisme, …).
    L’idéal du Système est la surpuissance, un idéal de civilisation serait la perfection.
    Je ne vois les élites que comme des employés opérateurs du Système, et nous autres (êtres humains en général, pas forcément les lecteurs de ce blog qui semblent être moins affectés 😉 ) comme esclaves amoureux de leur servitude, et prêts à se battre pour maintenir ce Système coûte que coûte alors qu’il est si néfaste.
    Le Système a pu être considéré comme bon pour le sapiens, en dissimulant ses défauts, par un confort matériel fragile et temporaire.
    En terme de temporalité, je situe la naissance du Système à la fin du 18ème, par les 3 révolutions : américaniste (pour la puissance), française (pour l’idéologie), anglaise (pour la technique).
    Rien n’est plus puissant que le Système, nous sommes tous dans le Système, dépendants de lui, même s’il nous arrive d’avoir des actions anti-Systèmes, cela se fait en fonction du moment et des occasions, et cela se fait parfois à notre détriment : un employé Système peut très bien lutter contre le Système sans en avoir conscience.
    Il est donc fort logique que la destruction du Système, ne peut venir que de lui.
    Le Système est structurant dans la destruction de tout ce qui va à l’encontre du Système, et déstructurant dans tout ce qui en est le fondement : autrement dit, moins il trouve de quoi détruire, car ayant déjà tout détruit autour de lui, plus il s’attaque à ses propres fondations, et genère lui même sa propre auto-destruction.
    C’est la raison pour laquelle le Système ne peut que s’effondrer, et notre rôle n’est pas de le détruire (car c’est impossible), mais de l’aider à sauto-détruire.
    Je vous renvoie à une définition bien plus détaillée du Système par Philippe Grasset : http://www.dedefensa.org/article/glossairedde-le-systeme
    Je mets le lien, car s’il est fort probable que mr Bertez et mr Grasset ne se soient jamais rencontrés, leur analyse dans des domaines d’expertise différents se recoupent et se complètement parfaitement : ils font à peu près le même constat sur l’état du monde.

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    1. Je vous remercie de ce long commentaire mais votre définition du Système n’est pas la mienne, absolument pas et il est important de le préciser. Si je donne la définition ci dessus c’est pour aider à la compréhension de mes textes, les miens, ceux que j’écris!

      Le concept de « système » que j’utilise est plus neutre que le votre ou celui d’autres commentateurs. Ma formation est influencée par la sociologie, le structuralisme , la linguistique, la psychologie voire la psychanalyse.

      Il s’applique a de nombreuses organisations humaines, biologiques, psychologiques, sans connotation de bien ou de mal, sans connotation morale etc.

      Un système est adapté ou inadapté , il n’a que faire de la conscience que ses différentes parties pensent de lui , il a ses règles internes, endogènes propres qui lui permettent de satisfaire ses objectifs -je devrai dire plutôt sa logique -inconscients tels que durer, se reproduire..

      Le système capitaliste est le système de l’accumulation du capital. Sa logique est celle la: l’accumulation. Et cette logique se manifeste par exemple dans les crises de reproduction comme celle de 2008. La repoduction/accumulation devient impossible. Ceci inspire aux gestionnaires apparents du système des mesures qui- comme par hasard- favorisent sa reproduction et son maintien comme l’austérité, la régression sociale, les délocalisations, l’immigration, le dirigisme monétaire etc.

      Une autre logique était envisageable, en 2008, logique historique antérieure à la prééminence du capitalisme financier: le jubilé, les moratoires, remises de dettes , bref la destruction du capital qui était improductif et inefficace. Pourquoi cela n’a pas été envisagé alors que c’était une voie possible est une question intéressante qui n’ a pas été abordée.

      Le meilleure réponse que j’ai lue est celle de Geithner aux USA, il affirme que cela n’a pas été exploré car le système ne l’aurait pas supporté, un point de non retour aurait été atteint. La financiarisation du système , c’est a dire sa mutation antérieure en un système capitaliste pervers était en fait déjà une mutation d’adaptation,qui permettait de repousser les limites. C’était la voie vers un autre système qui s’ éloignait du marché et évoluait vers une forme de socialisme monétaire , produisant ce que j’ai appelé le capitalisme monopolistique d’état et banque centrale réunis.

      J’invite mes lecteurs à ne pas déraper et à prendre le sens et les connotations du mot « système » quand je l’utilise comme moi je le définis. Tout autre interprétation conduit à des contresens. Un système se définit, comme un ensemble d’éléments interagissant entre eux selon certains principes ou certaines règles. C’est à dire en fonction d’une logique. L’ idée d’interaction est très importante, Tout comme celle d’indissociabilité, c’est un tout qui dépasse ses éléments. On la retrouve à la base de la cybernétique ou encore de la théorie générale des systèmes, dont le grand théoricien fut Ludwig von Bertalanffy (1901-1972).

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