Eclairage méthodologique

Ce petit texte est un texte méthodologique. Il vise à éclairer notre démarche. Il est extrêmement rare que nous rencontrions un auteur qui pense comme nous. Vous comprenez qu’il est normal, quand nous rencontrons cet auteur, de lui attacher une certaine importance.

Ceux qui nous suivent très fidèlement et depuis longtemps, c’est-à-dire plus de 90% de notre public, ceux-là savent que nous ne sommes pas gouvernés par ‘l’idéologie. Nous n’avons pas un parti pris au niveau des idées, nous avons un parti pris méthodologique. Ce parti pris se résume en une phrase : nous essayons de penser juste. Juste ne se réfère pas seulement à la justice, même si nous attachons beaucoup d’importance à la morale. Juste renvoie à ce que nous appelons l’adéquation. Penser juste est essayer de faire en sorte que les mots que l’on aligne, que le discours que l’on tient, collent au plus près de la réalité.

Attention, lorsque nous disons que nous n’avons pas de biais, cela ne veut pas dire que nous n’avons pas un cadre analytique et des opinions. Chaque personne qui nous suit a compris depuis longtemps que nous sommes ce que l’on peut appeler un conservateur.

Nous attachons la plus grande importance à l’histoire, nous estimons que le présent ne se comprend qu’à la lueur du passé et nous refusons le modernisme dans sa revendication imbécile que tout ce qui est nouveau, ou à venir, est meilleur que ce qui a précédé.

Etre conservateur, pour nous, se formule de la manière suivante : savoir d’où l’on vient, pour savoir où l’on va.

Le petit texte ci-dessous nous dit que : « ce que l’on voit est toujours partiel. Les faits ne constituent pas la vérité, même s’ils font partie de cette vérité. L’information n‘équivaut pas à la connaissance. L’histoire n’exprime pas le passé, c’est simplement la méthode que nous utilisons pour organiser de façon acceptable notre ignorance du passé.

L’histoire est en quelque sorte l’enregistrement de ce que l’on a considéré comme devant être enregistré. L’histoire dépend des positions qui sont prises lorsque nous cessons de nous agiter et que nous faisons une pause pour prendre des notes. L’histoire, c’est ce qui reste au fil des siècles, quelques pierres, quelques écritures, quelques lambeaux de réalité. Ce n’est pas plus le passé qu’un certain certificat de naissance n’équivaut à une naissance. C’est la multiplication des indications et des témoignages biaisés, multiplication combinée avec les comptes rendus des actions qui n’ont jamais été bien comprises par les gens qui les ont accomplies. Rien de plus que le meilleur de ce que nous pouvons faire et bien souvent c’est en deçà de ce qu’il faudrait faire ».

Ce texte va à l’essentiel. Il donne la priorité au sens qui est toujours à rechercher par un travail. Il pointe le fait que les évidences sont trompeuses. Il affirme que l’opinion et les discours que les gens tiennent sont insuffisants et qu’il convient de les dépasser pour un travail d’interprétation et d’herméneutique.

Via Adam Tooze

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