Le syndrome de la Reine Rouge: courir pour garder la même place

Exploration

Il y a longtemps que je me demande si l’hypothèse de la Reine Rouge  développée par  Leigh Van Valen en biologie évolutive ne devrait pas être placée au centre des réflexions en matière économique.

Macron le chantre de la modernité devrait y réflêchir, il se rendrait peut être compte à quel point … il est ringard. La course à la productivité est totalement absurde sauf si on se place  du point de vue du seul capital; c’est lui qui oblige à courir de plus en plus vite pour rester sur place/pour maintenir sa valeur.

La concurrence, pour moi réalise l’hypothèse de la Reine Rouge en économie. On court, on court, mais on reste toujours, globalement sur place car notre environnement fait la même chose.

L’adaptation à la guerre économique  est un tonneau des Danaides. Il faut courir de plus en plus vite pour rester à la même place, pour se maintenir et ce faisant on épuise les ressources et on détruit la qualité de la vie. Est ce que cela a vraiment un sens?

Par ailleurs poursuivant ces réflexions j’en arrive aux hypothèses de similitude entre l’économie et la thermodynamique. N’hésitez pas à lire François Roddier.

Courir pour garder la même place:

« Juste à ce moment, je ne sais pourquoi, (Alice et la Reine Rouge) se mirent à courir.


Ce qu’il y avait de plus curieux, c’est que les arbres et tous les objets qui les entouraient ne changeaient jamais de place : elles avaient beau aller vite, jamais elles ne passaient devant rien.


« Je me demande si les choses se déplacent en même temps que nous ? » pensait la pauvre Alice, tout intriguée.


Et la Reine semblait deviner ses pensées, car elle criait : « Plus vite ! Ne parle pas ! »


(…) Alice regarda autour d’elle d’un air stupéfait.


– Mais voyons, s’exclama-t-elle, je crois vraiment que nous n’avons pas bougé de sous cet arbre ! Tout est exactement comme c’était !


– Bien sûr, répliqua la Reine ; comment voudrais-tu que ce fût ?


– Ma foi, dans mon pays à moi, répondit Alice, encore un peu essoufflée, on arriverait généralement à un autre endroit si on courait très vite pendant longtemps, comme nous venons de le faire.


– On va bien lentement dans ton pays ! Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu’on peut pour rester au même endroit.
 »

(Lewis Carroll – Alice au pays des merveilles – De l’autre coté du miroir).

4 réflexions sur “Le syndrome de la Reine Rouge: courir pour garder la même place

    1. Retenez bien mon sous titre: exploration

      Explorer une idée, une hypothèse de travail n’est pas se rallier à cette hypothèse.
      je suis réticent à accepter les similitudes, les analogies pour autre chose que des aides aux raisonnements. Ainsi j’apprécie le travail de Roddier, mais je reste sur ma réserve car l’assimilation de certains phénomènes humains aux phénomènes physiques et thermodynamiques ne me convaincs pas. Ma méthode de travail consiste plutôt à rechercher la logique interne, organique d’un phénomène plutot qu’à projeter une intelligibilité qui vient d’un autre domaine. C’est pour cela que je considère que l’approche historique est irremplaçable. Mais je ne prétends nullement avoir raison dans ce dchoix et je suis ouvert aux travaux qui font converger économie et thermondynamique. La thèse de la décroissance est séduisante intellectuellement mais …

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