Le Private Equity, un oiseau de beau temps, façon Madoff!

Le Private Equity va peut être souffrir de la réforme fiscale de Trump, il va souffrir du renchérissement du coût du capital;  il va souffrir de la disparition de la liquidité.

On parle peu du Private Equity parmi les risques enfouis dans le système. C’est un de ses atouts: ce secteur est peu transparent, voire opaque. Et c’est un énorme avantage en termes de marketing.

Les valeurs sont calculées de façon interne , les prix d’inventaire sont mark to fantasy dans la plupart des cas et c ‘est ce qui permet aux promoteurs du Private Equity d’une part de faire ressortir des performances supérieures à celles des marchés et d ‘autre part des performances moins volatiles. Avez vous déjà vu un financier résister à la tentation de bonifier quoi que ce soit qui dépende de son arbitraire?

Il y a  à la fois surévaluation des performances et lissage. Et c’est ce qui attire les investisseurs comme les HF, les fonds d’endowment  des Universités et bien sur les caisses de retraite.

je soutiens que c’est un secteur dangereux car faux, tout y est faux et ce d’un commun accord des participants. C’est la loi du silence bien comprise de tous les acteurs.  Il s’agit de marketing: il faut attirer les fonds, les fonds de ces institutions qui n’arrivent plus à boucler leurs comptes comme les fonds de pension.

Je ne suis pas loin de penser  que c’est le refuge des Madoff !

Comme dans le cas des subprimes hypothécaires on transforme dans  ce secteur ce qui est douteux, risqué et trop cher en produits étincelants, aussi bon que la monnaie, en produits money-like. On transforme par alchimie ce qui est prosaique, en miracle séduisant.

On assure la promotion du Private Equity comme du Madoff: une rentabilité élevée et une volatilité quasi inexistante. Rien de plus attrayant pour les gogos. Le Private Equity représente plus de 2 trillions aux USA  et il a une masse de fonds en réserve en attente d’emplois de 700 milliards.

Le Private Equity est vendu aux naifs sur la base d’une rentabilité … supérieure de 4% à la rentabilité offerte par les marchés! Ou est le loup? Il y en a plusieurs.

Le légendaire Swensen de Yale est un grand fan du Private Equity, il va jusqu’à affirmer que c’est la forme supérieure du capitalisme! Ah bon depuis quand ce qui est caché, opaque, non soumis à la valeur de marchés est il une forme supérieure de capitalisme? On reparlera de cette forme supérieure du capitalisme quand la pompe monétaire sera arrêtée, grippée, quand la liquidité aura disparu du Private Equity et que l’on verra les valeurs liquidatives ..liquidées, s’effondrer.

Car tout ce qui est non coté,  dans  les  phases spéculatives longues est toujours plus surévalué que ce qui est coté. On verra la justesse de ce que j’avance en France quand liquidité pour les sociétés locatives immobilières non cotées aura disparu.

Voici ce que nous considérons comme négatif pour le Private Equity:

-il est devenu très concurrentiel le secteur est archi-labouré, c’est un marché d’acheteurs et les vendeurs en profitent. Les investisseurs surpaient pour faire des affaires et toucher des bonus. Chaque fois qu’une opportunité se présente la liste des acheteurs potentiels est longue, quelques centaines quelque fois, comment voulez vous réaliser une bonne affaire dans ces conditions?

-Les prix moyens de rachat qui étaient chauffés déja à blanc en 2007 à 8,9 fois l’EBITDA sont maintenant proches de 11,5 fois l’EBITDA avec en plus des pratiques comptables fantaisistes inflatées.

-La Fed après la crise de 2008 a calculé qu’une entreprise qui avait des dettes supérieures à plus de 6 fois son EBITDA était fragile. Or le secteur du Private Equity empile , en pyramide , les dettes. Dette au niveau du rachat, dette au niveau du leveraging du bilan de l’exploitante, dette au niveau de l’exploitation circulante. C’est un chateau de cartes tuyaux de poéle.

-La qualité et l’antériorité des comptes est lamentable. Dans la plupart des cas on capitalise des extrapolations. La aussi cela rappelle les mortgage de la grande folie de hypothécaire avec les fausses déclarations.

-On agglomère de la « merde » en jouant sur la statistique et le fait que l’on s’en sera débarrassé avant ou que l’on aura récupéré ses mises par l’ingénierie financière.

-plus de 65% des transactions du Private Equity est financé à crédit c’est à dire dans des conditions vulnérables peu propices à des stratégies de long terme.

-le business model des Private Equity est « bidon » dans la plupart des cas. Ils sont incapables de restructurer efficacement sauf dans de rares cas, toutes les études le prouvent: le business model c’est le pompage des liquidités, le pillage des actifs, l’asset-stripping,  et bien sur l’augmentation de l’effet de levier.

-le Private Equity améliore rarement les performances d’exploitation, il pille les actifs, il dépèce, il endette , il se  verse des dividendes et bonus et finalement asphyxie les entreprises. Le miracle des entreprises de Private Equity, c’est le leveraging des bilans à la faveur des taux bas, des faibles covenants, de la complicté des banquiers.

Le Private Equity est un oiseau de beau temps alors que les nuages approchent.

 

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