« Banques : la facture colossale de la crise »

Les grandes banques américaines et européennes ont déboursé pas moins de 345 milliards de pénalités financières entre 2009 et 2017. Une somme très largement captée par les autorités américaines, et seulement à 6 % par les régulateurs européens.


A lire dans Les Echos


https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0301356722599-comment-lamerique-a-fait-payer-la-crise-aux-banques-de-la-planete-2157302.php#xtor=EPR-8-%5B18_heures%5D-20180228-%5BProv_%5D-1568785


Depuis la crise financière, une avalanche d’amendes, pénalités et règlements à l’amiable s’est abattue sur les grandes banques américaines et européennes. Selon une étude du Boston Consulting Group, les géants de la finance ont ainsi été contraints de débourser pas moins de 345 milliards de dollars entre 2009 et 2017. Encore, ce montant est certainement inférieur à la réalité, les décomptes du BCG ne retenant (jusqu’en 2015) que les coûts supérieurs à 50 millions de dollars, et ne concernant que les 50 plus grandes banques de la planète.

Le mouvement paraît ralentir en 2017 avec « seulement » 22 milliards de dollars de pénalités financières en 2017. Ce montant reste conséquent puisque la même année les banques américaines ont généré un « profit économique » (mesure raffinée du volume d’activité, NDLR) de 47 milliards de dollars de profits, selon BCG.

Souvenir cuisant

Ce sont sans surprise les banques nord-américaines qui ont payé le plus lourd tribut, avec un total de 220 milliards de pénalités de dollars sur la période, avec une période particulièrement « chaude »  entre 2012 et 2014 . Mi-2014 justement, Citigroup écope d’une amende de 7 milliards de dollars pour son rôle dans la crise des subprimes. Même raison, même punition deux ans plus tard pour  Goldman Sachs qui débourse alors 5 milliards de dollars . Les banques européennes se partagent logiquement le solde (un tiers du total) avec 125 milliards de dollars principalement versés aux gendarmes bancaires américains. Le souvenir reste cuisant pour  BNP Paribas qui aura versé près de 9 milliards de dollars pour rupture d’embargo. Deutsche Bank n’a pas été épargnée, avec une amende de 7,2 milliards de dollars pour son rôle dans les subprimes.

Couper le lien

A l’image de la crise financière – traitée de façon plus radicale aux Etats-Unis – ce sont les autorités américaines qui ont le plus sorti les dents. Elles ont perçu sur la période 2009-2017 près de 200 milliards de pénalités… soit 55 % du total, au bénéfice des finances publiques. Autre grand vainqueur de ce passage en caisse : les consommateurs à qui ont été versés 133 milliards de dollars en dédommagements sur la période, pour les victimes de la crise immobilière américaine, mais aussi pour les ventes abusives de produits financiers. Ce sont finalement les régulateurs européens qui ont paru les plus timides . Ces derniers n’ont perçu depuis 2009 que 22 milliards de dollars, à peine 6 % du total.

Possible explication – parmi d’autres – jusqu’en 2014, les gendarmes bancaires européens avançaient en ordre totalement dispersé. A partir de cette date, la BCE prend en charge le rôle de superviseur unique . L’un des buts de cette bascule était de couper le lien « national », jugé parfois trop étroit, entre une banque et son superviseur. A ce jour, les gendarmes européens – certes très sévères – n’ont que peu agité la menace financière.

200 réglementations par jour

Est-ce à dire que la vague de pénalités appartient au passé ? Elles devraient au contraire s’inscrire dans la durée, estime le BCG pour qui ces coûts s’inscrivent tout simplement dans l’équation du métier de banquier. Le cabinet estime qu’en moyenne 200 nouvelles réglementations sont publiées chaque jour, dont certaines très structurantes, qu’il s’agisse de transparence sur les marchés (Mifid 2) ou de protection des données personelles des consommateurs. « Avec l’évolution du rôle et la spécialisation des régulateurs européens, les banques vont affronter une pression croissante sur leurs procédures de contrôle et de conformité », souligne le rapport.

Edouard Lederer

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0301356722599-comment-lamerique-a-fait-payer-la-crise-aux-banques-de-la-planete-2157302.php#XKSHCRzf2Q0ALdi0.99

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s