Billet La question du pouvoir et du populisme

Sarkozy laisse entendre que le populisme est une réponse à la médiocrité des chefs . Selon lui les grandes démocraties ne sont pas capables de produire de grands chefs.

« Les grands leaders du monde viennent de pays qui ne sont pas de grandes démocraties” 

C’est une réflexion intéressante qui montre au moins qu’il pense un peu. Cependant elle est très superficielle car il passe à coté des causes qui empêchent la production de grands leaders politiques d’une part et des causes qui rendent le terrain social fertile pour le populisme d’autre part.

Le populisme est sur déterminé.

Il est d ‘abord et avant tout un refus, une réaction face à une évolution que le populiste  n’a pas voulue, dans laquelle il est perdant et ensuite dans laquelle on le rejette, on le marginalise. Il y a un aspect matériel, matérialiste au sens de Marx, un aspect culturel et un aspect ontologique, celui qui touche à l’être, à l’identité, à  ce que l’on est. Ceux qui limitent la réaction populiste à l’économisme sont des simplets. Par ailleurs l’incapacité du monde politique et des élites, ceux que j’appelle maintenant les exploiteurs à élaborer une réponse démocratique , une réponse qui tient compte des souhaits de la minorité est centrale car cet aspect est à  l’origine de la dislocation de nos sociétés. La post modernité avec l’assassinat de la vérité et des référents, avec le pilonnage des ancrages, ne permet plus la production, l’élaboration  de projets, de valeurs, de discours, de narratives communs. La marchandisation de tout, la transformation des relations sociales , la montée de l’individualisme bébête autour de la  mêmitude , tout cela est plus important que la personnalité du leader.

On a fait de  grands progrès en matière de pensée politique ces dernières décennies, et en particulier les théories sur le post modernisme de Lyotard, ou celles de Michel Clouscard  pour comprendre la production de la société civile nous permettent d’aller beaucoup plus loin que Sarkozy.

A moins qu’il ne veuille défendre l’idée , sulfureuse mais pas forcément à écarter, selon laquelle les grands leaders ne peuvent pas être des produits de démocraties.

Je pense que de toutes façons Sarkozy se fourvoie dans cette approche, la question du chef est importante mais prématurée. Il n’y a pas de chef dans l’absolu mais chef relatif à une situation et aux contradictions à dépasser. Le tout en liaison avec les objectifs dont « on » a tracé la priorité. La production du chef est une rencontre.

Au passage il faut se poser la question de savoir qui est ce « on »qui trace les priorités! Si c’est celui qui recouvre la classe des élites, des sujets supposés savoir  alors inutile d’aller plus loin, le populisme est inévitable. Mon idée terrible est qu’avant de produire une politique, avant de produire un chef, il faut recommencer à la base par re-produire un peuple, un ensemble qui est cohérent même si il est hétérogêne et un ensemble qui a envie de vivre ensemble. L’objectif cosnsient ou non des exploiteurs n’est pas de re-produire un peuple, il est de le dynamiter, de l’émietter pour favoriser l’extension du marché, la marchandise, la destruction du gratuit, du donné, bref favoriser la capitalisation financière sous prétexte d’éviter la Crise . Les élites ne peuvent jouer le rôle de chef ou en produire un, elles sont des élites compradors. Ce sont des fondés de pouvoir de l’étranger. La bourgeoise , en tant que détentrice des valeurs nationales, historiques a perdu , elle ne produit plus les leaders, et ceci est une conséquence de la destruction des classes moyennes. Le meilleur exemple est Macron, comprador de la classe financière klepto du monde occidental. Attention soit dit en passant Macron peut évoluer et se nationaliser en quelque sorte, on en voit quelques touches en matière de politique étrangère.

Il faut se situer, savoir d’où l’on vient. La première des démarches consiste à étudier et à interpréter le monde dans lequel nous nous trouvons et sur ce point, Sarkozy  est singulièrement défaillant. Il faut identifier le monde, les forces à l’oeuvre, les contradictions, les problèmes, la place que l’on y occupe  et tenter d’en dégager un optimum politique pour la société que l’on prétend conduire et ceci personne ne le fait.

Les leaders se laissent conduire par l’inconscient, le non-dit du système, Sarkozy comme les autres: il n’a rien compris à ce qui s’est passé en 2008. Il a eu un éclair quand il a vu passer l’idée que ce qui était en cause c’était le non-système monétaire international, éclair très bref. .. Sarkozy a ensuite touché très vite ses limites et celles de ses  conseillers.

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2 réflexions sur “Billet La question du pouvoir et du populisme

  1. Nous avons un problème structurel qui a dépassé depuis longtemps ses limites, et nous ne cherchons pas de roues de secours pour organiser la cité.

    Le système hyérachique ne change que si peu en fonction des élections, les fonx sont en place à vie, les lois s’empilent les unes sur les autres, quittent à se contredire, idem pour les taxes qui ne jouent plus leurs rôles de rééquilibrages, nous n’avons plus de visions, de programmes clairs, tous devenus hors la loi par principe, la richesse s’évade sous d’autres cieux en nous tenant en laisse. Clap-clap.

    Le plus triste dans cette histoire, c’est qu’elle a été complètement analysée depuis plus de 2300 ans déjà ! Il n’y a plus rien à espérer, l’Homme est le seul animal qui se pense supérieur aux autres alors qu’il est le dernier dans ce bas monde a n’avoir pas trouvé comment gérér son existence. Un simple brin d’herbe, le moindre insecte, tous s’en sortent mille fois mieux ! Re-clap-clap

    Et ne croyez pas que je déteste mes semblables, mais ils refusent leur condition première, celle d’être des êtres chers et vivants avant de disparaître à jamais.

    La République démocratique est a réinventé, nous construisons depuis des siècles sur des ruines et des cadavres, sans autres préoccupations que notre seconde à venir.

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