Un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien … Suite, la mise au point définitive de Poutine

Ecoutons Poutine:

« If someone makes a decision to destroy Russia, then we have a legitimate right to respond. Yes, it will mean a global catastrophe for mankind, for the entire world. But as a citizen of Russia and the head of Russian state I would ask: What is such a world for, if there were no Russia? »

« Si quelqu’un prend la décision de détruire la Russie, alors nous avons un droit légitime à répondre. Oui cela signifiera la catastrophe globale pour l’humanité , pour le monde entier. Mais en tant que citoyen Russe et en tant que chef de l’Etat Russe je pose la question: en quoi nous importerait le sort du monde  si la Russie n’existait plus ».

C’est la clarification ultime, simple de la position Russe, elle fait suite à l’exposé récent dont nous nous sommes fait l’écho, des progrès russes en matière d’armement, et de vitesse de riposte, elle fait suite à la désignation officielle en fin d’année dernière de la Russie comme ennemi stratégique des USA par le Pentagone :

La Russie n’envisage l’usage de l’arme nucléaire que dans une optique de riposte/réponse après avoir pris toutes les assurances et s’être assurée qu’elle était bien la cible visée a t- il précisé dans la partie du texte qui n’est pas retranscrite. Nous sommes dans le cadre de la décision prise par l’autre, il ne s’agit pas d’une simple menace. Il y a une différence entre une simple menace et une décision prise et des missiles en route,  envoyés.

La Russie sera claire, déterminée et cette fois elle ne se laissera pas prendre aux paroles, aux promesses non tenues comme celles faites lors de la chute du mur de Berlin, promesses faite par les officiels américains de ne pas tenter de profiter de la situation pour élargir les frontières de l’OTAN. Les Russes, Poutine et ses successeurs jugeront sur les faits: le départ vérifié des missiles ou autres.

Cette réponse sera totale, c’est à dire qu’elle signifiera la catastrophe pour l’humanité, il n’est pas question de gradualisme; évidemment, si on envisage le gradualisme, la dissuasion disparaît.

Moralement la Russie ne se posera pas de question humanitaire car à quoi bon se poser cette question puisque d’autres auront pris la décision de faire disparaître la Russie. Puisque la Russie sera rayée de la carte , alors elle n’a aucune raison de se préoccuper du sort du monde après elle.

Poutine, comme nous s’inquiète de  l’état folie américain. L’irrationnel domine, il a pris le contrôle de Washington, du Pentagone et des médias, lesquels sont tous aux mains du Big Business militaro industriel.

Les dirigeants américains sont aveuglés , on se sait pas très bien par quoi. Ils vivent dans l’illusion complète de  leur supériorité militaire alors que celle-ci a dans de nombreux domaines pris du retard, en particulier  dans la domination, dans la  maîtrise des airs. Ce ne peut être que l’irrationnel car les dirigeants américains trompent peut être les peuples par la propagande en construisant la Russie comme ennemi, mais ils ne peuvent se tromper eux même sauf à être fous, dérangés, ils savent que ce sont eux qui encerclent la Russie, eux qui grignotent l’espace autour d’elle, eux qui élargissent l’OTAN aux frontières de la Russie, eux qui ont fomenté lé coup en Ukraine, en Syrie après le Kosovo etc.

Les dirigeants américains ne peuvent être dupes eux même de leurs constructions; alors ? Le mystère est entier pour ceux qui réfléchissent un peu: que veulent les américains? Poutine pense que le souhait irrationnel des Américains est que la Russie disparaisse. Cela est possible dans un monde de  fous, mais ce n’est pas admissible/envisageable  dans un monde logique raisonnable.

je pense sur la folie américaine a plusieurs origine, énumération non limitative:

-le militaro humanitaire a touché ses limites, il s’est auto-démasqué

-l’échec jamais digéré du Viet Nam , il pèse encore et plus que jamais sur la classe militaro-industrielle

-la crise économique qui oblige  à l’élargissement impérialiste

-la remontée de la Russie sur la scène internationale , elle met les élites US en rage

-la dislocation domestique/sociale/politique  qui clive la société US et oblige à des fuites en avant

-l’épuisement des solutions néo-libérales mises en place en 1970 pour repousser les limites du capitalisme

-la fin de  l’espoir du « regime change » en Russie et la longévité de Poutine

-la sous estimation du potentiel scientifique et de la détermination russe

-la volonté des militaires du Pentagone de prendre une partie du pouvoir aux Etats Unis face à l’incompétence et à la déliquescence du civil

Et peut être in fine un calcul stratégique de long terme: la vraie  menace , la vraie, la seule contre les Utats-Unis c’est la Chine. Et pour se mettre position stratégique de faire face à la Chine les USA  ont besoin de s’assurer de la domination sur la Russie.

Je ne peux pour terminer m’empêcher de reproduire cette phrase prise  dans dedefensa.org

« je pense que les USA sont effectivement gouvernés « par la couardise et la frayeur », outre les excès hystériques de leur psychologie malade qui les poussent à menacer les plus forts de destruction en bombardant et en massacrant les plus faibles.

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6 réflexions sur “Un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien … Suite, la mise au point définitive de Poutine

  1. « Les dirigeants américains ne peuvent être dupes eux même de leurs constructions; alors ?

    Le mystère est entier pour ceux qui réfléchissent un peu: que veulent les américains? »

    C’est ontologique chez eux, la nation née contre l’histoire a une obsession de la surpuissance et de l’hybris, elle ne se fonde sur aucune tradition, ou culture historiques mais sur le succès, l’arrivisme, et le fric à n’importe quel prix.

    Comme le disait un général au cours l’un de ces nombreux conflits où l’Amérique était engagée: « les problèmes, on ne les résoud pas, on les écrase ».

    Tout est dit.

    Le destin de l’Amérique est dans cette citation de Abraham Lincoln (également pris sur dedefensa) : « En tant que nation [d’une divine nature], nous devons éternellement survivre, ou mourir [terrestrement] en nous suicidant ».

    On notera également cette impression biblique d’accomplir une oeuvre divine, ce qui les dispense de toute responsabilité et leur confère une impunité quasi infinie.

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  2. Quand 2 nations ont des tendances fortes à l’impérialisme (qui n’est pas du nationalisme contrairement à une idée largement répandue – par ex Bannon est nationaliste, pas impérialiste) elles sont forcément attirées l’une par l’autre et l’attirance entraîne également la répulsion.

    Malgré l’effondrement des idéologies (et leur remplacement partiel par le retour du religieux) le conflit perdure. Mais il est, pour moi, consubstantiel d’une vision biaisée facilitée par la question des classes moyennes dans ces 2 pays (empire) : aux USA, la classe moyenne se délite et une classe dirigeante kleptomane a mis la main sur le pays. Les citoyens ne contrôlent plus grand-chose. En Russie la classe moyenne n’arrive pas à émerger, ce pays traîne des populations rurales encore très pauvres exclues de la chose politique et là aussi une classe dirigeante a fait main basse sur le pouvoir et les richesses du pays. Pendant ce temps la Chine ne cesse de monter en puissance.

    La géopolitique est l’analyse et la recherche de la stabilité des puissances. Les USA ont tort, à mon avis, de laisser la Russie s’embarquer dans les bras de la Chine.

    L’Europe, quant à elle, n’est pas une puissance du fait même de sa conception. Elle ne peut avoir aucune projet, aucun plan. Elle servira simplement de déversoir au Maghreb et à l’Afrique. L’idéologie du « tout ouvert » ne saurait être un projet en lui-même.

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    1. C’est stupéfiant de voir comment, ainsi qu’avant 1914, avant 40,chacun voit venir la guerre
      sans rien faire pour l’éviter, bien au contraire y compris dans les pays dits démocratiques.

      Comme qui disait, « la vie, c’est la mort », surtout celle des autres… ce que doivent penser
      les richissimes qui espèrent y échapper contre toute raison si l’on considère les moyens
      mis en oeuvre.

      Pour autant qu’on puisse en juger, Poutine a bien raison de mettre les points sur les i.
      De l’autre côté il est difficile de parler des « américains » en général tant le pays est divisé.
      La clique militaro-industrielle décide selon son habitude, considérant la planète
      comme sa propriété. Mais elle se heurte à une contradiction insurmontable en ayant
      choisi la Chine comme partenaire de son développement, et les chinois ont tout intérêt
      à se rapprocher des russes stratégiquement, d’autant qu’à 10 contre 1 (1M4 de chinois
      contre 140 millions de russes) ils ne risquent pas grand chose.
      On conçoit donc l’énervement extrême des USA.
      Dans cette affaire les réalités structurelles propres à chaque « empire » jouent moins que
      le résultat, et c’est celui du développement désormais suicidaire du capitalisme,
      qui en fait ne parvient pas à se mondialiser véritablement, miné par des affrontements
      de pouvoirs autant que par ses limites idéologiques, technologiques, démographiques, etc..

      Quant à l’ « Europe », pas la moindre stratégie commune, des citoyens qui assistent à une
      invasion la tête sous l’oreiller et des dirigeants d’une corruption mentale absolue, à de
      rares exceptions près. L’intelligentsia n’y existe plus ou bien est délayée dans la soupe
      médiatique déversant chaque jour son tas d’ordures subventionnées.
      Incontestablement le bouclier est aujourd’hui dans la main de Poutine.

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  3. Texte à relire à la lumière de l’actualité : lorsque Trump limoge son ministre des affaires étrangères pour y mettre à sa place l’actuel chef de la CIA, Mike Pompeo. Après lui avoir mis la pression sur l’influence russe lors des élections américaines, voilà que subitement on n’en entendra plus parler maintenant qu’ils ont mis directement pied dans la maison blanche.

    Que Trump y ait été forcé ou bien qu’il soit à la manoeuvre dans cette nomination, votre affirmation selon laquelle « la volonté des militaires du Pentagone [est] de prendre une partie du pouvoir aux Etats Unis face à l’incompétence et à la déliquescence du civil » fait désormais la une des journaux.

    http://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/trump-limoge-son-chef-de-la-diplomatie-et-le-remplace-par-le-chef-de-la-cia/ar-BBKa3Ou?ocid=ientp

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  4. Je ne suis pas sur que trump soit un fou suicidaire. un type qui possede de l’immobilier,une belle femme et des enfants,un peu d’embonpoint n’est pas un docteur folamour. Je pense qu’il y a un combat en ce moment au sein de nos elites que je resumerai par le camp trump contre clinton et bien malin qui peut depatouiller le vrai du faux, les concessions necessaires des erreurs, les caprices des coups bien ficeles. Je garde mon espoir dans le camp trump pour l’instant. Il n’a pas la partie facile mais il a choisi ce boulot apres tout…

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