L’austérité comme moyen d’augmenter le pouvoir d’achat…Le néo-libéralisme n’est pas mort, il frappe encore. Un survol cynique.

Pour démystifier l’austérité.

Je ne cite le texte ci dessous de Natixis que pour montrer la persistance des idéologies ultra-libérales financialisées ou si on veut à la sauce financière.

Les idées néo-libérales ou ultra libérales datent des années 1970. Face à la tendance à la baisse de la profitabilité, Rockefeller et ses amis de la Business Roundtable se sont interrogés sur les moyens de restaurer le pouvoir et la force du capitalisme alors déclinant. Il s’agissait d’un Projet politique: comment réorganiser l’économie de telle façon que le pouvoir du capital cesse de décliner.

Dans le courant des années 60 et début 70,  le capitalisme était en difficulté avec érosion de son pouvoir face à un mouvement syndical fort, à des activistes puissants et des réformes environnementales coûteuses. Déja au début des années 60, Kennedy puis Johnson avaient du forcer la main de la Fed pour dépasser les limites que rencontrait le système.

Ce Projet s’est trouvé mis en place par une série de mesures et de choix favorables au capital afin de restaurer le taux de profit, revenir à l’économie de marché et de responsabilité et surtout d’accélérer  la croissance par le recours à l’endettement conçu comme un dopage permanent. Il s ‘agissait de compléter/bonifier les possibilités de croissance de l’investissement en complétant les ressource de financement par la dette et les possibilités de croissance de la consommation par le crédit.

Tout ceci a été mis en place et a débouché sur le système que l’on connaît, celui de la dérégulation financière et bancaire, celui de l’organisation de  l’arbitrage international du travail et des délocalisations. Les initiatives américaines et britanniques ont fait tache d’huile ailleurs dans le monde y compris dans la France socialiste de Mitterrand.

Il y a eu de bonnes choses et de mauvaises. Les bonnes étant la prolongation de la croissance, le stimulant au progrès, la diffusion des technique dans les pays attardés, le retour à une certaine vérité/efficacité du marché et l’accent mis sur la responsabilité individuelle; les mauvaises étant la stagnation des revenus distribués et la forte hausse régulière, inexorable  des endettements.

On a organisé en quelque sorte le péonage , c’est à dire la dépendance, la servitude par la dette. Péonage des citoyens mais aussi des gouvernements qui, par les déficits étaient accros à la dette. D’ou le super-crony-capitalisme.

Peu à peu l’accumulation des dettes a produit le surendettement, l’excès de dettes, l’insolvabilité croissante, l’instabilité et le système s’est trouvé face à un dilemme: à qui faire supporter le poids du maintien en vie de dettes, à qui imposer les sacrifices?

Fallait il imposer  l’austérité aux détenteurs de capitaux et autres créanciers en détruisant les dettes, en  déclarant irrecouvrables  celles qui ne pouvaient être honorées ou fallait-il imposer l’austérité aux salariés, leur presser le citron, hausser le taux d’exploitation  pour qu’ils sécrètent le surplus nécessaire au maintien en vie des dettes et de la finance zombie? Le choix a été fait en fonction du rapport des forces sociales et bien sûr donc, on a choisi d’imposer l’austérité aux  salariés. Nous l’avons expliqué en long et en large en 2008 et 2009 ajoutant que le monde du travail avait subi une défaite hsitorique.

En pesant sur le pouvoir d’achat des salariés, on augmente le surplus,  on honore les dettes, mais ceci  débouche sur un autre problème, l’insuffisance de la demande, les gens n’ayant plus d’argent, ont acheté moins. D’où le ralentissement de la croissance et  le chômage,  la regression. Bernanke l’a dit crument: nous souffrons d’une insuffisance de la demande.

On en serait resté là,  on aurait connu la dépression des années 30 si Bernanke et ses conseils ou sponsors n’avaient eu l’audace de dire : nous ne pouvons détruire les dettes car cela ruinerait l’ordre social, nous ne pouvons augmenter les salaires car cela ferait monter l’inflation et donc les  taux d’intérêt, exploser les bilans et les comptes d’exploitation, la seule solution c’est de continuer à augmenter la masse de dettes.

La solution trouvée a été de « produire encore plus de tout ce  qui a produit la crise« : les dettes; mais en les adossant a un gonflement de la valeur des richesses, en créant un effet de richesse par l’inflation monétaire et les taux zéro! On augmente la solvabilité non par les revenus et les cash flows, mais par l’inflation des patrimoines. Avec un petit effet minuscule pour les salariés par le fameux mythe du trickle down. Le trickle down c’est le ruissellement de la richesse des ultra riches sur les pauvres. Un peu façon Fable des Abeilles.

Cela a consisté à donner quasi gratuitement de l’argent aux banques et aux financiers  afin qu’ils provoquent la hausse de la Bourse et la reprise de l’immobilier. On a trouvé la martingale historique, celle de John Law.  Elle consiste à adosser le système financier, monétaire aux actifs et à inflater ces actifs; tout le monde  ou presque se sent plus riche, tout le monde ou presque peut s’endetter plus et ainsi on continue, comme avant. Tout le monde ou presque cela signifie surtout  les 1% bien sur. C’est le mouvement perpétuel, on crée de la dette, on fait monter les prix des actifs et ainsi on crée encore  plus de dette adossé aux actifs.

Bien entendu pour mettre  place tout cela il faut créer des « narratives », des romans, des histoires, des idéologies; il faut produire des évidences qui masquent le fond des choses et les rend incompréhensibles. Pour masquer la nécessité de restaurer le taux de profit, d’honorer les dettes on agite les spectres de la faillite des gouvernements, des banques, puis les nécessités imposées par la concurrence,  la compétitivité. La productivité. Finalement on agite le drapeau de l’investissement. Vous reconnaissez en passant le Hollande de l’offre et maintenant le Macron.

D’où l’austérité,  elle finit par s’imposer d’elle même. Sous des baratins divers comme celui ci dessous propagé par les banquiers.

Boursier.com

Dans une étude économique, Natixis explique que pour obtenir, dans le futur, une hausse plus rapide du pouvoir d’achat des ménages en France, il est indispensable qu’il y ait une croissance plus rapide de la productivité du travail.

La faiblesse des gains de productivité en France est due à des causes structurelles profondes, difficiles à modifier, explique l’étude : la faiblesse des compétences de la population active, la faiblesse de la modernisation du capital des entreprises, la désindustrialisation.

Pour corriger ces causes de la faiblesse des gains de productivité en France, il va falloir, selon Natixis, dépenser de l’argent public : dépenses de formation, incitations fiscales à l’investissement, baisse des impôts qui réduisent l’emploi et l’investissement.

Compte tenu des contraintes budgétaires, ces dépenses publiques supplémentaires devront être compensées par des baisses d’autres dépenses publiques et des hausses d’autres impôts, ce qui va, à court terme, réduire le revenu des ménages.

Une baisse à court terme du pouvoir d’achat des ménages français est donc nécessaire pour qu’il y ait à moyen terme une croissance plus rapide du pouvoir d’achat, estime l’étude.

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Une réflexion sur “L’austérité comme moyen d’augmenter le pouvoir d’achat…Le néo-libéralisme n’est pas mort, il frappe encore. Un survol cynique.

  1. Le tres recent temoignage d’Antonio de Rome :
    « Je suis issu d’une famille sicilienne de 7 enfants. Seul mon père travaillait, car ma mère s’occupait de nous tous. Je suis le petit dernier, né en 1980. Eh bien, à l’époque, avec son seul salaire moyen, notre famille vivait correctement. On mangeait à notre faim et on était habillés.

    Aujourd’hui je suis marié avec un bébé, un seul enfant donc, et ma femme s’occupe du petit. Mais avec un seul salaire, je dis bien « UN », je ne m’en sors pas.

    Depuis le passage à l’euro, toute la population a subi un appauvrissement général.

    On nous laisse juste de quoi vivre, pour avoir la tête hors de l’eau, pour pouvoir retourner au travail le lendemain.

    Toutes les richesses de l’Italie partent à l’étranger. Les habitants sont appauvris pour enrichir des seuls étrangers. Tout est privatisé et vendu aux allemands, anglais et américains.

    Même notre chaîne tv d’informations continues, l’équivalent de votre BFM-TV, appartient aux Anglais, au groupe Sky.
    http://www.jovanovic.com/blog.htm

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