Editorial. Crédit vient du latin « credere », un texte pour tout comprendre!

Notre système financier repose sur le crédit. Cela signifie qu’il repose sur « la croyance ». Sur la foi, sur la confiance.

Quelle croyance ?

Depuis 2008 et la Grande Crise Financière ce n’est plus la croyance qu’il est sain, qu’il est solide et efficace; non puisque la crise nous a administré l’idée qu’il était au contraire très vulnérable. Tellement vulnérable qu’il fallait le soutenir avec des béquilles. On lui a collé des béquilles il y a 10 ans et depuis, malgré les promesses et les calendriers jamais suivis, on n’ a pas encore réussi à en lui en retirer une seule; mieux on continue de les renforcer tout en prétendant le contraire. La normalisation est toujours pour demain. Le Bilan des banques centrales continue d’enfler! Des trillions et des trillions de fonds d’état continuent d’offrir des taux d’intérêt négatifs. Les baby-steps, les guidances, les promesses sont autant de signes que l’enfant ne peut marcher ou même tenir debout tout seul. La BCE par exemple ne montera pas ses taux de détresse cette année 2018: les marchés ne donnent qu’une probabilité de 13 chances sur cent pour qu’elle ose le faire. Son bilan, si ma mémoire est bonne, représente  40% du GDP de la zone. On démontre la persistance du mal,  a contrario, par l’obligation de continuer les remèdes que l’on est obligé d’appliquer n’est ce pas?

Si la croyance n’est pas croyance en la solidité du système, de quelle croyance s’agit il donc? Il s’agit de la croyance en la capacité totale, sans faille des banques centrales à faire face à la prochaine crise. C’est la croyance en la toute puissance des banques centrales. Croyance aveugle, sans faille depuis 10 ans parce que les banques centrales, par l’inflationnisme monétaire, ont administré la preuve que l’on pouvait empêcher l’effondrement de l’édifice, aussi mal ajusté soit-il et, et c’est le et qui est important, parce que cette croyance a été solidifiée par les profits colossaux que les élites ont pu accumuler à la faveur de cet inflationnisme.

La croyance repose sur  un enrichissement historique et toute expérience humaine qui est scellée par un tel bénéfice devient ancrée, insérée, elle fait partie de la mémoire collective. Il y a une disposition des hommes à croire aux miracles. De la même façon que les catastrophes laissent des cicatrices douloureuses, les bienfaits tombés du ciel laissent l’inverse, le symétrique de cicatrices, ils laissent des bulles, des marques des inscriptions qui deviennent indélébiles.

Bien entendu tout le monde n’est pas dupe, mais tout le monde veut y croire car cela rapporte. C’est le cas des grands du Smart Money, des ultra riches, ils savent que tout cela est un mythe, pire un mensonge mais ils font comme si, comme si … Le Smart money vit dans le cynisme. La croyance dans l’infaillibilité des banques centrales, puis dans leur toute puissance est estampillée par le fait que cette croyance enrichit et aller contre cette croyance, douter, appauvrit . Dont’fight the Fed!

En quoi consiste cette croyance?

Si on admet que la crise de 2008 a été une crise du crédit en général et non pas seulement une crise des subprimes liés à l’immobilier, il convient de s’interroger sur ce qui s’est alors passé.

La crise n’a pas été crise de confiance dans Bears Stearns, puis crise de confiance dans l’hypothécaire, puis crise de confiance dans la finance moderne qui transforme par l’alchimie l’eau des égouts en eau pure et le plomb en or, ou toute autre crise de produits ou de pratiques, non la crise a été une crise de principe; on a douté pendant un certain laps de temps de l’équivalence qui soutient le système, l’équivalence entre les actifs financiers et la monnaie.

On a douté radicalement pendant quelques jours du fait que les actifs financiers étaient vendables, qu’ils étaient échangeables contre de la monnaie. On a douté de ce présupposé qui est à la base de nos systèmes: de la convertibiité des actifs financiers, des actifs papiers, des actifs money-like, des quasi-monnaies, on a douté de leur convertibilité  en monnaie.

Voila le fond de la crise. Et c’est pour cela qu’elle a été traitée comme il fallait c’est dire traité par la fourniture de monnaie banque centrale à toute personne, à toute institution qui le demandait en échange de son papier.

La crise c’est cela et le remède à la crise c’est ceci : la fourniture de monnaie a tous ceux qui ayant de la quasi monnaie, du papier voulaient l’échanger. En ouvrant les vannes, on a rétabli les flux. Les  tuyaux se sont décolmatés, le système est reparti.

Le système repose sur un mythe qui est que les promesses valent autant que le bon argent sonnant et trébuchant. Le système est un système colossalement fractionnaire, son caractère fractionnaire ne se limite pas au système bancaire, non  tout, absolument tout est fractionnaire. Même la croissance future, celle de dans 20 ans est leveragée, elle est la base du fractionnaire structurel des marchés. N’oubliez pas que la fonction bancaire a été mise sur les marchés. Un moment les participants au système  ont  douté, la création sans limite d’argent sonnant et trébuchant a cherché a rétablir la force du mythe. Bref la réponse des banquiers centraux a été : il n’y a jamais, pour parler technique, de problème de solvabilité, toutes les promesses sont tenables, il n’y a que des problèmes de liquidité, c’est à dire de temps. Et nous, banquiers maîtres du monde,  nous sommes les maîtres du temps: la preuve nous imposons les taux d’intérêt qui nous conviennent, nous fixons la pénalité qu’il convient d’imposer au futur,  au besoin nous pouvons annuler cette pénalité et la rendre négative c’est à dire que nous prétendons que deux hamburgers aujourd’hui valent un hamburger dans 10 ans. Nous sommes capables de vous faire marcher sur la tête, car nous, nous  marchons sur l’eau.

La toute puissance supposée repose sur cela, sur cette conviction. mais pour que la conviction soit étayée il faut faire face à toute demande, en toute quantité, coûte que coûte,  et par conséquent être capable de donner du cash , du liquide à tout moment, en toute circonstance, c’est à dire augmenter à l’infini la taille du bilan de la banque centrale,  et c’est le but des politiques monétaires non conventionnelles que de répondre  à cette exigence.

Vous comprenez mieux pourquoi  les banques , les TBTF entretiennent des masses colossales de réserves oisives auprès des banques centrales , elles se sont constitué un matelas de monnaie de base, de vraie monnaie pour pouvoir faire face à un run sur les marchés, à un soubresaut, à une rupture qui reproduirait ce qui s’est passé en 2008/2009; les réserves oisives permettent faire face  à  un rush, une ruée qui  demanderait la convertibilité du papier, de tout papier  en monnaie de base, en monnaie banque centrale .

La toute puissance supposée des banques centrales et de leurs apprentis sorciers est une illusion. Mais c’est une illusion qui, à ce jour n’a jamais été démasquée en tant que telle et c’est pour cela qu’elle dure. La prochaine fois avec l’expérience on saura que ce n’était qu »une illusion.

L’illusion de base, celle qui soutient toute la croyance c’est celle qui a été énoncée par Bernanke: du moment que l’on a une « printing press », une planche à billets alors on peut toujours créer de  la monnaie et par voie de conséquence  inflater, et déboucher les tuyaux.

La printing press peut toujours rétablir l’intermédiation financière, relancer ce que l’on appelle la transformation. Elle peut toujours stopper la contraction, la déflation. L’inflation monétaire peut toujours venir à bout des forces récessionnistes, dépressionnistes , déflationnistes. Ce qui signifie que la création de crédit n’a jamais de limite, ce qui signifie que l’on peut toujours dans le système augmenter le leverage, le recours à l’endettement. Il n’y a pas de limite interne, endogène. Le monde est toujours linéaire, dérivable, tout n’est jamais que du quantitatif, le qualitatif n’existe pas.

En clair le monde, la vie n ‘existent  pas, tout se réduit aux mathématiques.

C’est cela la névrose, la croyance que les signes reflètent le réel.

Bien entendu ce texte aura une suite.. quand , je ne sais pas.

 

 Les maitres du monde face à la complexité!


 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s