Billet. Les rachats d’action s’envolent, la socialisation des financemenents est de plus en plus nette. Perversion du système.

On s’achemine vers $ 1 trillion de rachats d’actions et distributions de dividendes !

S&P 500 companies are on pace to do $1 trillion in share buybacks and dividends in the 12 months through March. Yes, $1 trillion.

 


 

Le jeu du capitalisme financier à tendance crony/kleptocratique continue de plus belle et c’est ce qui soutient les cours de Bourse.

Faute de trouver les investissements productifs attrayants, les firmes cotées en Bourse préfèrent utiliser leurs cash flows pour racheter leurs propres actions. C’est un moyen de soutenir les cours de Bourse, de créer ce que certains appellent de la Valeur. C’est aussi un moyen critiquable de faire une fleur aux managers qui se voient attribuer des actions à titre de rémunération et peuvent ainsi les vendre avantageusement.

Les buybacks sont un double pillage; pillage de la société qui y procède et pillage du bien public qu’est la monnaie laquelle alimente le crédit qui sert aux buybacks.

C’est en fait une grève de l’investissement qui peut se développer grâce à la politique monétaire des banques centrales. Les banques centrales distribuent l’argent gratuitement ou quasi et les entreprises s’endettent pour racheter leurs propres titres: elles se décapitalisent.

C’est une forme de socialisme au sommet; on travaille avec de moins en moins de vrai capital,  avec de plus en plus de dettes! Le capital c’est le capitalisme, les dettes c’est le socialisme car c’est la collectivité/banque centrale/épargne  qui finance. La dette consiste à ne pas utiliser son argent et à faire levier sur celui des autres. On s’éloigne toujours plus d’un système légitime ou chaque facteur de production accomplit sa tâche et contribue à la production de richesses.

En se décapitalisant, les firmes « usent  » leur capital elles usent ce que l’on appelle la capacité d’endettement.  Le ratio des capitaux propres sur total du bilan se contracte, la garantie des créanciers est de plus en plus mince et finalement  le risque croit fortement. Il se concrétisera lors de la prochaine récession ou lors de l’accélération de l’inflation, laquelle forcera à monter les taux.

La pire des situations pour les firmes qui se sont endettées pour racheter leurs titres, ce sera la stagflation; c’est à dire l’inflation avec hausse des taux sans croissance.

Les firmes prennent des décisions idiotes et à courte vue car elles rachètent leurs actions au plus haut après neuf années  de hausse  c’est de la vraie destruction de Valeur et non de la création de valeur. On s’en apercevra lors du grand reflux.

Dans ce texte il n’est pas abordé la question du renforcement des tendances déflationnistes qui est produit par la création de valeur fictive .

En effet les buy backs ont pour résultat de faire monter le prix des actions et donc de provoquer une inflation de la valeur des entreprises  cotées.

La fonction des managers dans le capitalisme klepto étant de maximiser la fortune des détenteurs de capital,  ces managers sont obligés de faire suffisamment de profit pour rentabiliser/valider  les prix inflatés du capital, cela les conduit à exacerber la contrainte de profit dans les entreprises. En renforçant la contrainte de profit on oblige à une productivité accrue, à des licenciements, à des délocalisations et à des abandons de production non rentables, c’est la déflation par les profits. 

Note en réponse à Lisa : Les buybacks sont souvent financés par le recours au crédit,  lequel est encore quasi gratuit. Pas pour les particuliers bien sur! Or le crédit est une ressource sociale.

Quand je répète que le système est fragile et que cette fois les difficultés viendront des sociétés, des Corporate, c’est parce qu’elles n’investissent pas beaucoup, (elles n’ont pas encore rejoint le niveau d’investissement d’avant la crise)  mais qu’en plus elles s’endettent pour des montants records pour profiter de l’argent quasi gratuit.

Le crédit c’est l’utilisation de ressources « sociales ».

Le crédit est créé par le système bancaire traditionnel et shadow, il est le produit du système dit « de la monnaie de crédit » , c’est dire qu’il est rendu possible par la possibilité qu’ont les banques de créer de la monnaie et d’être refinancées si besoin en est par la Banque Centrale. Donc tout repose sur le pillage d’un bien commun, ce bien commun étant la monnaie.

Il faut rappeler que la création de monnaie pénalise tous les détenteurs de monnaie par ce que l’on appelle l’effet Cantillon.

Il faut rappeler que ceci est la définition de la kleptocratie puisque cette monnaie créée, qui dilue l’ancienne, est bien entendue attribuée à ceux qui sont proches des robinets de distribution, les ultra riches, les très grossses entreprises, les gens et institutions proches des pouvoirs, c’est à dire les Crony.

On feint, comme le fait le FMI de s’indigner de la progression des inégalités, mais le
système actuel est conçu structurellement pour produire ces inégalités!

Ci dessous la Une du Wall street Journal du jour: les rachats d’actions par les entreprises explosent … buybacks surge…

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6 réflexions sur “Billet. Les rachats d’action s’envolent, la socialisation des financemenents est de plus en plus nette. Perversion du système.

  1. Ok « En se décapitalisant, les firmes « usent » leur capital elles usent ce que l’on appelle la capacité d’endettement. Le ratio des capitaux propres sur total du bilan se contracte, la garantie des créancers est de plus en plus mince et finalement le risque croit fortement. Il se concretisera lors de la prochaine récession ou lors de l’accéleration de l’inflation, laquelle forcera à monter les taux. » mais il faut expliquer que c’est à cause du crédit , le crédit n’est pas des fonds propres.

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    1. Ceci apparait clairement; le crédit c’est l’utilisation de ressources « sociales ».

      Le crédit est créé par le système bancaire traditionnel et shadow, il est le produit du système dit « de la monnaie de crédit » , c’est dire qu’il est rendu possible par la possibilité qu’ont les banques de créer de la monnaie et d’être refinancées si besoin en est par la Banque Centrale. Donc tout repose sur le pillage d’un bien commun, ce bien commun étant la monnaie.

      Il faut rappeler que la création de monnaie pénalise tous les détenteurs de monnaie par ce que l’on appelle l’effet Cantillon.

      Il faut rappeler que ceci est la définition de la kleptocratie puisque cette monnaie créée, qui dilue l’ancienne est bien entendue attribuée à ceux qui sont proches des robinets de distribution, les ultra riches, les très grossses entreprises, les gens et institutions proches des pouvoirs, c’est à dire les Crony.

      On feint, comme le fait le FMI de s’indigner de la progression des inégalités, mais le
      système actuel est conçu structurellement pour produire ces inégalités!

      Aimé par 1 personne

      1. Merci, je sais que nous vivons la plus grande escroquerie de toute l’histoire humaine mais ce n’est pas clair pour tout le monde, beaucoup de gens ne savent toujours pas comment cela fonctionne et n’ont aucune idée de ce qu’est l’ingénierie financière.

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      2. J’essaie jour après jour, à partir de l’actualité et donc à partir du concret de faire toucher du doigt cette escroquerie.

        Mon travail est gratuit … parce que le lecteur doit payer d’une certaine façon, il doit faire un effort souvent considérable pour suivre.

        Mais j’ai souvent des satisfactions … comme lorsque je lis vos réactions!

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