Pourquoi et comment vous êtes concernés par la stagnation séculaire

 

J‘envisage de developper plus tard les élements qui permettent de dire, comme je le fais, que les autorités sont obligées d’utiliser des moyens extraordinaires pour obtenir une croissance qui est à peine ordinaire. La croissance modeste, médiocre actuelle a un coût et ce coût se mesure aux multiples déséquilibres du système.

La meilleure preuve de la validité de ce que j’avance est fournie par les déclarations de Bullard de la Fed, la semaine dernière; Bullard a demandé qu’on stoppe la hausse des taux.

Ecoutons Reuters du 11 Mai:

« St. Louis Federal Reserve Bank President James Bullard on Friday spelled out the case against any further interest rate increases, saying rates may already have reached a ‘neutral’ level that is no longer stimulating the economy… ‘We should be opening the champagne here,’ not raising interest rates with unemployment low and inflation in no seeming danger of accelerating, Bullard said… ‘The economy is operating quite well right now.' »

L’économie marche tout à fait bien mais on ne peut lui retirer ses béquilles! Nous sommes, nous serions deja dans les taux neutres qui ne stimulent plus l’économie! 

 

*****

 

Laurence Summers est l’inventeur avec Hansen du concept de stagnation séculaire.  Cette « invention » date de 2013.

Certains croient que cette idée de stagnation séculaire est dépassée car le chomage s’est sensiblement  réduit et la croissance s’est légèrement améliorée depuis 2016.

Croire cela c’est se laisser tromper par les illusions; la croissance séculaire durablement ralentie n’est pas une réalité en soi qui apparait dans sa pureté, c’est une tendance, une tendance spontanée à la stagnation. mais cette tendance est contre-battue par les politiques très, très  volontaristes qui sont mises en place; ce qui fait que ce que l’on observe, c’est non pas la tendance spontanée mais la résultate; tendance spontanée+dopages.

Grace à des stimulants absolument exceptionnels en eux même et dans l’hsitoire, on obtient une croissance très ordinaires, voire sous les normes.

Des remèdes extraordinaires pour obtenir une croissance médiocre, c’est cela le coeur  de la thèse de la stagnation séculaire.

Autrement dit, dans l’état actuel du système, le rendement des outils dont on dispose pour doper l’activité est très faible. Ou encore autrement formlulé; les coûts sont colossaux pour des résultats médiocres.

Nos travaux partent de la même idée que celle des partisans de la thèse de la croissance durablement ralentie: nous affirmons que spontanément nos systèmes sont en panne de croissance et de création d’emplois. Nous affirmons que l’illusion que l’on est sorti de cette phase est provoquée par les propagandes, la nullité des médias MSM aux ordres et bien sur par les mesures biaisées des économistes de l’establishment. Tout ceci se conjugue pour créer un monde Potemkine, une prosperité de carton pate. Nous vivons dans une névrose sociale, nous sommes dans la bouteille comme je dis souvent.

Nous soutenons que les améliorations apparentes de ce que l’on voit, la croissance, l’emploi, sont obtenues au prix d’une stimulation et de mesures qui ne peuvent être durables, ce sont des mesures temporaires qui vont butter sur les limites internes de nos systèmes. L’amélioration a un prix qui se décompose en déficits budgétaires énormes , des déficits de temps de guerre, des politiques monétaires historiquement jamais vues, ultre laxistes, des pressions sur les revenus salariaux  qui détruisent l’ordre social en prolétarisant les classes moyennes.

Par ailleurs on détruit en profondeur les principes et les règles qui ont permis le progrès. Le système se survit en s’auto-détruisant, il s’enfonce dans le simulacre de lui même. Les inégalités en constituent un symptôme, entre autres. La légitimité du système se consume.

Nos systèmes donnent l’apparence de tenir la route, la bicyclette ne tombe pas parce que:

-nous nous endettons au dela des capacités de remboursement

-nous détruisons les rapports entre le présent et le futur, c’est à dire la prévoyance, par les taux d’interet ultra bas. Pour tenir il faudrait maintenir les taux réels entre   zéro et 1% pendant plus de trente ans, ce qui ferait « sauter » tous nos systèmes de protection sociale et changerait la nature de notre société. Elle se collectiviserait. Nous ne pourrions fonctionner que comme sociétés d’assistés et de dépendants.

-nous creusons les déficits publics, parapublics et sociaux, nous détruisons les retraites  le capital productif et le fond d’investissement réel

-nous augmentons le taux d’exploitation des salariés lesquels ne peuvent maintenir leur niveau de vie qu’en empruntant c’est à dire en s’enchainant dans la dette

Toutes ces mesures repoussent les échéances, elles ne résolvent aucun problème car au bout du chemin il y a le surendettement, les gouffres budgétaires non maitrisés et cumulatifs, la dislocation sociale et finalement la destruction de la monnaie. Nos sociétés continuent d’accumuler un capital fictif, non productif, de poids mort qui constitue une sorte de boulet au pied et ainsi peu à peu met nos sociétés au point mort.

Le poids de tout: les déficits, les dettes, les inactifs, les dépenses non productives, ce poids ne cesse de croitre par rapport aux productions de richesses réelles, c’est à  dire pour simplifier, des GDP.

Ce qui ne peut durer ne durera pas. la seule question est celle du calendrier .

Comment faire face à la prochaine échéance.

La question des tendances spontanées de nos économies n’est pas théorique car bientot va se poser la question du « que faire » face au ralentissement inéluctable qui va se produire.

Le cycle  n’a pas disparu et la partie faible du cycle est d’ores et déja en train de se préparer si on en croit l’absence de pente de la courbe des taux. Les gouvernemnts et les banques centrales sont déja pied au placher pour stimuler, les amortisseurs sont totalement utilisés; les marges de manoeuvres extraordinaires ont été utilisée, rien que pour obtenir une croissance ordinaire, que va-t-on pouvoir faire dans la partie basse du cycle? Que va t on pouvoir faire avec des taux encore quasi-nuls, des valeurs mobilières dans la stratosphère?

Réponse: il va falloir s’enfoncer dans l’extraordinaire, la répression financière, les taux d’intérêt négatifs, les blocages/prélèvements  des dépôts, l’interdiction de disposer de son argent cash, les contrôles scélérats, les punitions banalisées, les pénalisations de toutes les manifestations de la liberté de choix.  etc

Note: les mesures prises par Macron ne sont pas solutions ou des réponses à la question…de la stagnation séculaire, non, ce sont des mesures qui visent à tenter de corriger la dérive négative que nous avons subie par rapport aux Allemands et par rapport à la concurrence internationale.

Macron essaie de rattraper le peloton de ceux qui dérivent ensemble sur une trajectoire sans espoir. Il faut pour lui, recoller au peloton de ceux dont « la chemise est la moins sale ». On est dans le relatif.

Macron ne fait que tenter de corriger les écarts de la France par rapport à ses partenaires pour se replacer dans le cadre moyen: celui de la stagnation ou régression/paupérisation  généralisée. Ni Chirac, ni Hollande n’ont eu le courage de prendre les simples mesures adaptatives face à nos concurrents et Macron est obligé de tenter de prendre ces mesures.  Mais on reste dasn le chien crevé au fil de l’eau, dans le courant.

Les mesures Macron sont banales, rien de moderne, rien d’innovant,  elles visent à améliorer nos positions relatives, sans plus; elles ne resiolvent absolument aucun problème de fond, c’est dire les problèmes des limites de nos systèmes .

En Prime: Laurence Summers dans le Financial Times sur cette question.

 

Unemployment in the US is below 4 per cent and growth in the economy is accelerating. By recent standards growth in Europe and Japan is also strong. In these circumstances many believe the idea of secular stagnation can be written off.

Certainly if the phenomenon is defined as the fatalistic view that the economies of the industrialised world are condemned to suffer permanent stagnation with high unemployment, then we are obviously not in a moment of secular stagnation.

However, this is not what Alvin Hansen intended when he coined the phrase, nor what I had in mind when I sought to revive the concept in 2013. Rather the idea of secular stagnation is that the private economy — unless stimulated by extraordinary public actions especially monetary and fiscal policies and, or, unsustainable private sector borrowing — will be prone to sluggish growth caused by insufficient demand.

On this interpretation, the past few years have confirmed the hypothesis.

In the US the Congressional Budget Office forecast, which is comfortably in the mainstream, calls for annual growth of 2.5 per cent over the next three years with growth of 3.3 per cent during 2018. But what is necessary to support this growth? As far as fiscal policy is concerned, the CBO projects growth in actual budget deficits of more than 1 per cent of gross domestic product in 2017-2019, with substantial further increases over time and the most rapid increase in the debt-to-GDP ratio during peak business cycle times than has ever been seen in peacetime.

In terms of monetary policy, indexed bond markets imply that real interest rates will be kept well below 1 per cent for the next 30 years. Meanwhile the economy has been supported by a stock market that has returned 22 per cent in 2017 and an average of 16 per cent over the past five years. This while private sector debt has grown relative to GDP.

If budget deficits had been at normal levels and not growing relative to the economy, real long-term interest rates had been steady in their customary range above 2 per cent and an extra $10tn in wealth had not been created by abnormal stock market returns, it is hard to believe that the US economy would be growing much at all. And it is almost inconceivable that it would be near its 2 per cent inflation target

Elsewhere in the industrial world Japan’s economy is supported by a government debt-to-GDP ratio that hovers around 250 per cent and long-term real rates of less than minus 1 per cent. Europe has seen a reduction in the ratio of government debt to GDP in recent years but like Japan has received extraordinary stimulus from sub minus 1 per cent real interest rates and increases in the flow of private sector credit. Even with this stimulus Europe and Japan have struggled to achieve 2 per cent inflation.

What we are seeing is the achievement of fairly ordinary growth with extraordinary policy and financial conditions. Something similar took place in the years before the Great Recession.

Whether this is sustainable depends on several factors, not least whether private sector demand will autonomously increase as the financial crisis recedes so growth can be maintained with less unorthodox policy and exuberant financial conditions. Perhaps it can, but it is more likely that a combination of rising inequality, slow labour force and productivity growth, and greater competition from developing countries will keep private sector demand subdued.

There is also a question over whether the current policy mix and financial conditions can be maintained indefinitely. This is doubtful for fiscal policy especially in the US. Monetary policies involving low or negative real interest rates may be sustainable over the long term but they are likely to encourage financial risk, unsound lending and asset bubbles with potentially serious implications for medium-term stability.

The greatest concern remains over whether the next downturn can be handled. Traditionally the response to recession in the industrial world has been fiscal expansion and a 500 basis point cut in interest rates. But the fiscal cannon has already been fired in much of the industrial world leaving policymakers short on ammunition.

So secular stagnation as an issue remains very much alive. Current palliatives are appropriate but unlikely to be long-term solutions. The industrial world can hope that investment demands increase and saving needs decline. But policymakers must turn their attention to demand as well as supply issues going forward.

The writer is Charles W Eliot university professor at Harvard and a former US Treasury secretary

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15 réflexions sur “Pourquoi et comment vous êtes concernés par la stagnation séculaire

  1. Bonjour Mr Bertez,
    Je suis un peu surpris par votre article. En effet, il m’avait semblé que vous ne croyiez pas en la stagnation séculaire. Si je me souviens bien de votre argumentaire d’alors, vous disiez que les symptômes de cette stagnation séculaires étaient dû à la financiarisation de l’économie: les bénéfices n’allaient plus dans l’investissement / la recherche-innovation / le développement des moyens de production, mais étaient captées par les marchés (dividendes et rachat d’action) créant un manque de dynamisme… Toujours si je me souviens bien, les facilités des banques centrales maintenaient en vie les zombis qui à leur tour empêchaient l’éclosion de nouveauté étouffait les solutions en nous maintenant dans le monde de la stagnation séculaire.

    Il me semble que ce jour, vous ne remettez pas en question le bien fondé de cette thèse de la stagnation séculaire mais que vous l’acceptez, et que vous discutez de solutions Macronnienne à celle-ci.
    Ai-je bien tout compris ? Votre position (supposée) d’alors étaient quelque peu plus optimiste (ie. le retour du dynamisme économique était possible).

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    1. La cause de la stagnation séculaire est la chute du profit relatif, c’est à dire de la profitabilité du capital par rapport à la masse de capitaux accumulés qui prétendent à leur rémuneration.

      La profitabilité est le paramètre moteur de l’économie capitaliste. On entreprend et on produit pour le profit.

      Quand la profitabilité s’érode le moteur ralentit.

      La chute de la profitabilité sur le long terme a pour origine: les cycles de productivité et d’innovation, l’augmentation de l ‘intensité capitalistique, le refus de tuer le capital inefficace, le rapport des forces entre le travail et le capital, la hausse des prelèvements improductifs de l’état, l’accumulation du crédit, des dettes et du capital fictif.

      La financiarisation de l’économie n’est pas une cause, c’est une conséquence. On financiarise pour compenser une profitabilité insuffisante.

      La cause première est dans l’économie réelle.

      La financiarisation , en tant que moyen de masquer l’insuffisance de la profitabilité est surajoutée et devient une perversion. La finance prend le dessus, les bénéfices ne vont plus dans l’investissement mais dans la recherche de valeur-paper profit, profits fictifs.

      Nous sommes dans un cycle long de tendance à l’érosion de la profitabilité du capital investi parce que l’on régule, c’est dire que l’on ne veut plus, pour de multiples raisons, accepter les phases de destruction, de nettoyage, on ne veut plus que la pourriture soit extirpée. On l’a vu en 2008 clairement.

      On ne veut plus éliminer ce qui est socialement dépassé et inadapté.

      La fonction des crises est salutaire; elles permettaient, avant, de nettoyer et de remettre les compteurs à zéro. Maintenant au lieu de laisser le système s’auto nettoyer, on masque les problèmes et les déséquilibres par la dette, le crédit l’inflation monétaire, c’est à dire par la financiarisation/spéculation.

      On fait, on produit du faux profit, du profit économiquement fictif, en jouant sur les écarts entre la valeur des choses , des biens et des papiers.

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      1. Peut-être que les deux approches se valent en termes de création totale de valeur. Celui où on laisse les crises ajuster les excès, et celui où l’on amortit à l’infini. L’integrale est-elle la même, je ne sais pas. Mais l’un des deux produit sans doute plus d’inégalités et recours moins au mérite.
        Dans vos analyses vous n’evoquez jamais une limite de la croissance du à un monde fini. Pensez-vous que cela n’est pas encore une contrainte forte ? Je pense que si. Aujourd’hui il nous faut toujours de la croissance pour être à l’équilibre, c’est un équilibre dynamique. Demain, il faudra penser un monde à l’équilibre et sans croissance. Quel sera la place du mérite, du travail, et leurs modes de rétribution. Quels seront les modes du pouvoir et de la légitimité à l’exercer. Ce sont de grandes inconnues pour moi.

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      2. Chacun son métier et son approche: la mienne c’est l’actualité.

        Je prends l’actualité et j »essaie de lui donner, de lui trouver un sens.

        Ma démarche reste journalistique. Certes je tiens compte de la finitude et c’est pour cela que je suis fondamentalement pessimiste et sevère sur la gestion des élites, mais pour essayer de comprendre le présent et l’avenir proche il faut accorder plus d’importance aux paramètres proches.

        Voir trop loin aboutit à ce que j’appelle « aller en short au pole nord!  »

        Je suis pessimiste et critique voyez vous mais je suis ce que l’on appelle « acheteur » sur le marché financier depuis mars 2009 ce qui se vérifie sur Lupus; et j’ai toujours dit que tant que la crise durera et que l’on menera une politique monétaire non conventionnelle, il faudra conserver ses avoirs.

        Je suis pessimiste mais je ne cesse de repeter qu’il est trop tot pour qu’il soit déja trop tard, le seul pouvoir des élites est de retarder l’inéluctable! C’est un pouvoir sous estimé et qui conduit beaucoup d’observateurs à des prévisions erronées.

        Le secret du temps, l’appréciation des délais et des échéances sont des éléments importants pour ceux qui tentent d’analyser et de comprendre.

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      3. Le pire dans cette histoire est que tout ceci est une aubaine pour les marxiste qui vont dire « vous voyez on vous l’avait bien dit, le capitalisme ne tient pas sur le long terme car les profits tendent vers zéro, donc Marx avait bien raison ».

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      4. Bonjour Monsieur Bertez

        Quelle est selon vous la première cause de profitabilité insuffisante ? Quel pourcentage de retour sur capital est il acceptable ?

        Il suffit pourtant d’inventer un besoin pour créer la monnaie qui va avec ainsi que l’activité qui en découle.

        Vous semblez dire que la finance n’est responsable de rien mais en acceptant de créer par le crédit des montants de financement excessifs, elle l’est à mon sens. Toutes les crises viennent du même mode opératoire trop de financement et pas assez de retour sur investissement ensuite. Ceci à tel point qu’aujourd’hui le retour sur investissement se fait à crédit, dans un modèle où le diable se mort la queue.

        C’est le trop d’argent en circulation qui fait la profitabilité insuffisante, il n’y a pas assez de biens réels en face des montagnes de billets, pas assez d’activité économique, d’inventions pour écouler le stock de billets qui vient gonfler les valorisations où il ne faut pas et surtout créer une concentration toujours plus forte de l’activité économique dans les mains de quelques uns..

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      5. Lisa vous me posez une question fondamentale et donc passionnante.

        Si je me laissais aller à y répondre des ouvrages entiers n’y suffiraient pas car la question tout en étant simple est d’une complexité et d’une richesse extreme.

        Par ailleurs vous m’obligez à certaines simplifications abusives qui sont à ce titre critiquables.

        Mais je souhaite essayer de vous aider, j’en prends le risque.

        Le capitalisme est le système d’accumulation du capital, le système de la production pour le profit.

        Que le capital soit détenu par le public, par une clique ou par le privé ne change pas grand chose aux lois internes du capitalisme.

        Une coopérative dès lors qu’elle s’endette pour se financer est soumise aux contraintes du capital comme une entreprise capitaliste. Simplement le capital est fourni par la banque et solvabilisé par la banque centrale, mais il faut payer les agios et le remboursement.

        La situation de la SNCF, surendnettes illustre bien mon propos, la dette c’est une forme du capital.

        La dette, le crédit, l’usure, exercent leur tyrannie et imposent leurs lois tout comme le capital dit « propre ».

        La dette, le credit, l’usure sont des contrats, ce sont des entités mortes, non bio degradables: elles sont dues meme en cas de mauvaise fortune. Le capital propre lui est vivant car sa valeur s’adapte aux conditions de l’économie. Si les affaires sont bonnes il enfle; si les affaires sont mauvaises il est détruit.

        Le capital propre ou encore dit de risque est un capital sain pour le système car il s’adapte, il est bio degradable.

        Le capital sous forme de dette, est un capital malsain, il ne s’adapte pas au conditions extérieures à la vie de l’économie, il exige son dû quel que soit la situation.

        Dans nos systèmes vous avez constaté que la proportion de capital-dette par rapport au capital-risque ne cesse de croitre. Le leverage ne cesse d’augmenter. D’ou il découle que le système est de moins en moins souple, de plus en plus rigide, il ne peut plus se permettre de retour en arrière, d’ou la necessité du keynesianisme, c’est a dire du lissage de la conjoncture. Lequel lissage se fait par … la création de dettes.

        Sous un autre aspect:

        En tant que système le capitalisme est soumis a ses contradictions internes, et la pricipale contradiction est celle de la nécessité du profit pour mettre en valeur ce capital. Si le capital n’est pas mis en valeur, c’est à dire si il ne réalise pas le profit auquel il prétend alors il est victime de la concurrence, il se déprécie, il se dévalorise et cela peut aller jusqu’à la destruction/faillite.

        La globalisation et les gains de productivité auraient du precipiter une large vague de destruction de capital car on produit mieux et plus efficacement qu’avant ce qui implique que l’ancien doit être euthanasié. Le serpent ne survit que de sa mue, mais nous avons refusé les mues pour protéger l’ordre social.

        Nous avons accepté la destruction du capital enraciné (embedded) dans les travailleurs, nous avons détruit leurs avantages acquis qui sont une forme de capital mais nous n’avons pas osé détruire le capital des couches supérieures proches des politiciens, le Crony.

        Plus fondamentalement:

        En tant que Capital, le capital ne peut échapper à la necessité du profit puisque par definition le capital est un rapport social qui donne droit à un profit, à un prélèvement sur la richesse du système.

        Si il faut de plus en plus de capital pour produire de la richesse,du GDP, on dit que la composition organique de l’économie devient de plus en plus lourde.

        L’alourdissement de la composition organique c’est à dire la disproportion croissante entre le travail mort qui donne droit à prélèvement ( le capital) et le travail vivant , (la maind’oeuvre) a qui on verse des revenus, cette disportion intrinséque au système est la cause de la tendance à l’érosion du taux de profitabilité. Le travail vivant produit de moins en moins de plus value pour mettre en valeur tout ce capital accumulé qui exerce ses droits avec l’aide/complicité de l’état. Too much capital for too little profit.

        Autrement dit à cause du progrès, à cause de la marche en avant de l’appareil de production, à cause de l’aiguillon de la compétition, à cause du remplacement des hommes par les machines, à cause de la concurrence des capitaux qui est propre au système capitaliste mais amplifiée par la libre circulation du capital, le système ne produit pas du profit au même rythme qu’il secrète du capital.

        En raison de la hausse de la composition organique du capital du système productif, il y a contradiction, antagonisme entre les besoins de rentabilité du capital et la masse de profit susceptible de lui revenir.

        Le capital a sa vie, si on peut dire comme un mort qui grandit toujours, de plus en plus encombrant, comme « Amédée ou comment s’en debarrasser »

        Il faut comprendre tout ceci, tout ce que je dis , comme une abstraction, c’est à dire comme une mise en forme théorique du système, avec des operateurs de raisonnement, des concepts. Tout se passe comme si …

        Au niveau concret, au niveau réel les choses n’apparaissent absolument pas comme cela. Elles apparaisent sous une forme masquée, mystifiante et souvent inversée.

        Au niveau réel, tout se passe comme si le capital produisait son propre profit, sa propre rentabilité comme si le capital était auto-productif. Les économistes de l’establishment raisonnent et écrivent comme si le capital produisait du profit! Non le capital ne produit pas de profit, il en prelève et c’est le coût du système fondé sur la liberté individuelle et donc fondé sur la propriété.

        Etant un rapport social le capital n’auto-produit pas sa mise en valeur, il la prélève sur le travail vivant. Mais comme la disproportion entre la masse de capital et la masse de travail vivant ne cesse de croitre, alors la contradiction fondamentale joue à plein et le capital cherche à baisser les revenus du travail vivant (c’est le néo libéralisme qui a succédé au Fordisme) , a le remplacer par les machines, etc

        Le capital réduit le travail à la portion congrue sans se rendre compte qu’il aggrave ses difficultés.

        Car,ce faisant il accroit encore ses contradictions internes. L’insuffisance de la demande dont parlent les économistes de l’establishment (les Bernanke) c’est la consequence de la volonté, du besoin du capital de réduire les revenus du travail a la portion congrue pour maintenir la profitabilité, mais on recule pour mieux sauter. A moins de vendre aux martiens , on est dans la merde!

        Pour vendre les marchandises et les services alors que le pouvoir d’achat est défaillant il faut créer du crédit et ce faisant, les dettes des uns étant le capital des autres, la masse de capital augmente encore et les contradictions s’exacerbent.

        Je survole:

        -nous ne detruisons plus le capital ineffficace , les zombies, car les gouvernements et banques centrales veulent a tout prix eviter les recessions/purges

        -nous créons des dettes pour suppléer au pouvoir d ‘achat insuffisant des consommateurs et au cash flow insuffisant des firmes et ces dettes s’auto capitalisent quelle que soit la situation économique et leur productivité.

        -on refuse l’euthanasie des dettes inefficaces et elles s’accumulent en un capital fictif, de poids mort

        -les marchés financiers avec la financiarisation, le printing des banqnues centrales permettent une inflation bullaire de la valeur monétaire du capital et cette inflation compte tenu du rapport des forces sociales favorable aux capitalistes et aux banques, cette inflation produit un besoin de rentabilité colossal qui asphyxie les economies . La hausse du besoin de rentabilité est déflationniste.

        -Le couple maudit gouvernement/banque centrale ne peut plus se permettre une baisse de la Bourse. C’est marche ou crève. Il faut maintenir l’inflation du capital ce qui produit de la déflation dans Main Street et accroit contradictions et antagonismes.

        En un mot:

        La contradiction majeure est celle de l’accumulation infinie du capital face à la finitude du profit.

        Le capital s’accumule à une certaine vitesse et le profit, lui s’accumule à une autre vitesse plus faible .

        Le capital s’accumule par exemple en fonction de la capitalisation de l’intéret composé, en fonction de la création de dettes et en dernière analyse a notre époque en fonction du printing, progression geometrique tandis que le profit varie de façon arithmétique, balbutiante, avec des hauts et des bas.

        Le capital symbolise le monde des signes, et ce monde sa « vie » propre, imaginaire, tandis que le profit est le résidu de la vraie vie, le reste, marqué par notre condition, la finitude.

        La contradiction interne du capital c’est la contradiction du fixe sur le variable, la contradiction du mort sur le vif.

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  2. Oui, attention…

    Il est vrai que « l’on masque les problèmes et les déséquilibres par la financiarisation/spéculation »
    Et donc, dans ce sens là, « La financiarisation de l’économie n’est pas une cause, c’est une conséquence. »

    Mais dans un autre sens, c’est la financiarisation qui a crée du capital fictif.
    Et donc, c’est la financiarisation qui est la cause de la chute du profit relatif en ayant augmenter la masse de capitaux.

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  3. Ce qui me navre le plus, c’est que les millenials, qui devraient être le renouveau en matière d’espoir économique, sont prêts pour un revenu universel ou quelque chose s’y apparentant et une collectivisation programmée de notre société 2.0 névrotique, l’une des issues les plus probables pour laquelle ILS éduquent les esprits et préparent le terrain. Du moins tant qu’ils auront un accès wifi… je plaisante à peine.
    Non il n’y aura pas de révolte mais répression financière et societale , jusqu’à l’effondrement généralisé qui nous attend au bout du chemin et là encore, ce sera plutôt chacun pour soi et milices pour ceux qui auront encore un bien à protéger des pillages . Vous le dites vous-même : les corps intermédiaires ont jetés les armes ou sont corrompus. Il n’y a plus aucun contre pouvoir. Le globalisme marchand a de beaux jours devant lui et ceux qui résistent plieront le genou, ou fuiront l’Europe.

    Je suis très pessimiste quant à des lendemains qui chantent pour le libéralisme vrai.

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