Billet. Au coeur du problème de la crise, la logique du capital et la démission de ceux qui devraient faire respecter l’intérêt général; les contrepouvoirs complices.

J’ai produit un article sevère sur la grève du capital c’est à dire sur la forme moderne du Mur de l’Argent des annnées 30.

Le capital au lieu d’investir de façon productive et de favoriser la production de richesses et l’emploi utilise ses cash flows  et ses capacités d’endettement pour s’auto-valoriser par les buy backs et les versements de toutes sortes.

En se rachetant lui même par les rachats d’actions et les versements (dividendes, remboursements de réserves)  de toutes sortes, le capital fait monter son propre prix sur les marchés boursiers. Il s’enrichit et augmente son pouvoir de prélèvement sur le produit national par ce que l’on peut appeler une sorte de Ponzi. C’est celui qui vient relayer le vendeur sur les marchés qui gonfle les prix et cause les plus values. C’est la définition même du Ponzi, la chaine du bonheur.

Vous auriez tort de croire que le capital est vicieux ou irrationnel comme semble croire une partie de la gauche et les keynésiens: le capital est logique et il se comporte tout à fait rationnellement, conformément à l’analyse de Milton Friedman.

Le capitaliste n’est pas là pour faire de la morale ou du sentiment, il est la pour gérer un système,  pour maximiser sa fortune, sécuriser son capital dans le cadre des processus permis par le système. Je rappelle que les buy backs n’ont pas toujours été autorisés, leur pratique est assez récente car auparavant aux USA les textes légaux stipulaient que racheter ses actions pour une société était équivalent à une manipulation de cours et donc ces opératiosn étaient interdites.

Le capital fait son travail il accomplit sa fonction lorsque, le taux de profit étant insuffisant il utilise ses fonds pour réduire la masse de capital. Ce que l’on considère comme une perversion est un mécanisme de réequilibrage; face à la rareté du profit d’entreprise, face à l’excès de capital qui prétend au profit, le capitaliste  qui fait des buy backs, qui euthanasie du capital  diminue la masse de capital et donc augmente le ratio de profitabilité. Il agit conformement à la théorie financière qui symbolise, décrit  et rend rationnel le capitalisme.

Le capitaliste, comme  le général qui commande les lancers  de missiles sur la Syrie ou le Yement agit dans la logique de sa fonction dans le système et si ce n’était pas lui, ce serait un autre.

Je défends l’interprétation de Anna Arendt sur la méchanceté ordinaire , fonctionnelle des bourreaux nazis. Ils ont fait ce que le système en vigueur en Allemagne les conduisait à faire. Ceux qui tuent et assassinent au Moyen Orient font la même chose, en particulier les mercenaires.

La logique fonctionnelle n’a rien à foutre de la morale car les hommes sont clivés. Bien peu ont pour objectif dans leur vie d’être des hommes entiers, non clivés, responsables, la plupart acceptent et vivent ainsi, ils sont coupés en plusieurs personnalités. Ils acceptent qu’en tant que ceci ou cela ils fassent le contraire de ce que commanderait leur conscience.  Ils se divisent, ils se schizent pour survivre. Ainsi le flic qui va vous opprimer et vous matraquer  va peut être partager vos idées et avoir un pincement au coeur en vous tabassant mais il va vous tabasser quand même car c’est la logique de sa fonction… il faut bien vivre et se soumettre à la grande  compétition de tous contre tous n’est ce pas.  La revendication de l’homme total, entier , celle par exemple d’un Henri Lefevbre est de moins en moins courante. Le clivage autorise toutes les lâchetés et saloperies. Bien souvent celui qui exrece sa fonction avec zèle est un salaud ordinaire.

Donc le capitalsite se comporte tout à fait « correctement » quand il utilise les crédits  que la Banque Centrale lui donne quasi gratuitement pour racheter le capital faire monter son prix et donc s’enrichir. Il est tout a fait dans son optimum quand il utilise la mécanique des marchés financiers pour créer de la « Valeur » monétaire, fiancière, fictive, de la valeur-papier, c’est la loi interne de fonctionnement de ce système. On ne va quand même pas lui reprocher de faire ce pour quoi il existe!

Le capital n’est pas philantrope il accomplit sa mission, l’oeuvre de dieu. Ce sont les autres qui ne font pas ce pourquoi ils existent. L’état, la Banque Centrale, les syndicats , les corps intermédaires, les contre-pouvoirs tous ceux là on démissionné ou sont complices. Nous sommes dans le système que je dénonce, le système de Capitalisme d ‘Etat et Banque Centrale  réunis.  La fonction démocratique au sens de Tocqueville n’est plus exercée.

Si la fonction démocratique était exercée, alors les contrepouvoirs s ‘opposeraient ils feraient valoir la symétrie.

Au nom de la modernité et de l’adaptation, on dit que les revenus et le niveau de vie des travailleurs doivent baisser, pourquoi pas, mais la symétrie impliquerait qu’en raison de cette même modernité et de la nécessité de l’adaptation, le capital lui aussi accepte de voir sa rémunétation baisser, sa valeur chuter et se metre au niveau de clearing c’est à dire au niveau ou le système retouve son équilibre.

On s’insurge quand le travaileur fait grève pour maintenir ses avantages acquis mais on ferme les yeux quand le capital fait grève et au contraire augmente son pouvoir de prelèvement!

La fonction des syndicats est de s’opposer au capital pour optimiser les revenus et la sécurité des travailleurs. Les syndicats sont là pour contenir les prétentions du capital. Ni l’état ni les banques centrales ni les syndicats ni les médias et corps intermédaires ne font leur travail . Personne ne  met le hola aux dérives logiques mais perverses du capital! Si le système devient pervers, c’est parce que les autres agents ne font pas leur métier, n’exercent pas leurs fonctions.

Une société qui marche est faite d’équilibres, de pouvoirs, de contrepouvoirs, de luttes, d’avancées et de reculs. Une société c’est une dialectique,  un noeud d’antagonismes,  de positif, de négatif et de dépassements..   La fonction de l’Etat est de faire en sorte que la société fonctionnne à peu près bien;  la fonction de la banque centrale est de faire en  sorte de gérer la monnaie pour le bien commun. La fonction des corps constitués est de servir  d’intermédaires entre tous les rouages, pas de prendre partie, au service des uns  pour exploiter et tromper les autres.

La fonction des individus en tant que sujets politiques est de se révolter quand tout cela n’est pas fait, quand  l’esprit et les principes de la démocratie sont trahis..

 

Un texte intéressant de la Société Générale sur les buy backs. avec des graphiques.

Il explique que si la réforme fiscale de Trump a servi a augmenter  les salaires , ce ne sont pas les salaires des travailleurs mais ceux des managers. Les managers ne sont pas des travailleurs au même titre que les salariés ordinaires, ils sont payés en quelque sorte comme si ils étaient détenteurs d’une part  de capital c’est pour cela que leurs gains n’ont aucun commune mesure avec des salaires. Les manager et les capitalistes se partagent l’enrichissement produit par un système dissymétrique, pervers, inique, délirant.

Socgen :

Frequent readers will recall that it was Andrew Lapthorne’s revelation back in late 2015, which was behind the following chart, indicating that virtually all net debt issued this century has gone for one thing: to fund buybacks, i.e. wealth transfers from bondholders to shareholders.

Now, in a follow up note as the increasingly politically-charged topic of record (projected) buybacks…

… which over the past few days has once again made the financial media rounds (WSJ: « Record Buybacks Help Steady Wobbly Market« ; Barron’s « Why the Buyback Boom Is Bullish for Investors« ; ZH: « This Is What The Slow-Motion LBO Of The Stock Market Looks Like« ), Lapthorne reminds his readers that « we are anti-buybacks for the simple reason that while the theory is sound, in practice they are hugely inefficient. » And as Lapthorne explained last year, « typically it is the weakest not the strongest businesses that buyback », which if accurate raises big question markets about some of the most lauded companies in the S&P500:

Lapthorne is also against buybacks because, as he often notes, « there is also a strong tendency to use debt rather than spare cash, which has led to a dangerous build up in US leverage« , and he is right: see the top chart for evidence.

But have buybacks really helped stocks outperform the overall market? As we noted over the weekend, according to WSJ calculations the answer is yes as « of the 20 S&P 500 companies that spent the most on buybacks over the first quarter, nearly three-quarters have outperformed the index so far this year. The group has risen an average of 5.2% in 2018, compared with the S&P 500’s 1.9% gain. » Lapthorne is not so sure, and writes that while « much has been made of the surge in repurchases, which leapt 20%+ in the last quarter as companies took advantage of repatriated cash and tax cuts to increase their buyback programs » a more nuanced look reveals something surprising.

Of course, the S&P500 is up over 20% over the last year so 20%+ is just keeping up with market prices, but newswires are still full of glowing articles proclaiming companies that bought back in Q1 outperformed and have helped prop up the equity market. We find differently. When measured as a % of market capitalisation, businesses that buy back the most of their market cap underperformed – albeit not significantly so.

Wait, but if buybacks did not have a direct impact on outstanding shares, what were they used for? And here another stunning revelation by Lapthorne: « it looks like the bulk of last quarter’s repurchases went on stock options (aka wages). »

We recognise that calculating the stock option effect is an educated guess as we look at the amount repurchased versus the actual reduction in the share count and assume the difference is the option issuance effect (though issuance can be for other reasons).

The SocGen strategist’s conclusion: « looking at the table below it appears as if buybacks have indeed gone to pay higher wages, but we suspect not in the way policymakers hand in mind. »

Well, at least someone is getting rich from Trump tax reform, too bad it’s the opposite of the middle class that was supposed to benefit.

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Une réflexion sur “Billet. Au coeur du problème de la crise, la logique du capital et la démission de ceux qui devraient faire respecter l’intérêt général; les contrepouvoirs complices.

  1. C’est ce qui arrive quand le recrutement se base sur la loyauté et plus sur l’honnêteté et la compétence.
    C’est le système mafieux bien connu des pays « en voie de développement » (depuis l’indépendance).

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