Le conflit Italien: le champ de bataille

Face au problème de la dette italienne et sa dépréciation, le démiurge de Francfort , Draghi va être mis à contribution.

La coalition qui va former le gouvernement italien a renoncé à afficher une demande d’annulation de dettes de 250 milliards. Cela n’a aucune importance puisque les marchés et Draghi savent que cette menace existe.

Nous sommes en théorie des jeux et chacun a ses atouts et ses armes. De toutes façons cette perspective va nom seulement rester ne filigrane, mais elle va dominer les réflexions sur les scénarios possibles.

Il va s’y ajouter la hausse des dépenses, la baisse des recettes et un déficit prévisible de 80 à 100 millards.

Tout ce qui a été dit pendant des années sur les divergences en Europe est devenu réalité.

Les élites allemandes le rappellent dans une manifestation qui réclame la mise en place de clauses de sortie de l’euro et refuse une Europe des transferts.

Les Allemands , de mauvaise foi mais idéologiquement persuadés d’avoir raison disent que « les règles doivent être respectées ». D’accord mais elles peuvent aussi être tournées puisque on a tourné la règle du non financement des états par la banque centrale avec les QE de Draghi! On peut aller plus loin. Les règles ne sont pas faites pour être respectées dans notre monde, elles sont faites pour être tournées. Les règles masquent la loi du plus fort.

La restructuration/allégement des dettes italiennes est indispensable pour sortir du marasme économique. Il faut pouvoir recréer du crédit et le système italien, asphyxié ne le peut plus. La seule solution comme pour la Grèce en son temps c’est de faire repartir la croissance et l’emploi par une création de crédit qui complète le pouvoir d’achat des salaires puisqu’il faut maintenir une relative austérité salariale pour des raisons de compétitivité.

Les Italiens sont persuadés d’avoir supporté le poids de l’austérité budgétaire Allemande, et  considèrent que les Allemands sont des profiteurs : ils ont bénéficié de l’euro bas au détriment de la plupart de leurs partenaires. En fait les italiens se rallient à l’analyse de Trump qui dit que la devise utilisée par les Allemands est trop basse et la politique budgétaire mercantiliste. Les dévaluations internes imposées aux pays du sud n’ont fait que les étouffer et seule la machine à exporter allemande en a bénéficié. La politique de taux négatifs et les QE massifs  de Draghi ont certes pénalisé les banques, mais elles ont maintenu un euro très bas, au grand bénéfice des exportateurs germaniques.

La BCE a un portefeuille considérable d’emprunts  souverains dans son bilan et avec la hausse des taux italiens , les pertes comptables vont être énormes. Sans compter les effets de contagion. La réponse sera bien sûr que la BCE n’a pas besoin d’avoir des comptes justes et honnêtes et qu’elle va garder les dettes italiennes dans son bilan jusqu’à maturité et qu’elle n’a pas besoin de les déprécier.  Selon toute probabilité cette situation va inciter la BCE a prolonger son régime de QE au delà de ce qui était prévu. L’excuse sera la situation de risque sur l’euro et la montée du risque de redénomination.

La remontée des primes de risque sur les dettes italiennes:

L’arme du futur gouvernement italien ce sera d’agiter le risque et en même temps de déstabiliser l’édifice européen , mais la riposte de la BCE sera la possibilité de monétiser. Comment chacun va-t-il jouer sa carte? Nul ne le sait car la situation est dialectique, tout est reversible, les  postions de chacun peuvent s’inverser et même s’échanger. Quand on doit des trillions on est en position de faiblesse si on veut continuer de s’endetter, mais en position de force si on menace de ne pas honorer ses dettes.

On peut même ébranler la confiance dans le système mondial.

 

 

 

 

 

 

 

 

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