Le Président Italien a choisi son camp: l’Europe et les europeistes contre le suffrage national de son peuple.

 

Ceux qui n’ont pas compris que le combat pour la souveraineté nationale serait terrible doivent le comprendre à la lueur de ce qui se passe dès maintenant en Italie.

C’est un combat contre les élites européennes, un combat contre les marchés et un combat interne contre les institutions partisanes, un combat qui sera proche de la guerre civile.

Pour l’instant cela reste  feutré.

Je me trompe peut être, mais je trouve que les risques sont grands .

Les unités nationales, déjà mises à mal vont  exploser, éclater, et les traces vont être profondes. De la même façon que Draghi a joué le coûte que coûte monétaire au mépris de l’esprit de la légalité européenne,  les élites si on ose les désigner ainsi jouent le même coûte que coûte et c’est l’Italie qui va le payer ce coûte que coûte.

Nous sommes dans le cynisme absolu, aucune pudeur, aucune retenue.

Le bras de fer continuait samedi en Italie autour du nom du futur ministre des Finances, entre les vainqueurs des élections, qui soutiennent un économiste eurosceptique, et le président italien, qui se refuse toujours à le nommer.

Trois jours après avoir été désigné à la tête du gouvernement italien par le président Sergio Mattarella, Giuseppe Conte, 53 ans, n’a toujours pas été en mesure de former le premier gouvernement dissident  dans un pays fondateur de l’Union européenne.
« Nous y travaillons », s’est-il contenté de dire samedi matin, interpellé par des journalistes à la sortie de son domicile romain.

Mais ces retards ne son pas au goût de ses soutiens politiques. « Je suis vraiment très en colère », a lancé vendredi soir sur Facebook Matteo Salvini, le patron de la Ligue, qui avec le Mouvement Cinq Etoiles  a porté Conte à la présidence du Conseil.

Objet de cette colère: le refus du président Mattarella de nommer Paolo Savona, 81 ans et eurosceptique déclaré, à la tête du ministère des Finances. Le chef de l’Etat en Italie nomme le président du Conseil et les ministres sur proposition de ce dernier.

Et, selon la presse italienne, il n’entend pas revenir sur cette prérogative en dépit de la colère de la Ligue pour deux raisons: ne pas isoler l’Italie en Europe et protéger la fonction présidentielle.

Déjà peu convaincu de l’autorité de Conte face aux poids-lourds politiques qui composeront son équipe, Mattarella, garant du respect des traités internationaux et élu par un Parlement alors dominé par le centre gauche, tient à ce que l’Italie respecte ses engagements européens. La thèse des européistes est en effet que les engagements européens priment sur les volontés nationales.

La stratégie des élites européennes est maintenant claire:

-faire jouer les marchés contre le nouveau gouvernement,

-puis multiplier les obstacles à la nomination du gouvernement afin de l’affaiblir et de le forcer à se durcir, ce qui va selon eux

-provoquer des désistements et de lâchers de notables

-puis enfoncer un coin dans certains soutiens populaires, ce sont lesn gens du Centre le marécage qui sont la cible, afin qu’ils quittent la majorité et enfin

-on arrivera aux choses sérieuses, au combat sans pitié du type de combat pas tout a fait homérique contre la Grèce.

Matteo Salvini, 45 ans, en pleine ascension politique après les législatives du 4 mars, n’entend pas non plus céder, fort de la majorité parlementaire dont il est un des chefs avec Luigi Di Maio, chef de file du M5S, après les législatives du 4 mars.

« Les journaux et les politiciens allemands nous insultent: Italiens mendiants, fainéants, adeptes de l’évasion fiscale, pique-assiettes et ingrats. Et nous, on devrait choisir un ministre de l’Economie qui les satisfait ? Non merci ! Les Italiens d’abord », a-t-il lancé samedi sur Twitter.

Au point, selon la presse italienne, de « tout faire sauter » et de retourner devant les électeurs.  Luigi Di Maio s’est contenté de « liker » vendredi soir la colère de Matteo Salvini sur Facebook, conformément au mode de communication des deux hommes  ces derniers temps.

La Bourse de Milan a terminé une nouvelle fois en baisse, à -1,54%. Le spread, l’écart entre les taux d’emprunt à dix ans allemand et italien, a atteint dans l’après-midi 217 points, son plus haut depuis décembre 2013, avant de clôturer à 206 points, au-dessus de la barre des 200 points pour la première fois depuis juin 2017.

Après une nouvelle journée de discussions, Conte est retourné voir le président Mattarella en fin de journée pour lui rendre compte « de manière informelle », mais sans lui présenter sa liste définitive de ministres, provoquant la colère de Salvini.

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3 réflexions sur “Le Président Italien a choisi son camp: l’Europe et les europeistes contre le suffrage national de son peuple.

  1. Et la presstituée nationale, France Inter en tête par la bouche de sa matinale d’expliquer qu’en Italie de toute façon, l’inertie de l’administration aura raison des tentatives euroseptiques de ce gouvernement. Ha ha ha…
    À vomir.

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  2. « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » JC Juncker en 2015.

    En 2018, c’est le président Italien Mattarella qui dit exactement la même chose mais pas aussi directement.

    Seulement l’Italie n’est pas la Grèce, le peuple Italien n’est pas le peuple Grec. Compte tenu du traitement inhumain infligé à ce dernier par les gentils Etats membres de l’UE et par la « troïka » et au regard la « fierté » italienne, la situation en Italie risque effectivement de passer du bras de fer institutionnel à l’affrontement.

    Du côté de l’UE et de la zone Euro, comment pourrait-il en être autrement puisque l’Italie, en sortant des dogmes et de « TINA », pourrait faire imploser l’UE et l’Euro ?

    Du côté de la caolition M5S/Ligue du Nord, la question est jusqu’où sont prêts à aller Salvini et Di Maio pour imposer leur politique « eurosceptique » ?

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  3. Mr Bertez, c’est toujours un enseignement de lire vos articles dont les analyses détaillées et argumentées renforcent, tout en bien entendu les surpassant, les simples impressions de vos lecteurs sur la situation.

    Qu’il me soit permis d’exprimer ce qui semble pouvoir être les prochaines étapes :

    – Mise à genou des récalcitrants italiens,
    – Ensuite, le vrai gros morceau : faire accepter aux allemands un système se rapprochant des euro bonds… (Macron va déjà dans ce sens et tente d’en convaincre Angela)

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