Le discours de l’Italien Conte, pas encore inquiétant mais guère convaincant.

Le nouveau chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a affirmé mardi que le pays entendait réduire son énorme dette publique, mais à travers la croissance et non pas à l’aide de mesures d’austérité.

Le mythe de la réduction des déficits par la croissance a la vie politique dure. Il est utilisé chaque fois qu’une opposition qui n’a pas l’expérience des affaires vient au pouvoir. Pour faire passer la croissance à un niveau supérieur, pour changer de braquet, il faut miser, dépenser et dans un premier temps … accroitre les déficits. Ce n’est que lorsque la croissance est bien repartie, bien lancée que, dans un second temps la croissance nominale accélère et que le ratio de dette commence à se contracter. Encore faut il que les taux d’intérêt ne montent pas trop! Une accélération de la croissance passe par une acceptation et une aide européenne, un sérieux coup de main même. Cela ne peut se faire que si les relations sont bonnes. Bref cela implique que l’attitude générale de l’eurozone se modifie.

Conte fait comme si le problème était résolu alors que la priorité c’est précisément de résoudre ce problème! C’est toujours la même chose en politique, on sait ce qu’il faudrait faire, on connait l’objectif mais l’objectif ne peut être atteint que si la transition est prévue. La question de la transition d’une politique à une autre est centrale. Ainsi Mitterrand s’est planté parce qu’il n’avait pas réfléchi, ni lui ni Attali à  cette question de la transition. Serge Christophe Kolm avait pourtant fait un travail remarquable sur cette question, mais il n’a  été ni lu ni écouté. Les candidats populistes feraient bien de reflechir à cette question car leur crédibilité est nulle tant qu’ils n’ont pas affiché leur solutions à ce problème.

Vouloir sortir de l’euro par exemple,  c’est bien, mais comment y parvenir avec des dégats acceptables, gérables?


L’euro c’est Hotel California, you can check-in, there is no check-out!

Italy and the Euro : Why markets are so keen to see the Italian situation as a crisis it isn’t, and what history says about the huge cost of exiting a monetary union. The Euro is Hotel California.


« Nous voulons réduire notre dette publique, mais nous voulons le faire avec la croissance et non pas avec des mesures d’austérité », a-t-il déclaré devant les sénateurs dans son discours de politique générale, à l’issue duquel il devait demander la confiance du Parlement.

La dette publique italienne, la deuxième plus importante de la zone euro après la Grèce, « est aujourd’hui pleinement soutenable, mais doit cependant être réduite, dans une perspective de croissance économique », a-t-il ajouté. Cette phrase ne veut rien dire car pour accélérer la croissance il faut … créer plus de crédit et plus de dettes, cela même Varoufakis l’a compris, lui qui est ami de Steve Keen le grand défenseur de l’idée du crédit impulse.

De ce point de vue, le nouveau chef du premier gouvernement populiste dans un pays fondateur de l’Union européenne, terme qu’il a revendiqué, a indiqué que l’écart de croissance entre l’Italie et l’Europe devait être réduit, « c’est notre objectif », a-t-il assuré.

Il n’a en revanche pas donné de détail sur le financement des mesures prévues dans le « contrat de gouvernement », qui pourraient représenter plusieurs dizaines de milliards. Et s’il a confirmé la volonté de son gouvernement d’instaurer une « flat tax », un impôt sur le revenu à 15% et 20%, il n’a donné aucune date. Idem pour le revenu de citoyenneté.

Une marge de manoeuvre nulle selon Morgan Stanley.

« L’Europe est notre maison », a-t-il aussi déclaré, revendiquant également l’appartenance de l’Italie à l’Alliance atlantique.

Sur le plan diplomatique, Conte a également confirmé l' »ouverture » envers la Russie, que les deux forces politiques de la majorité ont toujours défendue.

« Nous serons les promoteurs d’une révision du système de sanctions », a-t-il dit devant les sénateurs, 24 heures après des déclarations du président russe Vladimir Poutine démentant toute volonté de « déstabiliser » ou de « diviser » l’Union européenne.

Dans son discours Matteo Renzi, ancien chef du gouvernement (PD centre gauche), a annoncé une opposition intransigeante mais respectueuse des institutions.

« Si vous tenez votre promesse d’instaurer la flat tax, alors elle coûtera 60 milliards d’euros. Si on fait semblant, alors il n’y a pas de problème », a-t-il lancé, entre autres.

Chute des fonds d’état sur le discours et dilatation de la prime de risque 

chute des banques italiennes 

avec contagion aux banques euros

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4 réflexions sur “Le discours de l’Italien Conte, pas encore inquiétant mais guère convaincant.

  1. La mollesse du propos annonce un faux départ et une « syrization » à court terme. Quand on sait que Varoufakis avait manifesté son hostilité à une sortie de la zone euro dès la fin 2014 c’est-à-dire avant la victoire électorale de sa coalition le 25 janvier de l’année suivante… lui qui cherche maintenant à passer pour un héros vaincu par la méchanceté de l’Eurogroupe…

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    1. Très peu de gens ont compris que la Construction Européenne était l’équivalent d’une conquête sans guerre déclarée. Donc ils n’arrivent pas à comprendre et même à imaginer que sortir soit une guerre, avec souffrance, violence avec du sang et des larmes à la Churchill, ils croient que sortir est une question de droit, de management et qu’il n’y a qu’à… non tout à été conçu comme une annexion, une reddition, doublée d’une prison soft. Mais il est possiblede jouer sur els contradictions internes du système ainsi créer etc ‘est ce personne n’a compris. Les contradictions sont là, on les touche du doigt parce que els antagonismes s’exacerbent avec la disparition de la croissance, quand le butin disparait les pillards s’entretuent .
      La politique étrangère également exacerbe les contradictaions car les grands pays ont des interets geopolitiques très divergents, par exemple l’Italie est très tournée vers la Russie.

      La volonté de Trump de revenir en arrière sur la globalisation économique va également jouer un grand role. D’abord parce que la mondialisation financière fondée sur le recyclage des deficits US va régresser comme on le voit avec les difficultés de la Deutsche Bank et ensuite, l’Allemagne va devoir se réorienter vers l’Asie ce qui va changer l’ordre de ses priorités.

      Ce qui est sur c’est que le réaménagement de l’ordre mondial qui n’a pas été fait en 2008, va commencer à se faire. En 2008, on a bétonné, on a joué les prolongations…

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  2. Bonsoir Monsieur Bertez Quand vous parlez de M. Serge Christophe Kolm, pensez-vous à un de ses livres en particulier? Merci pour votre réponse. Cordialement. Yves Chambaz

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