Billet: Le rififi au G7, un révélateur

 

Juste  avant la rencontre du G7 Trump a annoncé une série de mesures protectionnistes contre les autres membres du G7 et ses alliés.En particulier contre son voisin, le Canada. le prétexte en est le risque pour la sécurité américaine. Trump remplit ainsi ses promesses électorales. L’argument de Trump est que les gouvernements des pays concernés imposent des règles comemrciales déloyales contre els produits américains et qu’ils doivent réduire leurs surplus enregistrés dasn els échanges avec les USA.

Il n’y a pas eu de guerre commerciale entre les pays majeurs depuis la dépression des lannées 30. Les problèmes commerciaux sont  ou plutot ont été censés être résolus par les accords du GATT, la création du WTO, et les accords Nord américains NAFTA.

La période de la Grande Modération est terminée, celle de la Grande Globalisation également, et nous sommes dans cycle, un cycle trompeur qui masque la Longue Dépression qui a débuté en 2008.

Le monde , sauf artifices est stagnant, la productivité est très faible, la profitabilité du capital est en érosion et les dettes sont monumentales.

C’est une phase d’exacerbation.

Un étonnement feint, les problèmes viennent de loin.

Les observateurs feignent de s’étonner de la situation de dislocation qui caractérise le monde. Il y a quelques jours, c’était l’Italie; aujourd’hui, c’est le G7.

Les élites confrontées aux événements ont toujours la même réaction. Cette réaction consiste à refuser de voir les choses en face, et, surtout à occulter le lien qui les unit tous. Depuis 2008, tout est lié et ce lien, on peut le résumer en un mot, c’est l’appauvrissement.

Nous avons maintes fois expliqué que l’arrêt de la croissance conjugué à la hausse fantastique des endettements allait provoquer des tensions sur le partage de la richesse mondiale.

Nous avons employé une image que tout le monde peut comprendre: quand le butin se raréfie, les brigands s’entre-tuent. Ici la lutte c’est la lutte pour les débouchés ce qui est une autre forme, un avatar de la lutte pour le surproduit mondial.

C’est ainsi que l’on comprend l’éclatement des unités nationales, la mise à mal du système politique du bipartisme et, bien sûr, ce que l’on appelle le populisme. Le populisme se définissant comme la réaction des classes moyennes et inférieures face au laminage de leur niveau de vie et à la confiscation progressive de ce que l’on appelait les acquis sociaux.

La crise de 2008, on n’a jamais voulu vous le dire, mais c’est une crise de déflation. C’est à dire que dans son fondement, elle est de même nature que celle des années 30 avec des excédents de production importants et généralisés face à des pouvoirs d’achats insuffisants. Dans les années 30, on a accepté de voir les choses en face. Et face aux excédents de production et à l’insuffisance de la demande, on a tenté des cartélisations,  des ententes, on a multiplié les obstacles à la concurrence, pour finir par les dévaluations compétitives et les guerres commerciales.

A notre époque, on refuse de voir les choses en face et on habille la réalité de noms savants ou d’appellations qui sont destinées, non pas à les exprimer, mais à les masquer. Ainsi, on vous dit simplement qu’il n’y a pas assez d’inflation, qu’il faut créer une inflation minimum  de 2%. Ce n’est rien d’autre que de reconnaître ce que nous expliquons à savoir que la demande qui est adressée à l’économie mondiale est insuffisante face à l’offre et que ceci produit une tendance à la baisse des prix qui menace l’équilibre du système. La profitabilité pourquit sa tendance à l’érosion.

On ne vous dit pas non plus que la tendance à la déflation n’est pas mauvaise en elle-même, mais qu’elle n’est mauvaise que parce que les excès de dettes sont tels que si la hausse des prix ne réapparaît pas, elles ne pourront jamais être honorées et les faillites se multiplieront.

Au lendemain de 2008, instruits par l’expérience des années 30, les remèdes à la crise ont constitué en une fuite en avant monétaire. On a créé de la monnaie tombée du ciel pour essayer de gonfler les GDP nominaux et ajouter des zerps aux livres de comptes . Ne croyez pas ceux qui vous disent que ce fut un succès, c’est faux: les Quantitative Easing, les taux zéro, la suppression de la rémunération de l’épargne des classes moyennes, tout cela a été inefficace. 10 ans après  l’inflation reste encore insuffisante; elle a flirté un moment avec les 2%, mais d’ores et déjà, elle est en train de refluer. Les espoirs que l’on a nourris fin 2017 et début 2018 sont en train de disparaître et il suffit de regarder les courbes qui mesurent les anticipations inflationnistes pour s’en rendre compte.

 

Ce n’est pas un hasard si ces dernières semaines les taux de rendement des emprunts à long terme tels que le 10 ans US et le Bund allemand ont rebaissé sensiblement. La baisse la plus nette et la plus inquiétante étant celle du bund allemand. Car l’économie allemande est le reflet de l’économie mondiale par la part de ses exportations.

La crise mondiale est une crise de surproduction comme lors de la crise des années 20 et 30. 

Nous soutenons que le G7 qui est en train de se tenir est la concrétisation des craintes que l’on pouvait nourrir sur l’évolution du système et sur sa régulation. Il marque l’échec d’abord de la globalisation, ensuite de la concertation, et enfin celui de la fuite en avant. Il faut comprendre que tout ce que l’on dit que l’acier sur l’aluminium, sur l’automobile, traduit les excédents de capacités considérables qui existent dans ces secteurs.

Le taux de profit continue sa baisse tendancielle ce qui accroît les antagonismes

Alors que le stock de dettes continue d’inflater dangereusement

Les prochaines années sont des années de tous les dangers, grosses échéances!

 

Face à ces excédents de capacités, Trump refuse de jouer le jeu; il met les pieds dans le plat; il dit: nous en avons marre de servir de débouchés à tous les excédents, nous voulons défendre et maintenir nos productions nationales et ainsi limiter les effets de la libre circulation des marchandises.

Pour ce faire, il invoque une vieille loi qui a été prise du temps de Reagan, une loi qui dit que les Etats-Unis ont le droit de se protéger lorsque la question de la sécurité nationale se pose. Cette loi est tellement extensive qu’on peut l’appliquer à tout, absolument tout; il suffit de tirer un peu sur le vocabulaire.

En soi, on peut dire que le simple développement de la Chine constitue une menace pour la sécurité des Etats-Unis.

Cette menace ne peut que devenir de plus en plus pressante, les tensions appellent les tensions car ce sont de des intérêts géopolitiques qui sont en jeu. Les Etats Unis ne veulent absolument pas abandonner leur position privilégiée, ils veulent que le monde qu’ils ont fait depuis la seconde guerre mondiale reste ce qu’il est:  unilatéral, dissymétrique, impérial.

Il y a consensus aux USA sur cette volonté de maintenir l’ordre du monde tel qu’il est.

Les commentateurs présentent les derniers évènements comme circonstanciels, presque accidentels, liés à la personnalité de Trump, ils ont tort et archi tort, tout est surdéterminé, tout est nécessaire.

Depuis le début de  la crise de 2008 et depuis que la voie choisie a été celle de la fuite en avant, l’enjeu de la crise était la destruction; qui allait avoir ses droits détruits et laminés.

Le processus de dislocation, la montée des tensions, ne sont  plus masqués par le politiquement correct car Trump ne joue pas le jeu, il est incorrect, c’est un butor et un baltringue, c’est un scandale ambulant. Mais il ne fait qu’exprimer quelque chose d’inéluctable, une nécessité historique: celle de la disparition progressive d’un ordre du monde dont les sous bassements, les fondations  se fissurent.

Ce n’est qu’une question de forme, une question de mode d’apparition;  la forme est contingente, aléatoire, le fond, le sens ont toujours été acquis.

La détérioration des relations entres les Etats-Unis et les Alliés ne tombe pas du ciel, elle est écrite depuis longtemps, elle de dépend pas des personnes. Elle a été longue à se manifester en raison de l’hypocrisie lâche des européens; ils sont voulu faire semblant de croire au multilatéralisme de façade d’Obama, afin de ne pas étaler leur veulerie  et leur soumission. Je me  souviens d’un entretien avec Vedrine au cours duquel  il a affirmé: il n’y a jamais eu de multilatéralisme.

Trump met les pieds dans le plat.

Le président américain Donald Trump s’est retourné ce week-end contre ses alliés d’Europe et du Canada, qu’il a menacés de droits de douanes alourdis, après un sommet du G7 qui s’est fini en fiasco.

Des tensions qui tranchent avec « l’unité » affichée lors d’un sommet en Chine réunissant notamment les chefs d’Etat chinois, russe et iranien sur fond de tensions commerciales et diplomatiques avec les Etats-Unis.

Samedi, Donald Trump a brusquement retiré samedi son soutien au communiqué final du sommet de deux jours à La Malbaie (Québec, est du Canada), malgré le compromis qui avait été forgé de haute lutte sur les questions commerciales.

Sa délégation et lui-même avaient pourtant donné leur aval à ce document en 28 points péniblement négocié par le « Groupe des sept » (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon).

Trump le butor, remet le blanc-bec Trudeau à sa place.

Donald Trump a justifié ce camouflet infligé aux vieux alliés des Etats-Unis par des propos de Justin Trudeau, l’hôte du sommet, lors de sa conférence de presse de clôture.

Le Premier ministre du Canada, pays frappé comme l’Europe et le reste du monde de nouveaux droits de douanes américains sur l’acier et l’aluminium, a redit à cette occasion que ces taxes étaient « insultantes », au regard de l’histoire entre les deux pays. Comme l’Union européenne, il a confirmé des représailles pour juillet.

« Les Canadiens sont polis et raisonnables, mais nous ne nous laisserons pas bousculer », a déclaré le Premier ministre, qui avait auparavant loué le consensus trouvé par les sept sur une série de sujets. Un texte qui ne résolvait pas le conflit en cours, mais qui était salué par tous comme un pas vers la désescalade et le dialogue.

Quelques heures plus tard, piqué au vif par ces paroles, Trump a tweeté, depuis Air Force One, qu’il avait ordonné à ses représentants de retirer le sceau américain du communiqué final.

Il a aussi traité Justin Trudeau de personne « malhonnête et faible »… alors qu’il avait dit la veille que la relation bilatérale n’avait jamais été aussi bonne dans l’histoire des deux pays.

Surtout, Donald Trump a renouvelé sa menace de tarifs sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis. Un secteur qui pèse bien plus les deux métaux jusqu’à présent frappés.

Après l’acier, l’aluminium, les voitures

Les Etats-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures.

L’Allemagne est particulièrement inquiète: les automobiles représentent en valeur le quart de ce que le pays exporte vers les Etats-Unis. La part de marché des marques allemandes pour le segment des voitures haut de gamme dépasse 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA).

Les droits de douanes actuels sont effectivement différents entre l’UE et les Etats-Unis. L’Europe taxe les importations de voitures hors-UE, donc américaines, de 10%.

Aux Etats-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d’une taxe de 2,5%.

« Pas étonnant que l’Allemagne nous vende trois fois plus de voitures que nous en exportons vers elle », a écrit le conseiller pour les questions commerciales de Donald Trump, Peter Navarro, dans une tribune récente dans le New York Times.

Donald Trump s’est souvent plaint, en privé, de voir trop de Mercedes à New York… mais pas assez de voitures américaines dans les rues européennes.

Pour évaluer l’équité des échanges commerciaux avec ses partenaires, le milliardaire se concentre sur une seule question: tel pays a-t-il un excédent ou un déficit commercial avec les Etats-Unis?

Dans le cas de l’Allemagne, il s’agit d’un excédent.

Emmanuel Macron a fait allusion à cette façon de penser du milliardaire. Le président français lui a rétorqué, durant les négociations de La Malbaie, que la France pratiquait le libre-échange avec l’Allemagne, mais qu’elle avait quand même un déficit commercial avec elle.

Le chef d’Etat français avait aussi été interrogé sur la possibilité que Donald Trump change d’avis et se lance malgré le G7 dans une guerre commerciale. « S’il est cohérent avec ses déclarations bilatérales et ce qu’il a signé, il n’y aura plus de mesure unilatérale négative », avait répondu Emmanuel Macron. « C’est la conclusion intellectuelle et logique que j’en tire ».

Les dirigeants du G7 avaient quitté La Malbaie lorsque Donald Trump a décidé de déchirer l’accord final du sommet. Dans un premier temps, aucun n’a fait de commentaire. Le cabinet de M. Trudeau s’est contenté de rappeler que le Premier ministre n’avait fait que répéter, durant sa conférence de presse, des propos déjà prononcés auparavant.

Parmi les autres sujet de discorde, le G7 a rejeté la proposition de Donald Trump de réintégrer dans le club la Russie, exclue en 2014 en raison de l’annexion de la Crimée, appelant Moscou à cesser de « saper les systèmes démocratiques ».

Donald Trump atterrira vers 20H00 heure locale à Singapour dimanche  pour un autre sommet, avec Kim Jong Un, et pour lequel il s’est dit « vraiment confiant ».

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4 réflexions sur “Billet: Le rififi au G7, un révélateur

  1. Les marches ne sont il pas senses se reguler d’eux meme? Comment peut il y avoir surproduction? N’est ce pas parce que le capital refuse de ceder du pouvoir d’achat aux travailleurs a travers la deflation du au progres technique?
    toujours la meme chanson, du libre echange quand ca arrange les patrons,mais des barrieres quand cela permet des gains de pouvoir d’achat aux travailleurs (voiture tata indienne a 3000e contre controle technique pour obliger a changer de voiture tous les 4-6 ans).

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