L’Euro populiste, la collision Rome-Bruxelles ou l’évitement

Les titres des dépêches ont changé, donc les marchés financiers sont rassérénés. La communication du nouveau gouvernement italien a été bonne, conventionnelle et elle a donc produit l’effet désiré: elle a rassuré.
Ce n’est pas pour autant que les problèmes sont résolus, simplement comme l’intelligence des marchés ne dépasse pas celle du fameux chien de Pavlov, on a tourné la page, on est passé à autre chose.
Un récent sondage indique que la population Italienne plebiscite l’euro, les réponses sont selon les marges d’erreur ente 60 et 72% en faveur de l’euro (60-72% of Italians favor the euro).! Les italiens veulent préserver la valeur de leur capital de leurs économies et ils sont fiers d’avoir été un des membres fondateurs de la construction européenne.
Mais les italiens ont voté populistes avec un programme ambitieux de dépenses fiscales, de réformes qui réduisent les recettes, une flat tax et un revenu universel de base.
Donc les italiens ont voté et ils veulent un euro populiste!
Les composantes de la coalition ont fait disparaitre les rodomontades sur la sortie de l’euro et ont tout effacé des documents qui en parlaient, ils ont purgé les sites internet. Finie la sortie de l’euro.
Normal! L’euro populiste, c’est une bestiole qui n’existe pas. On connait l’euro plutot ordo-liberal, neo-liberal, l’euro socialisant, l’euro  klepto, mais on ne connait pas d’euro populiste.
Les élites de Bruxelles et d’ailleurs ne sont pas très inquiètes, elles pensent que confronté aux contradictions de ce mouton à cinq pattes que constitue l’euro populiste, le gouvernement italien va flancher, trahir le peuple et se coucher face aux nécessités imposées par l’Union. La majorité de la coalition aux deux chambres est mince.
L’autre branche de l’alternative pour les élites c’est une Italie qui se met d’elle même hors de la zone euro et se barricade par des contrôles des mouvements de capitaux et des blocages bancaires.
Les Italiens veulent une chose et son contraire: le droit de posséder un euro dont la force protège contre les dérives, mais en même temps ils refusent le carcan que cela représente et implique.
La démocratie, c’est cela: on veut le plus, le positif, mais sans accepter le négatif, le moins; le moins étant par construction rejeté sur les autres et repoussé dans le temps !
Nous l’avons répété, la démocratie, c’est le refus du choix qui fait mal, c’est l’enfant-roi.
La seule chose qui est sure et non contradictoire c’est le fait qu’après avoir tout essayé, les élécteurs ont mis à la porte les politiciens de l’establishment. Ouste, avec à peine  33% des voix. Donc la seule chose sure, non discutable, c’est le rejet des solutions anciennes pour autant que l’on puisse d’ailleurs les appeler des solutions. Ils ont refusé le status quo.
Le problème, les contradictions d’un euro populiste peuvent être dépassés, mais uniquement si l’Italie est capable d’enclencher un cycle vigoureux de croissance.
Or pour l’instant le programme de la coalition vise certes la croissance mais celle ci passe par un accroissement des déficits, des trous, des déséquilbres qui inéluctablement seront sanctionnés soit par les marchés, soit par Bruxelles ou mieux par les deux à la fois car Bruxelles utilise les marchés pour sanctionner.
Et les sanctions aussi bien des marchés que celles de Bruxelles risquent d’entamer le soutien populaire au gouvernement, c’est d’ailleurs leur finalité; briser le soutien populaire!
La politique du gouvernement sera sanctionnée, la Banque Centrale,  BCE, fera douter de son soutien, elle provoquera ainsi des fuites de capitaux, des baisses de la confaince, des contractions de la liquidité , on connait le scénario.
Les élites n’envisagent même pas sérieusement que la coalition puisse face à cette situation oser aller vers la radicalisation, elles sont persuadés qu’elle n’en a ni les moyens ni le culot.
Une voie moyenne existe cependant, elle consisterait à élaborer un nouveau plan, de stimulation fiscale acceptable, moins frontalement conflictuel avec la doxa des élites, celle des marchés, celle de Bruxelles, une sorte de plan à la Hollande qui se definirait comme une sorte de keynesianisme de l’offre.
Il s’agirait de trouver un équilibre entre des dépenses destinées à améliorer la productivité et la compétitivité et les dépenses disons plus politiques.
L’une des idées dans ce sens reprend celle qui a été utilisée en France , la baisse du cout du travail par la réduction des charges qui pèsent sur les salaires . Il s’agirait de hausser le pouvoir d’achat tout en favorisant une meilleure compétitivité salariale. Peut etre aussi peut il y avoir par cette baisse du cout du travail une relative amélioration de l’emploi.
La situation budgétaire italienne prête aux compromis avec Bruxelles, le budget est en surplus primaire. Il suffirait de trouver des formulations pour accepter , sans que cela constitue un précédent, un dérapage temporaire… pour la bonne cause.
Comme nous l’avons suggéré il y a peu de temps, la politique programmée par la coalition Italienne n’a aucune chance de réussir. Elle capotera avant même sa mise en application, mais une autre politique est possible qui serait stimulante mais respecterait la doxa à la mode; une politique qui permettrait d’éviter le choc frontal avec la réalité d’une part et les élites d’autre part.
Pour aller dans cette voie, l’italie a besoin d’alliés et il n’y a que la France et l’Espagne qui puissent jouer ce rôle.

 

 

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