Les dépêches jeudi 5 Juillet , guerre commerciale, tit for tat, escalade, jeu dangereux?

Les Etats-Unis et la Chine vont entrer de plain-pied dans la guerre commerciale avec l’entrée en vigueur vendredi de taxes douanières réciproques sur des dizaines de milliards de dollars de marchandises.

Les tarifs douaniers américains de 25% sur 34 milliards d’importations chinoises, qui frapperont 818 produits dont des voitures, des composants d’avions ou de disques durs d’ordinateurs tout en épargnant des biens populaires comme les téléphones portables ou les télévisions, seront effectifs jeudi à minuit.

Immédiatement après, les taxes chinoises sur un montant équivalent d’importations américaines seront appliquées. Elles affecteront des produits agricoles dont le soja, très dépendant du marché chinois, le secteur automobile ou encore des produits de la mer comme les langoustes.

Au total, ce sont 50 milliards de dollars d’importations chinoises qui seront affectées par les mesures américaines destinées à compenser ce que l’administration Trump considère être le « vol » de propriété intellectuelle et de technologies. Le second lot de 16 milliards d’importations chinoises fait pour l’heure l’objet d’un examen supplémentaire de la part du représentant au Commerce (USTR) Robert Lighthizer.

La Chine, qui a décidé de répliquer à l’identique, prévoit aussi de taxer un total de 50 milliards de dollars d’importations américaines.

Donald Trump a demandé à Robert Lighthizer « d’identifier 200 milliards de dollars de biens chinois en vue de tarifs supplémentaires de 10% ».

A cela s’ajoute la menace de taxer encore 200 milliards de dollars de biens additionnels « si la Chine augmente à nouveau ses tarifs douaniers » en réaction.

Ces mesures pourraient donc porter à 450 milliards la valeur des produits chinois taxés, soit la quasi-totalité des importations venues du géant asiatique (505,6 mds USD en 2017).

Les experts mettent en garde depuis des mois contre les dommages potentiels d’une telle confrontation commerciale, non seulement sur l’économie américaine mais aussi sur l’économie mondiale.

Dans une analyse publiée lundi et intitulée « la mauvaise approche » (thewrongapproach), la Chambre de commerce américaine a ainsi estimé à « environ 75 milliards de dollars » le montant des exportations américaines touchées jusqu’à maintenant par les mesures de rétorsion des partenaires commerciaux des Etats-Unis.

Elle cite notamment six Etats (Alabama, Michigan, Pennsylvanie, Caroline du sud, Texas et Wisconsin) particulièrement affectés, qui s’étaient tous prononcés en faveur de Donald Trump lors de la dernière élection présidentielle en 2016.

Mise en garde du FMI

« L’administration menace de saper les progrès économiques qu’elle a mis tant d’énergie à accomplir », a déploré Tom Donohue, le président de l’influente fédération patronale, dont le siège est situé à quelques encablures de la Maison Blanche. « Nous devons viser un commerce libre et équitable mais ce n’est pas comme cela que nous y arriverons », a-t-il estimé.

Les entreprises commencent, elles aussi, à s’alarmer publiquement à l’instar de Mid Continent Nail Corporation, affaire jusqu’alors prospère employant environ 500 personnes à Poplar Bluff, dans le centre des Etats-Unis.

La société, qui fabrique des clous, risque tout simplement de devoir mettre la clé sous la porte en raison des tarifs douaniers de 25% sur les importations d’acier qui l’ont contrainte d’augmenter ses prix pour répercuter ce surcoût.

De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a une nouvelle fois exprimé des inquiétudes mardi sur la politique américaine « qui pourrait avoir des effets néfastes au-delà de l’économie de la première puissance mondiale, en provoquant des mesures de représailles et en sapant un système commercial multilatéral basé sur des règles d’ouverture et d’équité ».

Ces mises en garde laissent pourtant de marbre le président américain qui a une nouvelle fois balayé les arguments mardi dans un tweet.

« L’économie se porte probablement bien mieux que par le passé, avant que nous réglions le problème des accords commerciaux inéquitables passés avec chaque pays », a-t-il estimé. « Une majorité de pays est d’accord sur le fait que ceux-ci doivent changer mais personne ne l’a jamais demandé », a-t-il ajouté.

La veille, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross avait, lui, affirmé que les prévisions de ralentissement à venir de la croissance économique américaine étaient « prématurées et probablement inexactes ».

  • US President Trump tweeted rather angrily about oil yesterday. The US president does not like higher oil prices.
  • A higher oil price transfers money from oil consumers to oil producers. OPEC spends its income in Europe rather than the US, so money flowing from the US to OPEC tends to end up in Europe. However, not much money flows from the US to OPEC in the glorious era of US fracking. The low taxation and frequent purchase of oil in the US means that US consumers do notice higher oil prices.
  • Germany reported significantly stronger factory orders in May. There was not really a soft patch at the start of the year. Underlying data has signalled trend or above-trend growth.
  • The Bank of England governor, legions of ECB members, and the US Federal Reserve minutes all appear today.

[Reuters] Asian stocks wobbly before tariff deadline in Sino-U.S. trade row

[Reuters] Nikkei falls before US-China tariff deadline; banks weaken

[Reuters] China warns U.S. is ‘opening fire’ on global economy with tariff threats

[BloombergQ] China Says U.S. Tariffs to Backfire, Damaging World Economy

[BloombergQ] The China-U.S. Power Struggle Is Just Beginning

[BloombergQ] HNA Executive’s Death Risks More Turbulence at Chinese Giant

[FT] Analysts brace for impact from first shots in US-China trade war

[FT] China and US: the tech fear behind Donald Trump’s trade war


La bonne dynamique des économies romande et suisse se poursuit.

 Selon l’Institut d’économie appliquée (Créa) de l’Université de Lausanne l’activité reste satisfaisante.

. Pour la Romandie, son indicateur conjoncturel pointe à 101,2 points (+0,8 point sur six mois), alors que celui de l’ensemble du pays grappille à peine 0,1 point à 101,4 points, son plus haut niveau depuis fin mars 2011.

L’indice conjoncturel pour la Suisse romande a ainsi repris un peu du terrain perdu par rapport à l’indicateur pour l’ensemble de la Suisse, note jeudi le Créa dans son bulletin conjoncturel. L’embellie intervenue dans la partie francophone du pays reflète les améliorations enregistrées dans tous les cantons, à l’exception du Valais, dont l’indice s’est quelque peu affaibli au regard du premier trimestre.

Dans l’ensemble, l’institut de l’Université de Lausanne a observé une nouvelle augmentation des exportations romandes au 1er trimestre, notamment à la faveur des envois genevois, lesquels représentent près du tiers (33,5%) des livraisons de la Suisse romande. Celles des cantons de Fribourg et de Neuchâtel ont également apporté leur soutien.

Les chercheurs vaudois signalent la vigoureuse hausse des exportations de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (+11,1%), ainsi que celles de produits chimiques et pharmaceutiques (+9,2%). L’industrie horlogère romande a aussi affiché une belle tenue en matière d’envois à l’étranger, présentant une progression de 6,7%.

Soutiens vaudois et neuchâtelois

L’indice romand a tout particulièrement tiré profit de la croissance des indicateurs vaudois et neuchâtelois. Alors que le premier s’est hissé à son plus haut niveau depuis le 2e trimestre 2008 à 101,7 points, le second a accompli une remontée « spectaculaire » depuis les trois premiers mois de 2017, en gagnant à l’entame du 3e trimestre 3,3 points à 101,6 points.

Suivent les indices fribourgeois et genevois, mais leur contribution reste neutre, poursuit le Créa. Certes l’indicateur pour le canton du bout du lac enregistre la plus forte progression depuis le 1er trimestre 2018, mais à 101 points, il ne parvient pas à dépasser celui de la Suisse romande. Du côté de Fribourg, l’indice se maintient dans la zone de croissance forte, mais ne progresse que de 0,2 point au regard des trois premiers mois de l’année à 101,1 points.

Après avoir dépassé durant plusieurs trimestres les indicateurs des autres cantons romandes, le Valais rentre dans le rang. L’indice, qui s’essouffle depuis le 4e trimestre 2017 fait du surplace, malgré la reprise intervenue entre janvier et fin mars. Au 3e trimestre, il s’affiche à 101,6 points, en repli de 0,8 point au regard de l’entame de l’année.

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3 réflexions sur “Les dépêches jeudi 5 Juillet , guerre commerciale, tit for tat, escalade, jeu dangereux?

  1. Bonjour Mr Bertez,
    J’aimerai faire un petit rapprochement entre cet article et votre édito sur le « everything bubble ».

    Je comprends que les entreprises poussent des cris d’orfraies à l’idée de voir leurs produits taxés d’une part et d’autre, mais au niveau du pays US (ou des nôtres en Europe), n’est-ce pas une vraie solution que de taxer pour protéger sa production intérieure ?
    ie. la mondialisation à accrue phénoménalement les marges des entreprises -bien pour les entreprises et le 1% qui les détiennent – mais au prix du sacrifice des classes moyennes paupérisées par la mise en concurrence à tout va, les délocalisations, le chantage à l’emploi, la recherche du moins disant fiscalement ou socialement ou écologiquement etc …

    Aussi, ne peut-on imaginer que le recul de la mondialisation s’accompagne de relocalisation un peu partout, avec les emplois à la clé (avec aspect social, environnement, fiscal…), que le secteur économique reparte pour de vrai (le boulot c’est la santé …) et que le secteur financier se casse la gueule (ie. plus de fantastiques jeux de transferts de capitaux, de délocalisations profitables etc…) ?

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    1. Désolé, la situation est beaucoup plus complexe que ce que vous imaginez. Je tente de projeter des éclairages partiels, au fil de l’actualité, je me garde bien de m’aventurer comme vous le faites! Je n’ai aucune idée préconçue autre que celles qui remontent de l’analyse de ce que je vois ou reconstruit.

      La globalisation, l’ouverture, le libre échange c’est la langue d’Esope, c’est à dire la meilleure et la pire des choses.

      La globalisation est à la fois une tendance naturelle, spontanée du monde et une politique des élites pour sauver leur ordre social.

      C’est ce qui explique son ambivalence.

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