Les super élites disent une partie de la vérité …

Le Rapport annuel de la BRI (BIS) vient de sortir. Dans l’indifférence générale sauf pour  Gillian Tett jeudi  FT article: « Holiday Trading Lull Flashes Red for Financiers ».

Non seulement les médias sont nuls mais ils sont fainéants.

Ce rapport est un must à lire. Même si l’analyse de la BRI est partiellement institutionnelle et mesurée, l’essentiel y est . Mais l’essentiel tout le monde s’en fiche!

La BRI est plus rigoureuse que les banques centrales, elle est aussi un peu plus en avance, originale dans ses méthodes d’analyse . Pour bénéficier de l’apport de la BRI il faut non seulement tout lire, mais également lire entre les lignes. La BRI a été influencée par les analyses des grands économistes que sont Borio et White qui sont sensibles aux analyses de Minsky et aux risques du surendettement.

extrait:

It is now 10 years since the Great Financial Crisis (GFC) engulfed the world. At the time, following an unparalleled build-up of leverage among households and financial institutions, the world’s financial system was on the brink of collapse. Thanks to central banks’ concerted efforts and their accommodative stance, a repeat of the Great Depression was avoided. Since then, historically low, even negative, interest rates and unprecedentedly large central bank balance sheets have provided important support for the global economy and have contributed to the gradual convergence of inflation towards objectives. »

Cela c’est le diagnostic, celui que les gouvernements et les banques centrales n’ont jamais voulu livrer clairement: la GFC a pour cause l’excès de dettes des ménages et du secteur financier. Pour éviter l’effondrement et la dépression, les banques centrales ont mis les taux réels négatifs et elles ont inflaté leur bilan.

Bien entendu la BRI ne peut aller jusqu’au bout de l’analyse et découvrir le pot aux roses à savoir la cause, les causes de l’excés de dettes des ménages et du secteur financier, le leverage. Si elle allait dans cette direction elle arriverait comme nous à la cause ultime: l’insuffisance de la profitabilité qui interdit de délivrer des revenus décents aux travailleurs et empêche de financer la croissance par les cash flows gagnés et  finance cette croissance par la dette.

extrait

« At least until recently, global financial conditions remained very easy. In fact, they loosened further even as US monetary policy proceeded along its very gradual and well anticipated normalisation path… »

Jusqu’à récemment les conditions financières globales sont restées très accommodantes, et elles se sont encore desserrées plus alors que la politique monétaire américaine avançait vers sa normalisation graduelle.

En clair la normalisation n’a pas encore commencé, les conditions sont très laxistes, et elles le sont devenues encore plus avec la normalisation que nous avons appelée Canada Dry.

Présenté autrement dit  le coût des actions des banques centrales n’a pas été réglé, la liquidité reste excessive. On sait que l’on pu inflater pour éviter la crise, on ne sait pas si on pourra revenir à la normale. Pour juger du succés de la politique, tout reste à faire.

Extrait:

« Importantly, credit spreads have been unusually compressed, often at or even below pre-GFC levels, and the corresponding markets appear to have become increasingly illiquid. Moreover, for most of the year under review the US dollar depreciated, supporting buoyant financial conditions especially in EMEs, which post-crisis have borrowed heavily in that currency and during the past year saw strong portfolio inflows. »

Plus important, les primes de risque sur les crédit sont restées anormalement comprimées, et les marchés correspondants semblent être devenus totalement illiquides. Pour la plus grande partie de l’année, le dollar s’est déprécié, ce qui a soutenu des conditions financières euphoriques en particulier chez les émergents. Ceux ci ont emprunté des quantités très importantes en dollars et ont bénéficié d’entrées de très gros flux de capitaux.

Qu’est ce que cela veut dire? Cela veut dire que le rouge est mis parce que le dollar a cessé de baisser et au contraire il monte ; il est maintenant en tendance clairement haussière. Ceci réduit la liquidité globale, ceci augement les risques financiers globaux, les émergents vont souffrir avec leurs dettes et dollars, les flux de capitaux vont les fuire. La croissance des émergents va se briser. Et il y a des risques de transmission.

Les emprunts non bancaires des émergents en dollars ont doublé depuis la crsie , ils atteigenent le montant vertigineux de 3,6 trillions de dollars!! Les émergents sont surexposés d’abord à la hausse du dollar, ensuite aux mouvements des flux de capitaux , enfin à une mise en risk -off du secteur financier mondial.

Le tout sans compter l’activité des hedge funds étrangers qui ont voulu profiter de l’aubaine et ont investi chez les émergents pour profiter des taux de rentabilité et des performances plus élevées que chez les devloppés.

Le rapport n’évoque pas, car cela ne se fait pas, il « oublie « le leverage indécent des investisseurs, les opérations de « carry trades » qui  en fait au lieu de mitiger les risques, les accroit considérablement, Tout le monde est du même coté du bateau!

La BRI , comme je l’ai dit pratique une touche de Minsky, donc elle fait référence aux excès de dettes et elle fournit des chiffres.

 « Public debt has risen to new peacetime highs in both advanced and emerging market economies. »

La dette publique a atteint des records pour les périodes de temps de paix aussi bien chez les pays developpés que chez les émergents. Quand je vous ai dit en 2009 que nous étions en  guerre , guerre pour conserver l’ordre social, nous ne nous sommes pas trompés, on a créé du crédit comme en temps de guerre!

En 2007  le ratio de dettes était de 179% du GDP, il est maintenant de 217%. et nous vous rappelons qu’en 2007, la crise s’est déclenchée pour cause… d’excès de dettes.

La dette des émergents dans la période est passé de 113% à 176%.

La dette des pays avancés dans la période est passé de 233% à 266%

Comme le disent les politiciens, tout va très bien la croissance est solide, nous avons résolu tous les problèmes! Tous les problèmes .. sauf celui du retour à la normale et si on ne le résout pas, on tue les retraites, les assurances, les classes moyennes.


Morgan Stanley se méfie des valeurs technologiques.

Michael Wilson, qui dirige la stratégie de marchés US au sein de la banque américaine, conseille aux investisseurs de se positionner de manière plus défensive alors que le risque que les valeurs techno et de croissance américaines connaissent une « grosse tempête » augmente. Les valeurs technologiques et de croissance ont « rarement, voire jamais, été tellement sur-aimées et sur-possédées », selon l’expert, qui dégrade ainsi le secteur de la tech US de pondération en ligne à ‘sous-pondérer’ et passe, à l’inverse, de ‘sous-pondérer’ à pondération en ligne sur les télécoms et la conso. Le positionnement défensif se justifie par « le pic de croissance, des taux supérieurs, et l’aplatissement de la courbe des taux », ajoute M.Wilson.

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2 réflexions sur “Les super élites disent une partie de la vérité …

  1. Intéressant, la stratégie du dollar fort (plus rare) en différentiel profite aux États-Unis, les autres pays seront déstabilisés avant. Et protectionnisme pour en ramener plus au bercail.
    A voir à long terme si le recyclage des dollars /l’attractivité des états unis resteront suffisants

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