Editorial : La guerre n’est pas commerciale , elle est géopolitique. Comprendre le monde.

Nommer mal les choses et les situations, c’est se condamner à ne pas résoudre les problèmes.

C’est à tort que l’on qualifie les initiatives américaines de commerciales. La guerre qui est déclarée est géopolitique, c’est la querre pour la reconquête de la suprématie perdue depuis la mondialisation accélérée des années 80.

Trump, soutenu par beaucoup plus d’américains qu’on ne le croit a touché, à force de tatonnements, une fibre sensible, aussi bien chez les électeurs que chez les élites; Make America Great Again. MAGA.

Il rejoint le courant sur lequel avait surfé Reagan, celui de la fierté;  Reagan le formulait autrement mais touchait la même fibre.

Sur le fond Trump a raison, les Etats Unis en tant que Nation, je dis bien en tant que Nation ont beaucoup perdu dans la mondialisation. Ceux qui ont gagné ce sont les ultra-riches;  celles qui ont gagné, ce sont les très grandes entreprises  mondialisées, tous ceux qui sont pour l’ouverture totale, ceux qui veulent abattre les frontières au nom de la maximisation de la profitabilité, au nom de l’arbitrage mondial du travail, au nom de la redoutable tendance à l’égalisation des taux de profits et  de l’extension de la valeur marchande,  au nom du marché mondial uniformisé.

Par tatonnements , Trump a compris que tout était lié : la suprématie, la géopolitique, l’économie, la finance, la monnaie, l’ordre juridique international. Et au fil des initiatives chaotiques, une cohérence se dessine; elle touche le commerce avec la fin du rôle d’importateur de dernier ressort, avec la finance avec le rôle de débiteur mondial qui crée la liquidité internationale, avec le dollar qui au lieu d’être géré pour l’optimum des Etats Unis a été géré pour liquifier et reflater un monde soumis aux forces déflationnistes de la surproduction, de la concurrence, de la modernistation, du remplacement du travail vivant par le travail mort.

Trump, je dis bien au travers ses incohérences, pas par projet conscient  a fini par toucher du doigt la structure cachée du Système, lequel est/était  articulé autour de l’abaissement américain continu au profit du monde global.

Imaginez un niveau supérieur du monde, le niveau américain, la haut sur la montagne. Imaginez qu’il était dans le passé, élévé, sur une hauteur, un promontoire un peu comme un lac de montagne; lorsque peu à peu vous faites sauter les barrières qui retiennent ce lac alors vous libérez une énergie, vous lachez des forces considérables; ces force vont bénéficier à tout ce qui est en bas, en aval, elles vont tout irriguer  par le jeu de la mise en équilibre global. Ce qui est en haut perd son énergies et ce qui est en bas en profite et les ultra capitalistes, les membres de la super classe qui gèrent le mouvement de déversement s’octroient la plus value qui en découle.

C’est comme cela qu’il faut comprendre la mondialisation, un déversement qui affaiblit le niveau élevé et qui enrichit le niveau inferieur, mais avec au passage une confiscation de la plus value par ceux qui sont apatrides, sans frontières, non liés à une nation, ceux qui aiment l’idéologie du commerce international, ceux qui aiment la financialisation, ceux qui aiment l’immigration, ceux qui aiment ce que l’on résume par l’Ouverture ou l’Inclusion. Ceux qui constituent la communauté des kleptos et leur clientèle de dominés de masse.

Il est évident que tout ceci doit rester secret, il faut embrouiller, mystifier et mal nommer pour paralyser la réflexion, pour obturer la prise de conscience et pour occulter le sens des combats. Donc il faut faire passer tout cela pour du commerce, de l’économie, de la technique ! Il faut tout exposer par le petit bout de la lorgnette: lisez ci dessous!

Ce qui fappe c’est la nullité et la complaisance d’un Bruno Le Maire, il accepte de rentrer dans le jeu de la mystification alors que pour obtenir quelque chose dans les négociations, il faut refuser ce jeu, il faut une démarche de rupture, il faut être un rebelle, un bandit qui ne joue pas le jeu. pour gagner il faut appler un chat un chat et poser les problèmes au niveau ou ils doivent l’etre, pas au niveau des apparences mystifiantes. Et c’est à partir de constats comme ceux ceux la que l’on voit qui les Bruno Le Maire et autres représentent!

« La guerre commerciale que se livrent les grandes puissances a perduré lors du G20: le FMI a regretté qu’elle entame la croissance mondiale, la France a appelé Washington à faire machine arrière, mais les Etats-Unis sont inflexibles.

Après les taxes douanières sur l’acier et l’aluminium, visant avant tout la Chine, qui ont mis le feu aux poudres, les Etats-Unis menacent de surtaxer les importations automobiles européennes, de sanctionner les pays qui commercent avec l’Iran et ont promis de limiter de manière drastique leurs achats de produits chinois.

Samedi à Buenos Aires, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a ratifié cette politique controversée, critiquée y compris par des alliés des Etats-Unis, lors du G20 des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se rendra mercredi à Washington pour des pourparlers, mais pas question pour les pays européens d’accepter le diktat commercial des Etats-Unis.

Le Maire prêt à se coucher, Merkel prête au combat, Lagarde compte les points

« Nous refusons de négocier avec un pistolet sur la tempe. C’est aux Etats-Unis de faire un pas pour enclencher une désescalade, et arranger tout ça », a dit fermement à des journalistes le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

La veille, la chancelière allemande Angela Merkel avait assuré que L’Union européenne était « prête » à riposter à un éventuel relèvement par Washington de ses taxes sur les importations d’automobiles européennes.

La directrice du FMI, Christine Lagarde, a estimé que la guerre commerciale qui sévit depuis quelques mois pourrait réduire la croissance mondiale « de 0,5 point ».

Mnuchin a appelé la Chine et l’Union européenne à faire des concessions pour parvenir à une relation commerciale plus équilibrée, après les déclarations fracassantes de Donald Trump qui a traité d' »ennemis » commerciaux Pékin, Bruxelles et Moscou.

Multilatéralisme en crise ? Non il n’y a jamais eu qu’un simulacre de multilateralisme

Face à la Chine, les Etats-Unis accusent un déficit commercial de 376 milliards USD en 2017 et compte le réduire. L’administration Trump menace d’imposer des taxes punitives sur la totalité des importations chinoises, qui représentaient 500 milliards de dollars en 2017.

Pékin accuse Washington de vouloir déclencher « la pire guerre commerciale de l’histoire économique » et a réagi en imposant de nouvelles taxes sur des produits américains.

Face au cavalier seul des Etats-Unis, les autres pays se font les apôtres benets  du multilatéralisme.

Pour le ministre brésilien de l’Economie, Eduardo Guardia, « tout ce qui va à l’encontre du libre-échange, d’un commerce basé sur les règles, doit être résolu à travers des organisations internationales, aptes à résoudre ce type de conflit ».

« Le commerce mondial ne peut pas reposer sur la loi de la jungle. L’augmentation unilatérale des tarifs, c’est la loi du plus fort, ça ne peut pas être l’avenir des relations commerciales dans le monde », a dit le ministre français.

L’Allemagne est un colosse aux pieds d’argile

Pour lui l’Europe a une carte à jouer dans ce contexte, et doit tirer partie de sa puissance économique. « Unie, assure-t-il, elle peut faire bouger les choses. Nous ne sommes pas condamnés à être écrasés entre une Chine qui ne cesse de gagner en puissance et des Etats-Unis qui ont décidé d’entrer dans un rapport de force avec tous les autres Etats de la planète ».

Cet appel repose sur un malentendu, sur l’illusion que l’Europe est une vraie puissance économique, or c’est faux car l’Europe a un talon d’Achille c’est l’Allemagne. Cette dernière n’est forte qu’en apparence car elle est dépendante de la demande extérieure, elle pille la demande mondiale par son mercantilisme. L’Allemagne est un pays qui triche dans la mesure ou il ne supporte pas le coût de la production de la demande adressée à ses productions, l’Allemagne a délocalisé ce coût. La délocalisation du coût de la demande, concept central de la mondialisation est au coeur des déséquilibres actuels du monde.

L’Europe exige des Etat-unis l’exemption des surtaxes sur l’acier et l’aluminium, qui plombe son industrie sidérurgique. Elle espère que Washington épargnera son vieil allié européen, qui essuie des dégâts collatéraux, car la première puissance mondiale vise en premier lieu la Chine, numéro deux de l’économie mondiale.

Le G20 Finances évoquera  les risques de crise dans les pays émergents, la taxation des géants du numérique et autres hommages du vice à la vertu. Le communiqué final du G20 Finances diffusé dimanche après la clôture des débats devrait acter le risque pour la croissance mondiale des tensions commerciales, l’engagement à travailler sur la taxation du commerce numérique et l’encadrement des crypto monnaies.

Publicités

2 réflexions sur “Editorial : La guerre n’est pas commerciale , elle est géopolitique. Comprendre le monde.

  1. « pas par projet conscient »

    Qu’est-ce qu’en savez vous ? Etes-vous dans la conscience de Trump ?

    C’est marrant. Sur 99 % de vos opinions, vous allez à contre-courant du politiquement correct.

    Mais sur ce 1 % là, à savoir que Trump pourrait ne pas être un idiot, pourrait avoir un plan conscient dont il ne nous fait pas part, sur lequel il brouille volontairement les pistes, vous cédez sans aucune preuve (car, comme je vous le dis, vous n’êtes pas dans la tête de Trump) au politiquement correct. Pourquoi ? Parce que Trump n’a pas un joli diplôme de technocrate, ça m’étonnerait venant de vous mais nous vivons une époque étonnante ?

    Pas plus que vous, je ne suis dans la tête de Trump, mais je me garde bien de toute affirmation péremptoire du style « Il ne sait pas ce qu’il fait » (ou à l’inverse « Il sait parfaitement ce qu’il fait »).

    Je garde à l’esprit sa campagne présidentielle qui fut pensée loin et gérée de manière stratégique, à tel point que beaucoup de ses adversaires n’ont toujours pas compris comment ils ont été battus (relire les remarquables billet de Scott Adams, le créateur de Dilbert). Cela m’incite à la méfiance vis-à-vis de tous ceux qui prennent Trump pour un imbécile.

    Ce point, politique consciente ou inconsciente, n’est pas si anecdotique qu’il paraît, car il conditionne la cohérence de fond (au-delà de son incohérence apparente) de Trump.

    Je suis prêt à parier qu’il sait ce qu’il fait, mais cela reste de l’ordre du pari.

    J'aime

  2. 90 % des déficits US avec la chine sont dus aux decisions des multinationales US, Trumpette se fout de le gueule du pekin moyen , commence par faire le ménage dans ta prairie, cowboy.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s