Essai: de la magie Boursière aux animal spirits.

Beaucoup d’avis boursiers sont fondés sur la magie; la magie de la tendance, la magie des formations graphiques, la magie des corrélations , j’en passe et des meilleures.

Les boursiers sont en plus superstitieux, comme les joueurs . Pourquoi ? Par qu’au fond d’eux même ils savent que si ils réussissent, ce n’est jamais par leurs dons ou leurs qualités mais pour un tas d’autres raisons ou causes.

Comme disait un ancien: en Bourse on a toujours raison pour une autre raison que celle que l’on croit. D’une certaine façon, les gains tombent toujours du ciel. Bien entendu c’est à relativisier car on peut, tout en restant soumis au hasard et donc à l’incertitude, réaliser des performances supérieures aux performances moyennes. Mais il faut toujours, disons , de la chance.

C’est d’autant plus vrai que la Bourse n’est plus le point de rencontre des opinions et des paris de joueurs indépendants, non la Bourse c’est devenu autre chose: c’est un outil, un service public qui a été consfisqué par les autorités, surtout les monétaires, afin de faire faire aux gens ce qu’ils ne feraient pas spontanément.

La Bourse est un instrument du dirigisme. Et le dirigisme c’est, en cette période historique la répression financière; autrement dit  le Grand Transfert de la poche des uns vers la poche des autres.

Le marché c’est leur terrain de jeu, c’est le lieu ou ils impriment leur volonté et le marché est à la fois un espace de transmission de leur volonté et un espace de manifestation de la résisatnce à leur volonté. C’est l’espace de leur affrontement, un espace dialectique.

Ce n’est pas un hasard si depuis Mars 2009, pour s’enrichir il suffit de ne pas combattre la Fed, il suffit de faire ce qu’elle demande. Jusqu’à présent la Fed a toujours gagné, et même en ce moment je me tue à répéter quelle gagne, qu’elle travaille bien et qu’elle réussit son atterrissage en douceur ou plus exactement sa tentative de préparation de l’atterrissage en douceur.

La Fed connait bien son monde, et sait comment le prendre, comment le manipuler par la carotte et le baton. Elle connait le mode d’emploi, les rouages et surtout les « Gros » jouent avec elle, il n’y a pas d’acteur « rogue ». Pourquoi pas d’acteurs rogues? Parce qu’ils savent que la Fed travaille pour eux, pour essayer de sauver l’ordre klepto et que ce serait suicidaire de jouer contre elle, ce serait jouer contre soi!

Un jour bien sur le consensus se rompra comme cela s’est fait dans les années 29/30. Un des participants au consensus, au Cartel monté par Morgan, comme on disait alors, un des participants rompra la règle, il se désolidarisera, il vendra en cachette aux autres , il servira ce qu’ils achètent et cela se saura, comme ce fut le cas à l’époque et la débandade commencera.

Ce fut la même chose du temps de notre fameux ami que vous connaissez bien pour nous lire , notre ami John Law; les Princes du Royaume sont resté avec lui très très longtemps, puis un jour un Prince rogue/voyou a vendu en cachette, la rumeur s’en est répandu, les autres princes ont suivi et ce fut le grand ‘run’, la grande courette.

Quand l’esprit de jeu continue de gagner du terrain, alors les participants achètent les billets de loterie sans discernement. On pratique la comparaison, l’anchoring, le me-too et de proche en proche, l’euphorie gagne tout l’univers boursier, aussi bien l’univers des joueurs que l’univers des billets de loterie, entendez par là les actions.

Les actions sont un bout de papier qui représente d’une part un actif financier, c’est à dire une somme de cash flows à venir et d ‘autre part un billet de loterie. La valeur/prix  de l’action est la somme des deux sachant qu’ils sont de natures totalement differentes. La valeur de l’actif financier qui est la somme des cash flows futurs est articulée à l’économie réelle, tandis que la valeur des billets de loterie, les bons de droits à écarts de cours dépend essentiellement de l’appétit pour le jeu c’est dire des « animal spirits » des joueurs. Une partie du prix d’une action est endogène, reflet de l’économie réelle, l’autre partie est exogène, reflet de l’imbécillité, de la naiveté, de la crédulité   des joueurs, reflet de la proportion de gogos.

Greenspan quand il est parti a avoué qu’il s’était trompé, qu’il n’avait rien compris et que les paris qu’il avait fait sur le « cette fois ce n’est plus comme avant », avaient été perdants. Mais il a objecté: « cela a marché pendant longtemps ». Dans son ouvrage remarquable ou il parle de territoire et de boussole, il approfondit sa réflexion.  Il dit que « l’on ne sait pas encore déterminer quand le jeu va s’arrêter » et « quand  l’orchestre va cesser de jouer » comme aurait dit Chuck Prince, mais il suggère une voie; l’étude des animal spirits. Cela qu’il signifie qu’il propose non pas que l’on change de système monétaire, il sait que l’on ne peut plus le faire, non il croit au système des bulles, mais il propose qu’on le connaisse mieux et qu’ainsi on puisse se préparer à leur éclatement.

On ne peut s’opposer à l’inéluctable, mais on peut s’y préparer en faisant en sorte qu’il soit le moins coûteux possible pour les structures clefs de nos sociétés, entendez par là les structures de puissance et d’ordre. D’ou d’ailleurs son mot d’ordre, celui de Greenspan: disséminez le risque, faites le porter par la masse, par la foule, par le public et ses caisses de retraites, ils ne sont pas riches , mais ils sont nombreux.

Gradualisme, dissémination, mystification, cynisme, toutes ces recettes de gestion ont été bien assimilées par les suiveurs du Maestro.

Il y a des analystes , des gestionnaires qui ont d’une certaine façon compris la leçon. ils ont compris que quand la balle de la hausse est lancée quand la tendance est bien accrochée, quand le momentum est là alors les valorisations boursières ne sont d’aucune utilité. On peut rester surévalué très très longtemps.  Et intervenir en fonction des valorisations ne donne que peu de résultats intéressants sur le court et le moyen terme. Les valorisations ne sont un guide que pour le vrai long terme.

Ce qu’il faut suivre ce sont pas les valorisations, c’est à dire la valeur économique des actifs financiers, non ce qu’il faut suivre c’est l’appétit pour le jeu.  Ce qu’il faut suivre c’est l’envie, la jalousie, la naiveté, la gogoterie. Bref il faut tenter de mesurer la force  ou les inflexions des « animal spirits ».

Normalement on peut le faire et il y a d’ailleurs des gens qui ont entrepris des travaux de collecte de « big datas », comme par exemple les fréquences de mots, les recherches Google etc.

L’un des moyens les plus avancés de suivre l’évolution des animal spirits c’est de mesurer de paramétrer, de modéliser ce que l’on appelle l’unanimité ou son inverse les divergences. Quand tout monte, il y a unanimité; quand l’appétit faiblit, tout ne monte plus, il n’y a plus unanimité, mais multiplications de divergences. Quand l’unanimité se rompt ou se dégrade, l’argent se concentre comme je le dis souvent sur les chevaux qui galopent le mieux. Le marché devient de plus en plus sélectif. D’ou la prolifération de méthodes et de moyens plus ou moins sophistiqués de mesure de ces divergences.

L’article ci dessous expose l’analyse de la « breadth », de l’extension ou si on veut l’analyse d’une mesure de l’unanimté. L’article expose deux points de vue qui selon moi ne sont pas opposés mais complémentaires: la construction de divergences, la destruction de l’unanimité ne sont pas des chocs, des évènements mais des processus complexes, étalés dans le temps toujours à remettre en chantier. La vérité se dessine au travers des hésitations, des essais et erreurs.

Depuis le début de 2018, le processus de destruction de l’unanimité mondiale, globale, est commencé. Et en matière de finance, ce qui est le vrai indicateur, ce qui est le vrai champ de la reflexion, c’est le global.

 

Document:

https://ftalphaville.ft.com/2018/08/28/1535434247000/The-bull-market-is-running-out-of-brea-d-th/

 

Just days after US stocks entered their longest-ever bull market (although the FT’s John Authers calls bull**** on this), the S&P 500 and Nasdaq closed at record highs.While many have cheered on these milestones and say there’s still room to run, others have greeted them with far less fanfare on fears that it’s all downhill from here.

To make the case that the current bull market is not yet out of steam, many investors point to the cumulative advance/decline (A/D) line for the S&P 500. This indicator measures the number of stocks rising or falling on a daily basis. If it trends negative, that means more stocks are declining than rising. The reverse is true if it’s positive. Bespoke Investment Group believes the cumulative A/D line can say a lot about how much momentum the market has left. Here’s what they wrote in a recent note:

In a rising market, breadth, as measured by the cumulative A/D line, should be rising as well. If it’s not, it serves as a red flag that leadership in the rally is thin. We’ve all heard the phrase ‘there’s strength in numbers,’ and it’s also applicable to the market. In a broad-based rally, you can afford to have a few stocks falter because other stocks are there to pick up the load. In a narrow rally, though, if you lose a few stocks, you won’t have much left.

The cumulative A/D line of the S&P 500 six months before and after a peak in late-January is not only positive, but has topped new highs. That’s in contrast to in 1999-2000, before the dot-com bubble burst, when the cumulative A/D line had turned negative. Back then, Bespoke says, “it was tech and only tech”, whereas this time around it’s “tech and a lot of other companies.” Here’s their chart comparing the two rallies:

While Morgan Stanley’s Michael Wilson concedes that the cumulative A/D line is ticking higher, he stresses that other indicators of market breadth are saying something quite different. The percentage of stocks making new highs and the percentage of stocks above their 200-day moving averages have fallen. More worryingly, the S&P 500’s narrowness has become “extreme” in its most recent leg higher.

According to Wilson, the S&P 500 would not be busting through its recent record highs without Amazon, Microsoft and Apple. Here’s his chart tracking the normalised performance of the S&P 500 versus a version excluding the three stocks:

A glance at the FAAMG stocks (Facebook, Apple, Amazon, Microsoft and Google) confirms this. Their combined market capitalisation of $4.1trn is just about equal to the combined market capitalisation of the 283 smallest S&P 500 members, according to Bank of America Merrill Lynch. So long as investors piled into the FAAMGs and other technology stocks, market-watchers could sideline the risks brought on by this dominance. Not anymore. Inflows to the sector more broadly have slowed in recent months:

How long the bull market can sustain itself on such a small and shrinking base remains to be seen. Morgan Stanley predicts growth to slow later this year and next. In their eyes, “this is a more dangerous set up than most recognise”

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2 réflexions sur “Essai: de la magie Boursière aux animal spirits.

  1. « …formations graphiques basées sur la magie…. »

    Pas d’accord Monsieur Bertez, le but d’une analyse graphique rationnelle est de découvrir ce que les algos ont déclenché ou vont déclencher, y compris avec les risques de contrePied.
    OK les algos fonctionnent à la magie, vous avez raison, mais les contrer procède d’une rationalité.

    C’est parce que il y a les algos que l’analyse graphique tient la route.

    C’est vrai que « les formations graphique procèdent de la magie »; quand celles-ci sont le fait des algos. Vous avez raison. En fait ma réaction primaire est stupide.
    J’ai confondu formation et analyse.

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  2. Greenspan a objecté: « cela a marché pendant longtemps … »
    Greenspan fait preuve d’intelligence, n’est-ce pas le camarade Mugabe qui en a fait la sublime démonstration, il a joué, duré, pendant 25 ans en trafiquant la monnaie et puis tout-à-coup patatrac.
    Et quand je vois tous ces zozos critiquer le pôvre Monsieur Mugabe…

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