Inflation: mission accomplie? Voire!

August 30 – Reuters (Lucia Mutikani): The personal consumption expenditures (PCE) price index excluding the volatile food and energy components rose 0.2% after edging up 0.1% in June. That lifted the year-on-year increase in the so-called core PCE price index to 2.0% from 1.9% in June. The core PCE index is the Fed’s preferred inflation measure. It hit the U.S. central bank’s 2% inflation target in March for the first time since April 2012. »

Le PCE deflator est la mesure preférée de l’inflation pour les autorités monétaires américaines. Cet indice a monté de 2,38% en Juillet 2018. La hausse est de 2% en « core ».

Les commentateurs ont salué cette performance comme le signe que la déflation était vaincue. les choses sont rentrées dans l’ordre, les responsable de la conduite des affaires peuvent crier victoire et se congratuler.

Voire!

Cependant si on regarde la photo ci dessous, on peut tout a fait valablement avoir une opinion differente: des franchissements de la ligne fatidique des 2% de hausse des prix , il y en a eu. Il y en a eu et il y a eu des rechutes. même plus de rechutes, des rechutes plus longues et plus affirmées que des hausses vers l’objectif.

Les commentateurs ont un biais d’une part et ils n’ont pas de mémoire et encore moins de dossier d’autre part . L’actualité est maintenant de type Google c’est à dire à deux dimensions, sans profondeur. c’est une succession d’évènements , non reliés les uns autres. D’ailleurs les médias depuis Google ont supprimé les services de docs, ils coûtaient trop cher! Et puis on a remplacé les journalistes chevronnés par des jeunes déqualifiés.

Avant le mois de Mars , l’indice de prix PCE avait manqué son objectif pendant 68 mois sur 70. On voit clairement que la remontée au dessus de l’objectif est marginale et que le temps passé en dessous est bien plus significatif que le temps passé au dessus. On voit aussi que des franchissements trompeurs, il y en eu même si ils sont rares. Dans une perspective longue, non biaisée, l’examen du graphique incite plutot à penser que la situation a eu tendance à se dégrader.

IL ne semble pas y avoir, hors certaines bouffées, de mouvement de fond qui témoigne d’un regain inflationniste; les bouffées par ailleurs sont bien localisées; avec des décalages bien sur, elles correspondent à des épisodes de hausse des prix du pétrole. La corrélation entre les épisodes de hausse des prix du pétrole et l’inflation mesurée par le PCE est bien plus significative que celle avec les épisodes de stimulation monétaire par les QE. La politique monétaire n’a joué quasi aucun role, sauf role psychologique mineur temporaire , puisque la monnaie créée n’a jamais été de la monnaie, c’était de la monnaie morte.

Ce que nous voyons dans les indices actuels c’est tout simplement et rien d’autre, le résultat de la bouffée de reflation en catastrophe qui a été décidée pour faire face à la crise chinoise et empêcher l’éclatement de la bulle en 2016/2017, ce sont les conséquences de Shanghai.

Pour que la hausse des prix soit établie, il ne suffit pas de bouffées spéculatives soit d’origine pétrolière ou monétaires, non, il faut que la base même de la hausse des prix s’élève. Or la base même de la hausse des prix, ce sont les revenus et les coûts salariaux. Tant ques les revenus et les coûts salariaux ne bronchent pas, restent collés dans les plus bas et ce malgré un taux de chomage qui ne serait que dans les 4% il n’ y a pas de hausse des prix durable ! Sans hausse correspondante des salaires, la hausse des prix ne peut s’enclencher et c’est ce qui se passe: pas d’échelle de perroquet prix-salaires.

La hausse des prix, temporaire, des matières premières, y compris ceux du pétrole et les bouffées spéculatives sur le marché des actifs financiers ne suffisent pas à créer les conditions d’une inflation durable. Pas même les conditions d’un redressement des anticipations!

L’apparente bonne santé du marché de l’emploi US ne provoque aucune accélération significative des salaires; la fin selon les spécialistes, de « l’output gap », la pleine utilisation des capacités productives, rien n’y fait: d’inflation il n’y a pas.

L’inflation , on n’y croit pas et c’est ce que dit le marché des emprunts à long terme avec un 10 ans du Trésor US qui est repassé sous les 3% , qui est revenu à 2, 85%; avec un spread 2 ans -10 ans quasi nul et déja une inversion sur l’eurodollar.

Nous avons souvent expliqué que ce qui mérite attention dans le discours, c’est non pas ce qui marche et qui est conforme aux attentes, mais au contraire ce qui cloche, ce qui fait désordre. Eh bien ici ce qui cloche c’est le bégaiement de l’économie: elle est incapable malgré les conditions apparentes réunies de délivrer ce que les autorités attendent d ‘elle: de l’inflation. Conclusion l’économie actuelle n’est pas une économie normale, elle est comme les mesures exceptionnelles qui lui ont donné naissance: une collection d’artifices, une apparence, sans consistance.

La réalité de cette économie est que nous en sommes pas sortis de la léthargie. Les remèdes qui ont été administrés depuis 2009 n’en sont pas et ils n’en sont pas tout simplement parce que le diagnostic du mal n’a pas été fait.

 

D’inflation durable , il n’y a pas non plus en Europe malgré les trillions de la BCE, mais là le problème est différent: les banques zombies ne créent pas de crédit. 

L’évolution des revenus personnels hors inflation aux USA ne permet pas de soutenir une quelconque hausse des prix: d’argent il n’ y a pas.

Note ne tenez pas compte de la courbe rouge qui ne traduit qu’une révision statistique , tenez compte de la courbe rose.

Le taux des Fed Funds bientot positif

La question de l’inflation et celle des taux est au centre des préoccupations que l’on peut avoir pour le futur. Or ni l’inflation ni les taux ne témoignent d’une véritable amélioration crédible de la situation de nos systèmes.

On reste  dans la crise, on n’en est pas sorti, on a simplement mis un coup de peinture monétaire .

Le vrai refuge mondial c’est le deux ans Allemand, le Schätz; regardez il est négatif, on paie pour en avoir! Pire alors que les autoritéss prétendent avoir vaincu le mal, le rendement du Schätz est depuis fevrier , en train de devenir encore plus négatif.

Et le rendement du Bund est à nouveau orienté à la baisse lui aussi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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