L’Allemagne et la financialisation

La structure financière du système allemand est très loin d’être aussi fragile que celle des anglos saxons; le financement n’a pas été transféré aux marchés, il est beaucoup plus « en banque ».

Ceci rend l’Allemagne moins vulnérable en apparence seulement car l’épargne et les capitaux allemands excédentaires sont employés sur les marchés anglo saxons et ils en subiront les crises malgré tout. Et puis le système bancaire allemand est intriqué dans l’anglo saxon.

L’erreur funeste du système allemand a été celle de la Deutsche Bank, elle n’a pas su résister à la séduction des profits faciles produits par le recyclage mondial des capitaux et des déficits, par la rente  du deficit spending US. La DB s’est anglo saxonnisée, alors qu’elle n’a pas accès directement au dollar.

La DB est une sorte de Cheval de Troie anglo saxon, mais avec un talon d’Achille: elle est allemande! C’est un merveilleux instrument de chantage , de pression sur les Allemands si ils ne marchent pas droit. Les Allemands par la vulnérabilité du bilan de la DB se sont fait « suissiser ». Ils sont dans la situation de vulnérabilité dans laquelle la Suisse s’est trouvée avec l’UBS  et le Credit Suisse. Ils ont perdu une partie de leur souveraineté. Et ceci va au dela de ce qui est apparent à savoir, l’extraterritorialité du droit US. La perte de souveraineté est enracinée dans les bilans de la DB comme elle l’est dans les bilans d’UBS et CS.

Le capitalisme rhénan conserve cependant son originalité que nous appellerons productive en comparaison du capitalisme anglo-saxon qui est un capitalisme d’arbitrage, un capitalisme à tendance parasitaire  qui se nourrit d’écarts.

La capitalisation boursière totale du marché allemand est mainteant inférieure à la seule capitalisation de Amazon, Microsoft et Apple.

Ceci en dit long également sur la structure des économies et les spécialisations de chaque système. L’Allemagne est très en retard dans les services par exemple, dans le digital, elle excelle dans la vraie production, le hard.

La spécialisation US est plus dans le « vent », le savoir faire, le culturel, c’est un fond de commerce très différent qui passe par le maintien de la suprématie, certains diraient l’imperium américain.

L’Allemagne me parait mieux armée à mon sens pour résister à une période de glaciation globale , telle que celle que Trump pourrait déclencher si il persistait dans la voie actuelle. Mais le point faible de l’Allemagne c’est aussi … l’Europe. Je  pense par exemple à Target 2, mais pas seulement.

Qui sauverait la BCE en cas de crise ? Il n’y a que l’Allemagne qui puisse le faire!

Mais qui sauverait l’Allemagne si elle venait à être submergée?

Personne !

Quelques chiffres:

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