Essai: comprendre la Russia phobie et le soutien des « libtards » à la guerre. Nouveau texte.

Le Ministre russe Lavrov dit les choses de plus en plus clairement :  » nous prenons très au sérieux les déclarations de Trump qui veut un dialogue normal avec notre pays, mais les impulsions positives sont contrées par l’explosion de russophobie de l’establishment américain lequel establishment voit la Russie comme une menace à sa suprématie politique ».

C’est clair et net d’un coté Trump voudrait établir des relations normales, mais de l’autre l’establishment fait tout pour l’en empêcher. Le Russiagate est l’un des moyens d’empêcher le rapprochement en criminalisant la Russie.

Ceci rejoint les propos deja très clairs de Poutine lui même qui a récemment évoqué l’existence d’un Deep State aux Etats Unis , Deep State qui veut imposer ses volontés à et contre Trump.

Ce que l’on voit en politique étrangère US est donc un compromis, une résulante entre ce que veut Trump et ce que veut le Deep State et c’est ce qui explique ce sentiment d’incohérence que l’on ressent . La politique étrangère US est en quelque sorte « tordue » parce qu’elle traverse des couches de pouvoir qui la déforment.

En fait tout devient cohérent dès que l’on accepte de considérer qu’il s’agit d’un combat dont on voit simplement la résultante: action, réaction, résultante.

Le grand mystère de la situation américaine est l’alliance entre les néo-cons, les militaires , les ultra riches, la CIA, Le FBI,  et la gauche, les libéraux: elle est contre nature et contre culture.

Les explications simplistes ont du bon : l’objectif des néo-cons et des animateurs du Russiagate est d’empêcher la normalisation des relatiosn parce que si cela venait à se faire il n’y aurait plus de raison de consacrer un trillion au budget du complexe militaro industriel. Il faut orchestrer la menace, la mettre en scène.  La doctrine de l’Hégémonie US, mixée avec les intérêts d’Israel explique une grande partied ela situation, mais elle n’épuise pas tout , loin de là.

Mais tout s’explique mieux si on admet comme nous le faisons que les milieux d’affaires, les kleptos, les ultra riches ont cannibalisé la gauche et l’ont mystifiée.

Ce sont les miracles de la dialectique des Derrida, Foucault,  Barthes, Jean Joseph Goux(1) et autres anciens pro-chinois , (par exemple les gens du Groupe Tel Quel dernière version maoiste,) très appréciés des néo libéraux parce qu’ils cassent les structures de nos sociétés et finalement abandonnent la défense des travailleurs.

Aux USA la gauche n’a plus aucun rapport avec les classes des travailleurs, non elle est financée par les firmes qui bénéficent du modernisme, du progressisme social, de ce que l’on appelle l’ouverture ou l’inclusivité.

Dans tout système il y a coexistence des forces négatives et positives et elles se combattent, le progrès en est la résultante. Lorsque le Mur de Berlin est tombé la négativité s’est trouvée orpheline, réduite à être une forme sans contenu. cela avait commencé avec la Tchécoslovaquie. Grace aux travaux post marxiste, cette négativité a été recyclée, canalisée vers de nouvelles luttes sociales, plus en amont encore que la lutte des classes. la lutte pour les esprits.

La gauche a abandonné les travailleurs au profit des soi-disants opprimés et victimes;  les homosexuels, les minorités, les femmes, les immigrés  etc.

Il y a eu un glissement: les hommes blancs identitaires ont remplacé le capitaliste comme ennemi de classe.

Et les Russes avec Poutine sont le symbole du white supremacisme, symbole de l’identité honnie. C’est Le trumpisme qui défend les travailleurs et collecte leurs voix.

Les milieux d’affaires ont récupéré les transfuges du marxisme culturel tous ceux qui se sont fourvoyés dans le communisme et qui sont allés se recycler dans la contestation de la culture phallique des blancs et de la société traditionnelle. Voila ce qui explique les alliances contre nature et culture.

Les milieux d’affaires ont épousé les thèses de la déconstruction, de la négation du genre, de la lutte contre le white supremacisme car elles faisaient vendre, elles sont bonnes pour le business et puis elles cassent les solidarités de classe des travailleurs, elles émiettent.   Exemple en France le schisme entre Mélenchon et Le Pen. Donc la passerelle avec les libéraux recyclés et fourvoyés est évidente et elle est là; on comprend mieux cette alliance des « libtards  » avec les néo cons.

Les « libtards », comme d ‘ailleurs leurs homologues européens tels que  les Macroniens,  se font baiser par le très grand capital hyper capitaliste, post moderne et ce faisant ils deviennent les meilleurs soutiens à la guerre.

Comme d’habitude nous sommes sous le règne de l’inversion.

‘s FM :“We taking seriously statements by  on willingness to set up normal dialogue b/n our countries.Some positive impulses come from  leader being fully offset by soaring Russophobia in establishment which sees RUS as threat to US political supremacy”


*  *  *

Je conseille fortement la lecture de Jean Joseph Goux, professeur aux USA, déconstructeur de l’oedipe, le phallus, la monnaie, la valeur en général . A partir de Goux on commence à comprendre notre époque et son imaginaire.

Frivolité de la valeur, essai sur l’imaginaire du capitalisme Broché – 20 avril 2000

La spéculation boursière relève d’une logique paradoxale qui déconstruit les traditionnelles oppositions métaphysiques entre le virtuel et le réel, le rationnel et l’irrationnel, le prévisible et l’aléatoire, le matériel et l’immatériel, etc. C’est l’extension de cette logique boursière – vouée à une radicale frivolité au jeu de la dérive et de l’aléa – à l’ensemble des valeurs (éthiques et esthétiques) qui a porté le capitalisme à franchir le seuil de la post-modernité. Ce n’est pas dans les années 1960 et avec la société de consommation que ce bouleversement s’opère et que vire l’imagination du capitalisme. Le changement décisif de paradigme a eu lieu bien plus tôt, avec le développement de l’économie néoclassique. Au point de rencontre d’une morale hédoniste (qui vise l’exacerbation du désir) et de la mise en place d’une économie de marché (aboutissant à une (illimitation, des produits convoitables). Les échos et les correspondances de cet enjeu font l’objet de ce livre. A la fois dans les théories économiques (Proudhon, Walras, Pareto, Charles Gide…), dans l’imagination littéraire (Vallès, Zola, Péguy, Valéry, André Gide, Valéry Larbaud, Roussel, Bataille…) et le discours philosophique (Condillac, Sartre, Derrida, Baudrillard…). A travers l’irruption et la domination du modèle boursier des valeurs – qu’il soit accepté ou critiqué – à travers le jeu de la valeur et du désir, au travers des effets de la dématérialisation croissante de la monnaie et de la richesse, c’est l’imaginaire du capitalisme actuel qui s’expose et se découvre.

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4 réflexions sur “Essai: comprendre la Russia phobie et le soutien des « libtards » à la guerre. Nouveau texte.

  1. Merci (aussi) pour votre présent article, Monsieur Bertez, duquel je retiens ceci :

    « La gauche a abandonné les travailleurs au profit des soi-disant opprimés et victimes; les homosexuels, les minorités, les femmes, les immigrés etc.

    Il y a eu un glissement: les hommes blancs identitaires ont remplacé le capitaliste comme ennemi de classe. »

    (…)

    « Les milieux d’affaires ont récupéré les transfuges du marxisme culturel tous ceux qui se sont fourvoyés dans le communisme et qui sont allés se recycler dans la contestation de la culture phallique des blancs et de la société traditionnelle. »

    SUR l’existence de GOUX et de ses prédécesseurs, cela démontre que l’intellectualisme (ennemi du simple bon sens, gage de survie) poussé trop loin, conduit invariablement une société à la déliquescence, l’inversion des mots et des valeurs, la perversion, la perte de repères… la décadence, puis la mort.

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  2. La gauche ne pouvait plus défendre les travailleurs et contester la libre circulation des capitaux et de l’argent à partir du moment où elle s’est mise à prôner la liberté quasi totale de circulation des hommes. Cela n’avait plus de sens de lutter contre la délocalisation en Chine si toute l’Afrique pouvait venir en Europe. C’est d’ailleurs la trappe de laquelle Mélenchon ne peut s’extraire. Le marxisme culturel a remplacé le marxisme matériel. Effectivement la convergence du post soixante-huitard Cohn Bendit et de Macron est éloquente et représente bien cette jonction du haut cadre bancaire avec le libertaire.

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