Billet anniversaire: Il y a 10 ans , la crise: le monde de la Bourse s’est enrichi de 60 trillions grace à elle !

Le remède à la crise a été de produire encore plus de conditions menant à la crise. Le remède à Lehman a été de produire beaucoup plus de Lehman dans le monde entier en particulier chez les émergents et la Chine.

Tout cela se paiera mais à terme, pas maintenant

Yellen vient de s’exprimer et elle a conseillé lors de la prochaine récession d’inflater encore beaucoup plus les prix des assets financiers pour éviter l’insolvabilité: il s’agit de rajouter des zéros dans les livres de comptes pour faire une fausse comptabilité. Faute de relancer la machine à produire, on tire sur l’élastique qui sert à mesurer les « richesses ».

C’est ce qui a été fait dans la première quinzaine de Mars 2009- le 9 mars si mes souvenirs sont bons- et qui a donné le coup d’envoi de la folie boursière; on a changé les règles comptables.

Les réglementations prévoyaient que les actifs devaient être inventoriés au prix du marché, on a supprimé la FASB (FASB 157 je crois) correspondante et les entreprises financières ont pu porter à leurs bilans des valeurs dites de convenance, certains diraient des valeurs de fantaisie.

Le détonateur de la Grande hausse, la FASB 157 modifiée

Le 9 mars 2009 est une date mémorable et on peut dire que de ce jour, le monde est devenu de carton pâte, on est entré dans l’univers Potemkine. On a compris qu’en tripotant les zéros dans les livres comptables, on pouvait dépasser les contradictions, nier les insolvabilités et faire comme si tout était comme avant. Bref on a fait monter le niveau de la mer pour masquer ceux qui se baignaient tout nus.

Tout ceci repose sur un postulat post-moderne: « perception is all », ce qui signifie que les perceptions sont reines et que le réel n’importe pas. Cette hypothèse est particulièrement attrayante s’agissant des marchés , puisque les marchés fonctionnent dans l’imaginaire, pas dans le réel.

Le Marché, c’est un univers parallèle et pour le maintenir parallèle il suffit de deux choses: créer de la monnaie qui le fait léviter et mettre les taux sans risque à zéro ce qui oblige à prendre des risques c’est dire à jouer, à spéculer.

En clair il suffit de brancher la loterie et d’inonder de billets. Les joueurs exagèrent toujours leurs chances de gagner aux jeux, ce sont des gogos.

Le postulat selon lequel seules comptent les perceptions est un postulat de court terme. Sur le long terme ce ne sont pas les perceptions qui gouvernent mais les réalités. Mais l’idéologie dominante repose sur l’idée que le long terme, on s’en fiche, on ne sera plus là pour le voir et par ailleurs pour bien s’en persuader on pose une fois pour toutes que le long terme n’est qu’une succession de courts termes! Cette philosophie politique est ancrée dans la démocratie représentative, irresponsable éphémère et surtout menteuse: « c’est pas moi c’est l’autre, celui qui était là avant ».

Le long terme est en fait déjà là: on n’y croyait pas mais 10 ans sont déja passés depuis la crise  et c’est maintenant l’heure des comptes, the day of reckoning.

Aors que les stimulations monétaires sont devenues contre-productives car elles font monter le risque d’instabilité financière exponentiellement, il faut stopper les politiques d’argent gratuit et fermer les robinets qui alimentent les liquidités monétaires. Le jeu s’est trop developpé. Hélas, il a fallu laisser les robinets grands ouverts tellement longtemps pour un maigre résultat  que  les marchés boursiers, réceptacles des largesses se sont mis en bulles. La valeur des actifs financiers est maintenant hors de toute proportion avec la valeur des actifs réels qu’ils représentent et hors de proportion avec les bénéfices à venir au cours des prochaines années.

Il y a un risque de réconciliation. La réconciliation c’est quand l’imaginaire boursier atterrit , quand la bulle crève et quand la fausse richesse papier s’évapore. Alors la déflation revient, l’activité économique ralentit, le chômage remonte.

Depuis la crise de 2009 (ou 2008 si vous voulez), le marché boursier mondial s’est enrichi de 54 trillions. Vous lisez bien 54 trillions! Cet enrichissement c’est du vent, du papier car en réalité le monde ne s’est pas enrichi concrètement depuis cette période. Ces 54 trillions de fausse richesse- pas pour tout le monde bien sur- ces 54 trillions ont été obtenus grâce à la pompe à phynances du père UBU, c’est dire grace au fonctionnement de la planche à billets moderne, le digital printing.

Tout ceci fait dire aux gens raisonnables -et à moi même- que soit une forte chute des bourses va se produire, soit les cours vont s’éroder doucement pendant des années et celui qui investit en Bourse n’aura aucune rentabilité pour son investissement pendant au moins 10 ans. Non seulement lui directement mais aussi lui indirectement par l’intermédiaire des caisses de retraites et assurances-vie.

Maintenant regardez le graphique ci dessous.

On voit bien que cela commence à baisser nettement depuis le début 2018. c’est menaçant. Vous pouvez dire oui mais cela a baissé en 2011 et 2015 et on n’en est pas mort, cela a remonté. Et c’est vrai mais à cette époque on n’avait pas usé et abusé des stimulants monétaires, il restait encore une marge , une réserve pour les augmenter.  Et c’est ce que l’on a fait. Comme on disait la balance entre les avantages et les inconvénients était positive. Maintenant elle est négative: les politiques monétaires non conventionnelles ont donné tout ce qu’elles pouvaient . .. sauf si on passe franchement aux taux négatifs, c’est à dire aux prélèvements sur les comptes en banque.

Mais pour en venir à cette mesure désespérée qui mettra en danger la stabilité politique et sociale il faudra une excuse, une grosse excuse du type nouvelle crise mondiale et/ou guerre. Entre temps donc cela veut dire qu’il y  aura eu un cataclysme, un effondrement sanglant.

Ci dessous donc , une bulle du vent …qui ne correpond à aucune richesse réelle, mais en fait à un passif! En effet une valeur mobilière est une créance sur un émetteur donc si les actions mondiales ont monté de 54 trillions, il va falloir pour honorer cette valeur, pour honorer cette promesse vis a vis des actionnaires, il va falloir extraire des dizaines et des dizaines de trillions!

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2 réflexions sur “Billet anniversaire: Il y a 10 ans , la crise: le monde de la Bourse s’est enrichi de 60 trillions grace à elle !

  1. Bonjour Mr. Bertez,
    Oui, suite à l’activation de la pompe à phynance, tout est en bulle (actions, immobilier…), mais reste à savoir où placer nos petites et réelles économies pour ne pas les voir soit dévisser en bourse, soit lentement s’évaporer (livret A)…

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