Les dépêches mercredi 24 Octobre; analyse de la tentative de réconciliation.

 

Les marchés ne manquent pas de sujets de préoccupation: la géopolitique, la hausse des taux , la contraction des liquidités, le budget Italien, les déséquilibres et les impasses chinoises, les signes de ralentissement de la croissance globale  etc etc.

Je vous étonnerai si je disais que c’est tout cela qui cause la baisse des bourses, vous savez que j’affirme que c’est l’inverse, la baisse produit les causes de la baisse , tout comme la hausse produit les causes de la hausse. Quand le sentiment baissier est là, alors tout lui sert d’aliment; en sens inverse quand le sentiment haussier est là, rien ne l’affecte. La Bourse est un monde magique ou la parole c’est dire les narratives produisent le réel. Du moins dans le court terme bien sûr.

La baisse est comme disent les américains, « overdue », elle devait intervenir depuis longtemps, mais comme je l’ai écrit: on a joué les prolongations. On joue les prolongations depuis le début de 2018.

Les signes de la disparition de l’esprit de jeu, ce que les autorités appellent l’appétit pour le risque, ces signes sont apparus en janvier et février 2018 et  depuis lors, on peut dire qu’un processus lent et complexe de dislocation de  l’unanimité boursière a commencé. C’est ce que nous avons analysé sous le mot de « divergences ».

L’unanimité s’est rompue, les marchés ont commencé à diverger géographiquement mais les USA ont résisté. Ils ont même profité d’une dernière bouffée spéculative , les chants désespérés ne sont ils pas les plus beaux?

Notre pari a été de vous affirmer que  cela ne saurait durer, après les divergences, en Bourse vient le temps des « réconciliations ». La réconciliation était selon nous inévitable c’est à dire que les marchés américains devaient plier. C’est  ce qui est arrivé. Et pour confirmer notre diagnostic nous venons de recevoir une confirmation avec la chute des prix du pétrole. Le prix du pétrole est un bon indicateur, à condition de savoir le manier bien sûr.

Nous en sommes là: en phase de réconciliation.

Les marchés sont des ensembles et ces ensembles évoluent en fonction de cycles de mises en ordre et de cycles de remises en désordre ; au passage dans les mutations de cycle, des quantités importantes de ce que l’on peut appeler d’énergie sont libérées. Disons que tout cela a à voir avec le concept d’entropie; nous y reviendrons peut être un jour. Sachez pour ne pas vous tromper si vous voulez réfléchir à l’isomorphisme que je trace que l’ordre c’est quand  chaque chose est à sa place, tandis que le désordre c’est quand tout bouge en même temps.  L’ordre c’est quand on est sélectif, le désordre c’est quand tout est indifférent.  Ce qui est bon et de qualité doit être dans la bonne case placée en haut, dans la rangée « qualité » et ce qui est mauvais doit être rangé dans la bonne case placée en bas, dans la rangée « pourriture ».

Les marchés américains ont plié et la tendance, la fameuse tendance magique, est cassée. Les moyennes mobiles longues ont été enfoncées et cela signifie que les gérants qui sont restés investis sur les marchés tant que le momentum était là, ces gérants doivent commencer à avoir peur. On dit que depuis le mois de février 2018, le Smart Money, les ultra riches, les professionnels, les banques, les fonds souverains, vendent aux mains faibles c’est à dire aux gogos, aux particuliers et aux institutions collectives qui gèrent leur argent. c’est en grande partie vrai.

Bien entendu tout est reversible !

Ni les hausses ni les baisses ne sont continues, n’oubliez jamais que la fonction des marchés est de faire en sorte que le maximum de gens soient séparés de leur argent. La fonction des marchés est une fonction de destruction. Tout ce qui est fixe et contractuel est une plaie économique; le fixe sur le variable c’est une anomalie. La vie est mouvement.

Regardez ce qui à été fait sur l’or et le pétrole: avant ils avaient un prix fixe eh bien on les a mis sur les marchés, on a en a fait des commodities pour baiser les gens. On  reproduit ce que l’on a fait avec le facteur travail: on l’ a transformé en commodity on mis du variable à la place de ce qui, avant, était fixe. C’est si on veut un autre aspect de la marchandisation:  ce que certains   appellent la fonction de découverte  des prix par le marché,  moi je l’inverse je dis que c’est la fonction de destruction des prix intenables. 

Donc les marchés se sont créés pour tout rendre variable, même le fixe. Ainsi une dette c’est du fixe, du contractuel,  mais si vous la cotez sur un marché alors son prix devient variable. J’espère que vous avez compris, mais si ce n’est pas le cas,  ce n’est pas grave, cela viendra plus tard .  Donc là je reviens à l’essentiel qui est que la fonction des marchés est de tromper le maximum de gens; ce qui veut dire qu’ici la baisse ne sera pas linéaire, elle sera agrémentée de faux espoirs, de reprises-pièges. Le sens c’est la baisse, mais il faut que la baisse ne dégénère pas en chute libre, il faut entretenir l’incertitude, il faut qu’à chaque fois il y ait autant d’imbéciles qui achètent que de gens intelligents qui  vendent.

Nous avons choisi de dire « pouce » et de décreter une fois pour toutes, dans ce cycle que nous ne jouions plus et c’est la raison pour laquelle nous avons pris le risque de publier en tout début d’août notre conseil du siècle: nous avons conseillé de tout vendre et surtout de ne plus rien regarder pour éviter les tentations.

Avec la baisse, les intervenants commencent à se poser les vraies questions, ou plutôt la vraie question: est ce que Powell aura le courage de tenir sa ligne de normalisation, son programme de hausse des taux et de réduction de la liquidité?

Est ce qu’il aura l’estomac de remettre le système là ou il devrait être, les valeurs là ou on les a laissées en 2009? Powell fera-t-il la purge, est il un destructionniste, veut il extirper tout ce qui est pourri et faux dans le système, veut il le « grand reset »?

La question est donc: Powell va t il persévérer quand les craquements seront visibles c’est dire après une baisse de plus de 20% puisque c’est le seuil fatidique?

De la réponse à cette question dépendra le cycle boursier.

Notre penchant est de répondre non, car Powell malgré les apparences n’est pas souverain, pas plus que Trump. C’est le réel qui commande, et le réel c’est la concurrence des systèmes, c’est le fait que l’homme soit un loup pour l’homme.

Les hommes ne font jamais que faire semblant de gérer ce qui les dépasse. Ce sont des tenants-lieux.

Powell a trouvé un système américain en conflit stratégique avec la Chine et la Russie et à un degré moindre avec les Européens.

Powell ne peut faire de la déflation une politique car si il le faisait les USA perdraient dans la compétition stratégique qui est engagée, ils se mettraient en état de faiblesse interne et externe. Il faut- c’est le « il faut » impératif de la Nécessité-  il faut faire de la fuite en avant pour payer le beurre, les canons, les drones et les missiles. Il faut un surproduit considérable et ce surproduit ne peut être extrait que si on reprend, dans quelque temps l’inflationnisme. La printing press.

Donc notre réponse c’est: non Powell ne tiendra pas sa ligne, il cédera.

Il faudra être prêt. 



  • The EU Commission told Italy to redo its budget. Italy is saying it will not redo its budget, and the EU Commission needs to be more creative.
  • Media stories now project that French public debt will exceed that of Italy (in euro terms) by the end of the year.
  • Italian bonds have been volatile, but there is almost no prospect of default in the near term.
  • US President Trump has suggested the Fed is the greatest threat to the US economy
  • The US president expressed displeasure with Saudi Arabia, signaling that the US Congress will take a lead on any sanctions. Congress has, perhaps, been more inclined to sanction Saudi Arabia
  • Saudi Arabia would not politicize oil


[Reuters] Asia stocks struggle as global woes persist, oil near two-month lows

[BloombergQ] Trump Says He ‘Maybe’ Regrets Picking Fed’s Powell, WSJ Reports

[CNBC] China talks up the stock market amid lurking concerns about share-backed loans 

[MarketNews] Here are the early signs China’s stock-market woes are starting to infect the rest of the world

[MarketWatch] China investors fear too much stock is being used as collateral, a big market drag

[BloombergQ] Record China Bond Failures Breathe Life Into CDS-Like Tool

[NYT] Italy Is in Trouble. Here’s Why the World Should Care.

[WSJ] Stock Market Whiplash Rattles Investors

[WSJ] U.S. Manufacturers See Signs of New Risks

[FT] Capital key risks an Italy dilemma for the ECB

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