Productivité , profitabilité du capital, un papier pour enfin comprendre!

La science économique a pour fonction de masquer le fonctionnement réel de l’économie

Notre concept de base pour analyser le système capitaliste est  celui de  profitabilité.
La profitabilité est le rapport qui existe entre la masse de profit dans un système et la masse de capital qui prétend à sa rentabilité dans ce système. Dans un système, le capital c’est ce qui permet de s’octroyer des revenus, de la plus value, bref de la richesse en dehors du travail. Le travail permet d’obtenir une part de la valeur ajoutée, le capital permet, au titre de capital, d’obtenir une autre part de la valeur ajoutée.

On  ne vous parle jamais de la profitabilité; on vous parle soit de marges bénéficiaires soit de partage de la valeur ajoutée. Ce sont des concepts utiles mais trompeurs.

Les marges bénéficiaires sont constituées par le rapport du profit au prix de vente d’un bien ou service.

La part des salaires dans la valeur ajoutée ou dans le produit national mesure la répartition entre ce qui va au capital et ce qui va au travail.

Dans nos sociétés qui ont évolué vers l’ultra libéralisme, la part du travail se restreint et celle du capital s’accroît.

Mais vous noterez que cela ne signifie pas que la part du profit qui va au capital soit suffisante en regard de la masse de capital qui est engagée et qui prétend être rentable.

Si on produit avec beaucoup de machines, et peu de personnel il est logique que la part qui revient au propriétaire de la machine dans la valeur ajoutée soit très supérieure à celle qui revient aux salariés. Quand le poids relatif du capital progresse, alors il lui faut une part accrue de la valeur ajoutée. Sinon il dépérit.

La part déclinante des salaires dans les valeurs ajoutées et dans les produits nationaux traduit en fait le besoin de profit ou si on veut son insuffisance.  Comme le capital ne gagne pas assez en regard de sa masse alors il faut qu’il pressure le travail. Il y est obligé à cause de la concurrence. Ce qui au passage vous fait comprendre en quoi ceux qui veulent monter les salaires sans s’isoler et se protéger de la concurrence ou sans détruire du capital sont des idiots. Comme l’a été Mitterrand en 81.

La baisse de la part  du travail dans la valeur ajoutée ne traduit pas contrairement à ce qu’on croit le fait que le capital est très rentable , au contraire cela traduit le fait qu’il ne l’est pas assez et qu’il en veut plus. Les mouvements de capitaux étant libres, si le capital ne gagne pas assez ici, il va ailleurs . Grace à la concurrence et à la liberté de circulation le capital peut tenter d’imposer sa loi.

Dans nos systèmes dominés par la propagande, il ne faut qu’il soit dit que le moteur de toute activité économique c’est le profit.

Le profit est une contrainte du système, celui qui n’en fait pas est éliminé  par le jeu de la concurrence. Quand le profit est bon, alors les capitalistes investissent, la logique du capital est de ne jamais se priver d’une occasion rentable d ‘investir, c’est à dire gagner de l’argent, c’est sa raison d’être. Quand le capital n’investit pas alors les créations d’emplois diminuent le chômage augmente, les salaires baissent .

Quand le chômage augmente c’est parce qu’il n’est pas rentable d’embaucher quelqu’un de plus, si c’était rentable on le ferait. Mais il y a des moments ou il est plus payant, plus facile de spéculer que d’investir et alors malgré une apparente prospérité le chômage augmente et les  salaires ne progressent pas. On peut avoir une hausse de la Bourse et un enrichissement des capitalistes sans que la prospérité soit au rendez vous, c’est ce qui se passe depuis 2008. La Bourse est tout simplement une hernie, gonflée par le crédit, la création monétaire et l’argent du crédit gratuit. La Bourse prospère de la grềve de l’investissement productif, de son attrait insuffisant,  et de la séduction  de la spéculation.

Prtivatiser cela signifie remettre au secteur privé une activité et ainsi faire en sorte qu’elle soit soumise à la contrainte de réaliser du profit. Quand on privatise,  on augmente la contrainte de profit dans le système. On a beaucoup privatisé depuis les années 80 et le Thatcherisme.  Quand les PME et les entreprises artisanales grossissent, se vendent à crédit, s’endettent, peu à peu elles rentrent dans le système capitaliste et il leur faut réaliser du profit ne serait que pour honorer les crédits et les rembourser.

Notre évolution économique se caractérise par une progression constante de la masse de capital qui prétend réaliser du profit ou s’en attribuer. Bien entendu on ne nous fournit pas les statistiques qui seraient utiles pour étudier tout cela.

Cela peut être du capital productif efficace, du capital productif inefficace,  mais aussi et surtout du capital fictif, comme le capital que l’on transacte sur le marché financier. Le capital peut aussi venir de la monétisation de quelque chose qui auparavant n’avait pas le statut de capital comme ce fut le cas pour l’Islande qui a transformé les droits pour la pêche en un capital, lequel a été le point de départ de la vague spéculative qui a emporté ce pays.

Le capital financier a connu une expansion colossale depuis le  milieu des  années soixante car on a financialisé, ce qui veut dire que l’on a dopé la croissance par le crédit, les dettes et la création monétaire.

Le rendement, l’efficacité de cette financialisation ont été de plus en plus faibles, ce qui veut dire que pour un dollar de dette on a produit de   moins en moins de richesse ou en sens inverse il faut de plus en plus de finance  pour produire la même quantité de richesse réelle. D’ou un effet de rareté ou de dilution du profit

La masse totale d’actifs financiers dans un système mesure en quelque sorte la contrainte de profit qu’on lui impose. Le profit ou le besoin de profit s’accroissent en fonction du stock de capital c’est un effet de stock Et si les flux de revenus, de valeurs ajoutées progressent moins vite que les stocks,  alors peu à peu c’est l’asphyxie, c’est comme si les systèmes économiques couraient avec, au pied un boulet de plus en plus gros. Le  stock, c’est ce qui est accumulé, ce qui est mort, les flux, les valeurs ajoutées sont ce qui est vivant, c’est pour cela que je dis que le mort tue le vif.

A la fois en raison de la progression  relative des investissements productifs, de l’accumulation des investissements équipements périmés, zombies, et de l’inflation continue de la masse de capital fictif, le profit devient insuffisant pour satisfaire tout le monde. Comme on disait avant , du temps de Joseph Caillaux: la masse, le fardeau du capital de poids mort devient de plus en plus lourd à porter et il asphyxie l’activité vivante.

On n’investit plus car cela ne rapporte pas assez en regard des risques et des ennuis que l’on a quand on est entrepreneur, on préfère soit les rentes, soit la spéculation. C’est moins fatigant et surtout depuis la financialisation, le profit spéculatif est gonflé par la planche à billets, les taux zéro et les assurances fournies par les banques centrales. La spéculation, à risque égal et ennuis égaux  rapporte beaucoup plus que l’investissement productif.

La profitabilité est un ratio dont on ne parle jamais car c’est le  » dirty little secret » du système. Le système comme je le dis souvent ne survit que caché, dans l’ombre, il doit être non-su. Nous sommes dans un système capitaliste honteux , hypocrite et il ne faut pas qu’il soit dit que tout est dirigé, orienté, déterminé par la profitabilité.

Mais si vous regardez les mesures prises depuis la crise vous voyez que toutes ces mesures s’analysent comme des tentatives de faire remonter le taux de profit, que ce  soit :

-la baisse des taux d’intérêt,

-le CICE,

-l’assouplissement des licenciements,

-le blocage des salaires,

-la baisse des charges patronales,

-la regression  sociale,

-l’uberisation

-l’autoexploitation par l’auto entreprenariat

-la baisse des retraites,

-la baisse des impots des entreprises et

-la hausse des impôts des particuliers etc .

Regardez ci dessous c’est un travail officiel, celui de la Fed.

Vous voyez que le problème c’est bien le taux de profit; il  a chuté depuis le milieu des années 60.

Vous remarquerez que l’ultra libéralisme, le Thatcheriseme et le Reaganisme  du début des années 80  ont permis une remontée mais qu’elle a été insuffisante.

A partir de la fin des années 90, la profitabilité rechute, ce qui prépare les crises  qui ont suivi, en 2000 et 2007  avec leurs soubresauts.

La défaite historique des salariés après la crise de 2008 a permis une remontée du taux de profitabilité, mais très insuffisante donc il faut continuer à créer des dettes et du crédit pour compenser. Il faut continuer de créer des dettes donc du capital fictif, donc il faut encore fragiliser plus le système.

Contrairement à ce que croit le marché financier et les médias le taux de profitabilité de ces dernières années est lamentable , il ne justifie pas les hausses bullaires. Mais les gadgets et l’ingénierie financière et comptable permettent de faire croire que la profitabilité est remontée. Nous sommes dans un système à la Enron, les données de la comptabilité nationale le prouvent.

La tendance très longue à l’érosion de la productivité. 

La tendance longue des profits aux USA

La

 

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11 réflexions sur “Productivité , profitabilité du capital, un papier pour enfin comprendre!

  1. Belle démonstration mais elle n’est valable que dans le système (néo) libéral dont le capitalisme est un avatar. C’est sortir du libéralisme (qui n’a rien à voir avec la liberté philosophique) qu’il faut promouvoir et non pas la modification des rapports de forces au sein du système par nature corrompu.

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  2. Ingénieries comptable, financière, fiscale et sociale sont des armes de destruction massive des classes moyennes.

    Illustration concrète dans l’actu du jour : « Je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail », répond Macron »…

    Les français vont une fois de plus gober une idiotie, une pirouette de langage masquant le vrai problème : 50% de taxe sur le travail !

    Ce à quoi s’ajoutent tva, chômage, répression financière !

    Oui Manu en taxant le carburant, tu taxes le travail, tu amputes les maigres revenus des crève la faim, des sans dents !

    Où et quand les forces dyonisiaques ? Jamais! La France des effroyables Enragés n’est plus.

    Derrière les déclarations humanistes, lumineuses, toutes idéologiques et littéraires, les concepts à l’œuvre sur le terrain et dans le cœur des hommes sont en réalité : esclavage, inversion, cupidité.

    La haute bourgeoisie gagnera toujours : perpétuation d’un système qui organise clientélisme, division des corporations et corruption généralisée.

    Ça marche parce que les citoyens moyens ne savent tout simplement pas compter et n’ont jamais appris ni le courage ni la liberté.

    Dans un monde de prédation, le prix de la sécurité est lourd.

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    1. Entretenez votre indignation et exprimez la, c’est contagieux.

      Mais ne vous découragez pas, il faut du temps au temps, nous sommes à l’échelle de l’Histoire. Il a fallu du temps pour en arriver là , il en faudra pour en sortir.

      Cela fait 70 ans ans et plus que l’on produit un peuple de moutons bêlants il faut attendre la relève des gens et des idées , mais elle viendra.

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