Editorial. Macron et Draghi, même combat: serrez vous la ceinture, sacrifiez vous et nous accepterons de donner un avenir à vos enfants.

Avertissement; est il possible de lutter socialement si on ne comprend pas la société dans laquelle on vit? L’expérience enseigne  que la réponse est non. Ici je vous explique pourquoi vous devez lutter contre Macron, mais pas que…

[Reuters] Europe must fight illiberal forces, Draghi warns

Traduction: L’Europe doit combattre les forces illibérales avertit Draghi.

Il y a beaucoup à dire sur pareille déclaration qui, il faut le souligner intervient à la fin de son mandat et au terme de la politique monétaire non conventionnelle qui a débuté non pas en 2014 avec les QE, quantitative Easing mais avec Le SMP, “Securities Market Program.” en 2010!

Juste deux  observations. Il faudrait un livre, que dis-je une collection pour traiter de ce qu’évoque le propos cynique de Draghi. Ce livre il faudrait le traduire en toutes les lengues et être capable de le mettre en bandes dessinées pour en favorsier la compréhension par le public.

D’abord la forme « il  faut » : d’où sort ce « il faut » de quelle autorité Draghi technicien non élu , stipendié de la finance et de la banque, se croit-il investi? La soi disant indépendance des banques centrale ne lui confère aucun droit à donner des ordres à la politique. Ce »il faut » illustre tout à fait la prétention des  financiers à régenter le monde , à dicter leur loi aux gouvernements, au souverain et au peuple. Il y a la dedans la prétention de limiter le suffrage universel au choix rocardien de  la couleur des cages d’escalier des immeubles collectifs.

Draghi a été le banquier central le plus autocrate, il refuse toute critique, tout débat et il ne rend compte à personne à l’inverse de la Fed qui au moins comparait périodiquement devant les élus et est cuisinée durement. Draghi n’a jamais répondu à aucune question dans aucune enceinte; à ceux qui ont essayé il a cloué le bec de façon péremptoire. Il a ridiculisé les élus des Pays Bas qui avaient prétendu le cuisiner. Avec l’aide de l’hypocrite Merkel il a roulé dans la farine les plus hautes instances constitutionnelles allemandes.

Par ses décisions sur les volumes de monnaie, de crédit et le niveau des taux, il a déplacé des trillions et des trillions! Il a donné gratuitement des trillions aux uns, à ses pairs banquiers et volé les épargnants et caisses de retraites et d’assurances par centaines de milliards, transformant le pouvoir de taxation des gouvernements en un ridicule hochet. Les gouvernements jouent avec des Milliards, Draghi joue , jongle avec des centaines de Milliards.

Avant la crise le bilan de la Banque Centrale était de 1,5 trillions, il l’ a fait passer à 4,7 trillions soit plus de 41% du GDP de la Zone.

Après le SMP de 2010, Draghi a fait le LTRO, “Long-term Refinancing operations (LTRO) de 2011 qui a donné 640 milliards quasi gratuitement aux banques afin qu’elles achètent des emprunts d ‘état qui rapportaient beaucoup à l’époque.

En 2012 il a annoncé le fameux « coûte que coûte » et l’OMT, “Outright Monetary Transactions » program (OMT).  Pur cadeau par lequel il donnait toutes garanties au secteur financier quel qu’en soit le prix , le fameux « whatever it takes » qui a enrichi tous les spéculateurs du monde, lesquels ont ainsi été assurés, certains, de ne plus jamais enregistrer de pertes, ces  spéculateurs qui ont pompé la richesse européenne sans lever le petit doigt ou courir un risque.

Pour couronner le tout, Draghi a lancé en 2014 le sinistre  Quantitative Easing,  pour 2,7 trillions, somptueux cadeau aux banques, souvent utilisé pour spéculer à l’étranger, chez les émergents ou ils viennent encore d’enregistrer des pertes colossales !

Ensuite le contenu. C’est un aveu d’échec bien sûr! Car si il faut accompagner la politique monétaire scélérate , ruineuse, mensongère qui a été menée par une autre politique , fiscale, sociale, cela signifie que l’action monétaire n’a pas été efficace. Draghi reconnaît ainsi que la politique, la vraie politique,  doit être au service de la monnaie, la sienne, celle qu’il a conçue et non l’inverse. C’est le fétiche qui commande la politique, qui régente la société et il doit décider de l’ordre social qui le sert le mieux.

L’ordre social qui sert le mieux cette monnaie ce serait l’ordre libéral puisque l’ordre illibéral lui le dessert.

Draghi est un faussaire et pas seulement en fausse monnaie car c’est l’ordre actuel qui est illibéral, c’est un ordre dirigé, un ordre constructiviste, dissymétrique  par lequel des techniciens/idéologues  s’arrogent le droit de décider du paramètre essentiel, du catalyseur  de la vie  économique, la monnaie et de la variable fondamentale qui régit les rapports dans le temps: les taux d’intérêt.

L’ordre actuel est illibéral, c’est le règne de l’inversion! L’ordre actuel est illibéral, c’est l’ordre du faux capitalisme, l’ordre du capitalisme monopolistique d’état et de banques centrales réunies.

C’est un ordre de socialisme monétaire, de  pseudo socialisme, avec dure  loi du marché pour les faibles et protection monopolistique pour les ultra riches.

Un ordre de pillage de la monnaie pour les uns, un ordre de socialisation des pertes et des risques pour les ultra-riches. L’ordre actuel est un ordre  dur de  capitalisme pour les faibles et un ordre socialiste crony, de connivence pour les ultra riches. Les gains pour les uns et les pertes pour les autres.

C’est la division/spécialisation du travail du post modernisme, les uns travaillent, les autres jouissent. Les uns obéissent, les autres commandent. Les uns produisent les autres consomment. Les uns se coltinent le poids du réel, les autres gèrent l’imaginaire.

Personne ne relève le caractère scandaleux de cette affirmation de Draghi ; « la politique monétaire choisie  unilatéralement par un homme, par  une classe doit pouvoir imposer; imprimer sa marque à  tout le reste car sinon elle n’est pas efficace »!

Incroyable prétention, dont je n’ai vu aucune analyse dans les médias, dont je n’ai entendu parler aucun homme politique.

De fait implicitement Draghi avoue que la politique monétaire n’a pas fonctionné , qu’elle n’a pas rétabli durablement la croissance. Quelle est l’utilité de cette politique monétaire si elle manque son objectif après 3,2 trillions de monnaie bidon tombée du ciel et si après l’avoir pratiquée on est obligé de reconnaître qu’elle n’est pas adaptée au monde réel et .. qu’il faut changer le monde!

La monnaie bidon n’est pas une monnaie vivante, la seule monnaie vivante est celle qui se crée, qui circule, qui se vivifie par les échanges, tout le reste est zombie, comme le sont les banquiers centraux et leur suiveurs.

La monnaie, la vraie monnaie ne tombe pas du ciel, messieurs les débiles , la vraie monnaie remonte du bas vers le haut, elle s’origine dans l’économie réelle, la monnaie qui est exogène, qui est mise au monde par des jeux d’écriture dans les livres de comptes des banques centrales ce n’est même pas de la fausse monnaie, c’est de la monnaie morte. On ne prête pas à partir des réserves messieurs les banquiers; c’est la demande solvable de crédit qui crée la monnaie quand elle rencontre des banques qui ont assez de capital pour supporter les risques liés aux prêts.

La politique monétaire n’a pas restauré les conditions de la croissance saine, légitime, équilibrée parce qu’aucune politique monétaire ne peut magiquement transformer le monde!

La politique monétaire c’est la manipulation de signes, des chiffres, des zéros  dans les livres comptables or le monde est fait de sueur, de pisse, de merde, d’efforts, d’innovation et de sang . Croire au pouvoir magique de la monnaie digit, c’est tomber sans le piège du pacte faustien qui consiste a autonomiser l’ombre, à la séparer du corps. La monnaie est une ombre, une ombre qui prétend dicter sa volonté au corps. La monnaie est un signe, un discours, un catalyseur dont le pouvoir ne se révèle que si et seulement si, les conditions de la mise en oeuvre de ce pouvoir sont réunies.

La politique monétaire, c’est le Cargo Culte, c’est , ce sont les signes cabalistiques des grands prêtres, rien d’autre. La politique monétaire oeuvre dans le domaine de  l’illusion, ce qui est bien pour le court terme, mais elle est incapable d’aller au delà.

Le long terme c’est du dur, du lourd, du solide et les incantations des grands prêtres, les masturbations des eunnuques de la reproduction  ne  font se léviter que   les bulles financières scélérates qui aggravent les inégalités et détruisent l’ordre social, qui scandalisent les Gilets jaunes mais n’améliorent pas  le monde réel.

Le Draghi dit qu’il faut accompagner l’action monétaire  par des réformes sociales qui vont toutes dans la même direction: augmenter le taux d’exploitation de la main d’oeuvre vivante et  réduire les avantages acquis des travailleurs anciens. Ce que dit le Draghi c’est qu’il faut, pour sauver le mort, tuer le vif; le capital est du travail mort cristallisé et que nous dit le Draghi, il nous dit: pour sauver ce travail mort cristallisé il faut réduire ce dont se nourrit le travail vivant.

Le « il faut » de Draghi c’est :  fragiliser, flexibiliser, assouplir les échines etc. Il faut compléter la politique monétaire de transfert de richesse en faveur des deja riches par la capacité à mettre en valeur cette richesse accrue des riches. Il faut ouvrir, il faut favoriser l’immigration qui permet l’égalisation des salaires vers le bas, il faut accepter ce que les nouveaux barbares appellent l’arbitrage international du travail et des marchandises qui contiennent le travail.

Autrement et plus simplement, il faut non seulement que les riches deviennent encore  plus riches mais il faut leur concéder encore plus  de plus-value afin que leur capital soit mis en valeur. Ainsi et seulement ainsi, si on est bien obéissant, le capital acceptera d’investir de recréer des emplois au lieu de profiter de la libre circulation pour s’évader.

Il faut , toujours présenté autrement d’abord restaurer le taux de profit du capital accumulé et, si on l’a assez restauré alors on verra des investissements et des créations d’emplois et de la croissance.

Le chantage est ignoble: serrez vous la ceinture, sacrifiez vous et nous accepterons de donner un avenir à vos enfants.

Vous savez que je suis capitaliste et que je soutiens qu’il faut restaurer le taux de profit mais, il y a un énorme « mais », je soutiens qu’il faut le faire non pas en pesant sur les salaires, mais en détruisant du capital ancien, en l’euthanasiant, en le restructurant. En le privant de ses droits. Il faut répartir la rareté du profit, le réserver au meilleur de l’économie. Il faut que le profit aille là ou il est utile, légitime, là ou il vivifie au lieu de tuer. Il faut détruire le capital inefficace, inutile, fictif, de poids mort. Le profit doit être réservé à ce qui est bien, bon,  adapté à la société et à ses besoins de long terme.

En fait Draghi c’est exactement la même chose que Macron; Macron, c’est Draghi élu à la tête d’un gouvernement , c’est Draghi qui met en oeuvre sa politique.

Il avoue ainsi que c’est une politique de classe qui, pour maintenir les droits acquis du capital ancien exige la destruction des  droits acquis des salariés. Il montre au grand jour la dissymétrie de l’action et de la philosophie des banques centrales; on considère comme sacrés les droits du capital ancien, on inflate encore plus ces droits on refuse de les dévaloriser mais on prétend détruire les droits des salariés et faire en sorte que leurs droits acquis deviennent bio-dégradables .

Macron , c’est la mise en place de la bio-dégradabilité des droits des salariés.

C’est cela le grand secret de Draghi et de tous les Macron du monde: rendre les droits des salariés bio dégradables en les mettant en concurrence afin de maintenir fixes et croissants les droits du capital, même si il est inutile, fictif dépassé, inadapté, de poids mort.

Ah les braves gens! 

 

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8 réflexions sur “Editorial. Macron et Draghi, même combat: serrez vous la ceinture, sacrifiez vous et nous accepterons de donner un avenir à vos enfants.

  1. Un comic intéressant même s’il est ésotérique, mais chargé de symbolique et qui rejoint dans l’esprit notre combat : « Black Monday murders », de Hickman Coker. Tome 1 en français.

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  2. Le chantage est ignoble: serrez vous la ceinture, sacrifiez vous et nous accepterons de donner un avenir à vos enfants.

    Surtout que si on en croit le pacte de marakkech, ils vont importer des travailleurs a grande echelle…Pis pour un travailleur africain,un smic a 450euros ca passe,par contre pour un europeen qui tient l’electricite et le chauffage pour acquis…

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    1. L’expression « capital de poids mort » a été introduite par le ministre Joseph Caillaux, l’un des meilleurs ministres des finances que la France ait eu, pour désigner le capital qui ne correspondait à aucune contrepartie productive et en particulier la masse de dettes anciennes que l’on ne parvient pas à honorer.
      Je vous conseille la lecture de « Ou va la France, ou va l’Europe », de Caillaux, paru en 1922 ce qui montre que les problèmes actuels ne sont pas neufs , loin de là.
      Ouvrage que tout soi disant économiste devrait avoir lu.. mais il y en a tellement d’aurtes!

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  3. Oui, M. Bertez, les problèmes actuels ne sont pas neufs… Mais le problème, justement, c’est que la finance mondialisée a acquis une puissance qu’elle n’avait pas (encore) dans les années 20. On peut désormais parler de gouvernance de la finance, le politique ayant été acheté et réduit à de la figuration.
    De Gaulle ne pourrait plus dire que la politique de la France ne se fait pas à la Corbeille !
    Comment sortir de cette situation infernale ? Hélas, je crains que ce ne soit pas possible à part par une révolution… mondiale ! C’est dire que ce n’est pas fait …

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