Editorial: la preuve que la situation est vraiment très mauvaise. Voir et comprendre.

Vous n’entendez plus parler de la crise. pourtant elle est là et bien là avec son horrible tête; une tête hideuse.

La baisse récente des marchés financiers qui a envoyé près de 20 trillions au paradis ou à l’enfer si vous voulez de la monnaie, cette baisse est passée sous silence partout. Même le Trump soutient, ces dernières heures, que c’est un « glitch » presque une fausse manoeuvre des programmes automatisés!

Non la crise n’est jamais partie elle a été repoussée, mise au frigo avec des petits noeuds roses , paquets cadeaux aux ultra riches pour l’envelopper.

La crise a été masquée par une production de crédits et donc de dettes- on doit être autour des 280 trillions en ce moment-  sans précédent et grâce au transfert de richesse colossal qui a fait passer l’argent des classes moyennes dans les poches de gouvernements, des banques, des très grandes entreprises financialisées, et des ploutocrates.

Hélas les subterfuges n’ont qu’un temps et celui de l’addition est venu. on ne peut continuer à empiler les dettes de mauvaises qualité, à inflater les bilans des banques centrales. Il faut au moins faire semblant d’envisager de normaliser même si on sait que l’on ne pourra pas. Et si on fait semblant alors on déclenche un mouvement de déflation, l’air qui est dans les bulles s’échappe, les marchés financiers tanguent, la communauté spéculative mondiale se précipite vers la sortie,de façon plus ou moins ordonnée.

Personne ne reconnaît la réalité, la vérité, la justesse de notre description, si cette description était « common knowledge », les gouvernements seraient tombés depuis longtemps. Pour que cela dure, il faut mystifier , remystifiier et encore mystifier. Il faut maintenir intacts les mythes:  les gestions sont d’intérêt public, elles sont efficaces, les élites savent ce qu’elles font.

Les gouvernements et les banques centrales,ces complices et connivents font comme si ils avaient réussi à  conjurer la crise ; il faut bien qu’ils justifient la création monétaire, l’austérité et les réformes! Il faut bien qu’ils aient quelque chose à offrir en contrepartie de l’accroissement historique des inégalités et de la paupérisation .

Nous sommes, depuis le début de 2018, depuis février 2018 dans un nouveau régime que l’on qualifiera de régime de retour des forces de déflation. Ce nouveau régime coïncide avec la normalisation monétaire aux USA  ou son annonce en Europe et au Japon:

-les marchés financiers chutent, les bulles crèvent

-les prévisions de bénéfices des sociétés sont en forte révision en baisse dans le monde entier

-la révision en baisse des prévisions de bénéfices détruit l’effet de richesse qui a donné l’illusion que le système était reparti comme avant

-les taux de croissance ralentissent partout

-les anticipations d’inflation régressent

-les taux longs sans risque reculent fortement comme le 10 ans US et le Bund allemand

-les prix du pétrole et des matières premières sont en chute libre

-les primes de risque se dilatent, on dégrade les emprunts de mauvaise qualité à toute vitesse

-les émissions de dettes pourries sont gelées

-les ETF, ces oiseaux de beau temps,  subissent des sorties colossales

-l’immobilier déflate fortement

-les flux financiers recherchent la sécurité américaine car les USA ont la planche à billets qui permet d’imprimer les dollars

-la volatilité/instabilité  revient dans tous les domaines

-les cours des banques, partout reculent et surtout en Europe

Le mensonge règne en maître, mais il y a au moins quelque chose, un signe, un indicateur qui ne trompe pas et c ‘est celui de la masse d’emprunts qui offrent des rendements négatifs!

Je m’explique.

Si vous avez peur pour votre patrimoine financier, si vous croyez à la chute de la bourse, aux faillites, aux prélèvements sur les dépôts bancaires , alors vous cherchez un refuge. Et vous êtes prêts à payer ce refuge très cher. Au point même que ce refuge non seulement vous ne lui demandez pas de vous offrir un rendement, non vous acceptez qu’il vous coûte.

Vous acceptez de payer un émetteur de papier, un émetteur de dette de très grande  qualité, sans risque, pour qu’il prenne votre argent.

Les taux négatifs , cette anomalie incroyable, sont la mesure, le baromètre de la peur. Si vous avez peur vous acceptez de payer cher pour être protégé et savoir de que votre argent est placé dans quelque chose qui est sans risque: Trésor allemand, Suisse, très grandes entreprises gorgées de cash et de peu de dettes. Pour des raisons spécifiques le Japon est considéré comme sûr et fait partie des refuges.

La masse des emprunts qui offrent des rémunérations négatives est le meilleur baromètre , la meilleure mesure de l’angoisse des gens qui sont très riches, très sophistiqués et très au courant de la situation puisque ce sont eux et leurs fondés de pouvoirs qui gèrent le système.

Ci dessous un graphique qui montre que la masse agrégée des emprunts qui offrent un taux de rendement négatif est en forte hausse, elle est au plus haut depuis 10 mois: Est-ce le signe que cela va bien?

Note: nous pensons  que les ultra riches ne sont pas très malins et qu’ils se font piéger par les apparences; aucun des véhicules sûrs qu’ils achètent n’est sûr et tous ces colosses sont aux pieds d’argile, mais c’est une autre question, un autre débat. 

 

Le grand transfert: « grâce au transfert de richesse colossal qui a fait passer l’argent des classes moyennes dans les poches de gouvernements, des banques, des très grandes entreprises financialisées, et des ploutocrates ».

Ce que les uns perdent les autres le gagnent!

 

 

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2 réflexions sur “Editorial: la preuve que la situation est vraiment très mauvaise. Voir et comprendre.

  1. Bonjour Mr Bertez,

    Je vous cite « Le mensonge règne en maître, mais il y a au moins quelque chose, un signe, un indicateur qui ne trompe pas et c ‘est celui de la masse d’emprunts qui offrent des rendements négatifs! »

    Autant dire que si la croissance s’accentue, cela annoncera bien une purge sur les dépôts. Les riches eux commencent déjà à payer leur assurance. Pour les autres, c’est à dire la masse, ce sera un saut mais sans parachute

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