Les dépêches mardi 8 janvier. Pour le moment tout se passe comme prévu, nous sommes dans notre scénario.

Lorsque nous avons concrétisé notre position sur les marchés le 1er aout en donnant notre fameux conseil du siècle, nous avons ajouté, vendez tout et ne regardez plus rien avant de nombreux mois. Avant que le marché ait été saigné.

Le conseil, avons nous précisé, ne vaut que par sont « tout », il faut à la fois vendre et ne plus regarder. Il faut cesser d’être fasciné car c’est la fascination qui, comme la Lorelei de la légende allemande, précipite dans les rapides et les  écueils et fait sombrer. Il y a dans ce conseil à la fois une appréciation sur le marché et une appréciation sur la faiblesse humaine.

Pourquoi ? Parce que nous savons de très  longue expérience que les mouvements qui suivent un renversement de tendance sont inéluctables, brutaux et donc trompeurs. ce sont des pièges. Nous avons dès le départ anticipé sur les rebonds ajoutant, « les bons rebonds font les bonnes baisses ». Ce qui veut dire que pour que la baisse soit forte il faut qu’il y ait des rebonds violents lesquels permettent la reconstitution de la dynamique de la baisse de temps à autre.

Nous avons intégré les rebonds puissants dans notre conseil parce que nous savons que les autorités ne peuvent supporter une baisse linéaire, ils ne peuvent laisser se former la boule de neige.

Il faut que les marchés donnent l’impression d’avoir deux sens: la hausse et la baisse. Et nous savions que Powell n’était pas différent des autres, il est pris dans la même nasse, dans le même imaginaire théorique donc, avec de formes différentes, il se conduira comme eux sur le fond. Quand cela deviendra désordonné , il parlera d’abord puis promettra ensuite et enfin, si il le faut, il agira dans le sens de la reflation. Il rajoutera un peu de béquilles.

Tout se passe comme prévu, la séquence  est enclenchée. 

Il est absolument nécessaire que vous compreniez ce qu’est un marché.

Un marché c’est un outil dont la fonction est de mettre les choses, toutes les choses à leur valeur en ruinant le maximum de gens. Un marché est , sur le long terme bien sur, un lieu de destruction des fausses valeurs, bien peu de gens osent raisonner ainsi, mais c’est notre façon de raisonner. C’est le lieu ou se découvrent les vraies valeurs par destruction des fausses,  et ceci ne peut être fait que si la masse, la majorité des intervenants perd de l’argent.

Le marché est sans morale, il est objectif, il accomplit sa fonction sans état d’âme. cela ne veut pas dire qu’il ne se trompe pas, (vous savez que je ne crois pas aux théories modernes sur les marchés efficients ), non cela veut dire qu’il se trompe sans cesse mais que sur le long terme, il gagne toujours. Notez bien sur le long terme le marché gagne toujours. Vous pouvez tricher, subventionner, mettre des cliquets, mettre des planchers: sur le long terme le marché gagne toujours, il a l’éternité devant lui.

C’est la statue du commandeur! J’appelle cela la Loi incontournable de la Valeur.  Tout ce qui est soutenu artificiellement finit toujours par tomber.

On ne peut toujours tenir à bout de bras. L’énergie utilisée est considérable. L’énergie qui a été utilisée pour imposer des fausses valeurs depuis 2008 est absolument colossale, elle a d’ailleurs détruit les corps sociaux, les sociétés civiles, les arrangements politiques, la morale, les consensus, l’équilibre géopolitique!

Soyons cyniques, la fonction du marché du travail par exemple, celle que Macron et Bruxelles veulent restaurer en France , cette fonction est de faire baisser le prix, de dévaloriser le coût du travail en France, de faire chuter la valeur du travail en France, de détruire sa fausse valeur artificiellement tenue élevée par les règlements, par le Code du Travail, par le SMIC, par  le crédit etc.

Parce qu’il n’a pas assez chuté alors que la globalisation /européisation auraient du le faire rétrograder le travail français n’est pas à son prix. Il est à un prix historique non tenable. . Reinstaurer la loi du marché du travail comme le veut Macron c’est mettre en place les conditions de sa dévalorisation, c’est restaurer la concurrence qui fait baisser les prix,  un peu comme le font les plateformes type Uber et autres.  Le marché, en ce sens, est l’adaptation suprême à condition qu’il joue et qu’il soit donc libéré, flexible. Les facteurs doivent bouger, s’assouplir comme les échines.

Le libéralisme ce n’est pas le capitalisme comme beaucoup le croient non le libéralisme est plus radical, c’est l’idéologie qui dit que l’on ne peut échapper aux valeurs de marché et que si on s’y oppose cela a un coût qui finit par asphyxier; un coût qui peu à peu devient prohibitif. Dans le cadre du marché du travail comme dans le cadre du marché du logement, le coût c’est le chômage et l’existence d’une armée de  mal-logés.

Eh bien c’est la même chose pour le capital mais en un peu plus complexe. Et les morceaux de papier qui le représentent, qui le symbolisent ne sont pas à leur prix parce que l’on injecte sans cesse de la fausse monnaie, de la monnaie digit et de la monnaie de crédit qui par glissement les font enfler, inflater.

Le champ des morceaux de papier (ou si on veut le champ des promesses)  est unifié, c’est dire qu’il comprend la monnaie de base, les différentes formes de monnaies M , la quasi monnaie, les money like, les actions, les obligations, les dérivés, les bouts de papier des contrats immobiliers, les bouts de papier des promesses de retraite  etc . Et quand vous injectez à un endroit, vous faites une hernie ailleurs là ou la résistance est la plus faible, là ou la spéculation est la plus facile. La monnaie se déplace selon la ligne de plus grande pente du profit facile, ne l’oubliez jamais. Et aussi selon la ligne de plus grande pente du pouvoir Crony mais c’est une autre histoire.

Il y a une masse de papiers, de fausses valeurs dont le prix s’est écartée de la valeur réelle, de la valeur économique soutenable. Les prix se sont envolés et ils ont  lévité. Le marché a pour fonction, sur le long terme, de remettre tout cela en ordre, c’est à dire de dévaloriser. L’ordre c’est quand chaque chose est à sa place quand les valeurs relatives sont bien ordonnées entres elles, le désordre c’est quand tout est traité indifféremment.

Nous avons donné notre conseil du 1er Aout parce que nous avons considéré au vu des mouvements internes des marchés, au vu de la baisse de la liquidité, au vu de la dilatation des spreads , au vu de la volatilité , nous avons considéré que le processus de destruction des fausses valeurs par les marchés était commencé. Il était En Marche comme les crétins qui servent de députés à Macron, le grand destructeur.

Pour le moment tout se passe comme prévu, nous sommes dans notre scénario.

Powell a calé, le marché a rebondi ; c’est dans l’ordre des choses.

On invoque la similitude avec ce qui s’est passé en 2015 et 2016 et la reflation de Shanghai, c’est normal. Cela rentre dans notre scénario, c’est un narrative tout a fait logique même si il est en grande partie inadapté car les conditions ne sont plus les mêmes.

Cela n’empêche pas de rester vigilant et de suivre au plus près afin de s’assurer qu’il n’y a pas d ‘écart fondamental, déterminant dans les scénarios.


 


[Reuters] Asian shares propped up by hopes for Sino-US trade deal, cautious Fed

[Reuters] S&P downgrades PG&E ratings to ‘junk’ status

[FT] Donald Trump and Xi Jinping face off in global trade war

[Bloomberg] Three Reasons Trump’s Trade War Will Become a Pain for the U.S. Economy

[BloombergQ] Samsung Feels Apple’s Pain as Technology Slowdown Hits Sales

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