Essai. Le rêve d’un nouvel accord de Shanghai ou d’une nième relance budgétaire

Is The « Shanghai Accord » 2.0 Coming

Something big is brewing behind the scenes.

Ceux qui me suivent savent que j’ai toujours considéré la reprise économique de 2017 comme le résultat de ce que j’ai appelé le consensus de Shanghai.

je ne l’ai jamais désigné comme un accord car il ne s’agissait pas d’un accord mais d’un consensus de gens, qui partageaient les mêmes craintes et avaient le même intérêt.

Yellen en a été le chef d’orchestre, surtout au téléphone . C’est à mon avis sa plus belle réussite.

Ce consensus  a été très productif car extrêmement intelligent, il abordait tous les aspects de la situation et c’est cela qui était remarquable. Il était puissant avec des  moyens énormes en particulier du côté chinois. La concertation discrète a été l’une des clefs du succès. Les pays producteurs de pétrole y ont participé en faisant remonter le cours du brut. Ce fut le signal de la reflation.

Grace à ce consensus, les perspectives se sont rapidement améliorées, et surtout l’éclatement de la bulle chinoise a été évité, ce qui était l’intérêt de tout le monde.

La Chine a évité la catastrophe mais le monde global également:  la chute du yuan et la dislocation chinoise aurait perturbé le monde entier.

La Chine  a payé le prix le plus lourd car depuis lors le pays est ingérable, coincé entre des forces contradictoires produites par l’excès de dettes et de spéculation immobilière. Le système chinois ne répond plus aux stimulations, il ne transmet plus, il dysfonctionne.

Les marchés croient à la possibilité d’un nouvel accord de Shanghai et Powell lui même y a fait référence; il a évoqué   cette situation de 2015-2016 pour justifier sa volte face sur la politique monétaire. Il est redevenu dovish en pensant à cette séquence de 2016.

Nous pensons que ce sera peut être tenté, c’est même à notre avis en cours en ce moment: le dollar a cessé de monter, le pétrole a stoppé sa chute, les bourses rebondissent,  la Chine tente de réinjecter des liquidités et du crédit.

Les  conditions globales étant très différentes, il n’y a aucune chance que l’on assiste à une réussite comme celle de 2016-2017.

Les temps ont changé, le monde n’est plus le même: il est en train de se déglobaliser, il tourne le dos à la coopération, il est sous pression. pas seulement à cause de Trump mais aussi en raison de tous les déséquilibres accumulés et non résorbés.

Comme je le dis souvent les amortisseurs sont usés, les fondamentales sont pourries, les corps sociaux sont fatigués.

C’est la raison pour laquelle des keynésiens convaincus comme Lawrence Summers lancent des cris d’alarme, ils ne croient plus aux effets des stimulations monétaires,  et conseillent très fortement de relancer les déficits fiscaux partout et rapidement;

Ces gens affirment que le bas niveau des taux d’intérêt permet des déficits accrus malgré la masse de dettes deja accumulées et que ceux-ci seront financés très facilement. Ils recommandent des travaux d’infrastucture et des grand projets d’équipement.

Vous savez que nous considérons que ce qui est déterminant pour le système, c’est l’évolution de la profitabilité du capital. En 2019 elle devrait régresser après les améliorations de 2017 et 2018. Mais si les déficits budgétaires repartent à la hausse alors un round de prolongation peut se dessiner.

La demande produite par les  déficits a tendance en effet à élargir les marges et à booster la profitabilité, car elle ne pèse pas sur les coûts tout en améliorant la demande globale.

Les détracteurs de Lawrence Summers comme Rogoff pensent que la situation bilantielle est au contraire trop lourde et que cette tentative si elle a lieu risque de provoquer de nouvelles crises financières.

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2 réflexions sur “Essai. Le rêve d’un nouvel accord de Shanghai ou d’une nième relance budgétaire

  1. « La demande produite par les déficits a tendance en effet à élargir les marges et à booster la profitabilité, car elle ne pèse pas sur les coûts tout en améliorant la demande globale ».

    Lisez soigneusement, c’est une évidence qui découle des identités keynésiennes qui décomposent le PNB.

    Quand l’état s’endette, en vertu de ces identités, les profits augmentent.

    Vous pouvez accéder à cette évidence par le biais du concept de coût de production de la demande.

    Si la demande est produite par la distribution de revenus du travail alors les marges bénéficiaires diminuent; si les demandes est produite par la dette et le déficit de l’état alors les profits ne baissent pas.

    Voir C. A. Michalet sur le concept de cout de production de la demande.

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