Editorial. Le peuple défie Macron, Macron défie le peuple!

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Le quinquennat macronien vient d’entrer dans une crise dont il n’est pas près de s’extraire.

Le mouvement des « Gilets jaunes »,  révèle la montée d’une colère irrépressible contre le délitement social, l’explosion des inégalités,  la surexploitation et surtout contre sa nouvelle forme: l’exploitation financière et monétaire.

En un mot, les gens, le peuple refusent qu’on leur pourrisse la vie plus longtemps et irrémédiablement.

Cette colère est à la mesure d’une politique pseudo libérale importée d’ailleurs et imposée par le capital financier, par  les banques, par  la globalisation et par l’européisation forcée.

La politique qui est menée prétend permettre à un capitalisme financiarisé et globalisé  de sortir d’une crise qu’il a lui même crée. Elle prétend paupériser une partie de la population au profit d’une autre partie, celle qi est  détentrice du capital non productif, fictif, constitué en grande partie de créances qui ne peuvent être honorées que par un prélèvement accru sur les salariés.

Il s ‘agit d’augmenter  la part du revenu national qui revient au capital non productif et à l’état pour que les dettes puissent être honorées, c’est à dire pour que les créanciers, les marchés, les banquiers puissent faire leur plein.

C’est en effet ainsi qu’il faut comprendre la limitation du déficit budgétaire selon les critères de Bruxelles et la politique de réduction du recours à l’emprunt.  Dans son fondement cette politique est un retour en arrière.

En effet la France a distribué des acquis sociaux à crédit au cours des 30 dernières années. Elle a distribué sans recette correspondante en face.  Elle l’a fait parce que ce qu’elle a distribué elle a refusé d’en faire supporter la charge aux ultra-riches, aux privilégiés, aux grandes entreprises internationalisées.

La politique actuelle consiste à faire rendre par les salariés ce qu’ils ont touché dans le passé parce que, ce qui a été donné, n’a pas été, par lâcheté, prélevé sur ceux qui devaient contribuer. On a fait de la sociale démocratie sans la financer , on en a reporté le coût à plus tard. On a voulu artificiellement maintenir le taux de profit et la rentabilité du capital investi pour ne pas faire peur aux détenteurs de capitaux et aux détenteurs de revenus et de patrimoines élevés.

La politique faussement dite libérale consiste  la fois à baisser les coûts de  la main d’oeuvre, et à faire régresser les acquis sociaux , y compris les retraites et les services publics. La politique consiste à se passer du peuple en orientant l’appareil productif vers l’exportation. On n’ a plus besoin des clienst français on préfère exporter.

L’ajustement se fait sur le dos du plus grand nombre. Sur le dos des ouvriers, des employés, des demandeurs d’emploi, des retraités, des travailleurs « ubérisés », des salariés en charge du service public, des jeunes en demande de formation, des paysans , des artisans et petits commerçants , des petites entreprises.

C’est pour cela que les Gilets Jaunes sont aussi divers et viennent d’horizons aussi différents. C’est pour cela que leurs demandes sont aussi contradictoires.

Les choix du gouvernement auraient peut-être pu être  défendables si ils avaient été expliqués, si ils avaient fait l’objet d’un Pacte Social équilibré et si en plus ils étaient efficaces. Pour cela il fallait clarifier et non pas enfumer. Il fallait avoir le courage de dire : tout le monde, tous les facteurs de production vont contribuer. On a fait exactement l’inverse. Il fallait se donner les moyens d’établir un consensus.  Et au contraire on a divisé.

Rien n’ a été fait, on a eu recours à l’enfumage, la violence, le mépris, la culpabilisation, le rejet  et comble de tout on sait maintenant que cette politique est inefficace, elle ne mène à rien, le redressement n’est jamais au rendez vous.

On démontre, théoriquement que de toutes façons le résultat ne peut être au rendez vous; ce n’est pas en appauvrissant que l’on crée plus de richesses, c’est en investissant et en même tempe en suscitant une demande suffisante pour faire tourner la machine. Il faut à la fois, faire assez de profit et avoir assez de  demande pour relancer la machine économique.

Les politiques suivies  s’avèrent parfaitement inaptes à offrir le plus petit début de redressement. Le poids du passé, des dettes, des privilèges, des corporatismes est trop lourd, la France a une multitude boulets aux pieds. Et ceux qui n’en ont pas se sauvent à la faveur de la liberté de circulation mondiale des capitaux.

On  multiplie les exonérations de cotisations pour les entreprises, on rabote  les politiques publiques, on dérégule, tout cela ne sert à rien. Tout montre que les écarts avec nos partenaires au lieu de se résorber se dilatent. Ceci entraîne un besoin d’austérité accru pour pouvoir continuer de bénéficier de l’euro. C’est le noeud coulant que se resserre autour du cou chaque jour un peu plus. Et le système ne tient que par la politique de soutien monétaire de la BCE, laquelle a pour effet de rendre encore plus riches les ultra riches et d’accroître la contrainte de profit.

C’est Gribouille qui est aux  commandes!

Le tissus social se fissure, le consensus disparaît, la fracture sociale est béante, les institutions ont perdu leur légitimité. A cela s’ajoute une accélération de la modernité qui largue une grande partie de nos concitoyens.

Et à l’horizon une nouvelle crise financière se prépare car on n’ a pas traité celle de 2008, on n’a fait que la repousser, kick the can. Elle viendra, bien plus forte.

Macron se raidit, on voit qu’il cherche la rupture, il veut l’affrontement dont il espère sortir vainqueur à la façon de Thatcher. Il est déterminé à casser le pays et à briser les résistances par la force et le mensonge et la mise en place d ‘un régime autoritaire. Cette stratégie explique la multiplication des provocations et l’évolution le glissement vers la répression.

La tentation autoritaire se profile. Le président insulte  « les foules haineuses », et appelle à assurer « sans complaisance » l’ordre républicain. Il cautionne  le durcissement  de l’action policière. Ses ministre ne se gênent plus pour cacher sur le peuple par médias interposés.

La Macronie se prépare, explore les  chemins chaotiques de l’Aventure

Les Français le défient, eh bien lui va défier les Francais en les insultant, en envoyant une police militarisée, en annoncant des réformes encore plus dures  comme le controle des chômeurs, comme la flexibilisation et l’érosion programmée en continue de retraites.

Au même moment qu’il gaze le peuple,  il invite les nobles, les privilégiés, les très grands  managers mondiaux  .. à Versailles.

 

 

 

 

5 réflexions sur “Editorial. Le peuple défie Macron, Macron défie le peuple!

  1. Macron défie le Peuple

    Tout était dans le regard déjà !
    On ne prête pas suffisamment attention au regard des personnes. C’est pourtant, souvent, un signe très révélateur.
    Zoom issu de la photo officielle du PR

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  2. Papier on ne peut plus juste.

    Macron est à certains égards l’homme de la situation, buté, suffisant, apolitique, déraciné, bref, oligarchique à la mode d’aujourd’hui.

    Sans doute susceptible de devenir un homme de main sans scrupule au service de ses commanditaires.

    Tout cela ne peut que finir très mal si nous poursuivons dans cette voie. Que la crise survienne lourdement là-dessus, et, oui, une guerre civile, ou des guerres civiles, sont possibles.

    On peut évoquer à cet égard la confrontation d’Achille, dépourvu d’états d’âme, avec Hector défenseur de la Cité. Sauf que M. Macron n’est ni Jupiter, ni Achille. Il est lui-même, ce qui est peu.

    Et on manque sacrément d’Ulysse!

    Cordialement.

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  3. Mr BERTEZ, vous avez une qualité: vous parlez clair.

    J’adhère, pour l’essentiel, à vos analyses.

    Je crois qu’à terme le système va à sa perte et que l’oligarchie dominante répondra aux inévitables révoltes populaires par le déploiement ‘d’un arsenal de plus en plus répressif

    A cet égard MACRON, un idéologue rigide, semble être l’homme de la situation. Il se peut qu’il vienne à bout des « gilets jaunes » et avec les applaudissements de ses partisans. « Voyons Monsieur, ces gens de rien manifestent dans nos quartiers. C’est insupportable! On ne peut même plus ouvrir nos fenêtres sans être incommodés par les gaz lacrymogènes! »

    On pourrait penser qu’il a devant lui un boulevard politique. Rien n’est moins sûr! Le danger écarté, le calme revenu, la « bien-pensance », députés, sénateurs, académiciens et autres administrateurs … se disputeront les faveurs de l’opinion en montrant des « mains propres ». « MACRON? Celui qui a fait le sale boulot ? Non, on connaît pas ».

    C’est ce qui est arrivé à un certain « Adolphe THIERS ». Un pedigree honorable (40 ans de vie politique dans l’opposition) et pourtant, l’assemblée qui l’avait mandaté en 1971 pour écraser la commune de Paris l’a renvoyé dès 1973: Mr THIERS n’était plus fréquentable; il avait trop de sang sur les mains.

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  4. Finalement ,Macron a un petit coté « Chavez » fort haissable.Il défend sa petite clientèle en poussant le reste dehors.

    Pour le pousser vers la sortie,il faut pilonner sur la dépense publique insensée et incontrolée.Si les gilets jaunes insistent sur cet axe,ils l’emporteront.Si Macron arrive a dévier le débat,il se maintiendra.

    Je suis quand meme perplexe:voir Barnaba,représentant officiel des gilets jaunes invité sur une grande télévision,les bras m’en tombent!

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