Un petit conte pour comprendre que l’on va à la ruine. La fausse prospérité. Facile, distrayant. Le monde de l’inversion.

Mon cher lecteur,
La Fed, la BCE et la PBoC ont jeté l’éponge.
Il n’aura fallu que quelques mois pour que les banques centrales américaines, européennes et chinoises abandonnent toute idée de normalisation monétaire.
Elles vont continuer à arroser le monde d’argent zombie.
Et alors ?
La voilà la grande question. La question fondamentale : cela fait 10 ans que les banques centrales font des choses bizarres, inconnues. Après tout, pourquoi ne pas continuer ?
Cette question est fondamentale car si vous ne voyez pas de problème, vous devriez vous jeter sur les marchés boursiers.
Et le problème n’est pas si simple à percevoir tant nous marchons sur la tête.
Imaginez deux personnes : Odette qui aime les dettes et Sidonie qui préfère les économies.
Odette et Sidonie, l’été approchant, ont toutes deux la même idée, elles vont vendre des glaces.
Odette va à la banque et emprunte 1 000 000 € avec lesquels elle rachète le plus beau magasin de la ville. Sidonie, elle, n’emprunte que 50 000 € pour un modeste camion à glaces.
L’été passe. Grâce à son argent, Odette a cassé les prix et multiplié les parfums. Elle est devenue en un rien de temps LE glacier à la mode. Elle a racheté 3 autres boutiques pour lesquelles elle a emprunté encore 2 millions d’euros. La vie est belle et tout lui sourit.
Pendant ce temps, Sidonie, qui n’avait pas vu venir la concurrence d’Odette, vend moins de glaces qu’espéré. Heureusement, elle a été prudente. En travaillant 2 fois plus et en diminuant son salaire, elle arrive à s’en sortir.
L’hiver arrive.
Sidonie se met à vendre des gaufres depuis son petit camion qui est maintenant remboursé.
Mais Odette, aveuglée de succès, a été moins prudente. Elle a maintenant près de 100 employés. C’est une femme importante. Malheureusement, elle a mal fait ses calculs. Les nouvelles boutiques ne vendent pas autant que la première. La baisse des ventes est plus importante que prévu. Elle met ça sur le compte d’un hiver trop rigoureux.
Alors elle multiplie les promotions, casse encore les prix. Mais cela ne suffit pas. Elle n’arrive plus à rembourser son énorme dette.
Elle va chez son banquier.
Lui aussi est embêté car il a prêté beaucoup d’argent à beaucoup de gens comme Odette. S’il la laisse faire faillite, lui aussi va y passer.
Alors il préfère croire à l’histoire d’Odette… Oui cela doit être le mauvais temps. Il prête de l’argent à Odette pour qu’elle rembourse son prêt et il lui en prête même encore plus pour qu’elle développe d’autres activités.
Et Odette se met aussi à faire des gaufres et des marrons chauds, des bonbons et des biscuits. Elle fait de plus en plus de publicité pour attirer les clients.
Les ventes reprennent.
Sidonie commence à avoir le cafard. Comment Odette fait-elle ?
Pour améliorer ses marges, Odette crée de « nouvelles recettes » plus sucrées et bien moins chères à produire.
Mais il fait mauvais l’été suivant et Odette replonge. Elle est maintenant endettée de 5 millions d’euros et à la tête de 200 employés.
Odette devrait faire faillite.
Mais il y a 200 employés qui risquent le chômage. Elle va se plaindre au maire de la ville : ses administrés ne consomment pas assez de gaufres et de glaces. S’il ne fait rien, les employés d’Odette finiront au chômage et ce sera de la faute du maire… Juste avant les élections, cela ferait tache.
Odette est devenue influente. Le maire a peur, il donne à Odette des garanties pour la banque. Et puis, quelle bonne idée d’organiser un grand événement « glaces en folies » qu’Odette se propose de sponsoriser.
Il y a bien quelques médecins qui se plaignent de l’obésité qui touche de plus en plus d’habitants, mais on les fera taire et puis Odette a promis de développer une gamme de glaces « light ».
Les saisons passent.
Odette a bien compris que le banquier et le maire sont bien plus importants que ses clients.
Elle délaisse ses magasins et passe maintenant tout son temps à accroître son influence afin d’emprunter toujours plus et racheter toujours plus de magasins. Elle rachète ou asphyxie ses concurrents.
Elle applique sans cesse les mêmes « recettes ».
Elle est maintenant endettée de 500 millions d’euros et à la tête d’un empire de 20 000 employés.
Odette a racheté des dizaines d’immeubles, toujours à crédit, faisant monter les prix.
Elle a racheté les journaux de la ville et la station de radio.
Il y a beaucoup d’inquiétude maintenant dans la ville : on sent bien que l’on vit moins bien. Les salaires d’Odette ne suffisent plus à vivre. Il y a moins de travail et celui qui reste est abêtissant.
Pourtant rien ne change.
Le banquier a bien essayé de forcer Odette à rembourser un peu de sa dette mais il a très vite jeté l’éponge tant Odette est devenue puissante.
Un jour Odette croise Sidonie, au chômage depuis longtemps, elle lui dit de se bouger et de traverser la rue pour trouver du boulot. Ou bien était-ce le maire ? On ne fait plus trop la différence entre les deux…
Alors Sidonie, ne voyant plus aucune issue, a mis un gilet jaune et s’est mise à occuper les ronds-points.
Il existe une différence fondamentale entre Sidonie et Odette.
Sidonie a créé de la valeur tandis qu’Odette n’a fait qu’en détruire.
Car c’est bien cela faire faillite, c’est détruire de la valeur et quand le banquier prête sans fin à toutes les Odette, il ne fait que répartir la destruction de valeur sur tout le monde et favoriser les Odette face aux Sidonie.
En France chaque euro de croissance en 2017 a nécessité 3,80 euros de nouvelles dettes (en comptant déficit public et dette privée). Je dis souvent que l’on préfère dépenser un euro aujourd’hui et en payer 3,8 demain.
Mais tout le monde sait très bien que cette dette ne sera jamais remboursée. La vérité est que les personnes qui ont gagné 1 de plus en 2017 ont détruit 3,80 € ailleurs.
C’est à dire que nous créons de moins en moins de richesses de plus en plus inégalement partagées.
Le PIB de la France a pourtant doublé depuis l’an 2000… Si on compte en euros, oui. Mais si on compte en or, il a été presque divisé par 3.
En 2000, la PIB de la France correspondait à 150 millions de lingots d’or. En 2017, le PIB de la France ne vous obtient que 60 millions de lingots.
Nous vivons une époque où :
LA RICHESSE C’EST LA RUINE.
Cela devrait être la 4e devise d’Orwell qui compléterait si bien les 3 premières de son roman 1984 :
LA GUERRE C’EST LA PAIX
LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE C’EST LA FORCE
Notez : L’argent est le grand absent de 1984. Il n’existe déjà plus ou presque dans l’avenir qu’imagine Orwell.
L’épargne c’est la ruine et les dettes c’est la fortune : voici le monde dans lequel nous vivons bel et bien, le plus sérieusement du monde.
Il s’agit de bien imprimer ce renversement. Non qu’il porte la moindre trace de vérité mais c’est l’argument qui justifie la confiscation en cours et à venir de votre épargne.
Et retenez bien qu’au fond, nous créons de moins en moins de richesses de plus en plus inégalement partagées.
Bien sûr vous pourriez entrer vous aussi dans la course à la dette. Mais en plus d’être immoral et truqué, il est à peu près certain qu’il est trop tard aujourd’hui et que vous y laisserez votre culotte (à moins que vous ne mangiez celle de tous les autres).
Mon avis est qu’il vaut mieux sortir du jeu : débancarisez , achetez de l’or qui lui ne perd pas sa valeur au fil du temps, investissez dans le tangible , des biens et moyens de production réels et utiles…
À votre bonne fortune,
Guy de La Fortelle
Cet email a été envoyé à guy.fawks@gmail.com.

Vous avez reçu cet email car vous êtes abonné à la lettre de l’investisseur sans costume
© 2019 L’Investisseur sans costume

Publicités

2 réflexions sur “Un petit conte pour comprendre que l’on va à la ruine. La fausse prospérité. Facile, distrayant. Le monde de l’inversion.

  1. EXCELLENT!!! Et d’autant plus que c’est ce que j’ai fais en 2009 en squizzant mon assurance vie que j’avais considérée comme un placement risqué (Il vaut mieux avoir en main son patrimoine plutot que de le confier à des tiers ensorceleurs qui vous hypnotise avec une rentabilité qui n’est qu’une carotte avec un fil au bout d’une canne… un gros coup de vent et la carotte finit là ou vous savez) . Etant numismate, en plus d’aimer l’Histoire, comme un certain ex ministre de l’économie M.Sapin, j’ai eu la surprise quelques années après ma débancarisation de découvrir, lors d’une opération glasnost sur les patrimoines de nos politiques, que ce monsieur ne possédait finalement qu’un compte courant de 3500 euros, une voiture sans prétention, une belle demeure avec 700 hectares de terre et surtout une belle collection de pieces en or anciennes… Un vrai malin le gaillard et certainement aiguisé d’un regard assidus et aigu sur l’histoire monétaire catastrophique de la France de John Law. (les chiffres sont de mémoire)

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s